Une petite différence
La petite différence, c'est le sort qui avait été jeté à Cedric dans le cimetière... Dans le livre, c'était Avada Kedavra. ^^
Disclaimer : je t'aime madame JK : )
Notes : AU du tome 5 dans lequel Cedric est toujours vivant. SLASH HP/CD.
C'est mon premier vrai slash. La trame générale va être très semblable à celle du tome 5, surtout au début ; je vais garder la plupart des événements canons, tout en mettant l'accent sur le développement de la relation entre Harry et Cedric :D Bonne lecture!
Dernière chose, pour mettre en contexte : ce chapitre commence juste après que Harry et Dudley se soient fait attaquer par les Détraqueurs.
Chapitre 1
"Je viens d'être attaqué par des Détraqueurs et on va peut-être me renvoyer de Poudlard. Je veux savoir ce qui se passe et quand je pourrai enfin sortir d'ici."
Cet mots n'exprimaient certainement pas toute la fureur que ressentait Harry, mais c'est tout ce qu'il eut la patience d'écrire et de recopier sur trois parchemins différents, adressés à Sirius, Ron et Hermione.
Il se précipita sur la cage d'Hedwige pour envoyer sa chouette immédiatement livrer ses lettres, mais réalisa avec horreur qu'elle était partie chasser. Un sentiment d'impuissance l'envahit et il se mit à faire les cent pas, écoutant son coeur cogner dans sa poitrine alors qu'il repensait aux détraqueurs, à Mrs Figg, à la beuglante qu'avait reçue Pétunia.
Depuis le début de l'été, il nageait dans le doute et l'appréhension. Personne ne l'informait de ce qui se passait dans le monde de la magie, ses couriers restaient vagues, ses amis lointains. Et après ce qui venait de se passer, Harry ne l'endurerait plus.
Une soudaine inspiration l'anima : Harry attrapa un nouveau rouleau de parchemin, écrivit de son écriture droite "À Cedric", et laissa filer sa plume. Aussi bien s'occuper, tant qu'à attendre.
Étrangement, écrire à Cedric le calma. Il dut recommencer plusieurs fois, et de nombreuses boules de papier ornaient son bureau quand il put enfin relire sa lettre sans y trouver trop de défauts. Il s'était permis de se confier totalement, ce qui dépassait bien leurs correspondances habituelles qu'ils maintenaient depuis le début de l'été.
Pendant ses tentatives de rédaction, Hedwige était revenue, s'était installée sur son lit et s'acharnait maintenant à décortiquer sauvagement une grenouille morte.
-Viens là, lui lança-t-il.
Attachant les rouleaux de parchemin à la patte rugueuse d'Hedwige, il lui dicta d'une voix à nouveau impatiente :
-Dépêche-toi d'apporter ça à Sirius, Ron, Hermione et Cedric. Ne reviens pas sans avoir obtenu des réponses détaillées. S'il le faut, donne-leur des coups de bec jusqu'à ce qu'ils se décident à écrire des lettres d'une longueur convenable. Enfin, sauf pour Cedric, se ravisa-t-il, réalisant qu'il ne le connaissait pas tout à fait assez pour envoyer son oiseau se déchaîner sur lui.
Attrapant sa carcasse de grenouille au passage, Hedwige s'engouffra dans la nuit. Harry s'assit sur son lit et observa la forme pâle de sa chouette disparaître dans l'obscurité. Il fut tenté de la rappeler et d'encore une fois rectifier ce qu'il avait écrit à Cedric. Le soudain changement de ton le dérangerait-il? Il était bien loin des rumeurs au sujet du nouveau gardien des Canons de Chudley à propos desquelles ils s'étaient entretenus dans leur dernier échange..
- … OBLIGÉ DE FOUILLER LES POUBELLES À LA RECHERCHE DE JOURNAUX OÙ JE POURRAIS TROUVER DES INDCATIONS SUR CE QUI SE PASSAIT..
