Coucou tout le monde ! Bon, cela fait au moins un an que j'ai posté le chapitre précédent. J'avais fait une pause après avoir appris que j'avais réussi les écrits d'un concours et qu'il fallait donc je travaille sérieusement pour les oraux. Il se trouve que je les ai réussis et que j'ai donc dû travailler sérieusement après cela pour mon travail ^^ Ayant plus de temps libre depuis quelques temps, je me suis remise à l'écriture dont cette fanfiction... sauf que, comme j'ai laissé l'histoire en suspens pendant très longtemps, je ne sais pas si la suite va vous intéresser. Bref, j'ai écrit ce chapitre et vous me direz si oui ou non vous voulez la suite.


Chapitre 4 : Mai

Bien installée dans son bureau, Regina repassait en revue le budget prévisionnel du second semestre de l'année. Cela faisait déjà quelques heures qu'elle s'en occupait et son attention commençait à diminuer lorsque Emma toqua à la porte avant de l'ouvrir sans attendre de réponse. La blonde n'avait pas encore pris le temps de s'habiller, alors qu'il était presque l'heure de déjeuner, et elle ne portait donc qu'une petite culotte et un débardeur. Regina essaya de rester de marbre et, surtout, de contrôler ses émotions pour ne pas rougir. Elle bafouilla quelques mots, ce qui fit sourire sa femme.

– Il fait plutôt chaud aujourd'hui. Tu ne trouves pas ?

La maire répondit par un hochement de tête, la seule chose qu'elle se sentait capable de faire pour le moment. Emma passa une main dans ses cheveux, son débardeur se souleva et Regina décida qu'il valait mieux pour elle qu'elle regarde son écran d'ordinateur. Du coin de l'œil, elle vit que la blonde s'approchait pour poser un verre de thé glacé sur le bureau. Elle se dit qu'elle allait en avoir besoin pour se rafraîchir les idées une fois qu'Emma allait quitter la pièce. La Sauveuse fit ensuite le tour du bureau et s'assit dessus, l'air de rien, avant de se pencher vers l'ordinateur, sa poitrine se trouvant alors dans le champ de vision de la Reine. Emma ne se gêna pas pour faire défiler le document jusqu'à la section qui l'intéressait et la non-intervention de Regina lui indiqua que celle-ci n'était vraiment pas indifférente et qu'elle était trop occupée à se contrôler pour lui dire quoi que ce soit.

– Tu accordes plus d'argent au poste. Ce n'est pas trop tôt. Je vais enfin avoir mon augmentation.

– En fait, c'est ton père que je vais augmenter.

– Quoi ? Mais on touche déjà le même salaire ! Ça veut dire qu'il gagnera plus que moi ! En principe, le Shérif gagne plus que l'adjoint de Shérif.

– En principe, le Shérif est celui qui montre l'exemple à son adjoint, rétorqua-t-elle.

Emma voulut répliquer mais elle savait pertinemment que cela ne servirait à rien alors elle choisit de continuer son petit jeu qui lui permettrait, en vue de la réaction de Regina, à la fois de se faire plaisir, à la fois de se venger et elle décroisa ses jambes. La maire frémit aussitôt et retira ses lunettes. Elles lui permettaient d'avoir une meilleure vision de près et elle préférait s'en passer pour le moment.

– Je t'ai déjà dit que tes lunettes te vont très bien ?

– Tu viens de le faire.

– J'ai toujours aimé les personnes qui portent des lunettes. Surtout celles qui s'habillent toujours très bien, comme toi. Cela donne un côté très sérieux et les personnes qui une apparence qui reflète le sérieux sont toujours celles qui nous surprennent au lit en faisant des choses plus folles qu'on ne l'aurait imaginé.

La brune sentit alors un chatouillis au niveau de son bas-ventre. Elle essaya de faire retomber la température comme elle le put.

– Les lunettes n'ont rien d'attirant et montrent avant tout que la personne qui les porte à un défaut de vue, ce qui n'est pas attirant non plus.

– Hum...

La blonde prit le temps de boire une gorgée du thé glacé destiné à Regina – celle-ci ne lui en fit pas la remarque – avant de poursuivre :

– Il est vrai que les défauts ne sont pas très attirants mais il est possible de les corriger. Tu sais ce qui est bon pour la vue ?

Regina nia d'un signe de tête. Elle ne le savait pas et elle n'était pas sûre d'avoir envie d'entendre la réponse.

– Faire l'amour, dit alors Emma tout en se levant.

