Disclaimer : Tite Kubo
Note : merci merci merci les coupains, pour vos gentils mots. Ça fait chaud au cœur. Bonne lecture.
Chapitre 5 – blurryface
« Scared of my own image, scared of my own immaturity.
Scared I'll die of uncertainty. »
twenty one pilots
Le travail d'intérêt général, c'est aussi passionnant que la macération avancée dans la culotte de la reine d'Angleterre.
Ouais, c'est crade. Et alors ? Faut pas s'attendre à autre chose de ma part, j'ai une bouche aussi énorme que le vagin d'une prostituée.
Ah, l'autodérision, une de mes armes favorites.
Ouais, si vous ne supportez pas ces quelques lignes, j'peux rien faire pour vous. Parce que ça correspond impeccablement à mon état d'esprit actuel : je suis vénère.
Plus que d'habitude je veux dire.
J'ai les poings serrés le long du corps, les phalanges blanchis, les yeux froncés.
– Qu'est-ce que t'as, connard ? T'es constipé ? beugle Kenpachi dans mon oreille comme si j'étais un putain de sourd.
Lui, c'est Kenpachi, le mec qui s'occupe de nous.
Et comme j'en ai rien à battre de son statut et de son uniforme, je réponds avec de l'acide sur le bout de la langue :
– Je t'emmerde, connard.
Le respect, il peut se torcher le cul avec. C'est pas parce qu'il a son badge et une matraque que je vais me mettre à genoux et lui lécher les couilles. C'est pas parce que j'ai plusieurs centimètres et de kilos en moins que je vais me laisser marcher dessus par cette armoire à glace.
Non, qu'il aille se faire enculer – qu'ils aillent tous se faire mettre, tous, autant qu'ils sont. Les flics, ce connard de Kenpachi, Kurosaki…
Sur ma langue, le sang coule. Merde, j'ai encore serré les dents en me mordant l'intérieur de ma joue.
Le pire c'est que Kenpachi semble s'en rendre compte, il me lance son regard je-sais-tout avec un putain de sourire en coin qui lui donne un air de psychopathe évadé de taule.
– T'me plais bien, morveux, dit-il en se détournant enfin de moi pour aller gueuler sur un autre.
Ça tombe bien, je vais plus subir son haleine de chacal.
J'essaye de me mettre des boules quies imaginaires pour pas entendre son charabia habituel. Y'a quand même des mots qui me parviennent – putain, je m'en passerai bien.
– […] saloperie de jeunesse, on passe tous par-là. […] est de s'accrocher de toutes ses dents […] et d'envoyer se faire foutre tout le monde. […] La vie […] est une chienne, […] nique la police.
Ça fait presque deux semaines qu'il nous bassine de son expérience dans la délinquance, de comment il a trouvé sa voie, de son passé de caïd, de sa relation complexe avec la police (apparemment, il a le cul entre deux chaises : la haine et l'amour pour son métier). Ce type est aussi paumé que nous, c'est pas possible d'être aussi con.
Le pire c'est qu'il amène aussi sa gamine avec lui au boulot. Elle reste constamment accrochée à son cou, je crois même qu'elle pionce sur son dos quand c'est l'heure de sa sieste d'après-midi. Elle pionce en ce moment même. Tant mieux, parce qu'elle est aussi énervante que son géniteur. Sa voix me tape sur le système.
Connasse.
Putain, pourvu qu'elle pionce encore quelques heures.
Kenpachi continue encore son discours, j'essaye de regarder ailleurs, me vider la tête de ses conneries. Me concentrer sur tout et n'importe quoi.
Ça fait aussi deux semaines que Kurosaki et moi, on se croise dans les locaux.
Ça fait aussi deux semaines qu'il me fixe.
Il me lance des regards.
De ceux qui me sondent, qui ont l'air de me dire « t'es pas si pourri que tu en as l'air. » Mais je crois que c'est parce que je suis défoncé que j'imagine des interprétations aussi surréalistes à propos de ses coups d'œil.
