Huyu, les lecteurs/lectrices !
Joyeux Noël ! Bonne Année ! Bonnes Fêtes ! Bon Anniversaire ! Joyeuses Pâques !... 'Fin tout ce que vous voulez pour cette année.
Après un... (regarde la date du dernier chapitre) BON moment, voici enfin le 3ème chapitre de « De l'autre côté » ! ^^ (Je sens que je vais arrêter de présenter ça ne sers à rien, vous le voyez par vous même ^^').
Voilà, c'est un chapitre qui était un peu attendu et qui a mis un peu de temps à sortir. J'avoue, je me suis laissé distraire par d'autres idées de fanfic. J'espère quand même qu'elle vous plaira.
Bon bref, je vais pas vous faire attendre plus longtemps, je vais vous laisser découvrir en toute tranquillité le nouveau personnage (aha, suspense… ou pas ^^').
Disclaimer : J'ai beau le supplier à Finlande tous les Noëls (j'ai encore essayé cette année), je n'ai toujours pas reçu Hetalia. Himaruya n'est pas prêteur, il ne le garde que pour lui.
16 Septembre 1535
Le vent dans ses cheveux blonds attachés, Francis se promenait au bord du fleuve. Six jours s'étaient écoulés depuis le départ de Cartier dans(sur ?) les terres du « Kanada », comme disait les autochtones. Pendant tout ce temps, le jeune homme avait appris pas mal de choses au contact des indiens et des colons. Par exemple, que ces derniers assuraient la protection de la tribu en échange de nourriture et de logements, même si il y avait quelques mésententes les choses se déroulaient plutôt bien. Enfin, (c'est ce) (qu)'il se forçait un peu à croire, il y avait eu pas mal d'incidents ces derniers jours et son arrivée n'avait pas l'air d'arranger les choses. Le concernant, le français n'avait jamais agressé ou mal parlé à un indigène… Enfin pas qu'il le sache. En plus de découvrir les coutumes locales, France appréciait grandement les paysages. Toutes ces immenses falaises, le fleuve miroitant sous le soleil d'automne, ces grandes forêts de conifères côtoyant les cieux... Il n'avait pas encore osé s'aventurer là-bas de peur de se perdre facilement, et pourtant elles l'intriguaient plus que tout.
Alors que son esprit dérivait, le français aperçut dans son champ de vision une silhouette. Une jeune fille aux longs cheveux noirs lisses était accroupie au bord de l'eau, nettoyant son linge. Francis reconnut la même jeune fille qu'il avait bousculée, à son arrivée.
-Bonjour ! Dit-il en la saluant de la main, s'approchant d'elle.
L'amérindienne le regarda surprise, presque effrayée, elle rassembla son linge en vitesse et partit sans avoir terminé. Le blond la vit partir (s'enfuir avec un regard plus qu'étonné, il savait qu'il avait tendance à « intimider » les autochtones, par son statut de visage pâle mais elle était la seule à se comporter comme cela. Il était tenté de la suivre pour lui demander quelle mouche l'avait piquée, mais se dit que finalement ce n'était pas vraiment une bonne idée, et qu'il serait accusé de harcèlement (ce qui n'est pas le cas).
Il reprit alors sa promenade, plus ou moins consciemment ses pas l'éloignèrent du village et le conduisirent à l'orée de la grande forêt de pins. Se rendant compte de où il était, France s'arrêta un instant à inspecter les arbres. Immenses, épais, robustes, Francis ne pouvait imaginer le nombre d'hommes qu'il fallait pour abattre un seul de ces spécimens, ces arbres pouvait réchauffer une famille pendant des milliers d'années !
Dans son inspection, le blond remarqua deux étranges lueurs brillant, depuis les tréfonds obscurs de la forêt. Il n'aurait su dire s' il s'agissait d'un animal ou d'un humain, ou si ces lueurs se voulaient rassurantes ou malveillantes mais ce dont le français était sûr c'était qu'elles le fixait.
