Scènes de la vie quotidienne. 5

Résumé : Faut toujours écouter jusqu'au bout avant de porter jugement.

Quelle comédie!

- Ne dis surtout rien à personne Tony, si je t'ai confié ce secret, c'est que j'ai confiance en toi. Tu es mon meilleur ami et si tu tiens à le rester, tu es mieux de sceller tes lèvres si sexy et cela à jamais.

- Tu as ma parole Abby, pas un mot à qui que ce soit.

- Et quand je dis personne, c'est personne. Même pas à Gibbs.

- Promis, tu me connais.

- Justement, je te connais, alors tes confessions sur l'oreiller…

- Je suis blessé Abby, je ne suis pas une grande gueule, contrairement à ce que tout le monde pense. Et, si tu doutes de moi, alors pourquoi m'avoir confié ton secret?

- Ne te fâche pas, Tony, je ne voulais pas te blesser. Je sais très bien que tu es un ami fidèle.

- Motus et bouche cousue. Mais dis-moi, pourquoi le secret, je ne vois rien à ce que tu m'as dit, qui mérite ce nom.

- Parce que je veux l'annoncer moi-même que je suis enceinte.

- Je peux savoir qui est le père?

- Pas tout de suite, car le père ne le sait pas encore.

- Je le connais?

- Oui.

- Ce n'est pas… non… non… pas… c'est, bégaya Tony en faisait une grimace de dégoût.

- Articule Tony, qui as-tu en tête?

- Pas McGee?

- …

- Abby, s'il te plait ne me dis pas que c'est McGee?

- OK, je ne te dirai pas que c'est McGee.

- Mais, comment cela a pu arriver?

- Tu veux vraiment que je te fasse un dessin?

- Je sais comment on fait des bébés, les abeilles et les lapins… Sois sérieuse! Tu couches avec McGee, mais il y a des moyens de ne pas avoir…

- Je voulais ce bébé Tony. Je veux un enfant.

- Tu aimes McGee?

- Ce n'est pas le grand amour non, mais j'avais besoin d'un homme pour…

- Mais pourquoi McGee? Il y a d'autres hommes sur la terre. Moi par exemple!

- Tu aurais couché avec moi?

- Il y a l'insémination artificielle, si tu n'avais pas voulu avoir de relation sexuelle. J'ai déjà donné, tu sais.

- Oui, je sais et personne n'a voulu de ton sperme. Tu es gentil et le bébé serait probablement plus beau, mais je voulais surtout qu'il soit intelligent.

- Ça a le mérite d'être clair. Répondit Tony insulté.

- Non! Tony je ne voulais pas dire ça.

- Mais, tu l'as dit, j'ai compris. Allez, bonne journée… petit génie.

- Tony! Cria la jeune femme tandis que son ami sortait du laboratoire rapidement.

- Merde, merde, bravo Abby! En fait de gaffes, tu peux te vanter d'avoir réussi haut la main. Se dit-elle à voix haute.

- Et qu'as-tu fait pour gaffer?

- Gibbs! Ça fait longtemps que tu es là?

- Non, je viens seulement d'arriver. J'ai croisé Tony et par la face qu'il faisait, je crois que ta gaffe le concernait.

- Oui, moi et ma grande gueule. Je lui ai dit qu'il était beau, mais pas intelligent. Et ça, le plus sérieusement de monde.

- Tu n'as pas tout à fait tord, mais…

- Gibbs! Tony est intelligent, il n'est peut-être pas aussi calé en informatique que McGee et moi, mais cela ne fait pas de lui quelqu'un de débile. Quand il s'agit du bon vieux travail de policier, il nous bat tous, McGee, moi et toi y compris.

- Oui, tu as raison. Et pourquoi lui as-tu dit ça?

- C'est un secret!

- Un secret, tu n'as pas de secret pour moi.

- Mes lèvres sont scellées et celle de Tony aussi.

- J'ai ma méthode pour lui faire ouvrir les lèvres, ma belle.

- Oui, mais il ne pourra rien te dire, vu que parler la bouche pleine, ce n'est pas très poli.

- Abby!

- Je parlais de ta langue Gibbs. À moins que…

- Suffit Abby, parfois je regrette de vous avoir mis au courant pour Tony et moi.

- Mais non! Mon Gibsou, tu es très heureux que tout le monde le sache.