Au début, ça me mettait mal à l'aise. Mais je m'en balance maintenant. Je pense qu'il essaye juste de me cerner. De comprendre ce que j'ai fait quand on était mômes ou pourquoi j'ai voulu lui rendre son bracelet soudainement.
Je grogne et baisse la tête. Kenpachi arrive vers la fin de son monologue habituel. Il agit comme un vieil enseignement militaire, il nous a tous mis côte à côte, les mains derrière le dos et le dos bien droit.
Il me casse les couilles.
Ça me saoule déjà de venir ramasser la merde et nettoyer des saletés, je dois en plus subir ses discours à la con de vieux porc-épic.
On est une dizaine, en tout. Y'a un albinos aux yeux trop bizarres (et aux cheveux blancs, je sais pas si c'est mieux), accompagné d'un anorexique qui s'est perdu dans ses couches de vêtements qu'on le voie à peine. J'ai pas retenu leurs noms mais ils sont du même bahut que Kurosaki et moi. Y'a trois filles aussi, et même sous leurs airs de filles sages, elles se trouvent ici. C'est bien fait pour vous, connasses.
Deux stupides nouveaux sont arrivés aujourd'hui, comme si on était déjà pas assez nombreux. Ikkaku, en chair et en os, et son double, Yumichika. J'ai essayé de me tenir éloigné d'eux le plus possible mais Ikkaku a trouvé que c'était une bonne idée de se poster à côté de moi. Juste parce qu'il me connait. Enculé.
J'aimerais tellement l'encastrer dans le mur. Serrer mes mains sur sa gorge. Arracher sa tête complètement – ouais, okay, je suis vraiment vénère sans aucune raison que je me défoule sur lui mentalement. En fait, si, j'ai mes raisons. Elles sont nombreuses et valent pas grand-chose mais quand ça s'accumule, ça implose.
Et le voilà qui se penche vers moi pour me murmurer quelque chose, le brouhaha de Kenpachi en fond sonore.
– Eh, Grimmjow. T'aurais pas du sucre, un soda et du chlorate de sodium, par hasard ? me demande-t-il
– J'ai que ça à foutre que d'me balader avec ces trucs-là sur moi, débile.
Je l'entends m'insulter dans sa barbe inexistante et se tourner vers le gars à côté de lui – et c'est Kurosaki, vu le profil. Il lui pose la même question et par curiosité, je tends l'oreille…
…et je suis surpris par la réponse de Kurosaki.
– Cherche dans le cul de Kenpachi, y'en aura peut-être au fond à droite.
Il a une bouche aussi sale que la mienne.
Au moins, sa réponse a le don de faire rire Ikkaku. Et puis d'ailleurs, il veut faire quoi avec tout ça ? Fabriquer une bombe ?
– Ça te fait rire, sale con ? lui crache aussitôt Kenpachi qui a entendu son rire. Pourquoi tu ris, sale con ? Tu te sens prêt à nettoyer trois quartiers aujourd'hui, sale con ?
C'est juste moi ou il a répété « sale con » trois fois en postillonnant sur le crâne luisant d'Ikkaku, sans s'en rendre compte ?
– Non, monsieur, non, répond Ikkaku en baissant la tête.
Sauf qu'au même moment, il se passe la main sur son visage comme pour se boucher le nez. Et je crois vraiment que c'est ce qu'il tente de faire.
– Qu'est-ce t'as, face-de-pneu ? Tu trouves que j'ai mauvaise haleine ? continue de cracher Kenpachi de plus en plus près du visage d'Ikkaku, sous les rires hilares de sa gamine fraîchement réveillée et des autres morveux.
– Non, monsieur, non !
– En plus tu mens, tête d'œuf !
…Ah, s'il y a bien une chose que j'ai apprise, en cohabitant avec Ikkaku, c'est qu'il ne faut jamais insulter son crâne. Jamais.
