Titre CES OMBRES QUI HANTENT NOS CŒURS

Auteur Maveck

Genre Sérieux, yaoi.

Résumé Tout ne c'est pas terminé lors de l'affrontement entre Fuma et Kamui à la tour de Tokyo. Il reste encore des ombres qui troublent les cœurs.

Première Partie. L'ombre de Seïshiro. Suite et fin.

De nouveau assis dans le fauteuil de la bibliothèque, je consulte un épais livre sur l'histoire du clan des Sakurazukamori.

Dehors, la nuit vient de tomber. Seïshiro s'est absenté, il prépare le repas du soir. Je lui ai proposé de l'aider mais il n'a pas voulu.

Nous avons passé l'après-midi à s'occuper du bateau. Et je dois reconnaître que j'ai vraiment apprécié cela. L'odeur du bois, le calme, les efforts physiques et la complicité entre Seï et moi, tout cela était merveilleux.

Mais ces changements sont aussi très pertubant et je préfère interrompre ma lecture pour replonger dans mes pensées.

Je n'arrive pas à croire que en l'espace d'une journée, j'ai réussi à trouver ma place dans cette réalité fantôme.

Au fond de moi, j'ai toujours su que j'aurais du être avec Seï, que c'était ma destinée. Je suis né pour être à lui. La vie à ses côtés aurait été un rêve au quotidien. Pourquoi le destin en a-t-il décidé autrement ?

C'est vraiment injuste mais on n'y peut rien et ce soir, je me rends compte avec violence que plus que jamais, je souhaite vivre cet amour jusqu'au bout.

Seï m'a parlé de son souhait et aussi de celui du Cerisier mais je ne sais pas si une fois de plus, il n'a pas misé sur le mauvais cheval. Comment faire pour être à la hauteur de ses espérances alors que mon seul rêve est de rester à jamais auprès de lui ?

La sonnerie de mon portable interrompt ma réflexion. J'ai un message d'Akira qui m'annonce que Kamui va aussi bien que possible.

Kamui….je l'avais presque oublié. C'est pourtant pour lui que je suis là. Sommes nous tellement égoïste pour oublier si vite nos angoisses au contact de l'amour ?

Je me demande ce qu'il penserait de tout ça. Il a toujours eu peur de ma relation avec Seï et comment lui donner tort ? A part de la souffrance et des cadavres, il n'est jamais rien sorti d'autre de notre amour. Et pourtant l'amour ne reflète que paix et passion dans la majorité des cas. Seulement entre un Sumeragi et un Sakurazukamori c'est impossible. Notre amour est voué à l'échec et cela je le sais.

Ce que je vis actuellement est une parenthèse, la plus belle de ma vie, qui bientôt prendra fin d'une façon ou d'une autre. J'ai déjà de la chance de pouvoir connaître ce bonheur. Et je veux en profiter le plus possible. Je suis sûr que dans mon cas, Kamui réagirait pareil.

On voit la fumée de loin !

Quelle fumée ?

Celle qui sort de ton cerveau. Le repas est prêt, tu viens ?

Oui.

Seï a mis la table dans un petit salon agréablement intime qui me ramène à penser aux événements de la veille. J'ai fait l'amour avec l'assassin de ma sœur. Il y a de quoi choqué n'importe quelle personne normale dans ces quelques mots. Et pourtant, elle, je suis sûr qu'elle en est heureuse. Mais ce soir, Seï va-t-il recommencer ?

Subaru…tu ne manges pas ?

Excuses moi, je suis préoccupé.

On peut en parler si tu veux.

L'ancien Seï, celui qui me guidait et m'écouter avec tendresse, est de retour devant moi. Il me sourit et spontanément, je me lance.

J'ai compris que tout cela était une chance unique, un trésor. Je voudrais aller jusqu'au bout des possibilités de ce rêve. Mais certaines choses me gênent.

Subaru…tu as raison sur le fait que tout ça est unique mais je ne suis pas d'accord quand je te vois réfléchir autant. Ne peux tu pas suivre ton cœur au lieu de ta cervelle ?

Mais, j'ai des….

Non, tes angoisses, tes questions, tes doutes sont là, dans ta tête. Ferme les yeux.

Je soupire mais obéis. Je sens une main qui vient délicatement toucher la peau de mon visage. Seï est penché juste au dessus de moi. Je lève vers lui la tête.

Et voilà !

J'ouvre les yeux et perplexe, je le fixe sans comprendre.

Voilà quoi ???

Tu as écouté ton cœur et instinctivement, tu m'as offert tes lèvres.

N'importe quoi ! Je…

Mes mots disparaissent sous la douce pression de la bouche de Seï. Ma colère fond sous ce feu qui renaît en moi tandis que notre baiser devient passionné. Je savoure ce contact et quand le charme se rompt, je laisse échapper un soupir de contentement.

Seï me sourit, son œil est malicieux.

Bon….d'accord. Je me prends trop la tête.

Ravi de te l'entendre dire. Finis de manger.

Docile, je plonge le nez dans mon assiette. Seï contrôle la situation comme avant. Il a peut être raison. Je dois essayer d'avancer sans réfléchir. Juste écouter mon cœur. Ecouter cette paix que la présence de l'homme que j'aime allume en moi et ce feu qui me réchauffe en entier quand il me touche.

Ca t'a plut ?

Oui, c'était délicieux.

Bien, maintenant que dirais –tu d'une promenade dans les jardins avant d'aller au lit ?

D'accord.

Ecouter son cœur…. Je mets ma main dans celle de Seï. Il a un sourire complice et rassurant. Heureux de ce petit geste de rien du tout, je le suis dans l'immense jardin qui entoure la maison.

Tu sais, j'aime et je déteste cet endroit.

Surpris par cette confidence, je lève un regard interrogateur sur Seï.

Je suis né ici. Ma mère a tué mon père avant ma naissance. Elle m'a élevé seule. Elle a tenu à ce que je sois comme elle, un bon Sakurazukamori. J'ai grandi dans l'indifférence, la jalousie et la folie. Très tôt, elle m'a appris à tuer. C'était une enfance vraiment spéciale.

Pourquoi a-t-elle fait ça ?

Parce qu'elle m'aimait. Elle savait que je serais le nouveau Sakurazukamori alors elle a voulu tuer en moi tous les sentiments. Elle voulait que je vive longtemps et pour cela, il ne fallait pas que je tombe amoureux. Mais si tu prives un enfant d'un jouet, il y a des chances pour que en cachette, il s'y intéresse.

C'est pour ça que tu as passé une année avec moi ?

Oui et non. Tu n'étais pas le premier. J'ai cherché après la mort de ma mère celui ou celle que j'aimerais afin qu'il prenne ma place. Je voulais en finir.

Tu voulais en finir ?

Oui. La vie d'un Sakurazukamori est vide, sans relief et sans but. C'était ennuyeux au possible de tuer pour de l'argent ou pour nourrir le Cerisier. Tu sais un assassin normal tue pourtout un tas de raisons mais il ressent des choses face à la mort de sa victime tandis que nous, on ressent rien. Juste de l'ennui, le vide. Alors j'ai cherché à réveiller mes sentiments. Mes premiers essais ont été un échec total. Tu es le seul à avoir réussi à percer mon armure.

Tu parles d'une réussite !