- C'est vrai.

- Bon alors, qu'est-ce que je peux faire pour toi?

- Rien, je ne faisais que ma tournée matinale.

- OK et où est mon Caf-Pow?

Gibbs lui fit signe de la tête en désignant un de ses frigos, la jeune laborantine se précipita toute joyeuse et lorsqu'elle se retourna, Gibbs était déjà parti.

- Et mon bisou alors?

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Tony entra dans son secteur et regarda McGee qui était déjà au travail. Tony se demandait comment Abby pouvait aimer ce genre de garçon, un bébé joufflu, un petit garçon à sa maman, qui avait peur de son ombre, mais un petit génie qui ne manquait jamais de vous le faire savoir. Et maintenant, Abby s'en mêlait. McGee se sentant épié, leva la tête et regarda Tony.

- Tu veux quelque chose?

- Non… rien.

- Bon.

Tony alla s'asseoir et ouvrit son ordinateur. Il réfléchissait à ce qu'Abby lui avait dit. Elle n'avait pas tout à fait tord dans le fond, McGee et elle étaient très intelligents, frisant le génie et lui, un simple policier comme il y en avait bien d'autres. Il était bon dans les missions sous-couverture, mais cela ne nécessitait qu'un peu de talent d'acteur. N'importe qui pouvait faire la même chose. Gibbs regarda son amant de loin et remarqua que quelques choses turlupinaient son italien. Les paroles d'Abby avaient fait ressortir l'insécurité de Tony face à la vie. Il devait se questionner du fait qu'Abby ne le trouvait pas intelligent, ce qui était faux bien sûr. Le jeune homme était intelligent à sa manière, comme pour deviner les besoins et les pensées de n'importe qui de façon déconcertante. C'est pour ça qu'il était surdoué lors d'interrogations et de missions secrètes. Personne ne lui arrivait à la cheville, pas même lui. Des surdoués en informatique, il en pleuvait dans les universités, mais dans les missions secrètes, ils pouvaient se compter sur les doigts d'une seule main.

- DiNozzo, tu crois qu'à force de fixer l'écran, ton rapport va s'écrire tout seul?

- Tu pourrais être surpris, Boss, de ce que le cerveau humain peut faire. Peut-être qu'à force de me concentrer, je ne serai pas obligé de le taper.

- En entendant que cela soit au point, utilise tes petits doigts extrêmement habiles et fait ton rapport. Lui dit Gibbs en se rapprochant de lui.

- Tu es bien placé pour savoir que mes doigts sont…

- Pas un mot de plus, DiNozzo.

- Bien Boss.

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Le chemin du retour se fit en silence. Fait inhabituel, surtout lorsque vous avez la présence de Tony. Lui qui avait toujours quelque chose à dire et avait une opinion sur tout.

- Ça va Tony?

- Oui,

- Je te trouve très silencieux. Tu ne penses pas encore à ce qu'Abby t'a dit ce matin?

- Elle t'en a parlé?

- Oui, et elle est très malheureuse.

- Non, je ne pensais pas à ça.

- Menteur.

- OK, oui je pensais à ça, me trouves-tu intelligent, Fox?

- Très.

- Hum pff! Tu dis ça pour me faire plaisir.

- Si tu ne l'étais pas, tu ne serais pas dans mon équipe. Tony?

- Ouais.

- Des surdoués en informatiques je peux en trouver à tous les coins de rue, mais toi, tu es surdoué dans les missions secrètes et tu le sais très bien. Alors, arrête de te mettre martèle en tête pour ces insignifiances. En fait, pourquoi Abby t'a fait ce commentaire?

- Pour rien.

- Tony!

- On bavardait de chose et d'autre.

- Et comme ça, elle t'a dit «tu es beau Tony, mais pas intelligent.»

- C'est à peu près comme ça que ça s'est passé.

Rendu à la maison, Tony prépara le repas tandis que Gibbs vaquait à différentes tâches autour de la maison. Tout en mangeant, Gibbs essaya de faire parler Tony. Après tout, lui aussi était un as pour interroger un suspect.

- Dis-moi, qu'est-ce qu'Abby avait tant à te dire ce matin?

- Rien d'important.

- Pourtant, elle m'a dit qu'elle t'avait confié un secret.

