Titre : Crise.
Texte écrit par : Purdey (Kyôko alias Suzu)
Note : Je tiens à préciser que c'est ma première fan-fiction alors soyez indulgents je vous prie…
Sujet : Gravitation
… Crise …
(3ème Chapitre)
Puis une demi-heure passa... Depuis tout ce temps, Shuichi était allongé dans les bras de Yuki qui luttait contre ses blessures insupportables. Et pourtant, c'était pour lui... Il acceptait de souffrir pour abréger celles de son amant. Mais cela ne sembla fonctionner si bien que ça finalement. Le chanteur commençait à grelotter et à avoir des quintes de toux pendant son sommeil. Il s'agitait et par moments hurlait sa douleur tout en soi-disant « refuser l'abus de garçons ». Apparemment ce qui s'était passé le suivait même dans ses cauchemars...
Yuki arriva bientôt à sa voiture. Mais avec son bras en vrac, impossible de prendre le volant de façon assurée. Comment pouvoir promettre que le voyage sera sans danger ? C'est impossible à prévoir... Enfin l'écrivain ne chercha pas réellement à y penser, c'était direction chez lui, un point c'est tout.
Une fois chez lui, ou plutôt chez eux à présent, Yuki installa Shuichi avec délicatesse sur son lit. Le temps d'aller prendre quelques médicaments et de l'eau, le jeune garçon aux cheveux roses venait de se réveiller. Le visage pâle, son cœur était complètement retourné et ses pupilles dilatés ainsi que son corps froid et sa fièvre dépassant les 41. Il bouillonnait mais avait pourtant si froid... Shuichi ne cessait pas trembler ; le radiateur était allumé et il avait deux grosses couvertures sur lui. Mais même avec tout ceci, il se permit de demander à Yuki un dernier service malgré tout ce qu'il avait fait pour lui ce soir.
« - Yu... Yuki... ?
- Hmm...
- Je suis désolé... »
Le jeune garçon se mit à sangloter. Il baissa la tête lorsque Yuki vint déposer ses doigts sous son menton afin de le ramener vers lui. Mais en relevant la tête, il remarqua Shuichi, dans tous ses états. Il se mordait la lèvre inférieure si fort qu'une goutte de sang traversait avec perfection la forme de celle-ci pour aller s'échouer sur la main de Yuki. Tandis que celui-ci ne pouvait s'empêcher de ressentir un pincement au cœur, la vue de Shuichi se troublait. Bientôt de l'eau s'installait dans ses yeux, une eau quelque peu salée, tel les larmes du cœur... Une eau invisible et pourtant si claire qui, au fond, fait bien mal...
«- Yuki... débuta le jeune garçon.
- ...
- Son visage... Il me rappelait quelqu'un mais je ne m'en souviens plus...
- Que tu connais bien ?
- En fait je ne veux pas m'en souvenir...
- Il m'a tout aussi fait penser à quelqu'un que je pense connaître.
- ...
- Shuichi ? demanda Yuki, inquiet.
- ... ff... ff... »
Cela était rare lorsque
Shuichi était nommé. Généralement, Yuki
ne disait jamais son nom, c'est bien stupide mais il a rarement dit on
prénom au cours de leur relation... Enfin...
Shuichi
s'était arrêté au milieu de la conversation.
Déjà il parlait d'une voix étranglée,
où l'on entendait qu'un souffle prononcé pour
former des mots. Mais ça s'était déjà
entendu... Shuichi avait perdu du souffle petit à petit et à
présent, il débutait une crise d'asthme. Mêlée
à des tremblements, sa fièvre et son état, il
commençait une crise de tétanie qui risquerait de mal
se terminer.
Le chanteur baissa la tête et posa une main sur son cœur, comme s'il sentait qu'il se serrait et qu'il pouvait s'arrêter et exploser à tout moment. Lorsqu'il tentait de reprendre son souffle, son corps se mettait à trembler faiblement. Yuki se leva et parti de la chambre un moment. Il revint, un court instant après, s'assit sur le lit de façon asiatique puis prit Shuichi par les épaules et le tira contre lui. Il n'avait qu'une longue chemise blanche sur le dos. Rien d'autre ne le couvrait...