Ne dis pas ça. Si cela c'est si mal fini, c'est parce que j'ai pris peur. J'ai eu peur de tout se que je devais détruire en toi pour te transformer en Sakurazukamori.

Et l'amour dans tout ça ?

Subaru….si tu as peur pour quelqu'un, c'est que tu éprouves des choses. Or à part rien et l'amour, un Sakurazukamori n'éprouve pas grand chose.

Et maintenant ?

Maintenant, je suis libre. J'ai été le plus loin possible dans la connaissance de l'amour quand j'ai compris que jamais je ne pourrais changer ton cœur.

Pourtant tu as changé mon cœur ….

Non, ton cœur est toujours le même. J'ai juste fait naître en toi des sentiments négatifs. Mais leur source était l'amour. Donc tu as toujours été le Subaru de tes 16 ans et c'est pour cette raison que toi aussi, tu as échoué face à moi.

Oui, c'est vrai. Je n'ai jamais pu effacer ce que je ressentais.

C'est pour ça que j'ai formulé un souhait qui va te permettre de vivre libre.

Mais le Cerisier ?

C'est un arbre, il veut la même chose que tous les êtres vivants sur cette terre. Un arbre ne tue pas et ne se nourrit pas de sang. Seulement je l'ai compris trop tard et puis avec notre destin de dragons, c'était difficile d'arriver à s'en sortir.

Seï…qu'essaies tu de me dire ?

Que l'arbre veut retrouver sa vraie vie et que moi, je veux être un homme comme les autres. Mais surtout je veux ce qu'il y a de mieux pour toi.

Est-ce possible ?

Oui, aujourd'hui c'est enfin possible.

Mais je serais seul….sans toi.

Non, je t'aime et même si je suis mort saches que pour toi, je serais toujours vivant. Tu as ce pouvoir là Subaru. Tu es la vie et je suis la mort. Nous sommes liés à jamais, indissociables. A toi de trouver le moyen de nous réunir.

Je comprends. Tu veux que je libère le Cerisier et que je redevienne comment avant, heureux et insouciant et que je nous réunisse malgré ta mort.

En gros, c'est ça.

Je pousse un soupir. Bonjour les douze travaux d'Hercule. C'est une tâche impossible mais si Seï y a pensé c'est qu'il y a une solution. Reste à savoir laquelle.

La solution est dans ton cœur.

Peut être mais c'est pas pour ça que je la connais.

Laisse toi un peu de temps. Profite de cette trêve. Et que dirais tu pour commencer d'aller nous coucher et de faire l'amour ?

Seï !!!

Quoi ? Je t'ais choqué ?

Tu dis ça comme….

.si c'était naturel ! Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom ? Je t'aime et j'ai envie de te le prouver. Donc pourquoi devrais je taire mes sentiments ?

J'en sais rien mais de là à le dire comme ça.

Avant aussi, je te le disais comme ça.

Euh…oui.

Viens.

Entraîné par sa main, je me laisse emmener. C'est vrai qu'avant il était direct dans ses propos. Lui et Hokuto étaient terribles.

Avant tu ne pensais pas ce que tu disais….

Qu'en sais tu ? Je le pensais mais je n'avais pas compris à quel point, je le voulais. J'aurais d'ailleurs du te faire l'amour au lieu d'essayer de te tuer.

Ah.

La porte de la chambre s'ouvre sur notre passage et Seï, d'un geste, m'attrape dans ses bras. Il me soulève du sol sans effort.

Hey, tu fais quoi là ?

Je prends ce qui m'appartient.

Arrête. Pas comme ça.

N'ais pas peur. Nous allons faire ça tout en douceur. Je veux t'aimer sans que tu ais peur.

Seï me lâche doucement sur le lit. Il s'allonge à mes côtés. Je suis un peu tendu mais pas par peur. J'ai juste l'impression d'être nul. Je voudrais savoir quoi faire et quoi dire, je voudrais pouvoir comprendre l'amour.

Apprends moi.

Quoi ?

L'amour. Je ne sais rien. Je veux savoir, je veux comprendre.

Bien. Mais je ne suis pas un expert. J'ai juste un avantage.

Lequel ?

Je n'ai plus d'entrave, je n'ai que mon cœur pour me guider. Je ne suis plus dirigé par ma tête.

C'est vrai ?

Oui, comment crois tu que je fais pour t'aimer ? Je te l'ai dit un Sakurazukamori ne ressent rien jusqu'à qu'il découvre l'amour.

Oui, mais cela ne t'empêches pas de continuer à tuer.

Exact mais avec la personne qu'on aime, seul notre cœur dirige nos actes. Moi, j'ai combattu mon amour pour toi. Au départ, je cherchais mon successeur puis après je voulais que tu ne sois pas Sakurazukamori. Je ne voulais pas t'affronter afin qu'il n'y est aucune chance pour que tu me tues. Donc pourquoi crois tu que je t'ai évité durant neuf ans ?

Je garde le silence, troublé par l'idée qui apparaît en moi.

Pour te protéger. Pour t'éviter de devenir un monstre sans cœur ni âme. Aujourd'hui, je ne suis qu'un cœur amoureux. Je ne veux que toi, ton bonheur et c'est pour ça que si tu me laisses faire, tout ira bien.

Oui.

Bon, leçon numéro un. Te trouves-tu beau ?

Euh, non, pourquoi ?

Parce que tu es beau. Il faut s'aimer soi-même pour aimer les autres.

C'est narcissique !

Erreur, tu dois te connaître, talents et faiblesses comprises. Sinon jamais tu sauras qui tu es.

Je ne comprends pas.

Subaru, physiquement, tu es un beau mec, non ?

Oui, enfin j'en sais rien.

Tu es difforme ? Bossu ? Bigleux ?

Non, mais je ne suis pas plus beau qu'un autre.

Certes mais tu es dans la moyenne même au dessus, largement devant.

Et alors ?

Cette beauté là, tu n'y peux rien. C'est la nature qui te la donner.

Je peux toujours m'enlaidir.

Ne sois pas idiot. Evidement, il existe des tas de moyens de nos jours de se transformer physiquement mais je te rappelles qu'ici on ne triche pas.

Ok. Je suis un beau mec. Et après ?

Le reste est encore plus beau !

Quel reste ?

Ton âme, ton cœur, ta personnalité.

Là tu te trompes.

Je suis borgne mais pas aveugle. Réfléchis, tu n'as pas pu devenir un assassin et même l'arbre ne t'a pas appelé. Tu n'as pas pu t'empêcher d'être gentil surtout avec Kamui et tu continues de représenter la lumière malgré tout. Je ne vois rien de sale en toi.

Et le fait que j'aime l'assassin de ma sœur ?

Dieu a dit que le pardon était la plus grande preuve d'amour.

T'es curé ?

Non, mais j'ai raison. Avoue que aucune mauvaise pensée naît de toi, sans cause extérieure, t'anime.

Silencieux, je réfléchis. C'est vrai que tout est indépendant de moi, de mon souhait. Je n'aime pas la violence, la souffrance et la guerre. J'agis la plupart du temps sans avoir le choix et surtout sans savoir comment faire pour épargner les autres.

Si je suis comme ça, pourquoi je fais quand même souffrir mon entourage ?

Parce que, eux, ils sont différents et parce que tu n'écoutes pas ton cœur jusqu'au bout.