- C'est pour ça que ça s'appelle un secret, sinon nous appellerions ça une nouvelle.

- C'est grave?

- Quoi?

- Le secret.

- Cesse de me harceler, je ne te dirai rien.

- Oh! Voyons Tony, tu sais que dans un couple, on ne doit rien se cacher.

- Mais, ça ne regarde pas notre couple.

- Bon, OK je te fiche la paix.

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Le lendemain, Gibbs entra dans le laboratoire d'Abby comme chaque matin, afin de saluer la jeune femme, qu'il aimait comme sa fille. Comme personne ne se trouvait dans le labo, Gibbs, inquiet, se rendit immédiatement à la morgue voir Ducky, pour savoir s'il avait des nouvelles d'Abby. Rendu tout proche, il entendit les voix de ses deux amis.

- Comment vont les nausées matinales, Abby?

- Ca va, rien de bien terrible.

- As-tu parlé au futur papa?

Abby, enceinte! Gibbs sentit un élan de bonheur, un nouveau petit bébé dans sa vie.

- Je lui en ai parlé hier. Il ne semble pas très heureux par la nouvelle.

- Ça se comprend!

- Pourquoi, il m'a toujours dit vouloir des enfants?

- En vouloir et en avoir, c'est deux choses.

- Ouais. Il ne faut pas que Gibbs soit au courant. Il lui arracherait la tête.

Autant que Gibbs fût content d'apprendre qu'Abby était enceinte, autant son cœur lui fit mal en apprenant qui était le père. Pas étonnant que Tony ne voulait pas en parler. Gibbs ne put en entendre davantage et s'éloigna de la morgue pour s'engouffrer dans l'ascenseur.

- Oui, je sais la fameuse règle numéro douze.

- Je vais attendre un peu avant de lui en parler. Je sais qu'il sera content pour moi, mais quand il saura qui est le père…

- Mais n'attend pas trop tard Abigaïl, il ne faut jamais rien remettre au lendemain.

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Ce soir-là, ce fut au tour de Gibbs d'être silencieux sur le chemin du retour. Tony avait essayé de toutes les façons de le dérider, mais rien n'y fit. Découragé, il décida d'aller droit au but.

- Fox, dis-moi ce qui ne va pas? Tu n'as rien dit depuis ce matin. Pas un mot.

- Pas maintenant.

- Ah! Au moins, je suis rassuré, tu n'as pas perdu ta langue.

- Ta gueule DiNozzo!

Cela n'inaugurait rien de bon. Langage vulgaire et du DiNozzo, ça annonçait l'arrivée d'une tempête. Rendus à la maison, les deux hommes se retrouvèrent au salon. Comme Tony venait pour ouvrir la télé, Gibbs lui dit d'une voix sourde. — Non, je veux te parler tout de suite.

- Enfin, je vais pouvoir savoir.

- Je suis au courant pour le secret d'Abby.

- Elle te l'a dit?

- Non.

- Comment l'as-tu su?

- Ça n'a pas d'importance. Qui est le père?

- Je ne sais pas.

- Tu mens.

- OK, je ne peux pas te le dire.

- Tony, j'ai été souvent trahi dans ma vie, mais jamais une trahison ne m'a fait aussi mal que la tienne.

- Hein! De quoi tu parles! Tu te sens trahi parce que je n'ai pas voulu te dire le secret d'Abby?

- Ne fais pas l'innocent. Tu sais très bien de quoi je parle. Je te parle d'Abby et de ton enfant.

- Hein! Mon enfant! Mais ce n'est pas moi le père.

- Ne me mens pas, Tony. Sois assez homme pour me dire la vérité.

Tony debout au milieu du salon les bras ballants chaque coté de son corps, regardait Gibbs, abasourdi. Il ne pouvait pas croire que son amant le soupçonnait de l'avoir trahi. Incapable de dire un mot, la gorge trop serrée à force de retenir un cri de rage ou peut-être même un sanglot, il ne savait plus quoi faire. Gibbs, voyant la réaction de Tony, s'approcha de lui encore en colère, mais celle-ci tomba aussitôt qu'il vit les larmes dans les yeux de son amant.

- Tony, dis-moi la vérité. Demanda-t-il doucement.

Tony sortit son téléphone cellulaire et le tendit à Gibbs.