-On voulait…
-J'IMAGINE QUE VOUS VOUS ÊTES BIEN AMUSÉS ICI, TOUS LES DEUX..
-Non, crois-moi…
-AVEC CET ORDRE DU PHÉNIX QUI VOUS …
-On ne pouvait pas …
-Nous sommes vraiment désolés! murmura Hermione, les larmes aux yeux. Tu as parfaitement raison d'être furieux!
Harry lui jeta un regard noir et lui tourna le dos, marchant en rond en respirant profondément. Il y eut un long silence que seuls les hululements d'Hedwige et le battement énervé des ailes de Coquecigrue percèrent. Harry ne les remarqua même pas.
Il laissait enfin libre cours à la colère qu'il avait accumulée depuis le début de l'été. Les trois derniers jours qu'il avait passés sur Privet Drive n'avaient été qu'oscillation entre des épisodes d'énergie frénétique ou de léthargie envahisante, ainsi que l'attente, attente d'une réponse de ses amis, d'un signe, d'une viste, de quoi que ce soit qui eut pu lui montrer qu'on prenait au sérieux cette attaque des détraqueurs.
Enfin, on était venu le chercher. Mais apparemment, personne ne le féliceterait d'avoir vaincu deux détraqueurs, personne ne s'excuserait de l'avoir laissé dans l'ombre pendant un mois; après tout, c'était ce qu'avait voulu Dumbledore, et c'était pour le mieux, n'est-ce pas?
-On est où, ici? demanda-t-il d'un ton sec.
-C'est le quartier général de l'Ordre du Phénix, répondit timidement Hermione. Tout le monde qui lutte contre Tu-Sais-Qui a l'air de se rassembler ici...
-Qui?
-Pas mal de gens…
-On en a vu une vingtaine, précisa Ron.
Harry arrêta sa marche.
-Et Voldemort?
-Euh... quoi? dit Ron.
-Qu'est-ce qui se passe? Où est-il? Qu'est-ce qu'on fait?
-On te l'a déjà dit, on ne nous laisse rien savoir, répondit Hermione d'une voix tremblante. Leurs réunions sont faîtes dans le secret, alors nous ne connaissons pas les détails... Mais nous avons une idée générale, s'empressa-t-elle en voyant l'expession de Harry.
Hedwige poussa alors un cri sonore; Coquecigrue venait de la frapper dans son vol maladroit. C'est seulement alors que Harry réalisa la présence de sa chouette.
-Hedwige!
D'un battement d'ailes elle vint se poser sur son épaule, lui mordillant avec bienveillance l'oreille, mais continuant d'observer Coq d'un oeil meurtrier.
-J'ai cru qu'elle était devenue folle, marmonna Ron d'un ton qui se voulait désinvolte. Elle a failli nous dévorer quand elle a apporté tes dernières lettres, et elle ne voulait plus s'en aller. Regarde ça..
L'index de sa main droite était parcouru d'une coupure profonde, à moitié guérie.
-Elle avait aussi une quatrième lettre, ajouta Hermione. Ça a été tout un combat la lui enlever, mais elle la faisait boiter et on ne savait pas quand tu arriverais ...
Hermione s'éloigna pour fouiller dans son sac, et revint en lui tendant un rouleau de parchemin qui lui était adressé. Harry remarqua que ses mains étaient encore plus abîmées que celles de Ron, mais n'en éprouva aucun remord.
-Ça vient de qui? demanda Ron sans tact.
Hermione lui jeta un regard de reproche.
-Cedric, répondit simplement Harry.
Après un moment de silence, il ajouta :
-Au moins il m'a raconté un peu ce qui se passait.
C'était un mensonge, mais ça ne lui faisait rien de mentir à Ron et Hermione pour le moment.
-Il n'avait pas l'air très au courant non plus, fit Ron.
Harry lui adressa un air interrogateur.