Admettons. Et après ?

L'amour de soi entraîne paix et harmonie, il te permet d'ouvrir ton cœur. Ensuite tout est possible.

Tu t'aimes ?

Oui, surtout maintenant. Mais avant aussi je m'aimais. De la mauvaise manière certes, mais on ne m'a pas appris les remords donc même si j'ai fait des choses horribles, je ne regrette rien. D'abord il est trop tard pour ça et puis je suis comme toi, une victime du pouvoir maléfique qui lentement pourri le Cerisier. Plonger dans les remords ou les regrets n'avancent à rien.

Résumons, si je m'aime, je peux écouter mon cœur et après, je peux être libre.

Oui. Et pour cela tu dois te connaître. C'est la leçon numéro deux.

C'est-à-dire ?

L'homme ignore tout ou presque de lui. Il ne sait pas qui il est, comment il fonctionne et surtout comment accorder son âme et son corps sans oublier son cœur. Or comment être bien si tu ignores tout de toi ?

C'est impossible de maîtriser cela !

Impossible ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer.

Ah ?

Oui, c'est comme un sort. D'abord, il faut assimiler les connaissances utiles, puis il faut les intégrer à ton esprit et à ton cœur et ensuite tu peux les combiner ainsi tu sauras qui tu es et surtout ce que tu veux et peux vraiment.

C'est compliqué !

Oui, mais je vais t'aider. Prends ton corps. Tout est relié, attaché ensemble. Sais tu pourquoi ?

Euh, non.

Parce que la vie ne dépend pas que d'une chose, elle dépend d'un ensemble. Il y a le noyau de base mais seul, c'est comme s'il était inutile. Chaque cellule dépend d'une autre, elles sont à la fois uniques et complémentaires. Si tu arrives à cerner la complexité de ton corps, avoue qu'il y a de quoi être abasourdi par une telle machine, non ?

J'avoue surtout que je ne me suis jamais posé la question.

C'est par manque de respect et d'amour.

Hein ?

Si on admet que l'âme est immortelle, le cœur vivant et le corps mortel. Quel est ton point faible ?

Euh…le corps.

Oui, et l'être humain ne le respecte pas. Tous les jours, on oublie que nos actes sans avoir de conséquences directes, ont un impact à long terme. On commet plus de mal que de bien et rien que envers nous-mêmes. Si on y réfléchit, ce n'est pas très sain comme habitude, non ?

Oui, mais c'est pareil pour tout le monde.

Et alors ? Est-ce une raison pour continuer ?

Je n'ais pas dit ça.

Bien, dans ce cas, tu pourrais commencer par arrêter de fumer.

Je n'ai pas fumé depuis plusieurs jours. Tu étais mort. Je n'avais plus besoin de ça pour me donner du courage.

Ma mort a finalement eu un point positif sur toi. C'est cool. Question suivante : sais tu comment marche le désir ou si tu préfères le sexe ?

Non, mais quel est le rapport ?

Tu m'as dit que tu voulais apprendre et comprendre l'amour. Donc on est obligé d'aborder le sujet de manière plus intime.

Je vois.

Des études ont démontrés que notre cerveau sécrétait les mêmes hormones pour l'amour et pour la folie. Cela prouve bien que le sexe échappe à notre contrôle. On perd pied face à la passion et celle-ci est la cause de nombres d'actes insensés. Et pourtant, il est si simple de comprendre le mécanisme qui permet d'échapper à tous ces pièges. Te souviens tu du livre que je t'ais demandé de lire ?

Oui.

Dedans on dit que en amour, il n'y a qu'une loi, celle du cœur et que tout est autorisé si notre partenaire partage nos désirs. C'est ça la solution.

Tu veux dire que il suffit d'être en accord avec nous même et notre partenaire pour que tout roule.

Exact. D'où l'intérêt de savoir le comment et le pourquoi du sexe.

Simple.

Tu crois ? Un homme et une femme font l'amour pour donner la vie à l'origine. Mais de nos jours, la reproduction n'a plus rien à voir avec d'éventuelles parties de jambes en l'air. Ce sont nos pulsions qui nous incitent à l'acte.

Et notre cœur aussi, non ?

Dans la majorité des cas, oui. Le sexe naît d'un désir d'amour entre deux personnes. Il peut aussi avoir un côté solitaire ou un aspect de peur et de violence. En faisant l'amour, on veut donner du plaisir ou dominer l'autre. Dans le premier cas, l'acte en lui-même est un moyen d'exprimer ses sentiments. Dans le deuxième, notre corps nous sert d'arme. C'est le pourquoi du sexe. L'amour ou la peur. Ce sont ces deux facettes qui reflètent l'acte chez les hommes. Quand au comment, il s'explique par une réaction physique. Notre esprit peut influencé notre corps. Il commande cette envie par simple stimulation. Une image, un mot et c'est le signal pour notre corps. Basique, simple et très efficace comme façon d'agir. Rien d'autre n'est pris en compte et surtout pas l'environnement ou les conditions.

C'est répugnant. On est des obsédés.

N'exagères pas. Mes explications sont un peu schématiques. Retiens juste que ça marche de cette manière là. Passons à la dernière leçon. Celle de la connaissance suprême.

Le pire reste à venir.

Non, le meilleur. Comment donner et recevoir du plaisir ? Notre corps est un ensemble qui est régit par le cerveau durant l'amour. C'est notre cœur qui doit nous guidés enfin de transformer ce besoin en plaisir. Si tu tiens compte de tout ça, tu peux accéder au paradis sans crainte. On essaie ?

J'hésite à répondre tant je suis noyé dans le flots de tous ces mots. Je prends une grande inspiration et tache d'analyser la situation à ma façon. Tout ce que vient de me dire Seï se tient. Cela paraît simple et pourtant c'est comme un mur qui se dresse devant le novice que je suis. Je veux pouvoir parler d'amour avec tout mon être.

Et puis rien de fâcheux ne s'est produit pour l'instant. Seï se contente de m'enseigner tout ça avec calme et respect. Je dois lui faire confiance jusqu'au bout. Et puis, j'ai le sentiment que cette paix en moi ne peut s'épanouir qu'au contact de cette liberté dans mon cœur qui s'éveille avec Seï.

Oui, essayons.

Seï me sourit et m'attire contre son torse. Je sens son odeur et sa chaleur qui m'enveloppent. Je suis bien là au creux de ses bras. Cette étrange paix, qui existe depuis peu en moi, se répand dans tout mon corps. Je ferme les yeux, heureux. Mon esprit se vide. Mais soudain, dans un sursaut, je me rends compte que Seï n'a rien tenté encore.

Euh, et maintenant ?

Il faut dormir. Tu n'as aucune manifestation sexuelle. Dommage !

Un peu vexé, je me rebelle contrel'idée de dormir

Je n'ai pas écouté tous tes discours pour faire dodo maintenant.

Tiens donc, mon Subaru s'énerve.

Non, mais si tu fais rien, c'est frustrant.

Excuses moi. Je pensais que tu avais besoin d'une nuit de sommeil pour assimiler mes propos.

J'ai tout pigé et je t'annonce que tu dois tenir compte de ton partenaire, moi en l'occurrence, alors au boulot Mr le gourou de l'amour.

Bravo ! Un point pour toi.

