Merci pour vos commentaires ! Ça fait toujours autant plaisir.
Joy, j'ai trouvé les infos sur internet, tout simplement. J'aime bien faire des recherches sur des sujets qui me passionne et j'aime les intégrés dans mes fics. Quant à l'idée de la Vallée de la Mort, elle me vient d'un reportage que j'ai vu à la télé.
Bonne lecture !
Chapitre 6 :
L'imposant bâtiment du FBI était certainement l'un des plus sécurisés de Los-Angeles. Portique de sécurité à l'entrée, gardes de sécurité se relayant en permanence, caméras de surveillance dernier cri dans le parking, dans toutes les issues pour entrer et sortir et dans chaque étage. Chaque individu y pénétrant doit décliner son identité et porter un badge d'identification. Même les agents eux-mêmes n'ont pas accès à l'intérieur du bâtiment s'ils n'ont pas leurs badges.
Mais un homme n'avait que faire de toute cette sécurité. Rien ne pouvait l'empêcher d'atteindre son but. Jusqu'à présent, personne ne s'était mis en travers de sa route. Il déposait ses bombes dans des endroits stratégiques et repartait sans être inquiété. Pourquoi cela serait-il différent maintenant ?
Il passait inaperçu, se fonder dans la masse. Personne ne le soupçonner, personne ne s'en méfier. Au départ, son objectif était simplement de causer des dégâts matériels sans faire la moindre victime. Le mari et la femme du bureau de recrutement militaire n'étaient que des dommages collatéraux. Il voulait seulement attirer l'attention sur la cause qu'il défendait. Mais il s'était aperçu que ses actions n'intéressaient pas l'opinion publique ni les médias qui n'y voyaient pas une histoire sanglante à se mettre sous la dent. Tout ce qu'il faisait passer inaperçu. Alors il avait décidé de passer à la vitesse supérieure. Désormais, il préparait ses attentats en faisant en sorte qu'il y ait le plus de victimes possibles. Après la bombe au bureau des Marshals, la presse commençait à parler de ses actes en fonction des informations que le FBI voulait bien laisser filtrer et des investigations personnelles des reporters. Sa guerre contre le gouvernement commençait enfin à sortir de l'ombre. Et après l'explosion du bâtiment fédéral, nul doute que tout le monde en parlerait. L'homme en était convaincu. Son combat fera l'objet de toutes les discussions et tout le monde s'intéressera enfin à Louka Gauthier. Le FBI avait joué et joue encore un rôle majeur dans l'affaire de Louka. Aussi l'homme avait réservé un soin tout particulier dans la confection de sa nouvelle bombe.
La sécurité du bâtiment ne lui faisait pas peur. Il connaissait l'emplacement exact de chacune des caméras, leurs rayonnements et, primordialement, leurs angles morts.
Les gardes de sécurité n'étaient pas non plus un problème. Grâce à chacune de ses visites dans le bâtiment, il avait réussi à tisser des liens d'amitiés avec certains d'entre eux. Il leur offrait des billets pour voir des matchs de foot de temps en temps et buvaient ensemble quelques bières à l'occasion. Aucun doute qu'ils ne se méfieraient pas de lui.
C'est donc dans un esprit confiant que l'homme pénétra dans le bâtiment, passa dans le portique sans que celui-ci se mette à sonner, échangea quelques plaisanteries avec les gardes en service et accrocha son badge à sa veste. Le hall d'entrée où se trouvaient les ascenseurs était l'endroit idéal pour poser sa bombe. L'œil des caméras était principalement accès sur les portes des ascenseurs et non sur la petite poubelle qui passait inaperçue sur le mur opposé. C'était un angle mort parfait. D'un air innocent, il y jeta son sac de chez Macdonald et s'essuya les mains comme si son hamburger les avait laissées graisseuses. C'était un vrai jeu d'enfant. Personne autour de lui ne se doutait qu'il venait de déposer une bombe. Il arriverait presque à trouver tout ceci ennuyeux. Il n'était pas contre un peu d'adrénaline. Avec un sourire courtois, il laissa quelques agents passaient devant lui et prit place dans l'un des ascenseurs. Il regarda sa montre. Dans une heure, le cahot régnera dans ce bâtiment mais, d'ici là, il sera déjà reparti sans le moindre petit problème.
NUMB3RS
« Tout va bien Don ? » Demanda Megan après avoir observé depuis quelques minutes en silence son patron.
Elle avait en effet remarqué que Don était plongé dans le même rapport à la même page depuis un petit moment. Son langage corporel trahissait sa nervosité : tapotement du pied sur le sol, mâchouillement de la lèvre inférieure et maltraitance de ses cheveux toutes les trois minutes. Ne recevant aucune réponse, Megan enleva ses lunettes et alla s'asseoir sur le rebord du bureau de Don. Elle balaya l'air avec une main devant ses yeux pour attirer son attention.