Et c'est reparti pour une nouvelle joute verbale sachant que Kenpachi sera vainqueur à la fin, comme toujours. C'est la seule figure d'autorité en même temps, on est obligés de lui obéir pour pouvoir se barrer d'ici le plus tôt. On peut lui tenir tête, comme Ikkaku, et se voir allonger les heures de travail d'intérêt général.
Je préfère me la boucler et me boucher les oreilles définitivement, en attendant que ça se passe, plutôt que m'en mêler et me chercher encore plus d'emmerdes. Appelez ça du bon sens.
Après avoir taclé Ikkaku au sol avec son pied, Kenpachi nous assigne à tous des tâches qui vont nous tenir occupés toute la journée.
Les heures passent plutôt vite, quand on a du boulot à faire. Nettoyer, récurer, nettoyer, éponger, balayer, ramasser les poubelles, nettoyer… On a pas mal de lieux publics à faire, ceux qui ont été salement saccagés par des vandales.
Le pire c'est que la plupart des graffitis qu'on doit nettoyer sont justement faits par des gens du groupe. D'après ce que j'ai entendu, l'albinos en serait l'auteur.
Les filles sont les seules qui bossent correctement ici et Kurosaki. Je sais pas ce qu'ils ont bouffé mais ils ont accompli un putain de boulot, on voit même plus les traces de crasse. Mais comptez pas sur moi pour le leur dire.
En fin d'après-midi, Kenpachi nous libère pour une dizaine de minutes, parce qu'il avait oublié notre pause déjeuner. Connard. J'ai pas faim mais c'est un bâtard de nous affamer pour nous faire bosser comme des esclaves. Je passe par les vestiaires pour prendre mon paquet de cigarettes et me poste un peu à l'écart du groupe.
La clope au bec, je sens mes phalanges qui se décrispent à mesure que je fume. Je suis adossé à un mur, recouvert d'un graffiti plutôt singulier avec une espèce de roi qui combat des monstres avec un katana. Plutôt pas mal comme graffiti mais j'y connais rien de toutes façons, l'art c'est pas mon truc.
…et à peine ai-je entamé ma clope qu'un connard décide de m'emmerder. Kurosaki, évidemment.
– T'aurais une clope pour moi ? me demande-t-il, la main tendue.
J'arque un sourcil, surpris qu'il fume. Mais je lui passe mon paquet de clopes quand même. J'aurai bien fait mon radin mais quand j'en aurai besoin, je pourrais lui en taxer une – c'est toujours bon quand les gens me doivent quelque chose.
Ouais, je vois large quand il s'agit de profiter des autres.
Il s'adosse au mur aussi, fume en silence.
J'aurai pas supporté qu'il me pourrisse mon moment de détente.
Donc, béni soit Kurosaki pour savoir la fermer et profiter de sa clope sans m'emmerder.
C'est tellement bon d'apprécier une bonne cigarette sans se soucier du monde autour. Des bruits, des gestes, des mots. Ça nous rend insouciant et indifférent à tout – c'est ce qu'on appelle la liberté. Je pense. J'en sais rien parce que j'ai tendance à être enchainé. Souvent. Tout le temps. Volontairement. La liberté, on a l'impression de l'avoir mais elle est éphémère.
Le temps file, la fumée s'évapore, on arrive bientôt à la fin de la clope. J'en suis à ma deuxième.
– Ichigo !
Je tourne la tête vers la provenance de cette voix et remarque l'albinos qui avance gaiement vers nous.
Il a quoi, ce crétin à être aussi heureux ? J'espère qu'il va pas nous chier des arcs-en-ciel, ça serait vraiment le comble.
Putain.
L'image mentale. Sale. Sale. Sale.
Pour l'effacer de ma mémoire, je tends l'oreille et écoute leur conversation. Sans gêne, sans remords.
– Qu'est-ce qu'il y a, Shirosaki ?
– Nel m'a demandé de te voir pour… eh ! Mais t'as vu où tu t'es posé ?