Elle quitta le bureau sans rien ajouter de plus, laissant Regina avec ses émotions. La brune souffla et but à son tour une gorgée de thé pour combattre la chaleur qui venait de l'envahir. Emma ne lui avait pas dit mot pour mot qu'elle avait envie de coucher avec elle mais c'était tout comme. Regina se disait que la blonde ne pouvait pas être inconsciente au point de ne pas savoir ce qu'elle venait de faire. Elle avait voulu découvrir la réaction de Regina et celle-ci avait conscience qu'Emma ne l'avait fait que parce qu'elle devait elle aussi être intéressée. Elle sourit. Cela lui faisait plaisir de savoir que sa femme était attirée par elle mais elle n'avait guère aimé jouer le rôle de la femme dominée qui avait du mal à répliquer. Il fallait qu'elle use de ses charmes à son tour pour faire comprendre à Emma qu'elle était capable d'avoir un tout autre rôle.

Elle réfléchit à ce qu'elle pouvait faire, elle avait déjà plusieurs idées en tête mais elle hésitait entre toutes. Elle but à nouveau en s'imaginant la réaction d'Emma et le contentement qu'elle ressentit lui fit lâcher le verre qui se reversa sur elle et son bureau. Elle éloigna immédiatement son ordinateur et regarda l'étendue des dégâts. Son tailleur était presque neuf et il semblait plaire à Emma alors elle espéra qu'il n'allait pas rester tâché. Elle descendit précipitamment dans la buanderie du rez-de-chaussée et enleva sa tenue pour la mettre dans la machine à laver.

Regina terminait de la programmer au moment où Emma arriva, les bras chargés de linge sale. En voyant la brune en sous-vêtements, elle ne fit pas attention à ce qu'elle faisait et elle se cogna contre l'encadrement de la porte. Emma lâcha ses vêtements qui tombèrent au sol et se tint le coude gauche qui avait reçu le choc.

– Ça va ?

– Très bien. Je suis juste en train de simuler, répondit sarcastiquement Emma.

Regina roula les yeux puis lui dit qu'elle allait chercher de la pommade dans la trousse à pharmacie. Elle remonta à l'étage et passa d'abord dans sa chambre pour enfiler une tenue avant de se dire qu'elle était très bien comme ça. Elle fila alors dans la salle de bain où elle trouva rapidement ce qu'elle voulait. Emma l'attendit dans la buanderie et pliait et dépliait son coude avec une petite grimace de douleur, elle savait qu'elle allait avoir un peu mal pendant deux ou trois jours. Lorsqu'elle vit Regina revenir toujours aussi peu vêtue, elle prit une profonde inspiration et essaya de rester naturelle.

– Tu sais que ce n'est pas très grave et que tu aurais quand même pu prendre le temps de mettre des vêtements.

– Cela pouvait attendre. Et puis, tu as raison, il fait chaud aujourd'hui et je me sens plus à l'aise comme ça.

Elle retint un sourire en voyant les joues d'Emma qui s'empourpraient puis elle appliqua la pommade sur le coude de sa femme.

– Je t'en remettrai ce soir.

– Merci mais je pense que j'arriverai à le faire toute seule.

– D'accord. J'espère que ça ira mieux très bientôt parce que tu as constamment besoin d'utiliser tes deux bras.

– Oui, pour le travail, précisa-t-elle en essayant de ne pas penser à autre chose.

Regina se rinça les mains puis s'approcha du tas de linge sale. Elle se pencha en avant en pliant à peine les genoux et Emma sut qu'il n'y avait plus de doutes à avoir, Regina était en train de lui renvoyer l'ascenseur. Lorsque la brune se redressa, elle ne tenait entre ses mains qu'une paire de menottes qui se trouvait parmi les affaires d'Emma. Cette dernière déglutit tout en attendant la réaction de la Reine.

– Je ne savais pas que c'était ton truc.

– C'est pour le travail, tu le sais bien.

– Bien sûr.

Elle fit quelques pas vers Emma et ne s'arrêta qu'à quelques centimètres d'elle. La blonde frissonna et elle regretta de ne pas s'être un peu plus habillée car Regina le remarqua. La brune glissa les menottes dans la main droite d'Emma tout en se penchant à son oreille.

– Tu savais que les menottes m'ont toujours fait un certain effet ?

– Ça doit être un truc de femmes à lunettes, parvint-elle à dire.

Regina fit un pas en arrière et se montra ravie de voir Emma jouer elle aussi le jeu.

– Maman, est-ce que... Argh !

La Reine fit volte-face et vit Henry, une main plaquée sur ses yeux, qui se tenait sur le pas de la porte. Elle mit un peu plus d'espace entre elle et Emma et elle attrapa un t-shirt sale de la blonde pour l'enfiler.

