Chapitre 5 :

Rien. Apaisée et reposée.

Telles furent les premières pensées d'Hermione.

Elle n'avait pas fait de cauchemars de toute la nuit. Elle n'avait pas rêvé non plus mais ça lui était égal. Elle préférait faire une nuit sans rêves mais des plus reposantes que de rêver de choses merveilleuses mais de se réveiller frustrée et de plus, pas assez reposée.

Sa deuxième pensée fut qu'elle avait trop chaud. Beaucoup trop chaud.

Tout doucement, comme pour ne pas partir trop vite de ce moment des plus délectables, elle ouvrit les yeux. Elle les referma bien vite en se maudissant de ne pas avoir fermé ses rideaux avant de dormir comme elle avait l'habitude de faire.

En y repensant, elle ne se souvenait pas d'être montée dans sa chambre. Elle se souvenait uniquement des ses pensées macabres, de ses larmes, de sa dispute avec Malfoy et de ses cauchemars au début de sa nuit, mais après ça, plus rien.

Décidant de se lever afin de profiter de cette nouvelle énergie, elle sentit du mouvement dans son lit.

« Ho. Mon. Dieu. Qu'est-ce que ça peut-être ? » Pensa-t-elle.

Elle ouvrit brusquement les yeux, se rendit compte avec effroi que la chaleur de son lit n'était autre que le corps de Malfoy collé au sien.

En effet, leurs jambes n'étaient qu'un tas de membres emmêlés, le bras de Malfoy la retenant fermement par la hanche contre lui, sa tête dans le cou de la jeune fille et les mains de cette dernière accrochées aux épaules de l'héritier comme ci il était sa bouée de sauvetage.

Hermione ne put s'empêcher de vérifier sa tenue. Un débardeur et sa jupe de cours. Tout va bien.

En fait non, tout n'allait pas bien. Elle avait dormi avec Drago Malfoy sans aucun souvenir de sa nuit. Comment avait-elle fait pour se retrouver dans le lit de son ennemi sans s'en souvenir ? Avait-il jeté un sort sur Hermione pour qu'elle s'endorme et l'avait-il forcée à avaler une potion de sommeil sans rêves ? Mais même si Malfoy avait fait tout ça, pourquoi se donner la peine de l'emmener dans sa chambre ?

« Merde… Quel con, pourquoi j'ai fait ça ? »

Hermione venait d'entendre Drago prononçait ces mots d'une voix ensommeillée et étouffée à cause de sa bouche dans le cou de la jeune fille. Et pour une fois, elle était d'accord avec lui, pourquoi avait-il fait ça ?

« Je me demande la même chose Malfoy, puis-je savoir ce que je fais dans ton lit, à moitié dévêtue, sans aucun souvenir de la veille ? »

- Pas la peine de me regarder comme ça Grangie, tu étais totalement consentante.

Hermione ne pouvait y croire, qu'avait-elle fait ?

- QUOI ?! TU NE VAS PAS ME DIRE QUE TOI ET MOI ON A …

- Héhé, du calme la lionne, la coupa le blond, c'était une blague, tu crois quand même pas que je vais contaminer mon sang pur avec tes germes de sang-de-bourbe ?

Hermione leva les yeux au ciel, excédée par le narcissisme du garçon qui, lui, n'avait pas ouvert les yeux depuis le début.

- Quand tu auras fini de dire tes débilités aussi grosses qu'un hippogriffe, aurais-tu l'obligeance de me dire ce que je fais dans ton lit, dans cette position ?

En effet, depuis le réveil de Malfoy, la seule chose qui avait changé dans leur position était la tête de Drago qui n 'était plus dans le cou de la jeune fille mais sur son épaule. Il avait les yeux fermés et la moue fatiguée.

- Car si tu ne veux pas être contaminés par mes germes comme tu le dis, tu devrais plutôt décoller ton corps du mien.

- Je te signale que ton corps est tout autant collé au mien que le mien au tien. Marmonna-t-il d'une voix endormie. Si tu voulais vraiment arrêter de toucher mon corps de rêve, tu l'aurais déjà fait. Sacrée Grangie, j'ai toujours su que tu étais folle de moi.

- Malfoy, je ne me répèterai pas, qu'est-ce que je fais dans ton lit ? Dit-elle les dents serrées par la haine qu'elle essayait de garder pour elle.