Mon regard se perd dans l'œil doré de Seï tandis qu'il se décide enfin à passer à l'action. J'ai un début d'appréhension. Mais j'essaie de le chasser et résolument, je m'offre à l'homme que j'aime.

De cette deuxième nuit d'amour, je ne retiens qu'une chose. Emporté par mes sensations, je me laisse une fois de plus emmener par les flammes que Seï allume en moi. Et de nouveau ce sentiment de paix balaie tout pour devenir maître de mon cœur. Bref, pour ce qui est du contact physique, je n'ai pas assuré.

Perdu dans les limbes du plaisir, je me promets d'en parler à Seï. Puis je m'endors blotti contre lui.

C'est la sonnerie de mon portable qui me réveille. Encore endormi, je l'attrape et lis le message qu'Akira vient de m'envoyer.

L'état de Kamui a un peu évolué, il est à présent dans un coma moins profond et les médecins sont plus optimistes.

La nouvelle est bonne mais elle me rappelle aussi que bientôt, je devrais rentrer.

Subaru, Tout va bien ?

Oui. Kamui va un peu mieux.

C'est un dragon. Il survivra à toutes ses blessures tant que Fuma sera lui aussi un dragon.

Fuma a disparu. Personne ne sait où il est.

Comme moi, il doit chercher à exaucer son souhait.

Détruire l'humanité ?

Non, ça c'est le souhait que la terre lui a confié. Mais Fuma est humain, il a son propre souhait. Si Kamui est affaibli, sa personnalité refait surface et il peut dans ces moments là être très surprenant.

Tu veux dire que tu l'as déjà vu comme ça.

Oui, plus d'une fois. Tu sais, c'est un jeune homme avec une grande force d'esprit. Il a réussi à dominer son état et à comprendre comment mettre un terme à cette guerre.

En tuant tout le monde, même ses dragons ?

Ouais, je sais il contrôle pas toujours tout mais sache quand même que les dragons en question voulaient mourir. Il n'a pu que se résigner à leur souhait.

Je trouve ça nul.

Assez parler de Fuma. Alors tu as aimé notre câlin de cette nuit.

Oui, mais je suis désolé car j'ai été encore une fois emporté.

Idiot ! Tu n'as pas à d'excuser de ça. C'est merveilleux car cela veut dire que tu as suivi ton cœur.

Mais toi ?

Quoi moi ?

Tu ne peux pas suivre ton cœur. T'es obligé de tout faire.

Subaru, je ne fais qu'écouter mes sentiments. Notre corps se débrouille très bien sans nous. Nous sommes des êtres capables de canaliser notre énergie. Cette force suffit à assurer l'acte physique.

Oui, mais je croyais que on devait se caresser, s'embrasser et tout le reste.

On l'a fait.

Piges pas tout….

Ce que je veux dire, c'est que les délires physiques, c'est bon pour prendre son pied. Dans notre cas, c'est tout qui s'unit et qui s'aime : Corps, Cœur et Esprit.

Et ça fait quoi chez toi ?

C'est le bonheur, une paix et une sérénité immense. Je me sens libre, en accord avec mes désirs les plus secrets.

Cela me rassure de découvrir que Seï ressent les mêmes choses que moi. Certes c'est un peu bizarre de penser à l'amour de cette manière là mais cela à au moins le mérite de supprimer tous les aspects négatifs de l'acte. Et puis ce sentiment de paix est trop beau pour être basé sur rien. D'une façon ou d'une autre, je me rends compte que c'est l'amour que je voulais.

Qui n'a pas rêver de tout partager, de tout mettre en lumière avec l'être aimé ? Qui n'a pas cherché dans l'amour l'accomplissement de soi ?

Seï m'a donné un fabuleux présent. Il m'a sauvé du vide dans lequel mon cœur avait sombré.

Seï, je t'aime.

Moi aussi, je t'aime.

Et ainsi commence une nouvelle journée.

Le soleil est déjà haut dans le ciel quand Seï ouvre la porte du hangar. Le bateau nous attend. J'ai hâte qu'on le termine. Je veux lui faire prendre la mer.

Motivé, je me mets au travail en écoutant les directives que Seï me donne.

Fabriquer un bateau n'est pas si simple, surtout à deux. Mais je découvre pleins d'aspects positifs à cet exercice manuel.

Je suis avec l'homme que j'aime. Je parle, rit, vit à ses côtés. J'ai le cœur léger et tout n'est que paix et harmonie.

Je sers à boire à Seï alors que nous faisons une pause.

Merci.

Dis, quand sera-t-il fini ?

Difficile de savoir. Mais tu es doué et grâce à toi, il devrait bientôt être terminé.

Tu sais, j'aimerais qu'il vogue. Je voudrais remonter le canal souterrain avec toi jusqu'à l'océan.

Je me doutais bien que tu avais un but avec ce bateau. Seulement c'est impossible. Comme je te l'ai dit, en dehors de cette propriété, je n'existe pas.

Justement explique moi. Que va-t-il se passer quand je partirais ? Mon cœur ne survivra pas à une autre séparation avec toi.

Si car du moment que les trois éléments qui te forment sont unis, tu peux tout affronter.

J'ai un regard plein de doute pour cette affirmation. Qui accepterait de quitter le paradis pour retourner dans le froid de la solitude ?

Subaru, je sais que c'est dur mais je pense que tu dois cesser de te conduire comme un enfant.

Parce qu'être un homme, c'est mieux ?

Non, je ne te parle pas de ça. Tu dois comprendre comment fonctionne le monde, comment la vie et la mort déterminent notre univers.

Pourquoi ?

Pour avoir la chance d'aller plus loin.

Seï se lève du muret de pierre qui lui servait de banc et il me regarde avec une telle intensité que je me mets à avoir peur.

Non, calme toi. Laisse moi t'expliquer une dernière chose.

J'accepte dans un timide sourire et je me serre contre lui, les yeux clos.

Il me laisse faire et tandis que ses mains me caressent le dos, il reprend le cours de sa pensée.

Tu es bien placé pour savoir que cela ne sert à rien de se battre contre le destin. Tout est écrit d'avance. Seulement, il y a toujours un instant où les choses peuvent changer. Cet instant, il est présent dans chaque seconde et de lui découle la suite des événements. Nous avons tous deux, moi surtout, fait des choix qui nous ont conduit ici, à cet instant. Et là, selon la direction que tu choisiras, le pire ou le meilleur se mettra en place. Tu ne peux revenir en arrière. Tu dois avancer. Si tu refuses, les choses avanceront sans toi et tu perdras le contrôle de tes actes. Tu as deux possibilités. Soit tu acceptes l'inévitable, soit tu acceptes de te trahir.

C'est quoi la meilleure solution ?

Celle qui vient de ton cœur. Résumons. Je suis mort et toi non. C'est peut être douloureux comme idée mais entre nous, il y a toujours eu ce fossé. Ce n'est pas nouveau.

Oui, mais je veux rester avec toi pour toujours.

Et Kamui ? Et le Cerisier ? Ils font partie de l'équation. Même si tu acceptes de condamner Kamui, l'arbre ne va pas t'accorder ma présence jusqu'à la fin des temps. Il veut quelque chose lui aussi.

Et moi ? Ce que je veux ne compte pas ?

Si mais seulement dans la limite de la réalité d'où le choix qu'il te faut faire.