« Hé ho ! Allo la lune, ici la terre. »
Avec un froncement de sourcil, Don leva ses yeux de son rapport et rechercha le propriétaire de la main.
« C'est ton mariage qui te rends nerveux ? »
« Je ne suis pas nerveux. »
« Je t'en prie Don. Il y a écrit comportementaliste sur mon CV. Tu peux berner qui tu veux mais pas moi.» Megan tapota le cœur de Don avec son doigt et parla avec un air mafioso : « J'ai les moyens de te faire parler. »
Don eut un rire et se pencha en arrière sur sa chaise.
« Ce n'est pas mon mariage qui me rends nerveux. Enfin si, peut-être un peu. » Au regard incroyant de Megan, Don ajouta : « D'accord, je suis effrayé. Mais ce n'est pas ça qui me tracasse. Ce qu'il y a c'est que je n'arrête pas de repenser à ce que m'a dit Ours Debout l'autre jour. »
« Qu'est-ce qu'il t'a dit ? »
« Il m'a dit qu'un grand danger plane sur moi et qu'il y a des douleurs dont on ne se remet jamais. »
« Ho Ho, Don Eppes entre dans le domaine irrationnel. ».
« Je sais que c'est ridicule mais…je ne sais pas…j'ai un mauvais pressentiment depuis quelques jours. »
« Tu sais, on perçoit l'univers à travers le filtre étroit, le prisme limité de nos sens. Larry reconnait même la possibilité, la probabilité de l'existence de tas d'autres réalités dont les signes échappent totalement à notre perception et notre intelligence.»
Megan rougit au regard railleur de Don.
« Attention Megan, Larry commence à déteindre sur toi. Si tu continues, bientôt tu vas te retrouver à devoir habiter dans un monastère entourée de moines chauves en tuniques oranges avec d'horrible sandalettes au pied. Et tu auras même du fil dentaire qui dépassera des poches de ta veste.»
« Hé ! Ne te moque pas de moi. J'essaie de t'aider ! »
« Susceptible »
« Arrogant »
« Fleinhardt girl »
« Grrr ! Je ne sais même pas pourquoi je perds mon temps avec toi ! »
« Parce que je suis irrésistible et adorable, parce que je suis le meilleur patron que quelqu'un puisse avoir, parce que je suis… »
Agacée, Megan leva les bras au ciel et commença à retourner à son bureau en bougonnant mais Don la retint par le bras en lui offrant son plus beau sourire. Malgré elle, Megan sentit son cœur fendre et reprit place sur le bureau.
« Ce que tu peux être agaçant parfois ! Pour ta gouverne, Larry n'est pas le seul à penser de cette façon. Shakespeare lui-même a dit qu'il y avait plus de choses sur terre et dans les cieux que n'ont pu en concevoir tous les mathématiciens. »
« Dans le monde de Shakespeare, les gens ont des oreilles d'ânes et les forêts sont pleines de fées. ».
« Don ! » Certaine qu'elle avait de nouveau toute l'attention de son patron, l'agent Reeves continua : « Plus sérieusement, je pense que peut-être Ours Debout a réellement vu dans toi quelque chose qui se produira dans l'avenir mais il t'a peut-être aussi raconté des histoires. Cela ne doit pas t'empêcher de continuer à vivre normalement. Tu ne peux pas passer tes journées à te demander quel malheur t'arrivera, quand et comment. Personne ne sait de quoi demain sera fait. Nous sommes très peu de choses sur terre. Une minute, nous sommes vivants et la minute d'après nous ne sommes plus de ce monde. C'est comme ça, nous ne pouvons rien y changer. Si nous pensions à cela tout le temps, la vie deviendrait intenable. Et en tant qu'agent, tu es bien placé pour le savoir. Tous les jours nous mettons nos vies en danger, nous ne sommes jamais certains de rentrer le soir à la maison et pourtant, nous continuons à faire ce métier. Crois-moi, arrêtes de te tracasser par ce que l'Indien t'a prédit et vit au jour le jour.»
Don resta pensif. Au fond de lui, il pensait comme Megan mais son appréhension ne le quittait pas. Ours Debout avait vraiment l'air sincère. Il n'avait rien d'un hurluberlu. Finalement, il décida de changer de sujet en ignorant la boule dans son ventre. Il s'inquiétait probablement pour rien. Comme dit Charlie, il n'y a aucune preuve scientifique de l'existence de pouvoirs paranormaux d'aucune sorte. C'est de la pure fantaisie.