-Tu ne te rappelles vraiment de rien ? Demanda le blond vraiment surpris.

-Non Malfouine, sinon je te demanderai pas sombre idiot.

Malgré la réponse d'Hermione, celle de Drago se faisait attendre. La jeune fille senti des soubresauts dans son cou. Se demandant ce qu'il se passait, elle regarda son colocataire. Celui ci venait d'ouvrir les yeux et essayait de contenir son rire.

- Granger, tu devrais voir ta tête, c'est à mourir de rire. Je ne pensais pas qu'on pouvait faire pire que ta tête de tous les jours mais apparemment si.

Décidant de faire semblant qu'elle n'avait pas entendu, elle se rendit compte que Drago fuyait la question.

- Drago, pourquoi tu ne veux pas me dire ce que je fais ici ?

- Pourquoi tu n'es pas encore parti alors que tu me détestes ? Demanda-t-il des plus sérieux.

- Tu veux que je parte ? répondit-elle décontenancée.

- Tu veux rester ?

- Malfoy… Je veux juste savoir pourquoi j'ai dormi dans ton lit sans aucun souvenir de mon arrivée. Je veux juste trouver des réponses à mes questions. Je veux juste m'enlever ça de l'esprit et je veux sortir d'ici et faire comme ci de rien n'était.

Hermione était lasse face au comportement du jeune homme pourquoi diable ne voulait-il pas lui dire comment les choses s'étaient produites ?

- Réponds moi.

- As-tu bien dormi ? demanda-t-il d'un air pensif.

- Tu ne m'écoutes pas Malfoy, je t'ai posé une question.

- Réponds à la mienne et je réponds à la tienne.

- Tu es un enfant Malfoy, ça ne fonctionne pas toujours comme tu le souhaites.

- En attendant, si ça ne fonctionne pas comme je le veux, tu n'auras jamais ta réponse.

Ce garçon avait le don de lui donner des envies de meurtres dès le matin.

- Oui j'ai bien dormi. Aussi étrange que ça puisse paraitre. Enfin, quand je dis bien dormi, je n'ai pas fait de cauchemars, ce qui relève du miracle. Ma nuit a été… reposante.

- Tu t'es assoupi sur le canapé marron et tu as fait un cauchemar, le plus violent que j'ai entendu depuis le début, expliqua-t-il. Je pensais qu'en étant dans ton lit tu te calmerais mais tu as eu la brillante idée de mettre un sort qui me refuse l'accès à tes appartements. Donc, à moins que je te laisse sur ce canapé, seule et dans le froid, en sachant que ton état était en parti de ma faute, je t'ai emmené dans mes appartements et tu t'es endormi directement et tu n'as pas fait de cauchemars de la nuit.

- Ho mon dieu, Drago Malfoy aurait-il une conscience ? Se moqua Hermione qui, malgré les apparences, était profondément touchée par son attention.

- N'aie pas trop d'espoir jeune inconsciente, dit Drago se levant du lit, libérant les membres d'Hermione des siens, c'est la première et dernière fois que ça se produit, et si tu veux bien m'excuser, je dois aller laver mes draps, mon lit, ma chambre pour pouvoir y redormir sainement sans tes microbes ce soir.

Hermione savait particulièrement qu'elle ne devait pas taquiner Malfoy sur le fait qu'il lui avait rendu service, elle devait juste profiter de cette délicate et discrète attention sachant que c'était très (très très) rare venant de Drago de faire de bonnes actions.

- Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui Malfoy ?

- Pour qui diable te prends-tu ? Ce n'est pas parce que je t'ai laissé dormir dans mon lit pendant 1 nuit que toi & moi allons lier une amitié ou je ne sais quoi. Enlève toi cette idée saugrenue de ton esprit. Moi qui pensait que tu étais intelligente, me voilà bien déçu.

- Je te demandai juste par politesse, je ne m'intéressais pas vraiment à toi dit-elle excédée par le comportement fermé du jeune homme. Ne va pas t'imaginer également que j'ai envie de partager quoique ce soit avec toi. Et maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai un million de choses à faire plus intéressantes que toi.