Kurosaki et moi, on se tourne en même temps vers la direction indiquée et… J'ai trop envie de dire « qu'est-ce qu'on en a à foutre, putain ? » mais je suis pas inclus dans la conversation, donc je la ferme.
Juste derrière la tête de Kurosaki, il y a la couronne du roi.
– Je vais commencer par t'appeler King, maintenant, dit l'albinos, Shirosaki, avec un sourire en coin.
Kurosaki hausse les épaules, clairement il en a rien à foutre de cette remarque – presque autant que moi.
Je vais plutôt retrouver mes boules quies imaginaires et arrêter d'écouter. Ça m'ennuie déjà.
Sauf que pour pas les écouter, je dois me concentrer sur autre chose. La première chose qui me frappe, c'est leur putain de ressemblance physique, malgré leurs couleurs de peau et de cheveux différentes.
Un Kurosaki ça suffisait pas, maintenant y'en a deux. Quel monde merveilleux, n'est-ce pas ?
– Et donc ? presse Kurosaki en tirant sur sa cigarette, clairement ennuyé.
– Ouais, donc, bref. En gros, Nel organise une fête chez elle, pour son annive. T'es invité avec toute ta clique. Les parents de Nel sont à l'étranger donc on pourra se mettre une race bien sévère.
– J'y penserai. Cimer pour l'info, lui répond Kurosaki en coupant cours à la conversation.
C'est marrant de voir Kurosaki s'agacer pour si peu. Ça me donne presque envie de l'agacer aussi.
Avant de tourner les talons et de partir, l'albinos se tourne vers moi et a l'air bien songeur. Je le regarde à mon tour mais plus agressivement que Kurosaki. Je sais pas ce qu'il me veut mais ça m'énerve déjà.
– T'es Grimmjow, c'est ça ? Le mec qui a envoyé chier Nel y'a quelques semaines ?
J'acquiesce, avec un sourire en coin. Fier d'avoir testé sur Nel mes techniques favorites : l'insulte et la menace combinées.
– Me demande pas pourquoi mais elle t'a invité aussi. Maso, cette meuf, me dit-il à contrecœur.
Un sourcil arqué, je garde le silence quelques secondes. J'avoue, je suis choqué qu'elle ait pensé à moi. Elle doit vraiment être maso. Ou naïve. Ou conne. Ou les trois en même temps. Ou elle a juste vu quelque chose d'intéressant en moi… – non. Pas possible.
– Donc, viens ou viens pas, c'est toi qui vois, conclue Shirosaki en tournant le dos.
– J'y penserai, je réponds à temps avant qu'il se casse complètement.
Pas sûr que je m'y rende mais… pourquoi pas. Y'aura de l'alcool et de l'herbe. Je crois. Je connais pas les gens du lycée, je sais pas dans quels délires ils sont mais putain, j'espère que y'aura quand même ces deux trucs que j'aime.
…Et je me rends compte une nouvelle fois qu'on me fixe. Que Kurosaki me fixe. Il a les yeux froncés quand je le regarde à mon tour, comme s'il cherchait encore à me cerner.
– Quoi ?
Mon ton est sec et impatient, j'ai pas pu retenir l'acidité dans ma voix. Qu'il crache ce qu'il se retient de me dire depuis tout ce temps qu'on en finisse bordel. Ça me les brise qu'il tente de me cerner, de me déchiffrer.
On se connait pas.
– Je trouve que tu te donnes beaucoup de mal pour te débarrasser des gens alors que dans le fond, t'es seul.
Je sais pas combien de secondes il a fallu pour que j'assimile sa remarque. Je sais pas non plus combien de temps s'écoule avant que je ne montre une quelconque réaction.
T'es seul.
T'es seul.
T'es seul.
Ça tourne en boucle dans ma tête.
J'avale durement ma salive mais lui fais face, les yeux froncés.
– Développe.
Il se passe la langue sur les lèvres, semblant chercher ses mots.
