Chapitre 1
J'étais caché sous le lit. J'adorais me cacher pour qu'il me trouve. Un de nos jeux préférés.
- Koro ?
Il passe la tête sous le lit.
- Koro, je sais que tu es là.
- Je suis pas là, ai-je répondu.
- Qui est-ce qui me parle, alors ? A t-il rétorqué.
- Le couvre-lit.
- Tu te moques de moi ?
- Oui, mais tu es trop idiot pour le remarquer, ai-je dit.
Il est passé sous le lit, pour me rejoindre.
- Viens là, idiot de couvre-lit.
Il s'est allongé à mes côtés et je suis allé me caler dans ses bras. Il m'a câliné tendrement puis, après que j'aie caché ma tête dans son cou, il m'a embrassé la tête.
Avec Karma, cela fait 7 ans que nous sommes ensemble, depuis la "classe E". Nous sommes même mariés, et bientôt pères.
Oui, c'est plutôt étrange, me direz-vous. Mais il est un Alpha, et moi un Oméga. Et depuis deux mois, nous attendons un enfant.
Et il faut dire que Karma est plutôt impatient. Nous passons la plupart du temps ensemble, mais nous voyons aussi parfois Nagisa, son meilleur ami, et Gakushû, son rival.
Gakushû était ma cible, mais en fouillant mon téléphone, cette fameuse année de troisième, Karma a découvert ma véritable identité. Il a eu un peu peur au début, mais maintenant, il s'en moque complètement.
- Est-ce que ça te dit, un fraisier ? Me demande t-il.
- Tu le mangeras avec moi ?
- Je veux bien te donner la cuillère.
Il commence à sortir de sous le lit. Je le suis en souriant jusqu'à la cuisine. Il me fait signe de m'asseoir au bar et sort le fraisier. Rien qu'en le sortant, je salive déjà. Il sort une assiette et me sert.
- Viens à côté de moi, dis-je, alors qu'il sortait une cuillère.
Il obéit et vient s'asseoir.
- Ah... me fait-il en me tendant la cuillère.
- Tu t'entraînes ? Lui rétorquai-je en avalant le gâteau sur la cuillère.
- C'est ça, moque toi.
- Je ne me moque pas. Au contraire, ça me fait plaisir que tu t'impliques autant. Karma...
- Hm ?
- Je ne sais pas comment, mais Gakuhô sait que je suis un Oméga.
- Où est le souci ?
- Eh bien quand j'enseignais dans ta classe, il essayait de me séduire...
- C'est pas bien une relation Proviseur-prof.
- Une prof-élève n'est pas mieux, rétorquai-je. Ce que je veux dire... c'est qu'il pourrait être pire qu'avant.
Il me prend dans ses bras.
- Si ce type vient te prendre, je ne le laisserai pas faire.
Il sourit et je souris à mon tour. Il me lâche et me sourit de nouveau. Je regarde le gâteau, et une idée me vient alors à l'esprit.
- Tu sais quoi ? On devrait m'étaler le gâteau sur mon corps.
- Gaspillage.
- Oui mais si tu le manges...
- Ah, pourquoi pas. Et après, un peu de saké.
- Tu le boiras tout seul, alors, dis-je en rigolant.
- Je t'en mets sur le corps et je lèche.
La sonnette se fait entendre. Karma soupire en se tournant vers la porte. Je souris et m'approche de lui pour embrasser son cou.
- On fera ça plus tard, on a sonné.
- Pas envie... soupire Karma.
- On peut aussi ignorer, commençai-je en passant ma main sur son torse nu. Tu es dans la bonne tenue en plus.
Je sursaute et fais volte face en entendant le bruit de la porte qui se fait défoncer.
- Désolé, vous ne répondiez pas, nous dit une voix que je connais.
- C'est pas le problème ! Crie Karma.
Ma porte !
- Tiens, un revenant, dis-je en direction de Gakuhô.
- Bonjour Koro, ça faisait un bail, répond t-il en souriant et faisant un signe de la main. Je rembourserai la porte.
- C'est pas le problème non plus !
Ma porteeeeeeee ! Bien sûr que c'est un problème !
J'attrape la main de Karma et regarde Gakuhô.
- Que fais-tu ici, Gakuhô ? Tu ne défonces pas les portes habituellement.
- Disons que je voudrais récupérer quelque chose que je voudrais avoir, répond le père de Gakushû en me montrant du doigt.
- Tu rêves, rétorque Karma.
- Moi, ça ne va pas être possible. Je te passe une part de fraisier à la place, si tu veux, lui dis-je sur le ton de la plaisanterie en levant mon assiette.