« Et concernant notre affaire, qu'est-ce que tu en penses ? »
« Je pense à un poseur de bombe en série, tout simplement. Les poseurs de bombe en série invoquent souvent des motivations politiques mais en fait c'est une pulsion asociale. Comme les tueurs en série, ils doivent s'arrêter pendant des années et ils redeviennent actifs si les circonstances réveillent de vieilles obsessions. »
« Des circonstances comme une nouvelle guerre ou une nouvelle ambiance de conflits ? »
« Tout à fait. Mais ça peut-être aussi par esprit de vengeance. Et n'oublions pas que derrière chacune des cibles visées, il y a l'image du gouvernement. Ça veut donc dire que le panel de suspect est très large. C'est comme recherché une aiguille dans une botte de foin. Et toi, à quoi tu penses ? »
« Je suis d'avis qu'il faut creuser parmi les proches de Gauthier. En particulier son petit-fils. »
« Tu penses qu'il ne faut peut-être pas rechercher du côté du MRIA ? »
« Oui mais continuons tout de même à interroger les membres. Toi et les gars, je veux que vous vous concentriez sur le mouvement et ses anciens membres. Moi et Liz allons nous pencher sur les proches de Gauthier. »
Don regarda par-dessus de l'épaule de Megan et aperçut David et Colby.
« Alors les gars, vous en êtes où avec les organisations pacifistes ? »
« Nous n'avons rien trouvé. Que ce soit leurs e-mails ou leurs appels téléphoniques, rien n'indique que les groupes pacifistes avaient prévus une action de ce genre. » Répondit Colby.
« La surveillance anti-terroriste de la police indique que les pacifistes préparent des manifestations pour commémorer le début des hostilités mais elle n'a pas particulièrement d'inquiétude quant au risque de bombe. » Termina David.
Don soupira. Les jours passés et l'enquête piétinait. Ils avaient quelques pistes mais pas le moindre indice pertinent.
« Don, Colby et moi, on voudrait te demander quelque chose.»
« Bien sûr David, qu'est-ce qu'il y a ? »
« Eh bien, euh,… »
Colby roula des yeux devant la timidité soudaine de David et répondit à sa place.
« En fait, on se disait que tu auras besoin de deux témoins pour ton mariage et donc on se demandait si tu voulais bien de nous. »
« Oui, Colby et moi serions très honorés d'être tes témoins. Si tu veux, bien entendu. Mais peut-être que tu les as déjà choisi ? »
Megan s'amusa des deux hommes. Les deux agents qui se prétendaient les plus virils du FBI rougissaient à vue d'œil devant leur patron. Il fallait le voir pour le croire. David était en train de faire des trous dans ses poches à force d'y enfoncer ses mains et Colby se grattait la nuque en se balançant sur ses jambes.
Don était très ému par la proposition de ses deux subordonnés. Il n'avait pas le cœur de les décevoir mais il avait déjà choisi son premier témoin. Il n'y avait plus qu'une seule place de disponible.
« C'est très gentil à vous, les gars. Ça me touche beaucoup. Sincèrement. Je serais enchanter de vous avoir tous les deux comme témoins mais j'ai déjà demandé à Charlie d'être mon témoin. Et il a accepté. Il ne me reste donc plus qu'une seule personne à choisir. »
David et Colby gesticulèrent en faisant des petits signes de la main indiquant que ce n'était pas grave. Et tels des Etats engagés dans une guerre, l'alliance unissant l'agent Sinclair et l'agent Granger se transforma rapidement en deux camps ennemis.
« Je suis désolé Colby mais je connais Don depuis plus longtemps que toi. C'est moi qu'il va choisir. »
« Hé ! Ton argument ne vaut rien du tout ! Je te rappelle que Don m'a personnellement intégré dans son équipe alors que toi tu tiens ta nomination du sous-directeur ! Si Merrick ne t'avait pas nommé, tu ne serais certainement pas là aujourd'hui ! »
« Alors là c'est le raisonnement le plus stupide que j'ai jamais entendu de toute ma vie ! Ill me laisse conduire son camion de temps en temps alors que toi il ne t'a jamais laissé toucher le volant ! »
Tandis que Megan comptait les points, Don se leva de sa chaise et agita ses mains dans un geste d'apaisement.
« Doucement les gars. Arrêtez de vous chamailler, tout le monde vous regarde. Je vous apprécie tous les deux de la même façon. Peu importe que David ait été nommé par le sous-directeur. C'est un bon agent et je suis heureux qu'il soit dans l'équipe. Quant à mon SUV, je ne veux tout simplement pas qu'il soit entre les mains d'un fou du volant. Excuses-moi de te dire ça, Colby, mais ta conduite est pire que celle de Charlie. Ecoutez, rien ne me ferait plus plaisir que de vous avoir tous les deux pour témoins. Seulement, je ne peux en choisir qu'un seul d'entre vous et, franchement, je ne pas lequel de vous deux prendre. Et je ne veux surtout pas que vous vous disputiez pour ça. Alors soit je ne prends aucun de vous deux, soit vous vous mettez d'accord entre vous et votre choix sera le mien. C'est entendu ? »
Les deux agents acquiescèrent de la tête et retournèrent travailler, non sans s'échanger quelques petits arguments nouvellement trouvés. Megan fit un clin d'œil à Don et retourna également travailler. Ce dernier regarda tour à tour ses agents et se replongea dans son rapport. Mais il fut une nouvelle fois interrompu.