– Qu'est-ce que vous faites ? Demanda-t-il en maintenant sa main contre ses yeux.

– Ce n'est pas ce que tu crois, dit Regina.

– Et tu peux enlever ta main, l'avertit Emma.

Henry l'écouta puis les regarda toutes les deux à tour de rôle, un air de reproche dans les yeux.

– Je ne sais pas ce qu'il se passe entre vous deux mais... mais... je pense qu'il vaut mieux que je parte.

Il tourna les talons et fit un pas avant de s'arrêter pour leur dire une dernière chose.

– N'oubliez pas que je vis aussi ici et que j'aimerais que vous portiez un peu plus de vêtements.

Emma et Regina se regardèrent, elles n'en menaient pas large et aucune des deux ne souhaita prendre la parole. La brune remonta dans sa chambre pour se changer et Emma l'imita en prenant le soin d'attendre une quinzaine de secondes afin de mettre de la distance entre elles deux.


– Tu as vraiment fait ça ? Demanda Kathryn à Regina alors qu'elle avait du mal à y croire.

– Moins fort, je n'ai pas envie que tout le monde sache ce que je fais chez moi.

La maire regarda autour d'elle. Elles étaient au Diner, il n'y avait que peu de clients et ils ne semblaient pas avoir entendu l'histoire.

– Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Elle te plaît ?

– Je me sens un peu attirée par elle, physiquement.

– Vraiment ? Mais elle s'habille pourtant toujours n'importe comment.

– Disons qu'elle n'était pas beaucoup habillée ce matin.

– Tu comptes aller plus loin ?

– J'aimerais bien...

Elle se mordit la lèvre inférieure en s'imaginant franchir cette étape puis elle revint à la réalité quand elle vit Emma qui entrait dans le Diner. La blonde la regarda en se dirigeant vers le comptoir et elle se cogna à nouveau, contre une table cette fois-ci. Regina sourit immédiatement, amusée par le côté tête en l'air d'Emma. Elle la vit échanger quelques mots avec Granny puis s'en aller. Regina se tourna ensuite vers Kathryn et reprit leur conversation.

– Mais je ne peux pas. Imaginons que nous couchons ensemble, ça va être génial et nous allons sûrement le refaire plusieurs fois, mais que va-t-il se passer quand nous passerons à autre chose ? Nous avons un enfant en commun et si nous ne serons plus capables de bien nous entendre après cela, c'est Henry qui payera les pots cassés. Ce qui le rend heureux est d'avoir une famille unie alors il ne me reste plus qu'à attendre que le divorce soit prononcé pour pouvoir enfin faire de nouveau l'amour.

– Et si cela allait plus loin que du sexe ?

– Plus loin ?

– Si vous êtes toutes les deux attirées l'une par l'autre, vous pourriez sortir ensemble.

Regina éclata de rire. Jamais elle ne s'était imaginée que son amitié avec Emma puisse autant évolué. Après tout, elle venait tout juste de mentionner leur futur divorce qu'elle comptait bien obtenir. Pour elle, il était clair que cela voulait dire qu'elle ne prévoyait pas d'être aussi proche d'Emma après leur divorce qu'elle ne l'était à ce moment-là. Elles redeviendraient de simples amies et cela n'irait pas plus loin.

– Tu peux rire autant que tu le voudras, cela restera possible pour moi. Depuis un mois, dès que nous nous voyons, c'est « Emma ci, Emma ça » alors maintenant que j'apprends que tu aimerais coucher avec elle, je n'ai plus de doute sur ce qu'elle représente vraiment pour toi.

– Je ne te parle d'Emma que parce que je vis avec elle et je voudrais coucher avec elle que parce que je ne peux pas le faire avec une autre personne, c'est tout, se défendit Regina qui doutait tout de même de la véracité de ses propos.

– Si tu le dis... En tout cas, si j'ai tout de même raison, j'espère que tu ne voudras pas que je devienne amie avec elle.

– Cela n'arrivera pas parce que je devrais alors faire la même chose pour Emma et devenir amie avec Miss Lucas, ce qui serait pire que tout.


Emma était partie retrouver Ruby pour lui raconter ce qu'il s'était passé au cours de la matinée. Elle se rendit d'abord au Granny's et put montrer à Regina, en buttant contre une table, que sa présence ne la laissait vraiment plus indifférente. Granny l'informa que sa petite-fille était à la bibliothèque et Emma hésita alors à la rejoindre. C'était un dimanche, la bibliothèque était normalement fermée et cela voulait dire qu'elle y était avec Belle. Elle ne tenait pas trop à déranger son amie qui ramait depuis qu'elle avait invité Belle à dîner avec elle puis elle se dit qu'un échange de conseils ne leur ferait pas de mal à toutes les deux.