Hermione était énervée. Drago avait réussi à gâcher sa bonne humeur en un rien de temps à cause de son comportement enfantin et immature. La jeune fille était bien déterminée à profiter de sa journée. Elle avait tellement de choses à faire : voir ses meilleurs amis, s'avancer dans ses devoirs, effectuer ses devoirs de préfets une fois de plus et passer du temps en tête à tête avec Ron, comme avant. La gryffondor sortie de la chambre de Drago après avoir récupéré ses habits, qui avaient été publiés avec soin sur une chaise dans le coin de la chambre de Drago, et alla dans la salle de bain personnelle que lui offraient les avantages de préfets en chef.

De son côté, le garçon n'était pas si indifférent qu'il le laissait croire. Elle avait mieux dormi, et c'était grâce à lui. Elle n'avait pas fait de cauchemars, elle avait eu une nuit reposante, et tout ça uniquement grâce à lui. Elle avait dormi dans son lit, avec lui, et elle était enfin reposée. Si un jour quelqu'un lui avait dit qu'Hermione Granger dormirait mieux grâce à lui, il l'aurait envoyé à St-Mangouste sans aucun remord. Drago ne savait pas quoi penser de cette situation. Des sentiments qu'il n'avait jamais connu dans le passé surgissaient et le perturbaient au plus haut point. Il ne savait pas comment réagir face à eux. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait fier d'avoir aidé quelqu'un. Il ne comprenait pas pourquoi il avait la sensation d'être heureux parce que Hermione Granger avait mieux dormi grâce à lui. Mais derrière cette phrase anodine "Hermione à mieux dormi" se cache tellement de choses. Cela veut dire que grâce à lui, elle avait réussi à vaincre ses démons pendant une nuit. Pendant l'espace de dix heures, elle s'était sentie assez en sécurité pour ne pas laisser ses peurs remonter. Le serpentard était heureux. Il était tout simplement heureux. Un bonheur qu'il n'avait pas ressenti depuis un sacré moment. D'ailleurs, il ne se souvenait même pas de la dernière fois qu'il avait été heureux. Il était heureux car il avait aidé Hermione Jane Granger. Quel paradoxe. Pour la première fois de sa vie, Drago Malfoy avait aidé une personne sans chercher d'intérêt. Il l'avait aidé tout simplement parce qu'il avait envie de l'aider (et également parce qu'il savait qu'elle était aussi malheureuse à cause de lui). Il savait qu'il l'avait aidé car il ne voulait pas que quelqu'un souffre comme lui souffrait. Et en y pensant, lui aussi avait bien dormi. Il n'avait fait aucun cauchemar, au contraire, il avait rêvé. Il avait rêvé comme ça faisait des années qu'il ne l'avait pas fait. Des rêves dont le centre étaient des yeux marron chocolat qui brillaient à nouveaux de leur malice. Drago aurait tué pour revoir ses yeux là en vrai. Il ne savait pas pourquoi le bonheur de la jeune fille était devenu si important pour lui. Il l'avait haït de tout son être quelques heures plus tôt et voilà qu'il voulait la rendre heureuse peu importe la manière.

Je deviens fou, ce n'est pas possible.

Il décida de commencer à se préparer pour profiter de sa journée. Et pourquoi pas renoué les liens avec ses amis qu'il n'avait pas vu depuis longtemps ? Parler avec eux lui ferait oublier Hermione pendant quelques temps.

La jeune fille sortie de la salle de bain, lavée, habillée, coiffée. Elle alla retrouver ses amis dans la grande salle pour le petit-déjeuner comme ils avaient l'habitude.

« - Salut ma belle, dit Ginny, tu as l'air… reposée ! Ca fait plaisir à voir.

Si tu savais Ginny, si tu savais qu'était la cause de mon repos…

- Salut Ginny ! Oui, j'ai passé une nuit vraiment reposante après ma ronde.

- Hey, salut toi, comment ça va depuis hier ? On ne s'est pas vu de la soirée alors que tu devais venir nous rejoindre dans la salle commune, qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Harry.

- Désolé les garçons, mes devoirs de préfets ont pris plus de temps que prévus et je n'ai pas pensé à vous envoyer un hibou, j'étais trop fatiguée par ma journée.

- Tu nous dirais si il se passait quelque chose n'est-ce pas ?

- Ron, que veux-tu qu'il m'arrive ?