C'est trop dur !

Je sais mais tu en es capable. Je suis là pour t'aider. On a encore du temps alors sois patient et les bonnes réponses viendront d'elles mêmes.

Comment fais tu pour être si zen ?

J'y crois tout simplement.

Mitigé entre le désespoir et le courage, je reste encore un moment dans les bras forts de Seï. Je suis perdu mais moins qu'avant. J'ai surtout du mal à accepter ce que me dit mon cœur. Aurais je la force de m'y résoudre avant que le piège se referme sur moi ? Je n'en sais rien. Et je ne veux plus y penser pour l'instant.

Ça va mieux. On continue le travail ?

Tu es sûr ?

Oui. Perdu comme je suis, je m'en remets à toi.

Je t'aime Subaru. Continuons notre bateau.

Je reprends mes outils. Je crois avoir compris ce que Seï attend de moi. Il faut juste que j'arrive à trouver l'équilibre entre tout ce qu'il m'enseigne et tout ce qui m'entrave dans mes peurs. L'idéal serait de vaincre mes angoisses.

Seulement, je ne suis pas un dieu. Je sais que si j'avance sur la route de Seï, le moindre faux pas aura des conséquences terribles. Dans le quotidien, nos actes aussi ont des conséquences mais elles restent minimes pour la plupart. Sur cette route de paix et de sagesse, elles seront sans commune mesure avec celles d'avant. C'est effrayant.

Mais pour sauver l'âme de Seï, Le Cerisier et plus tard Kamui, je n'ai pas le choix.

Et dans la paix retrouvée grâce au calme du travail manuel, je décide d'être plus fort et d'honorer la confiance de Seï.

Je découvrirais la connaissance de l'amour dans sa totalité et ensuite, je donnerais un nouveau sens à ma vie.

Après avoir travaillé plusieurs heures sur le bateau, Seï m'entraîne au pied du Cerisier.

Il est temps que tu apprennes à mieux le connaître.

Je suppose que c'est nécessaire.

Tout juste, mon ange.

Prenant les devants, je m'avance un peu vers le gigantesque Cerisier. Comparé à la dernière fois, il ne dégage point d'odeur suspecte. Je suis du regard son tronc sombre, immense et imposant jusqu'aux branches maîtresses qui sont chargés de jeunes bois couvert de délicates fleurs aux pétales rosées.

C'est un arbre tout simplement. Plus grand, plus beau que les autres cerisiers.

Pourquoi était il si beau alors que son rôle est si horrible ?

Rappelles toi, c'est à cause de son aspect qu'il a été choisi.

J'avais oublié. Mais pourquoi il n'y a aucune odeur autour de lui cet après midi ?

L'odeur n'existe que face au danger. Elle sert à effrayer ses proies ou ses adversaires.

Ca ne fait pas très « Cerisier » comme attitude.

Peut être mais c'est un système défensif fréquent dans la nature.

Donc, là, il ne se sent pas en danger et il n'a pas faim ?

Oui. De plus, il a mangé tout à l'heure.

Soudain livide, je fais face à Seï avec précipitation et horreur.

QUOI ???

Pas de panique, il se débrouille tout seul. Je n'y suis pour rien.

Ouf ! Mais quand même, c'est répugnant.

C'est bien son avis à lui aussi.

Hein ? Tu veux dire que….

Je ne termine pas ma phrase. Je suis en train d'imaginer quel calvaire ça serait si j'étais obligé de manger des cadavres. Un sentiment d'injustice face à la cruauté de ce destin s'éveille en moi.

Je n'avais pas cerné l'horreur de tout ça. Ton ancêtre, et le mien, était ignoble.

Tu comprends mieux pourquoi cet arbre est plein de haine et de colère. Il souffre. Dans cette histoire, la première victime, c'est lui. Il veut en finir avec ce cauchemar. C'est lui qui m'a aidé à trouver une solution pour interrompre ce calvaire.

Là, il te parle ?

Non, il pourrait mais ce n'est pas le cas.

Et à moi ?

Impossible, il ne doit pas devenir proche de toi car techniquement parlant tu es son nouveau gardien.

Comment fait –il pour éviter que la malédiction s'enclenche ?

Il se sert de mon souhait qui n'est toujours pas exaucé.

Et une fois ton souhait réalisé ?

Le sien le sera automatiquement.

J'ai l'impression de jouer le rôle de Fuma. Pourquoi d'ailleurs ne pas avoir fait appel à lui ?

Fuma a d'autres problèmes. Et puis à sa façon, il va interférer sur le souhait du Cerisier. Enfin si Kakyo a vu juste.

Kakyo ?

Oui, il est à la base de tout ça. Il a exploré plusieurs futurs possibles dans l'éventualité d'une fin non conforme aux souhaits des humains ou de la terre.

Mais les humains ont gagnés, non ?

Tu crois ça. Réfléchis, on en est toujours au même point. Fuma et Kamui sont toujours des dragons, aucun des deux n'est mort. Aucun souhait ne l'a emporté. Donc match nul.Rien n'est terminé.

Qu'est que ça veut dire ?

Fuma a profité de son dernier combat pour emprunter une voie totalement différente. Je n'en sais pas plus mais moi, j'ai tout misé sur ce plan. Si Fuma avait échoué, tu serais déjà Sakurazukamori.

Un soupir terrible m'échappe. Je savais bien que Kakyo n'était pas si innocent que ça quand il avait annoncé que Kamui était encore en vie.

Tu as accepté de mourir en sachant qu'un plan aussi hypothétique pouvait tout bouleversé ?

Je n'ai pas accepté de mourir comme tu dis si bien. Je suis mort pour avoir la chance de te sauver. Le plan de Fuma m'a servi de point de départ pour assurer mes arrières à travers mon dernier souhait.

Que c'est compliqué !

Un peu, j'admets. Mais il fallait bien tenter d'arrêter la roue du destin.

Je croyais que c'était peine perdue.

Pour nous, oui. Mais pas pour les deux KAMUI. Ils ont ce pouvoir en eux. Ils peuvent le faire.

Kamui a pourtant échoué.

Parce qu'il était perdu, dépassé par les événements. Fuma, lui, les a suivi pour mieux se les approprier et pour le moment venu, les influencer.

Et si Kamui avait péri ?

Impossible, Fuma savait très bien ce qu'il faisait en l'affrontant.

Mais ….et le Kekkai de Kamui ?

Un souhait de plus que Fuma a exaucé car il faisait parti de son plan.

Bref, il a pensé à tout et toi aussi.

Oui, mais pour lui comme pour moi, rien n'est possible sans notre moitié, toi et Kamui.

Que va-t-il arriver à Kamui ? Il a suffisamment souffert. Pourquoi lui infliger d'autres épreuves ?

On a tous souffert et puis mon souhait te permettra de l'aider à trouver le bonheur. Je suis ton guide et tu seras le sien.

N'ayant rien à ajouter, je reste silencieux. Mon esprit se débat sous le torrent de ces révélations tandis que mon cœur rayonne de paix. Les dragons de la terre ont trahis leurs engagements pour suivre une voie plus personnelle et égoïste. Ils ont déclenchés un nouveau futur pour mettre un terme à cette guerre et pour réaliser leurs souhaits au passage.