De peur de l'incertitude de leur nature, Francis retourna au plus vite au village, en sécurité, presque en courant. Il avait vraiment la désagréable impression que quelqu'un ou quelque chose l'observait et le suivait.
20 Septembre 1535
Il devait être aux alentours de midi quand Francis alla faire sa ballade quotidienne. Cela faisait quelques jours que le français s'investissait de plus en plus dans les tâches ménagères du village, rien que ce matin il avait aidé à entreposer des vivres dans les réserves communes et à la construction d'une nouvelle maison. Il avait surtout besoin de se changer les idées, l'image de ces deux lueurs le fixant le hantait toujours. Il n'arrivait pas à s'en défaire, il y pensait jour et nuit. Depuis ces trois jours, il avait essayé de se tenir le plus loin possible de la forêt, de peur que l'étrange créature l'habitant ne lui saute dessus.
Absorbé dans la contemplation du paysage, il laissa encore une fois de plus ses pas le guider... Jusqu'à la fameuse forêt. « Mais... Mais c'est pas vrai ! » pensa France. Au moment où cette pensée lui traversa l'esprit, le vent souffla assez fort dans les branches des hauts conifères. Même si l'ambiance était peu rassurante, un sentiment étrange de confiance poussant le blond à s'approchait des arbres.
-Y-...Y a quelqu'un ? Appela t-il avec le plus d'assurance possible.
Le vent continua de souffler, sans apporter plus de réponse au français. Alors qu'il allait se mettre à courir vers le village, l'atmosphère ne le rassurant pas du tout, il entendit résonner un petit rire enfantin. Francis se retourna d'un bond vers la forêt, et entrevit un instant un éclair blanc filer à toute vitesse pour se cacher dans l'ombre des arbres. La tâche blanche disparut aussi vite qu'elle était apparue.
France fit un pas vers les grands pins mais s'arrêta brutalement, son appréhension refaisant surface. Paniqué, il préféra rentrer en courant à toute allure au village, s'attirant tout les regards au passage.
Finalement, à bout de souffle, il s'arrêta au centre du village essoufflé, appuyé sur ses genoux. « Plus jamais ! Plus jamais je ne retourne là-bas! », se dit le français, alors qu'il reprenait son souffle et qu'il entendait des pas se diriger vers lui. En se redressant vite, il découvrit qu'il s'agissait de Taignoagny qui le regardait en souriant légèrement.
-Pourquoi tu te mets à courir ? Tu as vu un esprit malveillant ? Demanda innocemment l'amérindien.
-... En quelque sorte... Répondit Francis, ne sachant même pas ce qu'il avait vu.
-Ah bon ? J'espère que tout va bien et que tu n'as pas été maudit.
Francis frissonna à cette pensée.
-Non, enfin... Je ne sais pas trop ce que c'est. J'étais en train de me promener près des arbres, et j'ai aperçu quelque chose de blanc et je crois que j'ai même entendu un... Tu vas peut-être rire, mais j'ai vraiment l'impression d'avoir entendu un rire d'enfant là-bas.
-Je ne vois pas pourquoi je rirais pour ça. Même si les enfants n'ont pas le droit de s'y aventurer, certains échappent à la surveillance de leur parents. Pour tout te dire, je l'ai moi-même fait. Mais ton histoire me paraît tout de même surprenante. Viens, Assomaha pourra probablement t'aider.
Francis avait suffisamment fréquenté les villageois pour savoir qui était Assomaha. Une très vieille femme, rendu aveugle par la vieillesse, et dont personne ne savait l'âge exact. Elle avait appris l'art de lire dans les étoiles dans sa tribu natale du haut Nord, avant de venir ici pour s'unir. Elle vivait à l'écart du village n'étant pas vraiment de nature sociale, même ses enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants préféraient l'éviter car on la disait folle.