Mon dieu, si tu savais. Si tu savais dans quel état je suis toutes les nuits. Si tu savais le malheur qui m'habite. Si tu savais que chaque jour est un calvaire. Si tu savais que ton pire ennemi est le seul à me comprendre. Si tu savais toutes ces choses Ron, tu ne voudrais même plus m'approcher, tu aurais peur que je puisse t'enlever ton bonheur, te plonger avec moi dans l'obscurité alors que tu connais enfin la lumière que tu cherchais tant.

- Je ne sais pas Hermi, tu vis avec Malfoy et on n'est pas là pour s'assurer que tu ailles bien… Je ne veux pas que tu sois malheureuse ou qu'il te face du mal.

Ron, ça fait cinq mois que je suis morte intérieurement et tu n'es même pas capable de le voir.

-Merci Ron, ça me touche beaucoup ce que tu me dis. Ça me rassure de savoir que je peux toujours compter sur toi, même si on ne vit plus ensemble.

Je vois ses joues rougir quand je lui touche les épaules d'un geste affectueux et comme à chaque fois que je le vois rougir part ma faute, je rougis aussi. J'ai presque l'impression que tout est comme avant, qu'il n'y a jamais eu de guerre, que tout va bien, que tout a toujours a bien fonctionné dans le meilleur des mondes. Savoir que je ressens ça grâce à Malfoy me fait culpabiliser. Comment ce cretin a-t-il réussi à me calmer alors que rien d'autre n'y parvient ? Je me pose trop de question. Je ne devrais pas penser à Drago alors que je suis avec Ron. Même si il ne se passe rien avec Malfoy, le fait d'avoir dormi avec me semble être une trahison envers Ron.

La jeune fille secoua vivement la tête pour se sentir de ses pensées, commença à petit-déjeuner en compagnie des personnes qu'elle affectionnait le plus.

Pendant ce temps-là, Drago n'avait rien loupé de la petite scène entre Ron et sa colocataire. Comment pouvait-elle passer du temps avec des gens aussi pathétiques alors qu'elle ne l'était pas ?

Pourquoi penses-tu à eux Drago ? Tu t'en fiches d'elle et des ses joues qui rougissent au contact de ce garçon. Tu t'en fiches complétement. Elle peut toucher tous les garçons qu'elle veut, même plusieurs à la fois, ça ne te regarde pas et tu t'en fiches.

Drago ne pouvait s'empêcher de ressentir de la haine envers ce garçon. Drago ne recevait que la colère de la jeune fille alors qu'il l'aidait comme il pouvait alors que ce rouquin récoltait son bonheur alors qu'à aucun moment il l'aidait. Au contraire, il voyait bien que le garçon mettait Hermione encore plus mal car elle ne pouvait pas se confier à lui car elle ne voulait pas gâcher son bonheur à lui. Stupide fille altruiste.

Faut vraiment que j'arrête de la fixer comme ça. On pourrait croire que je tiens à elle. Pire, on pourrait savoir que je pense à elle.

- Dray, t'es avec nous là ?

- Ouais, désolé Blaise, je pensais à un devoir, tu disais quoi ?

- Je te disais que ça faisait longtemps que t'avais pas petit-déjeuner avec nous, ça fait plaisir !

Voilà de quoi j'ai besoin pour oublier cette peste, être avec mes amis, me vider l'esprit, penser à rien d'autre qu'au moment présent, comme avant.

- Ouais, t'as raison Blaise, ça fait plaisir de revoir l'héritier Malfoy. Quoi de neuf depuis le temps ?

- Ca me fait plaisir aussi de vous voir Blaise, rien de spécial Pansy, et toi ?

- Ben je ne voulais pas te dire, mais vu que tu demandes, je sors avec Graham depuis 1 semaine, je crois que je suis amoureuse de lui. Je sais, ce n'est pas la première fois que je dis ça mais …

Je me rends compte que faire semblant d'écouter Pansy pendant qu'elle parle pendant une heure de sa vie amoureuse m'avait manqué. Ma vie d'avant me manque. Une vie où je ne dormais pas avec Granger, une vie où je n'étais pas en permanence en train d'essayer de survivre. Voilà que je m'égare une fois de plus dans mes pensées lugubres.

- … donc voilà, tu es heureux pour moi Dray ? S'enthousiasma la jeune serpentarde.