À la bibliothèque, Emma vit que Ruby aidait Belle à recouvrir de nouveaux libres. Elle sentit à quel point ce rendez-vous devait être ennuyant puis elle se dit qu'elle avait de la chance d'être mariée à Regina et non à une personne comme Belle car elle ne troquerait contre rien au monde la vue qu'elle avait pu avoir le matin même sur le corps de la Reine.

Emma les salua et s'approcha de la table sur laquelle elles travaillaient. Elle put voir un dossier où le nom de la juge qui s'occuperait de son divorce était inscrit sur la première page et elle nota dans un coin de sa tête d'en discuter avec Ruby. Les deux amies s'éclipsèrent dans une petite pièce adjacente qui servait de salle d'étude.

– Alors tu as réussi à l'embrasser hier soir ? Demanda Emma.

– Belle ne veut pas tromper Gold et veut donc attendre qu'ils soient divorcés pour aller plus loin avec moi alors à part me promener main dans la main avec elle, je ne peux rien faire de plus. Elle lui donnera les papiers tout à l'heure pour qu'il les signe et nous irons au bureau de poste demain matin, dès l'ouverture. Et toi ? Tu as enfin sauté le pas de l'abstinence ?

La blonde lui raconta ce qu'elle avait fait pour savoir si Regina était intéressée et ce que sa femme avait alors fait en retour.

– Tu sais ce que ça veut dire ? Ce soir, elle et toi, vous allez enfin vous comporter comme un couple marié.

– Peut-être.

– Comment ça « peut-être » ? Il faut que tu arrêtes de te poser des questions et que tu fonces !

– Un jour, ni elle ni moi ne nous sommes posées de questions et nous sommes retrouvées mariées alors, cette fois-ci, il vaudrait mieux penser à ce qu'on s'apprête à faire avant qu'il ne soit trop tard.

– Tu as pourtant bien envie d'aller plus loin ?

– Oui.

– C'est tout ce dont tu as besoin de savoir...

– En fait, ce n'est pas aussi simple que cela. Henry nous a surpris ce matin, ça ne lui a vraiment plu et...

– Ce que tu fais avec Regina ne le regarde pas. Tu as quand même le droit de faire ce que tu veux sans l'avis de ton fils.

– Je sais mais ça m'a fait repensé à ce qu'il m'avait dit après avoir offert le collier à Regina pour la Saint Patrick et... Tu crois que Regina finira par s'attacher à moi si on va plus loin ?

– C'est une possibilité à envisager. Mais si toi aussi tu t'attache à elle...

– Je ne pense pas que ça arrivera un jour, elle est juste mon amie.

– Tu n'es aussi qu'une amie pour elle et pourtant tu penses qu'elle pourrait finir par te voir différemment alors pourquoi pas toi ? J'ai toujours envie de te dire que tu ne devrais pas te poser trop de questions mais ça ne serait pas cool de ma part parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible si tout ne se passe pas comme prévu. Tu devrais plutôt attendre et voir si, effectivement, tu ne la verras jamais différemment ou si elle pourrait devenir quelqu'un d'autre pour toi. Une fois que tu auras les idées un peu plus claires, tu sauras quoi faire.

– Et comment je fais pour savoir ce que je veux vraiment ?

– Tu n'as rien à faire, ça viendra un jour sans même que tu t'en rendes compte. Je voyais Belle de temps en temps au Diner, on discutait quand elle venait seule et nous sommes devenues amies. C'était comme ça que je la voyais, mon amie. Et puis, un jour, je l'ai vu les yeux rougis, elle venait de pleurer à cause d'un coup tordu de Gold. Il a fallu que je la voie dans cet état pour comprendre qu'elle était plus qu'une amie pour moi. Un jour, tu verras Regina sourire, rire, te dire quelque chose de beau ou alors pleurer comme Belle et ton cœur arrêtera de battre pendant une seconde. Ce jour-là, tu sauras ce que tu veux vraiment... à moins qu'elle ne soit pas faite pour toi, bien entendu.

Emma réfléchit à tout cela. C'était la première fois que son amie lui parlait ainsi et c'était de loin le meilleur conseil qu'elle lui avait donné. Au lieu de risquer de faire du mal à Regina en ne sachant pas ce qu'elle voulait, elle allait attendre d'obtenir des réponses à ses questions.

– Ça veut dire pas de sexe ce soir, lâcha-t-elle avant de se lever.