Pour sa part, France ne l'avait jamais rencontré, il en avait même un peu peur, avec toutes les rumeurs qui circulaient sur elle. Mais le blond suivit quand même Taignoagny, jusque chez la vieille femme, il avait encore plus peur de cette envie à aller vers la forêt que d'une ermite centenaire aveugle et folle.
Les deux hommes arrivèrent (atteignirent) au final (enfin) devant un petit tipi, un peu bancal et abîmé par le temps, entouré d'un potager et d'un jardin, où toutes sortes de plantes y étaient cultivées. Quelqu'un ouvrit le tipi à leur arrivée, mais au lieu de dévoiler une vieille femme rabougrie, le français reconnut la jeune fille mystérieuse. Elle s'arrêta un instant, surprise de la visite, puis repartit aussitôt à l'intérieur. Taignoagny prit la suite des choses et appela d'une voix forte et rassurante, dans sa langue natale. La voix d'une personne âgée lui répondait, bien qu'étouffée par le tipi elle semblait sûre et non tremblante comme on pourrait l'imaginer. Une fois un terrain d'entente apparemment trouvé, le brun fit signe à Francis de le suivre dans le tipi.
Le logis était beaucoup moins impressionnant que le Grand Tipi, autant de l'extérieur que de l'intérieur. Le « mobilier » pouvait se résumer à deux ou trois couvertures rangées dans un coin avec des pots en terre cuite, et un feu allumé au centre. Autour de ce feu, une très vieille femme regardait les flammes sans les voir, et la jeune fille suivait d'un œil inquiet les nouveaux arrivants s'installer près du feu. France essaya de rassurer l'amérindienne en lui souriant avec un clin d'œil, mais elle détourna les yeux vers le feu. Il fut rappelé par la voix d'Assomaha, dont Taignoagny traduisit les paroles.
- Je savais que tu allais venir, étranger. Je n'attendais que ça.
Sa voix était très calme et posée.
-Moi ? Mais comment est-ce possible ? Nous ne nous connaissons pas.
Voilà qu'elle connaissait des choses sur lui, qu'il ne comprenait pas.
-Nous non. Mais les étoiles, elles, savent. Dit-elle en jetant un peu de terre dans le feu, ce qui eut pour effet d'envoyer une gerbe d'étincelles autour du foyer, et de faire sursauter le français. Les autres restèrent impassibles.
-Les étoiles ? Mais qu'est ce que ça veut dire à la fin ?
-Les étoiles savent beaucoup de choses. Elles savaient que tu viendrais, elles connaissaient ton voyage et la raison de ta venue. Elles savent tout, mais peu de gens essayent de les écouter.
Et il se retrouvait dans une situation qu'il comprenait à peine. Tout ce que Francis arrivait à saisir, c'était que les étoiles avaient « dit » à cette femme qu'il viendrait la voir. Mais cela ne l'arrangeait pas plus dans son problème.
-Bon. Je viens vous voir pour un problème. En fait j'ai v-
-Je sais ce qui se passe, étranger. Et je vais t'aider.
Elle tira sur une corde, rabattant un morceau de tissu servant à empêcher la pluie de s'infiltrer dans le tipi, le plongeant dans le noir. La seule source de lumière n'était plus que le feu central. Cette ambiance ne rassurait pas du tout Francis.
-Donne moi tes mains, étranger.
Ce surnom commençait un peu à l'agacer, mais il s'exécuta quand même. Au moment où leurs mains rentrèrent en contact, un coup de jus passa entre eux faisant frissonner la nation. Étonnement, les mains de la vieille femme étaient lisses et douces, tout l'inverse de ce qu'on aurait pu attendre d'une personne aussi âgée qu'elle. Assomaha étudia les mains du blond par le toucher, traçant des lignes dans ses paumes, les retournant, les caressant… Elle l'abandonna une seconde, pour mettre dans le feu une herbe qui fit flamber à nouveau les flammes. A croire qu'elle y voyait parfaitement, malgré ses yeux aveugles.