- Téléphone à Abby et demande-lui. Si elle veut te le dire, se sera sa décision. Moi je ne veux plus rien savoir de ça.

Tony quitta la pièce et monta à l'étage où se trouvait la chambre. Gibbs signala le numéro de la jeune femme.

- Ah! Mon beau patron qui me téléphone.

- Abby, je sais que tu as confié un secret à Tony. J'en ai entendu un bout lorsque tu étais avec Ducky. Mais je suis déconcerté. Dis-moi qui est le père?

- Tony t'a parlé.

- Non, pas un mot.

- Ben…

- C'est Tony n'est-ce pas? La voix de Gibbs reflétait toute la peine qu'il ressentait, du fait que les deux êtres qu'il aimait le plus au monde l'avaient trompé.

- Tony! Mais non, ce n'est pas lui le père. Qui a pu te mettre ça dans la tête? C'est McGee.

- McGee!

- Mais oui, c'est pour ça qu'hier matin j'ai insulté Tony en lui disant que je préférais un enfant intelligent plutôt que beau.

- Ah! Seigneur, quelle comédie! Non, c'est plutôt quel drame, car moi aussi, j'ai fait une terrible bourde. Merci Abby.

- Tu ne vas pas le tuer, hein, Bossman?

- Tony! Mais non…

- Pas Tony, McGee.

- Non, je ne tuerai pas le père de mon futur petit-fils!

- Que tu es chou, Gibbs! Je t'aime.

- Moi aussi je t'aime. Je te laisse, car j'ai un bel italien qui boude dans la chambre et je vais de ce pas essayé de me faire pardonner.

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Gibbs monta à l'étage, Tony allongé sur le lit fixait le plafond, il ne daigna même pas regarder Gibbs, lorsque celui-ci pénétra dans leur chambre.

- Tony, je suis désolé d'avoir douté de toi.

- …

- Écoute-moi! Je sais que je t'ai blessé en pensant que tu pouvais m'avoir trahi. Mais j'étais persuadé que tu étais le père.

- Je ne t'ai jamais trompé Fox. Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu puisses douter de moi?

- Rien, c'est mon côté bâtard qui ressort de temps en temps.

- Mais pourquoi avoir pensé ça?

- J'ai entendu une conversation entre Ducky et Abby ce matin. Et elle disait que, lorsque je saurais le nom du père, je lui arracherais la tête. Alors, j'ai pensé…

- À cause de ta fameuse règle numéro 12, Fox, ça te dit quelque chose? «Ne pas fréquenter un membre de l'équipe.»

- Mais elle n'est plus en vigueur depuis que nous sommes ensemble.

- Tu l'as déjà spécifié?

- Non.

- Alors, tu devrais.

- Oui d'accord je le ferai. Mais pardonne-moi, s'il te plait. Je suis si désolé, Tony.

- C'est bien ma faiblesse, je te pardonne tout. Viens ici, grand-papa.

- Grand-papa!

- Tu ne considères pas Abby comme ta fille?

- Oui, mais….

- Ou tu préfères Papi? Oui, papi Fox, c'est mignon.

- Moi, mignon, dit Gibbs en se couchant à côté de son amant. Je vais te montrer si je suis mignon. En commençant à dévêtir Tony et en l'embrassant presque sauvagement, Gibbs se fit pardonner plus d'une fois cette nuit-là. Le lendemain matin, les deux amants entrelacés paraissaient au lit, savourant ce moment de tranquillité. Ils sursautèrent au timbre du cellulaire de Gibbs. Maugréant et jaspinant, il finit par retrouver son téléphone, caché sous un tas de vêtements et aboya un Gibbs tonitruant, selon son habitude.

- Bossman, tu ne l'as pas tué, hein!

- Si on veut, car la définition de tuer est «mettre à mort» alors, il est mort plusieurs fois cette nuit.

- Oh! Gibbs, comme c'est mignon!

- Je ne suis pas mignon. Répondit-il sèchement

- «Si tu le voyais, maintenant il est très mignon papi Fox» entendit-elle crier Tony.

- Papi Fox, superbe, j'adore. Vous faites une belle paire tous les deux. Mais si ça n'avait pas été si dramatique, ça aurait été presque drôle tout ce quiproquo.

- Tu n'as jamais si bien dis! Seigneur quelle comédie!

Fin