Jamais je n'aurais pu avoir une telle idée, ni une telle volonté. Qu'importe que les humains aient survécu, les vainqueurs seront les derniers a tiré leur épingle de ce jeu titanesque avec le destin. Fuma doit vraiment être quelqu'un d'exceptionnel pour avoir une telle puissance d'esprit. Quand à Kakyo, sous sa fragilité, il cache bien son jeu. Détourné le destin pour un yuméni peut être fatal. Mais cela doit aussi avoir un sens pour ce délicat jeune homme prisonnier malgré lui du monde des rêves.

Je suis stupéfait.

Je vois ça. Tu m'en veux ?

Un peu. Ta mort n'aurait elle vraiment pas put être évitée ?

Non. Car en tant que Sakurazukamori, je n'aurais jamais réussi à me libérer au point d'ouvrir mon cœur à notre amour.

Tu aurais pu essayer ?

Impossible. J'ai commis trop d'erreurs dans le passé pour pouvoir obtenir une telle chance.

Fuma aussi a commis pleins d'erreurs.

Oui, mais il ne les a pas fait volontairement. C'est aussi une victime.

Et pourquoi pas toi ?

Parce que j'ai tué plusieurs fois alors que j'avais le choix. J'ai donné la mort comme d'autres donnent la vie. Je suis trop sale. Désolé, mais, je suis mort et maintenant, c'est trop tard. Je pourrais passer des heures à essayer de te convaincre du bien fondé de ma mort mais on a des choses bien plus intéressantes à accomplir alors fais toi une raison. Ok ?

Je vais essayer.

Après avoir quitté le Cerisier et avoir pris un repas léger, je profite d'un moment de solitude pour réfléchir à mon problème.

Je sais que Seï est mort, donc pour nous réunir lui et moi, je ne vois pas trop comment m'y prendre. Hormis si je mets fin à mes jours. Mais dans ces cas-là, j'abandonne Kamui et adieu les belles théories de Seï sur la noblesse de l'amour. Et comment gérer le problème du Cerisier ?

Je pourrais peut-être faire un marché avec cet arbre mais que lui demander pour Seï. A moins que….

Une idée vient de me traverser l'esprit. Je pourrais ruser moi aussi comme l'ont fait les dragons de la terre. Si je demande au Cerisier de lier l'âme de Seï à la mienne, nous serons ensemble pour toujours. Bon, pas dans cette vie, mais dans une autre vie, on serait de nouveau réunis.

Cette idée n'est pas si mal mais je me rends compte que de toute façon, je suis déjà lié à Seï. Donc il vaut mieux réfléchir à autre chose.

Et si je…non ! Cela semble impossible et pourtant quelque chose en moi me dit que c'est la solution. Mais que va penser Seï de tout ça et que faire du Cerisier ?

Un arbre avec autant de pouvoir et une telle malédiction ne peut-être exorciser. D'ailleurs, j'ai déjà essayé la première fois où j'ai rencontré Seï. Et pour le résultat que j'ai obtenu !

Et pourquoi ne pas demander à l'arbre si il a une idée sur comment vaincre ce terrible destin qui finalement nous lie tous les trois en temps que victimes.

N'ayant pas de meilleur plan, je décide d'attendre demain avant d'aborder franchement tout ça avec l'homme que j'aime.

Je vis une nouvelle nuit de rêve dans les bras musclés et rassurants de Seï. C'est vraiment une meilleure sensation que celle d'être aimé et d'aimer en retour.

Mais cela ne modifie rien à la réalité. Et alors que Seï me prépare un déjeuner, je me lance pour lui expliquer le fruit de mes réflexions.

Il faut qu'on parle. J'ai eu une idée pour exaucer ton souhait, enfin il faut encore que tu me dises si mon idée correspond à ton souhait.

Mon souhait est de rester avec toi mon ange.

Et mon idée est de faire de toi un Inugami….mon Inugami.

Seï me fixe d'un air dans lequel il me semble lire une approbation.

Continue.

Oui. Si tu es mort et que je quitte cet endroit, tu disparais de ma vie même si nous sommes liés par un lien magique indestructible. Mais je ne peux pas rester avec toi quand même car comme tu l'as dit, le Cerisier va finir par ne plus vouloir attendre. Or je veux te garder et toi aussi. Alors si tu deviens mon Inugami comme Inuki est celui d'Yuzuriha, on restera ensemble. Non ?

Oui. Ton idée est parfaite mais et le Cerisier ?

J'avoue que je ne sais pas quoi en faire.

Il a besoin d'un gardien et dès que je lui aurais demandé d'exaucer mon souhait, il va falloir que tu exauces le sien.

En effet, c'est un problème. Je connais son souhait. Etre un arbre normal. Mais j'ignore comment y parvenir.

C'est parce que ce souhait là est irréalisable.

Ah ? Donc il a un autre souhait ?

Oui. Et tu dois le découvrir pour faire de moi ton Inugami préféré.

Seï me fait un sourire malicieux en disant cela.

Bien. Je vais encore y réfléchir.

En attendant, mange. Je te rappelle qu'on a du boulot.

Cela vaut-il vraiment la peine de finir le bateau, surtout si tu ne peux jamais en profiter ?

Subaru, si je deviens ton Inugami, je pourrais profiter de tout à tes côtés. Même d'une croisière avec le séduisant et merveilleux Capitaine Sumeragi.

Séduisant et merveilleux…si tu veux mais je crois qu'au lieu de Capitaine, je serais plutôt le responsable de la transformation de notre bateau en Titanic.

Génial, mon unique amour me propose la noyade.

Hey, j'ai précisé qu'elle ne serait pas volontaire.

Ok, donc après avoir fini le bateau, il faudra que je te donne des cours de navigation.

Tu sais naviguer ?

Oui, suffisamment pour ne pas de laisser exaucer ton rêve du Titanic !

Et Seï me fait un sourire merveilleux dans lequel je ne lis que de l'amour.

Nous passons la journée à terminer l'assemblage de la coque du bateau. C'est un travail délicat qui me laisse peu le loisir de penser au souhait du Cerisier. Mais le spectacle de Seï, torse nu, vaut toutes les petites difficultés que nous rencontrons lors des travaux.

Avant, je n'aurais jamais osé fixer le dos ou le torse de Seï. Mais aujourd'hui, je jouis de le voir si beau et si sexy à mes cotés.

Et naturellement, nous terminons notre journée de travail en faisant l'amour dans la fraîcheur du hangar.

Loin de la douce chaleur du lit, je découvre, dans la lumière du soir qui tombe, le corps nu et viril de celui que j'aime.

La magie de notre étreinte est accentuée par ce que mes yeux voient.

Et Seï en profite pour me prendre en me donnant un maximum de plaisir purement physique.

Il reste longtemps en moi, parcourant mon intimité avec force et douceur tandis que ses mains me caressent le sexe.

Je prends alors conscience que ce que je ressens et ce qui se passe dans mon cœur ne formèrent qu'une et même chose.

C'est fort de cet amour qui m'envahit que je pars à la dérive tandis que Seï se répand en moi dans un râle de plaisir.

Encore humide et chaud, je me blotti dans ses bras. Il me serre contre lui et je peux sentir son sexe encore dur contre mon ventre.

Nous avons fait l'amour sur ce qui plus tard sera les voiles du bateau.