« - ... J'ai appelé un médecin... Tache de te calmer, ce serait gênant si tu venais à te retrouver à l'hôpital.
- Gê... G... Gênant... ?
- Je n'ai pas dit honteux.
- ... Oui ... »
Sous
les ordres de son amant, Shuichi tenta de se calmer. S'il venait à
amplifier l'état de sa crise, il risquerait de se retrouver
aux urgences. Ce n'est pas la mort assurée non plus. Enfin
normalement...
Finalement, il se calma. Déjà il
avait retrouvé un peu de voix, assez donc pour tenter de poser
certaines questions à Yuki. Il respira calmement encore
plusieurs fois puis s'arrêta, la tête posée sur
le torse de l'écrivain, afin de débuter une nouvelle
conversation. Mais il se sentait quelque peu mal à l'aise ;
déjà d'une dans cette position-ci puis de deux
puisqu'il touchait un homme... Bien qu'il aime les hommes,
Shuichi est sensible depuis ce viol masculin. C'était un
homme qui l'avait violé et comment réussir à
supporter une étape si dure de cette façon en seulement
une heure et demie environ... ?
« - Yuki...
- Hmm... ?
- Pourquoi tu es... Comme ça avec moi... Pourquoi tu es si froid... ?
- Je suis comme ça, si ça ne te plaît pas tu peux partir.
- Que... Quoi... ? Yuki... »
Shuichi
resta immobile puis se redressa brusquement. Il ne pu retenir un
gémissement de douleur, un petit cri quelque peu féminin
qui déchira l'atmosphère déjà tendue.
Yuki débuta la suite de cette dure conversation tandis que Shuichi se remettait à pleurer...
« - Ne bouge pas trop.
- Yuki...
- Excuse moi... C'est seulement parce que je m'inquiète... Tu as raison je m'emporte trop vite.
- C'est juste... Que... Que... Non rien...
- ... Idiot. Tais-toi et dors.
- Je ne pourrai pas...
- Le médecin ne va pas tarder à arriver. Tu devrais avoir normalement des médicaments pour que tes tremblements cessent. Tu as froid ?
- En fait je ne sais pas... Je... J'ai mal, je ne sens plus rien il m'a... I... Il... »
Le chanteur plaqua sa main contre sa bouche pour que ce souffle de mélancolie n'atteigne pas les oreilles de Yuki... Arrivera-t-il à
surmonter tout ceci ? Pourquoi est-ce si dur tout ceci ?
Est-ce une question de manque d'affection ? Ou est-ce alors
autre chose ? Tant de questions dans son esprit tant confus... Il aurait aimé y répondre, mais peut être que quelque part, il souhaitait que ce soit Yuki qui y réponde...
Ce dernier d'ailleurs le prit dans ses bras. Ils restèrent ainsi immobiles jusqu'à ce que Shuichi ait de plus en plus mal. Son état se détériorait dangereusement et la fièvre avait encore gagné un cran. Il regarda un instant Yuki avec un regard malade. L'écrivain se sentit mal en voyant son visage si peu joyeux... Il plongea dans ses souvenirs passés avec lui... Ses sourires, ses caresses, ses baisers, ses actes... Quoi qu'il arrivait, il avait toujours un sourire suspendu à ses douces lèvres. Malheureusement en y repensant, lorsqu'il était triste c'était toujours et forcément de sa faute. Pourquoi finalement lui faisait-il autant de mal ? Son passé le suivait, sa froideur aussi et il ne restait qu'un homme méprisable... Et pourtant, il restait Shuichi, lui il l'aimait. Quoi qu'il est pu faire, même tuer un homme à l'âge de 16 ans, il reste l'homme qu'il aime le plus au monde. Expression imagée, particulièrement stupide mais au fond de son âme, c'est ce que ressens Shuichi.
La
sonnette de la porte d'entrée retentit enfin. Le médecin
arrivait alors. Yuki se détacha du jeune garçon aux
cheveux roses puis s'écarta doucement de lui en prenant soin
de ne pas frôler la moindre partie de son corps qui serait
meurtrie.
