Hello! Deuxième chapitre enfin en ligne. J'espère pouvoir être plus régulière et rapide dans le post de mes chapitres, mais avec l'approche des examens je ne peux rien promettre. En tout cas, bonne lecture.

Strangeye : Wouahhh, ma première review! Je ne m'y attendais pas vraiment vu que le début n'est pas forcément accrocheur et on peut s'y perdre, mais ça fait toujours plaisir un petit commentaire!


J'attendais sur les bancs de l'aéroport avec un certain mélange d'excitation et d'anxiété. Je faisais souvent des skypes avec ma mère, mais cela faisait plus de trois mois que je n'avais pas vu mon père. Même si nous n'étions pas très proche, c'était toujours un plaisir de le voir.

Lorsque j'aperçus un chapeau très coloré, je compris tout de suite que ma mère venait dans ma direction. J'avais beau regardé autour d'elle, je ne voyais pas la trace de mon père.

-Lucille, tu es magnifique, me complimenta ma mère en me couvrant de baiser.

Je n'avais jamais aimé mon prénom. J'étais bien contente que Matt m'appelle Luce. Je jetais un coup d'œil derrière, espérant toujours naïvement que mon père était caché derrière un pilier, prêt à apparaître en me criant "surprise".

-Il ne viendra pas, lâchais-je déçue.

Ma mère me caressa doucement la joue, probablement consciente de mes yeux chagrinés.

-Il travaille beaucoup ces derniers temps, il aurait voulu venir, mais il ne pouvait pas.

Cela faisait deux ans et demi que j'habitais en Angleterre et toujours la même excuse. Cependant, je ne pouvais rien dire en sachant qu'ils se saignaient pour me payer mes études. J'avais décroché une bourse et travaillais le week-end dans un fast-food, mais je savais qu'étudier dans une université comme la mienne était normalement hors de prix pour nous.

-Ton petit ami n'est pas là, cette fois? interrogea ma mère pour changer de sujet.

Je manquais de lever les yeux au ciel. Matt avait le permis et me servait de chauffeur quand ma mère venait me rendre visite. Pour une fois, j'étais bien contente qu'il soit trop occupé avec ses révisions, je sentais que ma mère avait plein de choses personnelles à me dire.

-Je te le répète, Matt et moi sommes comme des frères et sœurs.

Je manquais de me faire bousculer par un couple de japonais envahissant. Comprenant que nous bloquions le passage, nous sortîmes de l'aéroport tandis que ma mère me faisait la morale.

-A ton âge il faudrait éviter de traîner qu'avec un garçon à moins qu'il ne soit ton copain, commença-t-elle d'un air sévère. Tu devrais plutôt sortir avec des groupes de fille, faire du shopping, plein d'activité féminine.

Je tentais de héler un taxi, mais la concurrence était rude. Sans compter que ma mère ne m'était d'aucune aide.

-Et tu devrais te laisser pousser les cheveux, continua-t-elle. Tu étais magnifique avec ta longue crinière caramel.

-Mes cheveux ne poussent pas vite, je n'y peux rien.

En fait, je continuais à garder mon carré plongeant. Ainsi, je gagnais un temps considérable le matin lorsque je me préparais. Surtout que les examens étaient proches, je n'avais pas la tête à me pomponner. Je n'avais jamais été coquette de toute manière, provoquant le désespoir de ma mère.

-Les études c'est bien, mais il faut aussi prendre soin de toi. Je vais encore devoir m'occuper de toi ce week-end!

J'allais soupirer d'exaspération jusqu'à ce que je me rend compte à quel point j'étais heureuse que ma mère soit là. Malgré ses sermons éternels, la voir en Angleterre avec moi était tout ce que j'avais besoin, avec mon père cela aurait été parfait. Je n'étais pas très sociable et n'avais jamais réussi à m'intégrer dans le groupe d'amis de Matt, me retrouvant souvent seule. Savoir que quelqu'un se souciait de moi, me réchauffait le cœur.

-Merci d'être venue, lui dis-je finalement en la prenant dans mes bras.

Elle me rendit l'étreinte et lorsqu'elle me regarda, ses yeux azurs me paraissaient plus doux que d'habitude.


-Les Mundaniens étaient des colonisateurs à la recherche de nouvelles terres pouvant apporter des ressources supplémentaires, écrivis-je.

J'étais penchée sur mon devoir, assez fière des idées qui germaient dans la tête. Mon téléphone bipa, signalant que ma mère était bien rentrée à Princeton. Elle rajouta que mon père me saluait avant de se déconnecter définitivement.

Mes pensées convergèrent vers mon paternel, me sortant momentanément de mon exercice. Ce week-end s'était déroulé à merveille avec un temps magnifique, mais j'avais pu ressentir l'absence de mon père.

Depuis toute petite, il s'était montré assez distant avec moi. Certes, il m'avait acheté mon premier vélo et payait actuellement mes études, mais jamais il ne m'avait prise dans ses bras. J'avais cruellement manqué de l'affection de mon père, manque que ma mère tentait de combler. Cette dernière m'avait racontée qu'il s'en voulait depuis l'accident.

En effet, notre maison était située pas loin d'une forêt, j'avais comme habitude de m'y aventurer petite. Puis, alors âgée à peine de quatre ans, j'étais tombée dans un ravin d'une dizaine de mètres et avait miraculeusement survécu. Je m'étais quand même retrouvée dans le coma pendant plusieurs semaines et arborait une énorme cicatrice le long du cuir chevelu, mais je pouvais m'estimer chanceuse.

Absorbée dans mes vieux souvenirs, je n'avais pas vu les messages de Matt. Il me demandait si j'étais prête pour le voyage en Arizona.

L'Arizona... Je n'avais jamais voyagé, excepté pour l'Angleterre, mais il s'agissait du cadre scolaire. Visiter un pays pour le simple plaisir ne m'avait jamais été offert, mes parents étant plutôt des ermites.

Mon téléphona vibra et j'entendis la voix survoltée de Matt.

-C'est qui les deux heureux élus qui s'offrent un petit séjour? couina-t-il.

-On l'aura bien mérité, remarquais-je. Le voyage est offert aux deux meilleurs étudiants. Mais cela reste quand même professionnel, je te rappelle.

Nous n'avions pas reçu énormément de détail sur cette excursion, à part la visite du célèbre Hoover Dam. C'était d'ailleurs étrange que notre établissement si bien organisé émette aussi peu d'informations.

-Relaxe Luce, on a quand même trois jours pour nous. Tu n'oublieras pas ta crème solaire. Il y a un soleil de plomb en Arizona et tu ne risques pas de faire long feu avec ta peau toute blanche.

Il savait que je détestais quand il soulignait ma pâleur. J'avais tenté des cures de bronzage sans succès.

-Facile, pour un demi latino, rétorquais-je. D'ailleurs, prends tes médocs pour le sommeil. La dernière fois que tu as dormi avec moi, tes ronflements menaçaient de réveiller tout le campus.

J'entendis son cri d'indignation avant de raccrocher pour ne pas lui laisser le dernier mot. Malgré l'approche des examens, je n'avais pas oublié que je partais en Arizona mercredi. Je savais que la distance entre l'Arizona et Princeton était énorme, mais peut-être que je pouvais passer à la maison. Juste histoire de voir mon père ne serait-ce que quelques minutes. J'avais besoin de réponse à mes questions.