Chapitre 4
- Karma !
J'ouvre la fenêtre, et il me tombe dessus. Nous nous serrons l'un contre l'autre. Je couche la tête dans son cou. Ma voix tremble. Pourquoi tremble-t-elle comme ça ?
- Je croyais que... je croyais que tu étais mort...
- Il s'en est fallu de peu, tu peux me croire, me répond-il en me montrant son épaule, bandée.
Il me caresse la tête. Je le regarde, les larmes aux yeux, et l'embrasse.
Ses lèvres sont chaudes... Ce n'est pas un rêve, il est bel et bien en vie.
Je mets fin au baiser et passe une main dans ses cheveux.
- Rentrons, vite, murmurai-je.
- Koro, je ne peux pas.
- Hein ?
Mon coeur a raté un battement. Il reprend :
- J'ai mis Nagisa et Gakushû dans le coup, nous sommes en train de nous organiser pour nous occuper de lui et le faire emprisonner. On est tous chez Nagisa en ce moment, et il doit sûrement savoir où s'est. Donc même si ça me démange, je ne peux pas te sauver...
Il me serre contre lui. Je m'agrippe à lui.
- Si Gakuhô sait que je suis toujours en vie, ce sera pire. Fais comme si je n'étais jamais venu, je reviendrai, ne t'en fais pas.
- Ne me laisse pas seul une seconde fois...
S'il te plaît... ne me laisse pas tout seul.
- Ne t'en fais pas, je reviendrai.
Il essuie mes yeux et les siens. On toque à la porte, c'est sûrement Gakuhô. DE toute façon, qui est-ce que ça pourrait être d'autre ?
- Koro ?
Je tourne la tête vers la porte, mais Karma m'embrasse et part vite en me souriant. Je le regarde partir, de nouveau debout. Je laisse la fenêtre un peu ouverte.
- Qu'est-ce que tu veux, Gakuhô ? J'ai dit que je ne voulais pas te voir.
Il entre, et me regarde.
- Tu parlais à ton cadre ? Me demande-t-il.
- Peut-être que ça te dérange ? Malgré le fait que je déteste ta présence, je n'aime pas être seul. Alors je fais comme si Karma était là.
- Sa mort te rend un peu bizarre...
Il commence à enlever sa veste.
- Tu serais comment si la personne que tu aimes plus que tout était morte sous tes yeux ?
Il enlève sa chemise, et après un temps, me répond :
- Je ne sais pas.
- Alors ne juge pas mon état. Et tu comptes faire quoi, là ?
Je déglutis. Je ne veux pas qu'il me touche.
- Dormir, c'est ma chambre, ici.
Il sourit, et je soupire. Je m'allonge et me colle au bord du lit.
- En plus je dois supporter ta présence la nuit...
Il rigole et s'assoit sur le lit. Je tente d'ignorer sa présence et regarde la photo.
Karma... viens me sortir de là...
Je l'entends enlever son pantalon, et s'allonger.
- Ah, et, n'essaye pas de me tuer. Je peux appeler de l'aide.
- Je ne m'abaisserai pas à te tuer, soufflai-je en attrapant la photo et en m'allongeant sur le sol.
Il soupire. Il ne sait faire que ça ? Soupirer et sourire ?
Je finis par m'endormir, le cadre dans les bras.
- Karma...
Le lendemain, je paresse un peu en posant ma main sur mon ventre, discrètement. Je marmonne un peu puis me réveille.
- Bonjour Koro, lance Gakuhô.
Oh c'est pas vrai... je voulais être tranquille... faut que je me le coltine dès le réveil...
- Bonjour, lui répondis-je en lui tournant le dos.
- Bien dormi ?
Oui, le sol est super confortable !
- Pas vraiment.
Je m'assois et me masse la nuque.
- Peut-être que tu dormiras dans le lit, ce soir. Un café ?
- Si tu dors par terre, je dormirai dans le lit. Si tu comptes me faire un café chaque matin, je les prends avec un sucre et du lait.
- Très bien, répond Gakuhô en souriant.
Il part de la chambre après avoir mis un pantalon. Enfin seul. Je soupire de soulagement et m'assois sur le lit avant de reposer la photo sur la table de chevet.
Gakuhô revient un peu plus tard avec le café. Il me le tend et je le prends. Je sirote le café.
- Merci...
Il boit une gorgée de sa tasse. Je reste silencieux et m'agrippe le bras.
Je sais qu'il est en vie, alors pourquoi je suis aussi triste ? Est-ce parce qu'il m'a laissé ?
- Tu peux pleurer, si tu es trop triste, lâche Gakuhô, me sortant de mes pensées.
- Non, ça va te donner une excuse pour tenter de me consoler et me toucher.
Je refuse que tu me touches.
- Je suis sérieux, ajoute-t-il.
- Mais tu as toujours été sérieux dans tes actes, mon cher Gakuhô. Ton dernier acte sérieux a été de payer quelqu'un pour tuer.
- Tu veux à manger ?
C'est ça, détourne la conversation.
- Les pâtes d'hier m'ont calées, dis-je.
- Je suis content que tu aies aimé.
- C'est vrai que c'est dur de surveiller de l'eau chaude et des pâtes pendant dix minutes, rétorquai-je.
- Tu es sur la défensive, dis-moi.
- Tu t'attends à ce que je te dise des mots doux et que je t'appelle mon poussin d'amour ?
Il me regarde et explose de rire.
Sauf que ça ne fait pas rire. Je rirai une fois que tu seras derrière des barreaux. Et Hôjô aussi, d'ailleurs.
Il se calme, et répond :
- Je veux bien les mots doux.
- Tu peux crever pour que je sois affectueux avec toi.
Il sourit de nouveau.
- Tu veux des fruits ?
- Pourquoi je mangerais des fruits ? Demandai-je.
- Des bananes, des fraises...
Je m'arrête. Il a touché un point sensible. Je détourne le regard, et après un silence :
- Des fraises...
- Tu en veux ?
- Oui... s'il te plaît.
Ces mots m'arrachent la gorge. Je m'allonge sur le lit en regardant la photo et le vois sortir.
Je le haïs tout entier. Absolument tout entier. Lui. C'est ce que je haïs le plus. Je dois être poli avec cette ordure. Je dois faire comme si tu n'étais plus là. Si seulement j'avais été Bêta...
"Ne t'en fais pas, je reviendrai."
- Reviens avant qu'il ne soit trop tard...
Je n'ai absolument pas envie qu'il me touche, et encore moins qu'il prenne possession de moi. Je préfère mourir plutôt que me laisser faire.
UN LONG CHAPITRE ENFIN ! Bon, allons chercher la suite...
Je vais essayer de pas attendre une semaine... Surtout que la suite est plutôt... non, pas sympa, mais... enfin bref, vous verrez !
On est que deux à savoir ce qu'il va se passer, et Koro je te défends de spoil Nagisa ! Sinon je mets pas le passage qu'il veut huhuhuhuhuhu *fier de son chantage*
#Historia
