Sherlock Holmes: La folie de Watson
Le retour brutal des couleurs
Swiny:
Cette histoire a été créée en coopération avec une amie qui se lance dans l'écriture. C'est donc normal que ce chapitre est plus cour que d'ordinaire.
On a eu cette idée après avoir écouté la chanson : « Le jour où je suis devenu fou » de Rodrigue. Je vous conseille fortement d'aller l'écouter après ou avant de lire ce chapitre. On dirait presque que c'est notre John complètement fou qui la chante.
Sur ce, bonne lecture !
POV John Watson – Le retour brutal des couleurs
John regardait le plafond encore et toujours ce maudit plafond. Il n'était pas gris, il était blanc. Ce n'était pas normal. Son monde devait être gris, sa réalité devait être grise. Après tout, son univers n'était-il pas en ce moment noyé dans un océan de gris ? Un océan de tristesse, de haine, ne devait-il pas être gris ?
Depuis ce cauchemar, quelque chose s'était cassée en John. Pour la première fois en des années, il avait compris ce que d'autres avaient essayé de lui dire et cela faisait mal. Cela faisait affreusement mal. Il aurait voulu oublier leur parole, oublier les événements qui s'étaient produit, oublier ce cauchemar mais il n'y parvenait pas. Une certaine partie de John ne cessait de lui répéter la conclusion auquel il venait d'arriver. Son propre esprit perfide ne cessait de lui chuchoter encore et encore et encore et encore…
« Sherlock est mort. Il ne reviendra pas. Sherlock est mort. Il ne reviendra pas. »
Pour une raison obscure, il avait envie de se rouler en boule et de pleurer. Il avait également envie de hurler et de s'éclater les poings, les jambes et surtout sa tête contre les parois de sa cellule.
Pourtant, John ne bougea pas. Il ne pleura pas non plus. A la place, il regardait ce fichu plafond dans l'espoir fou qu'une fissure apparaisse soudainement pour briser la monotonie de son existence. Le gris était partout et les couleurs avaient disparu pourtant, John se sentait étrangement calme. Un peu comme si, quelque part au fond de lui, il savait déjà tout cela. Pour une raison bizarre, il se sentait trahi par lui-même.
Mais ces pensées furent rapidement oubliées alors que le blanc du plafond semblait l'absorber une fois de plus.
[Pourquoi « blanc » ?] Se demandait parfois John dans un éclair soudain de curiosité.
Aujourd'hui, il s'en fichait. Il n'y avait pas de couleur pour le réconforter de sa perte. Il n'y avait pas de tourbillon coloré pour l'emporter de ce monde non pas de ténèbres mais de grisaille. Alors pourquoi devrait-il s'interroger sur une couleur ? En fait, pourquoi devrait-il même faire quoi que ce soit actuellement pour changer cet état de grisaille ? Il le méritait après tout. Par sa faute, la dernière part de Sherlock dans ce monde mourrait encore une fois dans une chute affreuse. Une chute qui horrifiait le médecin. Il avait échoué dans sa mission de ramener le détective. Et maintenant, il était trop tard.
[-Tu es un idiot !] Lui cria une ancienne partie de lui brisée et sans le moindre espoir de rédemption.
Il ne savait pas exactement depuis combien de temps il regardait au dessus de lui dans l'espoir de casser cette solitude soudaine et infâme sans se briser lui-même plus loin. Mais après une petite éternité, un médecin entra dans son champ de vision avec un plateau repas léger et un immense sourire trompeur.
Il aurait crié s'il avait eu la force de le faire. L'afflue de couleur était si grand et si fort : noir, bleu, blanc, brun, vert. Il voulait juste le blanc du plafond, non le gris, les couleurs n'existaient pas… A moins que si ? Il ne savait plus. Il ne sait pas.
Le médecin, loin de ce douté de la douleur mentale qu'il faisait subir à son patient, continua son petit speech traditionnel.
-Bonsoir John.
John ne répondit pas. Il était trop préoccupé par l'impression qu'il manquait quelque chose dans son monde de grisaille et le soudain inconfort de celui-ci pour prendre une grande attention au médecin.
-J'ai une excellente nouvelle pour vous John, vous voulez l'entendre ?
Les bonnes nouvelles étaient souvent accompagnées par le désespoir et les mensonges d'un monde meilleur. Un affreux jaune qui tentait de le transpercer. Il n'avait jamais vraiment aimé le jaune. Il y avait une couleur qu'il préférait au dessus de tout autre. Il ne l'avait plus vu depuis un moment, qu'est-ce que c'était ?
-Quelqu'un va vous rendre visite demain, pouvez-vous deviner qui s'est ?
Orange ? Vert ? Brun ? Non, cela ne semblait pas correct. On ne pouvait pas produire facilement du orange, ni du vert et encore moins du brun. John avait essayé après tout. Cela devait être autre chose. Quelque chose de fondamental, de brutal, d'évident.
-Aller John, faites une proposition.
Un jeu. Le médecin lançait un jeu contre lui. Il détestait les jeux. Cela lui rappelait Sherlock et comment il était mort. Mort, le noir, les ténèbres et autours de la tête de Sherlock, qu'est-ce que c'était ? C'était très beau, c'était chaud…
-Très bien, je ne vais pas pousser. Demain matin, Sherlock Holmes va venir vous rendre une visite exceptionnelle.
Le médecin semblait attendre quelque chose mais tout ce que John pouvait entendre était ce nom encore et encore : Sherlock. Brusquement, il se rappela le rouge, le sang de Sherlock.
-John, tu m'as entendu ? Sherlock vient demain.
Le rouge, il en avait besoin. Comment avait-il pu oublier ce qui chassait le grisaille. Comment avait-il pu oser remettre en doute Sherlock ? Quel genre d'ami était-il ? Il lui avait demandé un miracle et il l'avait fait !
-Sherlock ? Répéta John avec un fin sourire alors que le rouge envahissait sa vision.
Son colocataire était de retour ! Il était revenu pour lui. Il allait venir le voir et tout redeviendrait normal à nouveau. C'était fini le temps des fantômes tout droit sorti de son imagination.
-Oui, vous êtes content John ? L'interrogea le médecin.
Pour toute réponse, John se redressa pour regarder le mur à gauche avant de regarder le visage du type, sans vraiment voir le médecin.
-Sherlock. Dit-il comme s'il goûtait une nouvelle saveur en prononçant ce mot une nouvelle fois.
Il fallait fêter cela. La grisaille allait partir et John allait cesser de se noyer. C'était merveilleux.
-John, vous sentez-vous bien ?
Lentement, John sourit encore plus largement avant de se rapprocher du médecin. Il était encore affaibli par le médicament mais rien ne lui ferait manquer son but. Absolument rien.
Parce qu'après tout, il ne manquait plus qu'une seule chose pour fêter cela comme il se doit: un magnifique rouge.
Excuser moi d'avance pour ce chapitre court. Vous connaissez le refrain: Suggestion, commentaires, avis, fanart et autres bidules dans les commentaires ou sur mon tumblr.
Jusqu'à la prochaine fois!