Et j'ai aimé cela. C'était plus fort que les fois précédentes. Histoire de comprendre pourquoi, je pose la question à celui que j'aime.

Seï….Je trouve que c'était différent ce qu'on vient de faire.

Oui.

Pourquoi ?

Parce que tu as vécu mes gestes et tu as fait l'amour avec ton corps et ton esprit ainsi que ton cœur.

Et les autres fois alors ?

Tu as fait l'impasse sur le physique mais comme je te l'ai déjà dit, il faut accepter l'acte dans son ensemble pour le vivre pleinement comme un cadeau.

Je comprends.

Bien car j'ai encore envie de t'enseigner comment est ton merveilleux corps de rêve.

Et Seï se remet à explorer ma peau d'ivoire avec sa bouche et ses mains. Il ne met pas longtemps à me faire gémir. Je sens tous ces gestes comme si un feu de glace me parcourait le corps.

Mon cœur est serein et heureux tandis qu'il délaisse ma peau pour me positionner à sa guise afin de me faire sien.

Je perçois son souffle court et chaud quand son membre dur vient s'enfoncer entre mes fesses. Puis je m'ouvre à lui, cherchant à faire revenir rapidement ce torrent de plaisir qui naît en moi à chaque coup de rein qu'il m'inflige.

Et je repars dans cet univers d'amour où je me sens chez moi, enfin à l'abri de tout.

Plus tard, alors que la nuit est tombée, je profite d'être seul sous la douche pour revenir une fois de plus sur le problème du Cerisier.

Comme Seï, l'arbre a un souhait. Je pense avoir trouvé celui de l'homme que j'aime mais comment trouver celui d'un Cerisier avec qui je ne peux avoir de contact. Car il faut bien que j'admette que c'est toutes nos conversations à Seï et moi qui m'ont permis de comprendre comment réaliser l'impossible.

Le Cerisier est une victime, la première d'entre nous. Si je pense comme grand-mère me l'a appris, c'est donc lui qui doit fermer le cercle de nos cruelles destinées.

D'après Seï, il est impossible pour cet arbre de redevenir un cerisier normal. Donc, il faut trouver un moyen de faire au mieux avec ce qu'on a et j'ai un arbre mangeur de cadavres disposant d'une personnalité et d'une puissance impressionnante à reconvertir.

Je coupe l'eau de la douche et je vais m'enrouler dans un peignoir en soupirant.

Le Cerisier peut-il exister sans gardien ? Si oui, cela fait-il de lui un assassin en liberté ? Le sang humain semble être la source de sa puissance mais peut-il s'en passer ?

Et Seï, peut-il répondre à toutes ces questions ?

Je quitte la salle d'eau en espérant que oui car sinon je n'aurais pas d'autre choix que d'effectuer des recherches dans la bibliothèque des Sakurazukamori.

Lové tout nu dans les bras de Seï, je lui fait part de mes réflexions et de mes interrogations sur le Cerisier.

Nous venons de nous coucher après un délicieux repas et dans la pénombre de la chambre, j'admire les ombres qui dessinent son corps musclé tout en espérant qu'il puisse une fois de plus m'aider.

Mon interrogatoire fini, j'attends le verdict.

Tu prends cette histoire de Cerisier très au sérieux on dirait.

Faut bien, non ?

Oui. Alors autant que je sache notre arbre a toujours eu un gardien. Mais en a-t-il vraiment besoin ou est-ce le gardien qui a besoin du Cerisier ? Mystère.

Tu n'en sais rien ?

Je l'ignore.

Génial, ça commence bien.

Pas de panique mon cœur. Il suffit de réfléchir. Dans le cas actuel, l'arbre semble se débrouiller tout seul.

Oui donc c'est un assassin. Ce n'est vraiment pas mieux.

Ouais. Mais son souhait est d'être un arbre nouveau et ….

Impossible. Comment changer les choses ? Je sais que je dois faire avec tous ces éléments. Je ne peux quand même pas lui demander de se pointer au don du sang pour avoir sa dose de la semaine !

Seï me regarde d'un air amusé. Il semble trouver que la situation ne manque pas de piquant.

Au lieu de te moquer de moi, aide moi.

Bien sûr. Mais laisse tomber le don du sang !

Vexé, je prends l'oreiller et lui aplatit le visage avec. Cela le fait rire et il se dégage avec un sourire.

Mon Subaru s'énerve.

Y a de quoi. Pourquoi c'est à moi de résoudre ce problème ?

C'est comme ça. Allez on reprend.

Docile, j'acquiesce en silence. J'essaie de continuer mon raisonnement. Il semble évident que le sang est indispensable à cet arbre mais en quelle quantité ? Et puis si Seï n'est plus son gardien et que moi je ne dois pas l'être, alors qui ? Qui peut devenir le gardien d'un assassin sans pour autant que sa vie soit gâché ?

Plus j'essaie de réfléchir et plus je soulève de nouvelles interrogations.

Quelles interrogations ?

Et ben, il lui faut du sang, un gardien et donc ça ne change rien à ce qu'il est or il veut être différent. Comment faire ?

Ecoute, il veut surtout ne plus être le même. Il sait qu'il a besoin de sang pour exister et d'un gardien pour lui procurer.

Oui, mais il peut aussi s'en procurer tout seul, non ?

Disons qu'à l'heure actuelle, il y arrive car il se doit d'exaucer mon souhait avant de changer de gardien.

Mais le nouveau gardien doit être désigné par l'ancien Sakurazukamori, donc par toi.

Plutôt par toi car tu es le nouveau Sakurazukamori sauf que mon souhait auprès de l'arbre te rend différent.

Ton souhait est que le tien et celui de l'arbre seront exaucés si je parviens à les deviner. C'est bien ce que tu m'as dit ?

Oui. Et pour moi, tu as réussis. Grâce à ton idée, on restera ensemble.

Reste le Cerisier. Pourquoi ne pas le mettre à côté d'une morgue ? Il aura tout le sang dont il a besoin.

Cesse de dire des bêtises ! Le Cerisier est très puissant. A toi de trouver avec les éléments que tu as un moyen de mettre cette puissance au service d'une noble cause.

Et ben, je ne suis pas arrivé. De combien de temps je dispose pour résoudre un casse tête pareil ?

D'après ce que je sais Kamui ne vas pas tarder à se réveiller et il faut que tu sois à ses côtés. Le réveil de Kamui correspondra au sommeil de Fuma. Or Fuma doit être sur le point de parvenir à son but.

Stop ! Comment ça le sommeil de Fuma ?

Kamui et Fuma sont comme nous, liés. Si Kamui se réveille et que Fuma est encore en mode Dragon de la terre, le combat risque de reprendre donc il faut qu'avant Fuma est tué la partie de lui qui appartient à la terre.

Et que moi, j'en ai terminé avec toi et le Cerisier.

Oui.

Alors quitte à y passer la nuit, on trouve et on met un terme à ce délire ancestral. Je vais consulter les livres de ta bibliothèque car moi, j'ai plus d'idées.

Je t'accompagne.

Je me rhabille en silence et suivi par Seï, je me rends dans l'immense pièce remplie de livres anciens.

Commence alors une nuit de recherche assidue pour parvenir à rendre le Cerisier à son véritable monde.

Seï explore les divers écrits laissés par les autres sakurazukamoris tandis que je m'oriente vers une autre direction.