-Étant jeune, j'ai rencontré une femme. Elle avait des cheveux très long, elle était très grande et d'une gentillesse infinie, toujours à aider les autres, toujours le sourire aux lèvres.
Au fur et à mesure qu'elle racontait l'histoire, France avait l'impression de la voir naître dans les flammes.
-On ne savait pas d'où elle était, ni où elle vivait, elle venait aider et partait. Un jour j'ai essayé de la suivre, et j'ai remarqué qu'elle attendait un enfant. Elle était faible, et elle allait mettre au monde son enfant. Elle avait donné naissance à un garçon. Je l'ai aidé, nourri et hébergé, pendant et après la naissance, mais le lendemain son fils et elle avait disparu. Depuis, je ne les ai plus jamais revus. Ils doivent être morts de froid et de faim. Mais malgré tout ce temps passé et la distance, je ressens cette même aura si particulière. Leurs esprits sont venus jusqu'ici pour te chercher.
Et elle rajouta encore de la terre au feu, l'atténuant. Tout cela ne rassurait vraiment pas le français qui avait des sueurs froides, en même temps il y avait de quoi. Un esprit hantant le coin avait décidé de lui parler. Génial...
-Mais qu'est ce que me veut cet esprit ? Dit-il d'un ton un peu paniqué.
-Je ne sais pas. Mais il semblerait que l'esprit soit... réticent ? Non. Se reprit Taignoagny, qui faisait la traduction. Timide. Peut-être s'agit-il du fils... Le mieux est que tu essayes de reprendre contact avec lui. Il saura t'expliquer ce qu'il veut de toi.
-Eh bien... Merci, je suppose...
-Je dois rester un instant avec Assomaha. S'exprima librement le jeune amérindien. C'est Damga qui te ramènera au village.
Francis regarda la jeune fille, Damga, en pensant que c'était la première fois qu'ils se retrouveraient seuls, alors qu'elle le fuyait sans raison. Elle était déjà dehors et l'attendait, il ne tarda pas à la rejoindre après avoir salué les deux autres.
-Eh bien bonjour mademoiselle~ ! Essaya France, joyeusement.
Mais Damga le regarda avec des grands yeux ronds, avant de détourner le regard vers le sol.
-Hum... Ça va ? Toi. Comprendre. Moi ? Fit-il, voyant que la conversation semblait difficile pour la jeune fille.
Mais, elle restait muette et trouvait le sol très intéressant. Apparemment, elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il racontait. Francis abandonna l'idée de discuter et se contenta juste de marcher à côté d'elle. Au bout d'un petit moment, il remarqua des rougeurs discrètes, grâce à la peau bronzée de la jeune fille, sur cette dernière. Probablement qu'elle devait être naturellement timide avec les colons, mais en plus elle n'était insensible à ses charmes. Ce silence gênant durant jusqu'à ce qu'ils aperçoivent le village, le blond décida de lui poser une question qui revenait en boucle dans sa tête.
-Toi et Assomaha. Qui ? Il appuya sa question avec des gestes, essayant d'être le plus clair possible.
Il voulait savoir qu'elle était la relation qui unissait la jeune fille et la vieille dame, vu que l'ermite ne gardait aucun contact avec ses proches. Damga l'avait compris pour la première fois, malgré ses gestes désespérés incohérents, et elle lui sortit le seul mot en français qu'elle devait connaître.
-Grand-mère.
Puis, elle partit vite, le laissant à l'entrée du village. Bon, au moins il y avait un espoir d'une possible confiance.
Durant toute la semaine, tous les jours, France se força pour revenir aux abords de la forêt, appelant l'esprit. Mais à chaque fois, seul le silence et le vent dans les hautes branches lui répondirent. Soit l'esprit était vraiment très timide, soit il avait décidé de couper tout contact avec le blond. Ce qui aurait dû le rassurer, mais il avait toujours l'impression que cette présence lui pesait au-dessus de la tête. Bien vite, trop vite, Cartier revint et ramena Francis sur son territoire.