- Oui Pansy, même si on sait tous les deux que ça ne va pas durer, je suis content pour toi.

- HAHAHAHAHAHA, MERCI DRAY, TU AS DIT TOUT HAUT CE QUE JE PENSAIS, TU ES DE RETOUR MON POTE.

Drago était heureux grâce à la réplique de son ami. Et si l'avenir pouvait être radieux ? Et si une fois qu'il arriverait à passer autre chose, il pourrait mener une vie comme il n'avait jamais eu ? Son père était mort, le seigneur des ténèbres est déchu, il aura tout pour être heureux. Plus aucune pression. C'est seules préoccupations seront comment finir l'année scolaire, trouver un travail dans lequel il pourra s'épanouir. Drago était pressé d'arriver à ce moment, il voulait enfin être heureux. Décidant de profiter de l'euphorie éphémère qui était en lui, le jeune homme passa la journée avec ses amis comme il l'aurait fait jadis.

De son côté, Hermione passait un agréable moment avec Ron, Harry et Ginny. Elle s'était assise à côté du roux en une énième tentative de rapprochement. Le garçon était perturbé par la jeune fille. Tous les deux savaient que l'un avait des sentiments pour l'autre, mais ils n'osaient pas l'avouer. Le garçon essaye maladroitement de lui faire comprendre ce qu'il ressentait, rougissant et bafouillant à chaque tentative. La timidité reprenant rapidement le dessus et le jeune homme baissait les bras en s'excusant et en prétextant quelque chose à faire, laissant la jeune fille frustrée et triste. Quant à la jeune fille, elle ne savait tout simplement pas comment s'y prendre, car même si elle savait que ses sentiments étaient réciproques, elle ne voulait pas se jeter à l'eau, peur du rejet. Cependant, les deux jeunes adultes n'avaient pas eu l'occasion depuis la fin de la guerre de se parler seul à seul, les faisant s'éloigner peu à peu. Les sentiments étaient toujours là, mais la flamme d'autre fois n'était plus comme avant.

« - Hermione, ça… ça te dérangerait de m'aider pour mon devoir de potion cet après-midi ? J'ai fait la première partie, mais entre nous, il n'y a que toi pour arriver à faire la suite. Bien-sûr je t'aiderais, mais... mais… je ne crois pas y arriver sans… sans toi.

Cette phrase pleine de sous-entendus fit chaud au cœur de la jeune. Cette dernière fut amusée par le bégayement de Ron, signe de son malaise et de sa gêne. Elle ne put s'empêcher de répondre, un brin amusée :

- Bien-sûr Ron, je t'aiderai avec grand plaisir. Et tu sais bien que je serai toujours là pour toi. »

Elle pouvait voir les joues de Ron devenir encore plus rouges qu'avant, elle pouvait également voir l'œillade amusée d'Harry et le regard heureux de Ginny qui ne supportait plus d'attendre que Ron et Hermione se mettent ensembles.

- Si ça ne te dérange pas, on fera ça après le repas de ce midi d'accord ? Je fais mes propres devoirs ce matin, et je dois m'avancer si je ne veux pas louper mes examens de fin d'année.

Hermione sourit au jeune homme et se leva de la table en leurs faisant signe de la main et en leur promettant de se voir au repas. Elle monta dans ses appartements, et se mit directement au travail sur la table du salon, étalant tous ses livres, ses parchemins et ses bouteilles d'encre.

Quand sonna les treize heure, signe du déjeuner, Hermione venait tout juste de finir ses devoirs pour les deux prochaines semaines. Elle décidât de descendra comme elle l'avait promis à ses amis au matin. Quand elle ouvrit la porte et commença à descendre les marches, Hermione croisât son colocataire ainsi que ses deux acolytes de la même maison que lui.

- Salut Granger ! Lui dit Blaise.

- Hey, salut Granger ! Le suivit Pansy.

Hermione s'arrêta brusquement.

- Heu… bonjour Blaise, bonjour Pansy. Les salua-t-elle à son tour avec un hochement de tête à l'encontre de chacun d'eux.