L'arbre est un enfant de la nature ce qui explique son appartenance aux dragons de la terre. De plus, il se nourrit du sang des victimes de son gardien, ce qui renforce encore plus cet aspect là. Mais qu'arriverait-il si les humains disparaissaient tous ? L'arbre pourrait-il survivre ?

Il est très puissant et pourtant pas encore assez pour se libérer. Et si il tuait son Gardien ? L'idée peut paraître folle vu qu'ils sont liés mais après tout pourquoi pas ? Le problème est que Seï est déjà mort.

Donc ce n'est pas la peine d'espérer de ce côté-là. Impossible de le détruire, de l'exorciser ou même de le changer.

Le cerisier doit être arrivé aux mêmes conclusions que moi. Il doit être désespéré et souhaitait qu'on lui fiche la paix.

Peut-être est-ce possible de sceller son pouvoir ? De l'endormir momentanément en attendant que quelqu'un puisse l'aider.

Je rejoins Seï qui s'est éloigné dans le petit salon pour lire confortablement installé sur un fauteuil.

J'ai eu une idée. Je pourrais accordé un peu de repos au Cerisier en faisant un Kekkai pour sceller ses fonctions d'assassin. Et puis, cela me donnera le temps de trouver un moyen de le rendre à la nature, peut-être d'ailleurs grâce à Fuma si je le revois un jour.

Hum….ça parait envisageable. Mais si ce n'est pas ce que souhaite l'arbre, il t'obligera à devenir le nouveau Sakurazukamori.

Ouais et ben si mon idée lui convient pas, c'est qu'il est irrécupérable.

Calme toi. On lui soumettra tes souhaits pour moi et lui dès que le bateau sera terminé.

Et cela fait dans combien de temps ?

Il doit nous rester encore deux jours de travail.

Et après ?

Après on sortira de ton Kekkai par le canal souterrain et on retournera auprès de Kamui.

Et tes leçons de navigation ?

On fera d'une pierre deux coups, on improvisera sur le bateau.

Formidable ! Ainsi péri le mousse Subaru…

Mais non, tout ira bien. Viens, retournons nous coucher.

Seï me prend par la main et m'entraîne jusqu'à la chambre. Je m'endors blotti contre le velours de sa peau.

Ainsi que prévu, on mis deux jours pour finir notre embarcation. Ce fut difficile d'installer les voiles et j'étais épuisé quand enfin le bateau fut placé par le Cerisier sur l'eau du canal souterrain.

Et voilà ! Il nous reste plus qu'à embarquer.

Et on va où ?

D'abord on sort du canal. Ensuite on longe la côte jusqu'à la baie de Tokyo. Ce qui devrait être fait en cinq jours si le vent nous est favorable. Bref juste le temps d'une lune de miel entre un exorciste et son Inugami adoré.

Je souris à Seï à l'idée que maintenant plus rien ne pourra nous séparer. Mais cela me rappelle aussi qu'il va falloir en finir avec cette histoire de souhait et que si je me suis trompé pour le Cerisier, c'est bonjour la cata !

Allez Mr le Capitaine Sumeragi, on fait le plein du bateau que l'on va baptiser Ecume d'argent.

C'est sympa.

Merci.

Je sors de la grotte en tenant Seï par la main. Le soleil berce de ses derniers rayons ce coin de paradis où un jour je devrais revenir pour délivrer le Cerisier.

Dans la cuisine, Seï me donne les aliments et je les range consciencieusement dans une caisse en bois.

Toute cette nourriture…tu avais prévu de nourrir une colonie de vacances ?

Non, mais j'ignorais combien de temps il pouvait s'écouler avant que tu ne viennes à moi et que l'on reparte ensemble.

Je comprends. Et Fuma ? Il va réussir ?

Je pense que oui. Il est très malin pour un jeune homme et puis il connaît Kamui par cœur et il a tout misé sur lui.

Je vois.

Ne t'inquiète pas, l'avenir nous réserve encore quelques surprises et le destin pourrait bien perdre sa première bataille.

Je n'ajoute rien à cette remarque pleine d'optimiste. Apparemment les dragons de la terre ont décidés de prendre le contrôle de leur vie et notre unique chance de bonheur à Kamui et moi se trouve dans la réussite de cette périlleuse entreprise.

Durant une heure, j'aide Seï à charger le bateau de vivres, de vêtements et de couvertures. Le reste est jugé inutile et puis le bateau n'a qu'une cabine qui va devoir servir de chambre et de cuisine.

Il fait nuit quand je termine le repas que Seï m'a fait. Il m'a laissé manger seul. Il est parti rejoindre le Cerisier. Je dois moi aussi aller les rejoindre et après une nouvelle étape de ma vie commencera. J'angoisse un peu à l'idée de fermer ce qui finalement fut une grande parenthèse à bien des égards.

Mais je me sens aussi impatient de revoir Kamui et de pouvoir l'aider au mieux. Et puis ma grand-mère sera certainement ravie de savoir que le dernier Sakurazukamori s'est mit au service d'un Sumeragi.

Je quitte la maison et prend l'allée de sable qui mène au pied du Cerisier. La nuit est fraîche et remplie de senteurs végétales.

Seï m'attends sereinement assis sur une branche de l'arbre. Il est très beau dans la lueur rosée qui émane de l'endroit.

Il saute avec souplesse à terre et vient m'enlacer avec un sourire.

Ça va aller ?

Oui.

Alors à toi de jouer.

Je lui souris et en réponse, il m'embrasse doucement sur les lèvres.

Soudain très calme, je m'approche du tronc du Cerisier et d'une voix bien audible, je formule ma requête concernant les souhaits qui m'ont été confiés.

Je demande au Cerisier de mettre un terme à sa relation entre Seïshiro et lui en accordant son ultime souhait de ce dernier.

Le Cerisier se met à briller puis une lumière vient frapper Seï qui dans un sourire disparaît avant de réapparaître sous l'apparence d'un Inugami.

Rassuré d'avoir au moins réussi ça, je formule ma requête concernant le Cerisier et surtout notre avenir à l'arbre et à moi.

L'espace d'un instant, tout paraît fonctionner comme pour le souhait de Seï et puis, soudain, le Cerisier s'en prend à moi et je me retrouve sans rien avoir compris hors de la propriété sur le pont du bateau dans la grotte.

Un mur d'énergie m'empêche désormais de revenir dans le domaine des Sakurazukamori.

Un peu sonné, je le fixe sans trop comprendre.

Le Cerisier a refusé ton aide. Il s'est fait lui-même un Kekkai.

Seï ! Ouf, t'es là ! J'ai eu peur de t'avoir perdu.

Désolé mais c'est impossible. Je n'ai jamais entendu dire qu'un exorciste avait perdu son Inugami !

Moque –toi ! Et maintenant alors ?

On prend la mer. Si tout va bien, tu reviendras bientôt ici pour délivrer le Cerisier.

Ok.

Je tourne un regard décisif vers le canal souterrain qui va me ramener auprès de Kamui et à mes côtés, il y a l'homme que j'aime.

Nous sommes ensemble à jamais.

A suivre ….

Fin du chapitre. La suite arrive bientôt.

J'ai pensé écrire un chapitre intermédiaire sur la croisière de Subaru et Seï. Donnez moi votre avis.

Biz. Maveck.

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