14 Septembre 1536
Un an. Un an s'était écoulé depuis qu'il partit de Stadaconna. Et il s'en était passé des choses en un an. Tout d'abord, grâce à Finlande, lui et Angleterre avaient découvert une future nation. Un gamin à la bouille adorable avec de grands yeux bleus clairs, des cheveux blond châtain clair, et des sourcils comme ceux de France soit dit en passant. Et bien sûr, comme on pouvait l'attendre de ces deux rivaux, ils se disputaient la garde de l'enfant. Bon, rien n'était encore décidé et chacun faisait de son mieux pour briser le royaume de l'autre et amadouer le petit, avec aussi quelques batailles par-ci par-là comme toujours. C'était d'ailleurs pour cela qu'il était revenu sur le Nouveau Continent. Francis projetait de descendre vers le Sud, par les terres, histoire de se les approprier, avant de rejoindre Arthur sur une île où la véritable bataille commencerait. Il aurait pu s'y rendre directement mais le français préférait faire enrager son anglais préféré, en lui prenant des terres et en lui donnant indirectement rendez-vous, plutôt que de lui envoyer une lettre détaillée du lieu de leur affrontement. Bien sûr il n'était pas seul, il avait avec lui trois navires remplis de soldats prêts pour l'attaque, de quoi largement surpasser les rosbeefs.
Son seul regret en un an fût de ne pas venir plus souvent sur ces nouvelles terres. A part la découverte du petit garçon, Francis n'avait pas eu l'occasion de retourner aux Amériques, et pourtant Dieu sait qu'il adorait ce Nouveau Monde. Seulement avec ses responsabilités et les négociations avec l'Angleterre, le français avait été un peu accaparé et pas franchement libre pour traverser l'Atlantique, alors que Arthur commençait déjà à bien prendre ses aises sur les océans. Donc, Francis comptait bien fermer le clapet de l'anglais, par la même occasion.
En touchant terre, le français fut agréablement surpris de retrouver des visages qu'il reconnaissait. En discutant avec quelques connaissances, France apprit que son ami Taignoagny s'était « uni » (comme le disait les autochtones) avec Damga. Le frère aîné, Domagaya, était devenu l'ambassadeur de la tribu et parcourait le continent pour lier des alliances avec les autres indigènes et colons français. Mais malheureusement aussi, Assomaha était partie rejoindre les étoiles avec qui elle « communiquait ».
Francis était très heureux de retrouver l'ambiance et l'hospitalité si particulière de Stadaconna, alors qu'il marchait à travers le village pour se le remémorer, ses pas dérivèrent l'amenèrent devant un endroit qu'il ne connaissait que trop.
La forêt de conifères.
Au moment où il aperçut les grands arbres sombres, France se sentit un frisson le parcourir. Pendant un an, le blond n'avait cessé de repenser à cette forêt et aux paroles de la vieille ermite. Cette pensée ne l'avait jamais quitté, elle le hantait jusque dans son sommeil. Depuis qu'il était parti, Francis voulait revenir pour découvrir le mystère de cette forêt. Il détestait vivre dans l'incompréhension, surtout quand ça le concernait. Cette forêt était une énigme à elle seule. Voilà pourquoi il désirait tant revenir, même si il n'aurait jamais cru qu'il aurait à se confronter à ces arbres aussi tôt.
Le français s'approcha d'un pas hésitant des hauts pins, dont les branches étaient secouées d'un vent brusquement fort. Il fixa les arbres de la cime à la racine, jusqu'à ce que le vent amène à ses oreilles un son particulier, qu'il n'aurait jamais cru entendre ici. Des pleurs. Les pleurs d'un enfant. Un enfant qui pleurait dans la forêt. Quand France entendit cela, quelque chose sembla se réveiller en lui. Une boule de chaleur le poussait à agir, c'était comme... un instinct protecteur... paternel ? Oui. Il se sentait le devoir d'aller aider et réconforter cet enfant, pleurant seul dans les bois.