Hermione ne préférait pas imaginer la tête qu'elle avait du faire en entendant la salutation de ses camarades vert et argent. Elle était perturbée par les deux jeunes serpentards qui venaient d'être polis voire gentils avec elle. Bien-sûr Drago n'avait fait que la fixer avec un sourire en coin qu'on ne saurait lui enlever. Ils devaient sans doute se rendre aux appartements du blond pour se relaxer dans le salon. Plongeait dans ses pensées, la jeune fille arriva vite devant la grande salle. Elle repéra bien vite l'emplacement de ses amis sur la table rouge et or et s'en alla les rejoindre.

« - Ca va Hermione ? On dirait que tu as vu un vert gallois se balader dans les couloirs ! Lui demanda la rousse.

- Oui… Heu non, enfin, oui ça va, c'est juste que… je ne sais pas comment dire mais je crois que Blaise Zabini et Pansy Parkinson ont été gentils avec moi mais je ne suis pas sure. Répondit la jeune fille, encore dans ses pensées.

- Ca ne m'étonne pas, dit l'élu, la relation « gryffoserpentard » s'est beaucoup améliorée depuis la fin de la guerre. Je commence tout juste à le remarquer mais l'ambiance ici, dans le château, est vraiment agréable, il n'y a plus aucune tension ! Les serpentards et les gryffondors peuvent être en cours en même temps, ça ne pose de problème à aucun des deux.

- Je… Je n'avais pas vraiment fait attention…

- Allez ma belle, oublie ça, redescends sur terre, avec nous, et mange ton repas pour prendre des forces pour cet après-midi avec Ron, tu en auras besoin. Mon frère est vraiment nul en potion, mais bon tu le savais déjà et tu as accepté à tes risques et périls. »

Les trois amis attendirent l'arrivée de Ron qui devait s'entrainer pour le un match de ce week-end, voulant perfectionner son jeu. Une fois le jeune homme arrivé, les camarades commencèrent à manger.

Le repas étant terminé, le couple alla jouer au quidditch comme le faisait Ron précédemment, laissant les deux jeunes seul à seul pour les devoirs de Ron.

Ils se rendirent à la bibliothèque après être passé chercher les affaires scolaires de Ron dans la salle commune.

« - Alors Ron, sur quel devoir de potion veux-tu travailler ? Celui de cette semaine ou celui du mois prochain sur les effets du chrysope dans une potion chauffée ?

Ils travaillèrent pendant une heure, l'une expliquant, l'autre buvant ses paroles. Ils n'avaient pas parlé d'autres choses que de potion quand soudain Ron commença à parler.

- Hermione… heu… Je voulais te demander quelque chose…

Hermione voyait bien que le jeune homme était gêné, il bafouillait, rougissait et bougeait nerveusement les mains.

- Oui, que veux-tu ?

- Est-ce que tu veux venir avec moi au bal de noël ?

Ron avait dit ça d'une traite, comme pour se débarrasser au plus vite de cette question.

- Ron, waouh… c'est plutôt inattendu… Heu… Je ne sais pas comment te dire… Je ne pense pas que je vais y aller… Et même si je devais y aller, je serai obligé d'y aller avec Drago, tu le sais bien… Je suis vraiment désolée… S'excusa Hermione.

- Drago… DRAGO ?! Tu appelles Malfoy par son prénom maintenant ? Harry m'a parlé hier du fait qu'il avait vu qu'il n'y avait plus d'animosité entre vous, mais je ne savais pas que tu étais devenue tellement intime avec ce connard pour l'appeler par son prénom ! Cria-t-il, malgré l'endroit où il se trouvait. De toute façon, ça m'étonnerait beaucoup que ton nouveau petit copain est très envie d'aller à ce bal avec une sang-de-bourbe comme il le dit si souvent, lança-t-il, mauvais.

- Comment oses-tu dire de telles choses ? Après tout ce qu'on a vécu, après tout ce qu'on a réalisé, tout ce qu'on a perdu pour que le mal, le racisme envers les nés-moldus soient définitivement bannis de notre société. Tu crois que Fred est mort pour que tu prononces des mots pareils ?!

Hermione était terriblement blessée par le comportement du jeune homme. Elle savait qu'il n'avait jamais apprécié le blond, il le haïssait, même après la guerre. Elle savait également que le rouquin ne supportait pas qu'on parle de son frère disparu mais elle n'avait pas à subir d'insultes, pas après tout ce qu'elle avait fait pour ce monde.