– Tu rejettes tout le monde. Admets-le. Alors même que t'es entouré de gens. Chez Urahara ou au bahut. T'es seul, tu fais confiance à personne, même pas à toi-même. T'as personne dans ce monde, pas même des parents, vu que tu vis chez Urahara. Même quand t'as cambriolé ma maison, t'avais personne. T'as toujours été seul.
T'as toujours été seul.
Comme une conclusion, qui définit tout ce qu'il a dit, qui définit ma vie.
J'ai encore mordu l'intérieur de ma joue.
J'ai encore du sang sur la langue.
Du sang sur la langue. Goût médiocre… Saveur de mon existence.
Ma clope glisse à mes pieds, je prends même pas la peine de l'écraser. Je l'ai même pas terminée.
En temps normal, je fais très attention de ne pas gâcher mes cigarettes. Je suis fauché, je dois bien économiser – ou vider des poches.
Mais là, en cet instant, alors que l'on continue à se fixer… je m'en branle. De la clope, du groupe à quelques mètres de nous, de Kenpachi qui hurle.
Je m'en branle parce que les mots de Kurosaki s'incrustent dans ma cervelle. Je m'en branle parce que ses putains de mots me marquent. Connard. Connard. Connard. J'ai envie de le défoncer. Lui péter les os, les fracturer, les broyer sous ma poigne, le cogner tellement jusqu'à ce qu'il devienne un cadavre en voie de boursouflure. J'ai envie de le… marquer. Laisser ma trace, laisser une impression.
Il m'a cerné, ce con. Déchiffré en quelques mots, en quelques altercations. En quelques coups, il m'a jugé.
Si au moins, c'était faux, j'aurai pu laisser mes poings s'occuper de lui refaire un ravalement de la façade.
Si au moins, c'était faux.
Mais non. Il a fallu que ce connard touche juste, juste, juste.
Putain, je crois même qu'il a vu dans mes yeux que ça m'avait touché. Que ses foutus mots m'ont touché. Que même sous mes airs de gamin intouchable, je suis vulnérable.
Que je suis un gamin. Encore et toujours un gamin.
Mais je fais la seule chose que je sache faire correctement : je place mon avant-bras sous sa gorge. Pas trop fort, juste de quoi l'immobiliser quelques secondes.
– Va te faire, tu sais absolument rien de moi.
Et je me casse.
Parce que le déni est une autre de mes armes favorites.
Le déni que personne ne puisse me comprendre. Le déni de ne compter que sur moi et moi-même.
La certitude de vivre dans un monde gangrené. La certitude d'être moi-même gangrené.
Les pensées moroses, j'en ai beaucoup. La désillusion, la dépression – je connais tout ça.
J'ai pas de parents pour me guider.
J'ai commencé le hack très jeune pour les retrouver.
Et j'ai réussi. J'ai retrouvé la trace de ma mère.
Mais je suis pas courageux.
Juste lâche. Trouillard. Faible.
J'ai peur de ce que je risque de voir si je m'y plonge.
J'ai peur j'ai peur j'ai peur.
Alors je reste dans mon déni. Je reste avec mes pensées, uniquement avec mes pensées. Celles qui me disent que personne ne veut de moi, celles qui me disent que personne n'a jamais voulu de moi.
Celles qui me disent que tout le monde est mieux sans moi.
Je suis inutile.
Et je suis seul.
Je me casse, loin, loin, loin. Loin de Kurosaki et ses mots justes. Des mots qu'il transforme en coups percutants. Des mots qui ressuscitent vite mes maux.
J'échangerai bien mes maux contre ses mots.
Mais je veux seulement des mots qui soignent, des mots qui réconfortent, des mots qui font du bien.
Alors je fuis. Je me terre dans ma chambre, chez Urahara. Dans quelques minutes, je serai de nouveau le même Grimmjow. Le connard imbu de lui-même. En attendant, pour quelques secondes, je me laisse aller à rêver que… peut-être, j'aurai pu avoir droit à quelque chose de mieux. D'une vie, au lieu de cette semi-existence.
Saloperies d'illusions.
