Sherlock Holmes: la folie de Watson
Avertissement:Aucun de cet univers ou de ces personnages ne m'appartient. Seul ce scénario hypothétique m'appartient. Je ne possède aucun droit dessus.
Swiny: Voilà, j'ai eu cette idée récemment. J'avais envie d'écrire sur un John sombre et un peu fou. Pour l'instant, c'est un one-shot. Si jamais vous avez envie que cela devienne plus. N'hésitez pas à me le dire dans les commentaires ou sur mon tumblr (bazar fiction, auteur: swinyzombie) du côté "suggestions et défi" ou même par MP. Toutes idées ou envie en cas est évidemment la bienvenue. Voilà, bonne lecture!
POV JOHN – Un monde en noir et blanc
John ne savait pas à quel moment les couleurs sont parties. Était-ce alors que Sherlock chutait de St-Bart dans un suicide apparent ? Était-ce alors qu'il se retrouvait devant sa tombe à le prier pour revenir en vain ? Était-ce lorsqu'il partit de l'appartement au 221B Baker Street malgré les supplications de madame Hudson ? Était-ce devant cette vidéo que Lestrade lui avait offerte ? Était-ce avec sa rencontre avec Mary ? Pour être honnête, John ne le savait pas lui-même. Cependant, il était sûr de deux choses : Sherlock avait été celui qui avait transformé ce monde en noir et blanc en technicolor et Sherlock était parti…
John ne savait plus à quel moment le rouge était revenu dans son monde de grisaille. Était-ce lorsqu'il avait transpercé Mary avec un couteau de cuisine pour dire des horreurs sur l'ancien détective ? Était-ce lorsqu'il avait commencé à recréer des meurtres comme Jack l'Eventreur dans un espoir fou de faire revenir son ancien colocataire d'entre les morts ? Était-ce lorsqu'il était devenu un tueur en série enquêtant sur ces propres cas? John ne le savait plus.
L'ex-médecin militaire voulait juste faire revenir les couleurs. Parfois il y arrivait dans ces rêves. Il ne savait plus quand ils étaient venus. Dans ceux-ci, il voyait Sherlock Holmes, le détective toujours si brillant, toujours si fou, toujours si arrogant, toujours si… Vivant. Le plus souvent, il était une rémanence de certains de leurs cas. Parfois, c'était une discussion animé dans l'appartement au 221B Baker Street. Quelques rares fois, il était Sherlock qui se faisait passer pour un serveur alors qu'il demandait Mary en mariage et lui expliquait tous son plan en détail après qu'il lui ait frappé en plein sur son visage anguleux.
Dans ces rêves, les couleurs revenaient. Le monde de John était à nouveau en effervescence et pour un bref instant, il se sentait complet, heureux. Et puis, il se réveillait et le monde redevenait gris. Alors, il allait chercher une victime afin de se souvenir du rouge. La seule couleur que son esprit avait bien voulu lui laisser. C'était comme un cadeau que la vie lui donnait pour avoir pris le détective consultant loin de lui. Le rouge était une couleur parfaite… Le rouge se sentait bien.
Mais parfois, voir le monde en rouge ne suffisait pas à remplir le vide qu'avait laissé son meilleur ami dans son cœur. Alors, il le remplissait d'une autre manière assez bien connue du genre humain : la vengeance. Cela avait commencé par Sébastian Moran, le sniper de la piscine mais également l'homme de main de Moriarty. Puis, ce fut le tour des assassins à la poursuite du code. Ensuite, les organisations qui les employèrent tombèrent une à une sous l'action du soldat. Mycroft n'avait jamais réussi à comprendre qui avait fait cela. Il n'était pas aussi intelligent que Sherlock. Il n'observait pas, il ne faisait que regarder comme tous ces autres personnes qui dégoutaient John de plus en plus alors que le temps passait.
Et puis, un jour, la vengeance et le rouge ne suffisait plus. Au fond, il n'avait que faire d'être devenu le chef de plusieurs organisations criminelles. Il n'en avait rien à faire de voir Mycroft tourner en rond pour sa trahison envers son petit frère. Bientôt, il voulut autre chose. Il voulait Sherlock. Seulement et uniquement, Sherlock. Mais ne pouvant avoir la vraie chose pour des raisons évidentes, il dut se résoudre à une nouvelle forme de folie : prétendre.
Les jeunes hommes que choisissaient John Watson ne savaient pas dans quoi il était tombé au début. Comme lui, ils comprenaient rapidement la situation dans laquelle ils se trouvèrent lorsqu'ils se réveillaient drogué à cause du chloroforme. Mais au contraire de lui, ils ne le voyaient jamais immédiatement comme ce qu'il était vraiment. Au début, John arrivait uniquement pour discuter à leur réveil puis la vraie chose venait. Le plus souvent, ils étaient trop ordinaires… Trop différent de son Sherlock… Pour comprendre ce qu'il attendait d'eux. Alors, John dut faire un tri et le rouge revenait le hanter avec le plaisir habituel qui accompagnait sa venue.
Les plus ressemblants pouvaient passer à l'étape supérieure. Cette étape qu'il n'avait jamais pu franchir avec le Sherlock original. Cela commençait chastement par un baiser sur les lèvres, une caresse par si par là. Puis, ça évoluait alors que Watson se perdait dans ses fantasmes et dans les couleurs pâles qui baignaient pendant un court instant sa vision…
Mais comme toujours, ce bonheur ne durait pas éternellement. Ces faux-Sherlock cassèrent sans pitié sa réalité à un moment ou un autre. Il suffisait parfois d'un regard vers John qui était marron au lieu de bleu, d'une prière pour stopper tout ça alors que l'original était trop têtu pour le faire, etc.
En bref, il suffisait d'un mot, d'une action ou d'un détail anti-Sherlock pour que John les tue sans une seconde pensée et se mette à retourner dans le cycle habituel : Ennuyer Mycroft avec les gens sous ces ordres, tuer, espérer, chercher un nouveau Sherlock, recommencer…
Il devenait malade de ce cycle. Il voulait simplement récupérer les autres couleurs. Il n'y avait qu'une seule personne qu'il désirait pour repeindre son monde avec un sourire. John le détestait pour son départ avec passion mais il voulait qu'il revienne comme si sa mort n'avait été qu'un mauvais rêve.
Dans un dernier espoir futile pour faire revenir le détective, il choisit le visage de son ennemi. Il afficha sur chaque écran de Londres cette face détestable accompagné du message « je vous ai manqué ? ». Après tout, peut-être que le fantôme de Sherlock viendrait réclamer vengeance contre l'homme qui avait détruit sa vie et celle de John en même temps. Peut-être que les couleurs reviendraient ? Ou peut-être pas…
Peu importe… Parce que même s'il ne revenait pas. Londres saurait que le détective n'était pas une fraude complète. Londres entière se rendrait compte des messages qu'avait laissés le médecin partout dans la ville. Londres saurait enfin la perte que le soldat avait dû subir lors de sa mort. Et Londres croirait enfin en lui.
Tout comme John croyait en Sherlock Holmes.
Vous savez quoi faire à partir de ce point! Pour information, cette idée d'histoire m'est venue en écoutant les chansons "My addiction" de Shallow Side et "Echo" de Gumi. Deux chansons que je conseille vivement.