L'écrivain se rendit dans le salon pour
atteindre l'entrée et faire venir le médecin. C'était
bien lui en tous cas. Il entra dans la maison, se rendit dans le
couloir puis dans la chambre. En entrant dans la chambre, il fut
stupéfait de voir un visage aussi creusé et fatigué
que celui de Shuichi. Ce dernier étant mal, l'accueillit
tout de même en essayant de s'asseoir sur le bord du lit. Il
eut beaucoup de mal à maintenir cette position assise mais
finalement, il du s'y faire et les bras de Yuki étaient
réconfortants.
« - Et bien jeune homme, commença le médecin, je pense que c'est plutôt à vous de faire le bilan de votre état. Vous n'auriez pas des choses à me dire ?
- ... »
Shuichi ne su quoi répondre. Qu'allait-il dire ? Ce serait comme une honte d'avouer que l'on a été salie par un homme qui vous a violé jusqu'au sang... Le médecin reprit en repensant à une chose, essayant de ne pas dévoiler ce qu'il avait derrière la tête.
« - Au fait ! Pourriez-vous baisser, juste un peu suffirait, la couverture qui est sur votre bas ventre s'il vous plaît ? Je laisserai tranquille certaines parties de votre corps mais il faut que je vois aussi vos jambes... »
Un
éclair éclata une fois de plus dehors. La pluie
s'intensifiait encore. Au bruit du tonnerre, Shuichi sursauta et
plongea dans les bras de son amant. Il y eut deux parties de viol
envers lui en fait. La première fois, ils lui avaient déjà
fait énormément de mal. Ils ? Oui, la première
fois, il était attaché mais ils étaient cinq
environ, en fait il ne savait plus. Seconde fois, l'homme était
seul. A chaque coup de tonnerre, il donnait un coup de bassin brusque
ou faisait un autre de ces gestes brutaux sur son membre masculin.
C'est pour ceci que maintenant, même la pluie l'effrayait
stupidement...
La seconde fois en fin de compte fut le pire.
Shuichi ressent toujours ses gestes en lui, sur lui, ses mouvements
et ses gémissements de plaisir... Ces coups de tonnerre qui le
motivait et ce goût... Ce goût répugnant qu'il
garde dans la bouche...
Le
médecin était intrigué devant cette scène
mais savait bien que derrière tout ça se cachait
quelque chose d'important. En tout cas pour lui le bilan n'était
pas compliqué : vu son état, Yuki devrait
l'emmener directement à l'hôpital...
Second coup
de tonnerre. Shuichi cru ressentir un nouveau moment qui s'était
passé durant cette nuit cauchemardesque. Il se leva
brusquement, en empoignant la couverture dans sa main pour ne pas
qu'il soit dénudé devant les deux hommes. Le jeune
chanteur enjamba les pieds croisés de Yuki puis couru aux
toilettes afin de vider ce qu'il avait dans l'estomac. Ce qu'il
avait dedans ? Absolument rien. Si, ce liquide blanc appartenant
à cet homme...
Il revint, plus pâle que jamais, aussi honteux qu'un gamin s'étant trompé dans un choix ou autre. Yuki le prit par le bras avant qu'il ne vacille, prit d'un soudain vertige. Il l'emmena tout près de lui, contre son doux et chaud torse puis le médecin répéta la phrase précédente, sans même se soucier des nausées de Shuichi.
« - S'il vous plaît jeune homme j'aimerai que vous enleviez le bas de la couverture.
- N... Non je ne... Je ne peux pas...
- Très bien alors je vais être franc et peut être brusque mais... Avez-vous été violé ? »
La question fut plus dure que jamais. Ce fut comme...Comme la foudre. A entendre ce mot, il cru perdre connaissance mais se logea dans les bras de l'écrivain pour se sentir mieux. Il ne répondit pas et préféra se lever. Yuki lui prit le poignet qu'il serra fortement afin qu'il ne tombe pas et lui demanda...
« - Où vas-tu comme ça ?
- Je... Je ne sais pas. Le retrouver.
- Tu te fous de moi ? »
Avant même qu'il ne puisse répondre, Shuichi tomba sur le sol, évanoui...