- Je ne suis pas fan de la fraise, contrairement à toi.
Comment ça, il n'aime pas la fraise ?!
Je lui souris, bien que légèrement nerveux.
- Je suis marié, Gakuhô.
- Oh, il y a différentes façons de t'avoir, comme te faire divorcer, ou faire en sorte que tu sois veuf.
Karma lâche ma main et se lève en souriant.
- Va falloir que j'appelle Gakushû pour qu'il vienne chercher son petit toutou qui s'est enfui. Il aurait dû mieux fermer la porte de la maison.
- Je ne divorcerai jamais et tu sais très bien que t'empêcherai de toucher à Karma, ajoutai-je en me plaçant devant l'intéressé.
- Je connais tes points faibles, tu sais. Et puis j'ai beaucoup de relations.
- Je sais pas ce que tu as bu ou fumé, mais y a un truc qui va pas là-dedans, balance Karma.
- Je peux savoir pourquoi tu me veux et pourquoi aujourd'hui ? Et tu n'as aucune menace à nous faire Gakuhô.
- Pour la même raison que tu es marié. Quant à la deuxième question, je n'ai pas de réponse. J'arrive toujours à mes fins.
- Serais-tu en train d'insinuer que tu m'aimes ? Si c'est le cas, tu ne voudrais que mon bonheur, et tu sais que c'est Karma que j'aime. Je t'interdis de tenter de détruire notre couple, Gakuhô, lui lançai-je au visage.
Il sourit encore. Karma se met à côté de moi.
- Je suis possessif. Je refuses que tu sois à n'importe qui d'autre.
- Mais t'as pas une femme ? Demande mon mari sur le ton de la plaisanterie, sûrement pour me calmer.
- Elle m'a quitté. Je ne parlais que de Koro.
- Que tu sois amoureux de moi est un fait, cependant, je ne suis pas amoureux de toi, mais de Karma, alors il est hors de question que je me sépare de lui.
Gakuhô lève les mains en souriant encore.
- Mais je le sais, tout ça. Ce que tu ne sais pas, c'est que tu n'as pas le choix.
- Mais oui, bien sûr, comme si j'allais te laisser emporter mon mari, réplique Karma, sûr de lui.
Mais en même temps, je sens qu'il est un peu mal à l'aise. Je reprends la parole.
- Admettons que je sois avec toi parce que tu as réussi à nous séparer. Je ne serais pas heureux avec toi, je ne me laisserais pas toucher et je ferais tout pour fuir.
- J'ai bien envie de voir ça. Sache que, dans ce monde, tu fais partie des faibles. En cas de chaleurs, je n'aurai aucun mal à te faire mien. Tu ne pourras plus t'enfuir. Et mes relations sont plutôt bien placées pour me débarrasser de ton mari et faire en sorte que tu ne puisses plus le voir.
- Tu veux m'emprisonner, c'est ça ? Demande Karma, de moins en moins à l'aise.
- Je n'aurai aucun mal à te déclarer "ennemi public n°1" et manipuler quelques personnes.
- Je préfère me faire tuer que vivre avec toi Gakuhô. Tu préfères me voir mort ou avec quelqu'un que j'aime ?
Il s'apprête à me répondre mais je lui coupe la parole en continuant.
- Sache que je contrôle parfaitement mes chaleurs pour qu'elles n'aient aucun effet sur les autres Alpha, donc tes menaces sur ce que je suis, tu te les mets bien profond, tu verras, ça fait un bien de fou.
Karma étouffe un rire, même s'il est conscient que ce n'est pas le moment. Je retiens mon sourire et poursuis :
- J'ai, moi aussi, des relations haut placées qui peuvent m'être utile contre toi. Je n'ai pas envie de te faire du mal car j'ai du respect envers toi en tant que professeur. Seulement je ne tolère pas que tu t'en prennes à ma famille.
- Et je ne tolère pas qu'on s'en prenne à ceux que j'aime, renchérit Karma en souriant.
- Ce qui sera bien profond, ce sera moi. Tu n'as pas le choix, tu viens avec moi, de gré ou de force.
Gakuhô claque des doigts et la fenêtre se brise, car un homme est passé à travers.
Ma fenêtre ! Arrêtez de casser ma maison !
- Je connais cette tête... le mercenaire légendaire, j'ai juste ?
Craig Hojo, le meilleur mercenaire, trois fois plus fort que Karasuma. Peu importe ce qu'il faisait là, ça ne sentait pas bon.