- Mais tu crois quoi ? Tu crois que tu as souffert ? Tu n'as rien perdu, peut-être des connaissances, des gens que tu croisais, des gens pour qui tu avais de l'affection, mais rien de pire. Madame ne dormait pas dans un hôtel luxueux mais dans une tente, c'est là ta seule peine. Tu n'as pas vraiment souffert. Tu n'as rien subit, à part Bellatrix qui t'as à peine tailladé le bras. Tu n'as pas le droit de dire que tu as perdu pendant cette guerre, je te l'interdis.

La gifle était partie toute seule, Hermione ne supportait plus d'entendre la haine sortir de la bouche du jeune homme juste parce qu'elle avait refusé son invitation. Elle effaça rageusement les larmes qui coulaient, se dépêcha de ranger ses affaires de cours, s'éloignant le plus vite possible du garçon.

- Hermione, attends ! »

Mais c'était trop tard, la jeune fille était parti en courant et ne s'était pas retournée. Son esprit tournait à pleine vitesse. Alors c'était ça qu'il pensait d'elle ? Une fille qui n'avait rien perdu pendant la guerre car aucun membre de sa famille biologique était mort ? Comment pouvait-il penser de telles choses ? Fred, Lupin, Sirius, Dumbledore, toutes ces personnes étaient comme sa famille. Ils l'avaient accueillie à bras ouvert alors qu'ils n'étaient pas obligés de le faire. Ils l'avaient protégée, aimée comme si elle était de leur famille alors que non. Hermione a été brisé pendant cette guerre et même le garçon qu'elle aimait ne l'avait pas remarquer, la traitant comme une moins que rien. La bonne humeur de ce matin n'avait pas durée. Elle pleurait à nouveau, se maudissant d'être aussi faible, aussi sensible et pourtant de moins en moins humaine. Elle arriva vite à ses appartements, criant presque le mot de passe. Tout d'un coup elle se souvenu que les amis de Drago pouvait être là. « Drago »… Ce prénom en aura causé des cœurs brisés et des querelles. Ne supportant plus le froid de l'entrée de son logement, elle rentrât malgré la peur de voir les compagnons de son colocataire. Elle avança d'un pas peu assurée et arriva dans le salon qui brillait à l'aide d'un feu magique qui la réchauffât immédiatement, à son plus grand bonheur, Malfoy était seul, en train de lire un livre sur les plus grands sorciers. Il fallait qu'elle lâche la pression. Il fallait qu'elle se vide de tout son malheur. Les larmes recommencèrent à couler de plus belles, transformant ses yeux en cascade tristesse, les hoquets lui secouant le corps, la faisant trembler.

Drago se retourna vivement, surpris par les bruits alors qu'il n'avait même pas entendu son homologue rentrer dans leur appartement. Il se leva d'un coup, courant vers une Hermione en pleure.

« Granger ! Qu'est-ce qui se passe ? Tu es blessée ? Tu as besoin d'aide ? Lui demanda-t-il, voulant sincèrement l'aider.

« Malfoy, j'ai pas besoin de ton aide. J'ai besoin de rien. J'ai juste besoin qu'on m'abatte.

Hermione était désespérée, elle ne tenait pas debout. Drago, voyant qu'elle allait tombée, la pris rapidement dans ses bras, la serrant contre lui pour l'apaiser.

- Non Granger, tu ne peux pas dire ça. Tu crois vouloir mourir mais tu ne le penses pas vraiment, chuchota-t-il. Tu aimais la vie avant mais la guerre t'a brisé. C'est un fait. Tu n'es plus la même. Tes yeux ont changé. Ils trahissent toute la douleur que tu as enduré, toute la peine que tu gardes en toi. Je sais que chaque jour est un combat…

Le jeune homme marque une pause, cherchant ses mots.

- Je sais tout ça parce que je vis la même chose. Tous les jours ma haine me brise, prend mon âme et la disloque en petits bouts. Je perds peu à peu mon humanité. Je ne ressens que de la haine ou de la tristesse. Je vais t'avouer quelque chose Granger : tu es la seule personne qui arrive à m'arracher un sentiment positif. Même si ça me tue de te dire, je ne peux pas continuer dans mon mutisme. Quand je suis avec toi, je me sens compris car je sais que nous partageons la même peine, la même douleur interne. Quand je te vois je me dis que je ne suis pas seul, que je ne suis pas le seul malade, le seul faible à avoir perdu une part de moi même pendant la guerre. Alors certes, quand je te vois je ne saute pas au plafond, je ne décompte pas les minutes qui séparent notre prochaine rencontre et je voulais vraiment te laisser, t'abandonner à ton sort mais je n'y suis pas parvenu.