Ruby l'imita et prit le temps de récupérer des livres qui étaient restés dans la salle d'étude tandis que Emma retourna auprès de Belle.

– Tu sais ce qui est pire que de tromper ton futur ex-mari ?

Belle la regarda avec un certain étonnement. Elle savait que Ruby et Emma se racontaient beaucoup de choses mais elle n'avait jamais pensé que la blonde puisse lui en parler par la suite.

– Faire attendre la femme qui n'a jamais rien voulu d'autre que ton bonheur, continua Emma.

Elle se dirigea vers la double porte et l'ouvrit puis elle se retourna pour observer Belle qui se leva et qui rejoignit Ruby afin de l'embrasser.


Henry regardait pensivement son téléphone portable. Deux semaines plus tôt, Emma le lui avait pris dans son dos, elle s'était prise en photo avec Regina puis avait changé le fond d'écran pour s'assurer qu'il pense toujours à elles au lieu de faire comme ses amis qui faisaient subir leur crise d'adolescence à leurs parents. Sur la photo, elles souriaient comme elles ne l'avaient jamais fait auparavant et il se demanda si cela allait durer après ce qu'il avait entrevu plus tôt dans la journée.

– Tu penses à quoi ?

L'adolescent tourna la tête vers son amie Grace qui se trouvait avec lui dans sa chambre. Elle jeta un coup d'œil au fond d'écran que Henry lui avait déjà montré puis elle le regarda dans les yeux.

– Tout va bien avec tes mamans ?

– Oui.

Il avait pris l'habitude de lui raconter beaucoup de choses mais ce qu'il venait de se passer entre ses mères ne regardait personne d'autre qu'elles alors il préféra ne pas en parler à Grace.

– Dans une semaine et demie, cela fera quatre mois qu'elles vivront ensemble. Il n'en restera déjà plus que huit et je me demande ce qu'il va se passer après le divorce. Si elles vont continuer à vivre ensemble ou si Emma va retourner chez ses parents. Si elles vont toujours aussi bien s'entendre ou si elles ne se verront de nouveau que pour moi.

– Pourquoi arrêteraient-elle de bien s'entendre ? Elles ont été obligées à apprendre à vivre ensemble pour leur mariage mais personne ne les a forcé à devenir amies alors ce n'est pas leur divorce qui changera quoi que ce soit. Je pense que tu n'as vraiment pas à t'en faire pour elles.

Grace termina son intervention en l'embrassant sur la joue pour lui faire comprendre que tout irait bien et qu'il pouvait aussi compter sur elle. Henry ne masqua pas sa surprise et passa une main sur sa joue, il eut l'impression qu'il était en train de rougir et le sourire de Grace le lui confirma. Il tenta alors d'approcher son visage du sien et il ressentit de la joie mêlée à du soulagement en voyant que Grace en faisait autant. Il embrassa une fille – et pas n'importe laquelle – pour la première fois de sa vie.


Regina rentra au manoir alors que Henry était déjà dans sa chambre depuis longtemps et devait sûrement dormir – ou envoyer des messages à Grace. Elle avait prévenu Emma qu'elle allait passer la soirée avec Kathryn et la blonde avait attendu son retour même si elle ne savait pas si elle devait lui parler de ce qu'elles avaient fait ou si elle devait simplement passer à autre chose.

– Comment s'est passée ta soirée ?

– Bien. J'ai eu le temps de repenser à ce qu'il s'est passé ce matin dans la buanderie et la réaction d'Henry m'a permis de comprendre à quel point c'était inapproprié de défiler en sous-vêtements dans la maison.

Emma évita de lui répondre que, avec un corps comme le sien, elle pouvait se le permettre car le jeu était terminé.

– Je n'étais pas tellement mieux. On n'a pas vraiment transmis le bon message à notre fils et, comme il nous l'a demandé, il vaudrait mieux qu'on s'habille dorénavant un peu plus.

La Reine acquiesça tout en étant en quelque sorte déçue qu'Emma veuille calmer le jeu, même si elle lui avait dit la même chose juste avant, mais elle se dit que s'était peut-être mieux ainsi. Elle prétexta ensuite qu'elle était fatiguée pour passer à autre chose et se retrouver seule dans sa chambre. Une fois dans son lit, elle sentit qu'il lui manquait quelque chose. Elle ferma alors les yeux et pensa à Emma, pas la Emma en débardeur qui la provoquait mais la Emma qui lui souriait quand elle la voyait et qu'elle avait envie de serrer dans ses bras. Kathryn avait raison, Emma était beaucoup plus qu'une simple distraction pour elle.


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