Prenant son courage à deux mains et outrepassant sa peur, Francis s'aventura entre les grands arbres.
Comme le blond s'y attendait, les hauts pins obstruaient et filtraient la lumière. De plus, le reste de son environnement était naturellement sombre, ce qui n'aidait pas vraiment Francis à voir où il mettait les pieds. Mais malgré tout, il savait où il allait, guidé par les pleurs et cette sensation dans son ventre, qui apparemment connaissait sa destination. Sensation qui, d'ailleurs, le poussait à accélérer (manquant plusieurs fois de le faire tomber), pour rejoindre au plus vite l'enfant. C'est assez déroutant de se dire que l'on ne maîtrise pas ses gestes, dans une situation où on a pleinement choisi de foncer. C'était ce que ressentait France à l'instant. Il avait l'impression que ce n'était plus lui qui contrôlait son corps, mais cette boule de chaleur venue du fond de ses entrailles.
Plus France s'enfonçait dans ce labyrinthe qu'était devenue la forêt, et plus les pleurs se faisaient plus forts. D'ailleurs, les pleurs commençaient plus à ressembler à des chouinements. Mais bientôt, Francis aperçut une grande lumière et déboula dans une petite clairière. Dans toute cette forêt de grands pins, se tenait un arbre gigantesque avec de larges feuilles rouges. Son tronc était d'une douce couleur caramel, doré par la lumière du soleil qui l'éclairait. Il rayonnait majestueux, trônant comme le véritable roi de la forêt.
Le français fût happé par la beauté de ce spectacle, le temps d'une seconde, mais vite ramené à la réalité par les pleurs qui n'avaient pas cessé.
Il était sûr que l'enfant se trouvait ici, mais un gros rocher à côté de l'arbre lui bloquait la vue. France fit un pas de côté pour découvrir le pleurnicheur, et trouva une petite boule blanche, recroquevillé sur elle-même, au pied de l'arbre. Au vu des petits soubresauts dont la silhouette était animée, il en déduisit que c'était bien cet enfant, même si les pleurs s'étaient faits beaucoup plus timide. Vu sa position, le petit garçon avait dû trébucher sur une racine et tomber, se faisant mal.
Francis s'empressa d'aller réconforter cette pauvre petite chose en proie à la souffrance. Il prit l'enfant dans ses bras, qui leva le visage vers son sauveur.
Le blond se figea.
Deux grands yeux améthyste larmoyants et une bouille d'angelot fixèrent son regard bleu océan. Mais plus déstabilisant que cette tête d'ange absolument trop adorable pour ce monde, le visage entier de l'enfant. Il ressemblait, presque trait pour trait, à celui de l'autre petite nation du Nouveau Continent. Mais encore plus perturbant, il lui rappelait… son propre visage. A part la couleur de ses yeux et la drôle de mèche bouclée sur le haut de sa tête, on aurait vraiment dit un Francis miniature.
Le français passa une main un peu hésitante dans les cheveux dorés du garçon, qui avait aussi les mêmes boucles fines que lui. L'enfant se blottit contre lui, pour chercher plus de réconfort, ce que lui donna France, à croire qu'il avait un don naturel avec les jeunes enfants. Tout en s'accoudant contre l'arbre, il essayait de remettre un peu d'ordre dans tout cela.
France était persuadé que ce petit était une nation, son aura naturelle parlait pour lui. Il y aurait donc au moins deux nations sur ce continent ? Mais là n'était pas la question. Cette ressemblance devait bien signifier quelque chose. Cette nation devait lui être destinée, sinon il n'expliquait pas ce qui passait. Cet enfant était peut-être la réponse à toutes ses questions. Cette étrange envie d'aller dans la forêt, la raison de sa venue sur le Nouveau Monde… tout ça s'était de lui.