Drago n'arrivait plus à d'arrêter de parler, il voulait enfin lui dire ce qu'il n'avait pas pu avant.

- Je m'en voulais tellement de t'avoir révélé tout ce que je savais sur toi de cette façon mais je ne pouvais plus garder ça pour moi, je devais vider mon sac et mon esprit. J'ai assez de problèmes personnels pour ajouter les tiens.

C'est à ce moment là que le garçon compris ce qu'il devait faire pour qu'il aille mieux, pour qu'ils aillent mieux.

- Mais à défaut de me sauver moi-même, je vais tout faire pour te sauver toi. Tout faire pour que tu ailles mieux. Peut-être que je vais me perdre en route, peut-être que tu vas tout simplement refuser mon aide, mais au moins, je pourrais me dire « j'ai tout fait pour l'aider c'est elle qui n'a pas voulu. » Et même si l'idée que tu refuses mon aide me déplait, je ne peux pas te forcer. Mais, s'il te plait Granger, accepte l'idée que je puisse t'aider. Si tu acceptes, ça sera ma façon à moi de me repentir de tout le mal que j'ai fait.

De nouveau, il marqua une pause.

- Et si jamais tu refuses, s'il te plait, ne va pas crier au monde entier que je t'ai proposé mon aide car même si j'ai honte de mon passé, j'ai sacrifié trop de choses, trop de personnes, trop de temps pour devenir celui que je suis aujourd'hui.

Hermione n'en revenait pas. Drago Malfoy, voulait l'aider. C'était trop beau pour être vrai. Comment quelqu'un pourrait avoir envie d'aider une fille aussi pathétique qu'elle ?

- Et si tout ceci n'était pas une de tes mascarades ? Et si tout ceci, n'était pas un moyen de me rendre dépendante à ta personne, que tu m'aides tellement que je ne vis que par toi ? Et si nous arrivions à un certain stade de notre relation où le jour se lèverait et la nuit se coucherait avec toi ? Et si au moment où j'ai le plus besoin de toi, tu m'abandonnes pour me laisser seule et encore plus détruite qu'avant ? Que chaque partie de mon cœur que tu auras réparé se brisent encore plus ? Me laissant souffrir d'un cœur brisé, une douleur très profonde, une douleur insoignable ? La solitude fait mal, le manque fait mal. Mais un cœur brisé c'est autre chose, ça te détruit voire plus que cette guerre. Un cœur brisé, on ne s'en remet pas. Mon cœur n'est pas assez fort pour être brisé à nouveau. Car peut-être tu vas être celui qui va me sauver, mais peut-être qu'au contraire tu vas être celui qui va encore plus me détruire. J'ai perdu toute confiance envers les gens. Je ne sais plus m'aimer moi-même donc j'ai arrêté d'aimer les autres. Pourquoi veux-tu m'aider Drago, pourquoi ?

Hermione se sentait libérée d'avoir enfin vidé son sac. Pour la première fois depuis la guerre, elle laissait libre court à ses sentiments. Les paroles étaient sortis de sa bouches comme les larmes avaient coulés sur ses joues : délibérément et sans aucune honte. Drago observait ce visage aux yeux humides avec intérêt, il fixait chaque centimètre après centimètre, comme pour s'imprégner du visage de la jeune, pour le photographier pour qu'il ne quitte jamais son esprit, sa mémoire.

- Parce que tu mérites d'être plus heureuse que tu ne l'es, chuchota-t-il.

En disant cette phrase, Drago s'était rapproché d'Hermione, il s'était tellement rapproché qu'elle pouvait sentir son souffle sur sa joue. Le jeune homme leva délicatement les mains pour ne pas l'effrayer et essuya ses larmes avec ses pouces. Il laissa trainer ses doigts sur la joue de la jeune fille jusqu'à qu'ils arrivent dans ses cheveux châtains.

- Tellement plus.

Sa voix n'était plus qu'un murmure et il termina sa phrase en collant délicatement ses lèvres contre celles d'Hermione.