-Il nous a écrit aussi, expliqua Hermione. Tu lui as mentionné qu'on était en contact avec Dumbledore..? Parce qu'il semblait chercher à savoir pour l'Ordre, je crois. En passant par nous. J'imagine qu'il aimerait faire quelque chose... Après tout, il était là lui aussi ... le soir où...
Elle laissa sa phrase en suspend, l'air craintive.
Harry fronça les sourcils. Cedric partageait donc son sentiment d'isolement et d'impuissance..? Une étrange peine l'assaillit. Il ne lui en avait pas parlé… Et puis savoir qu'il n'était pas le seul avec qui Cedric avait correspondu l'agaçait.
-Il était inconscient quand Voldemort est revenu, rétorqua Harry d'un ton buté.
-Il doit quand même se sentir concerné... et seul …
-Son père travaille au ministère, dit Ron. Papa m'a raconté qu'il ne croit pas au retour de Tu-Sais-Qui.
Harry haussa les épaules. Il leur en voulait de paraître proches de lui. Il dut refréner l'envie de demander de lire les lettres qu'avaient reçues ses amis.
Il y avait tant dont il aurait voulu parler à Cedric maintenant…
Depuis la fin de la troisième tâche, ils n'avaient pas eu l'occasion de se voir. Séparés d'abord par le brouhaha qui avait suivi l'événement, Cedric avait quitté Poudlard dès le lendemain sous demande de ses parents inquiets. Harry avait pensé avec amertume que s'il avait eu une véritable famille lui aussi, on l'aurait certainement voulu de retour à la maison.
C'était Cedric qui lui avait écrit le premier.
Un matin, Hedgwige était apparue à sa fenêtre avec une lettre dont il n'avait pas su reconnaître l'écriture, fine et ronde. D'une plume légère, Cedric lui annonçait qu'il avait décidé d'investir sa part de la récompense du Tournoi des Trois Sorciers dans l'achat d'un balai neuf. Aucune allusion au retour de Voldemort; il ne demandait pas à Harry comment il allait, ni ne mentionnait comment il se sentait lui-même.
Harry lui avait répondu en le questionnant sur ce qui se passait dans le monde sorcier, en criant à l'injustice d'être tenu à l'écart, en se lamentant du fait que Ron et Hermione étaient ensemble, gardés dans le secret par Dumbledore.
On parlera de tout ça à Poudlard, Harry avait été la seule réponse de Cedric aux dizaines de lignes d'encre qu'avait versées Harry. Le reste de sa deuxième lettre portait le même ton que la précédente, s'égarant dans une description exhaustive de son nouveau balai.
De là était née une longue correspondance principalement à propos de Quidditch, mais où ils avaient aussi partagé leur mépris des Serpentards, leur scepticisme à propos de tout ce qui sortait la bouche de Trelawney, et ils avaient même parlé de Cho Chang.
Cedric était toujours en relation avec elle, mais sa famille était apparemment partie en voyage pendant la majorité de l'été. Harry ne savait pas si c'était par jalousie ou curiosité, mais il était toujours intéressé à lire ce que Cedric avait à dire à son sujet.
Autant les lettres de Ron et de Hermione l'avaient déçu un peu plus chaque jour, celles de Cedric l'avaient fait sourire et l'avaient aidé à endurer son isolement. Ses propos étaient légers et francs, s'opposant à l'atmosphère tendue que Harry percevait partout ailleurs.
Il avait espéré recevoir une carte de sa part pour son anniversaire, mais s'en était retrouvé déçu.
Il se sentait à la fois proche et étranger…
Harry allait dérouler le rouleau de parchemin pour lire la lettre de Cedric quand Fred et George apparurent en un craquement dans la pièce, disant avoir entendu sa voix mélodieuse. Quelques minutes plus tard, Ginny se joignaient à eux, puis Mrs Weasly vint les chercher pour le repas. Embêté de devoir remettre sa lecture à plus tard, Harry descendit d'un pas las dans la salle à manger.