« Bonjour Don ! »
Don délaissa une nouvelle fois son travail et vit l'officier Clark venir à sa rencontre.
« Warren ! En voilà une surprise. »
« Je passais dans le coin alors je me suis dit que je pourrais aussi bien te déposer mon rapport complet sur l'attentat du bureau des Marshals au lieu de te l'envoyer.»
« Bien pensé. »
Don prit le dossier dans ses mains et y jeta un œil.
« Tu n'apprendras rien de plus. Comme je te l'ai déjà dit, c'est toujours la même formule utilisée pour la fabrication de la bombe sauf que les doses ont été multipliées par dix. »
« Pour faire plus de dégâts mais aussi plus de victimes. Je te remercie, Warren.»
« Y'a pas de quoi. Dis-moi, j'ai entendu dire que tu allais te marier avec l'agent Warner. »
« Les nouvelles vont vite. »
« Bah, tu sais ce qu'on dit, les bavardages de bureau vont plus vite que la vitesse de l'éclair. C'est Jerry, le garde de sécurité à l'entrée qui me l'a dit. Toutes mes félicitations. C'est pour quand ?»
« Merci. Nous n'avons pas encore fixé de date.»
« Tu me tiendras au courant j'espère ? »
« Je n'y manquerais pas. »
« Super. Bien, je dois y aller. J'ai du travail qui m'attend. A la prochaine. »
« A la prochaine Warren. Et encore merci ! »
« Y'a pas de quoi ! »
NUMB3RS
Cinquante minutes plus tard, Don et Liz entraient dans un ascenseur avec pour mission de rapporter le déjeuner pour toute l'équipe. Don avait mal à l'estomac. Il essayait de se détendre en se disant qu'il était ridicule mais c'était plus fort que lui. Son mauvais pressentiment prenait toute son ampleur.
« Megan m'a dit que Colby et David se bagarraient pour savoir lequel des deux sera ton témoin. »
« Ouais. Tu aurais dû les voir tout à l'heure. Ils se disputaient comme des gosses. »
« Tu as une préférence ? »
« Non. L'un ou l'autre me conviendra parfaitement. »
« Tu ne devais pas demander à ton père d'être ton deuxième témoin ? »
« C'était mon idée de départ mais je pense qu'il comprendra que ce soit David ou Colby. De toute façon, je suis sûr qu'il est beaucoup plus intéressé par la question de savoir quant il aura des petits enfants que par la question de qui sera mon témoin au mariage. »
Un ding retentit et les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Don et Liz laissèrent passer deux autres agents et un visiteur avant de sortir de la cabine. Don ressentit soudainement un frisson glacial parcourir l'ensemble de son corps. Liz continuait à lui parler mais il ne l'écoutait pas.
« Megan a accepté d'être mon témoin… »
Don observait attentivement son environnement pendant qu'ils marchaient vers la sortie mais rien ne sortait de l'ordinaire. Rien ne paraissait suspect. Divers agents discutaient devant les cabines d'ascenseurs les saluant au passage, deux garde de sécurité filtraient les visiteurs au portique de sécurité tandis qu'un autre était concentré sur l'écran centralisant toutes les caméras de surveillance, et beaucoup de personnes entraient et sortaient du bâtiment d'un pas précipité mais cela n'avait rien d'inhabituel.
« Ma mère a sauté de joie lorsque je le lui ai demandé...Don, tu m'écoutes ? »
Don n'eut pas le temps de répondre car un bruit fort et assourdissant remplit soudainement l'air. Le sol tremblait, les vitres volaient en éclat, des débris de métal coupant fusaient dans tous les sens, le souffle chaud de l'explosion giflait les visages meurtris, les corps étaient projetés dans les airs pour retomber lourdement sur le sol dans un son mât écœurant.
Le corps de Don claqua violemment contre le mur. Choqué et assommé, il n'avait qu'une seule chose en tête : Liz. Par delà l'épaisse fumée noire, il distingua son corps inerte à quelques mètres devant lui. Il commença à ramper vers elle lorsque quelque chose de lourd tomba sur sa tête et le plaqua au sol. Liz fut le dernier mot qu'il eut la force de prononcer avant de perdre connaissance.
A suivre