Mais comment un ange pareil pourrait survire quand la loi du plus fort régnait ? Son instinct de grand frère de l'Europe se réveilla, et France se fit la promesse de le protéger au péril de sa vie. Quoiqu'à ce stade là, ce n'est plus quelque chose de fraternel, mais plutôt du ressort de la fibre paternelle. Il espérait être à la hauteur dans son rôle de père. Quelque soit les obstacles, il ferait tout pour être un bon père. Oui, il allait accomplir de grandes choses avec ce garçon.
En veillant sur le petit être blotti dans ses bras, Francis remarqua qu'il s'était endormi. Ses poings étaient agrippés à sa chemise, et des larmes finissaient de sécher au coin de ses yeux.
Quel ange adorable.
Machinalement l'européen caressa le dos de l'enfant, embrassant sa tête blonde, tout en réfléchissant à un nom. Pour un être aussi adorable, il lui fallait un nom saint… « Pourquoi pas Matthieu… ».
FIN
FIIIIIIIIIIIIIIIIIINIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! Enfin, cette fanfic est terminée ! Un mois pour l'écrire, bordel ! (ouais je m'y suis mis fin Novembre).
Et ce dernier chapitre est EXTRÊMEMENT LONG ! Au fur et à mesure que les pages défilées, j'étais en train de me morfondre en me disant « AAAAH ! Mais c'est super long ! » . Mais apparemment, d'après un sondage sur Facebook, les gens ont préférés que je fasse un chapitre TRÈS long (je m'en remettrai jamais de la longueur de ce chapitre) plutôt qu'un long et un petit. Mais bon je suis contente, je rentre dans les clous, ça fait 3 chapitres. ^^
Bon après, j'ai BEAUCOUP improvisé aussi ^^'. J'avais des idées assez générales dans la tête, et puis en même temps que j'écrivais ça faisait « Tiens, et si je rajoutais ça et… Oh ! Un nouveau personnage ! ». Cette situation peut se traduire par un synonyme de « comment boucler les 15 millions d'intrigues ouvertes, à cause d'idées irréfléchies ? ». Mais, j'espère que vous êtes content quand même. ^^
En toute honnêteté, la peur de France, l'histoire d'Assomaha et les conséquences un an après n'étaient pas prévu. ^^' Plus jamais je n'écris d'histoire sans notes (normalement c'est la dernière comme ça).
D'ailleurs, si vous avez remarqué j'ai « subtilement » glissé une théorie sur la naissance des frères nord-américains.
Avant il y avait une nation amérindienne, puis avec l'arrivée des colons européens elle s'est affaiblie, mais à consacrer ses dernières forces pour donner vie à deux autres nations (ouais la magie, chamans, tout ça…). Donc, elle aurait d'abord donné naissance à Canada, puis serait parti sur le territoire américain pour accoucher d'America (c'est des nations, cherchez pas la logique de donner naissance à des jumeaux séparément), avant de mourir. Bon, c'est à peu près ça… Mais l'idée, c'est qu'elle aurait accouché deux fois à des endroits très différents, puisque les deux jumeaux ne s'étaient jamais vus avant que Angleterre ne les réunissent. 'Fin voilà, ça c'est ma théorie. Dites moi, d'ailleurs, vos théories sur la naissance des nations, ^^ je trouve que c'est un sujet très intéressant sur lequel le fandom ne parle pas assez, malheureusement.
Piouff, bon beh je crois que j'ai plus rien à dire. N'hésitez pas à mettre une review pour me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre. Les critiques constructives, ça fait beaucoup de bien. :3 J'espère sincèrement que la lecture vous a plu, et j'espère aussi vous retrouvez pour la prochaine fanfic.
Ciaouuuuuu !
