NCIS - Quel Idiot!

C'était par une belle soirée d'été, les rayons pales de la lune éclairaient doucement les deux silhouettes enlacées tendrement sous un arbre. Quelques soupirs étouffés se faisaient entendre de temps en temps. Cela faisait des décennies que Gibbs n'avait pas observé les étoiles, étendu dans l'herbe, trop occupé à travailler. Mais avec Tony, il avait besoin de ces petits moments d'intimité pour éliminer tout le stress causé par leur travail. Tony bien installé au creux de ses bras, soupira d'aise.

Gibbs voulait que ce moment dure une éternité, pourquoi pas, rien ne les empêchait de rester là pour toujours. Il sourit à cette pensée idiote, heureux de n'avoir rien d'autre à faire que de câliner son italien. Ils n'échangèrent pas un mot, seulement une main parfois baladeuse se promenait sur le corps de l'autre. Presque endormis dans la torpeur de cette nuit, ils sursautèrent lorsqu'une voix cria dans l'obscurité.

- Boss, vous êtes là ? Gibbs, Tony ?

- McGee ?

- Oui, Boss. Où êtes-vous ?

- Par ici.

- Ah ! dit le jeune agent apercevant une silhouette au fond du jardin. Je vous ai appelé à plusieurs reprises sur votre téléphone et sur celui de Tony, comme je n'avais aucune réponse, je me suis décidé à venir.

- Si on ne répondait pas, McGee, c'est peut-être qu'on ne voulait pas être dérangé. C'est notre fin de semaine de congé, alors le cellulaire est débranché.

- Je sais mais le directeur veut vous voir.

- Et il t'a téléphoné pour te dire ça ? questionna Tony surpris.

- Oui, comme il n'était pas capable de vous rejoindre, alors il m'a téléphoné.

- C'est ta fin de semaine de congé aussi, McGee, tu peux me dire comment cela ce fait que ton téléphone était ouvert.

- Il faut être disponible en tout temps, Boss.

- Quand on est de service ! gronda Gibbs qui commençait à être hors de lui.

- Oui mais…

- Il n'a pas de mais, c'est le premier congé en un mois et il faut que tu viennes nous déranger.

- Mais j'ai cru bien faire.

- La prochaine fois, tu resteras chez toi. Peu importe que ce soit le directeur ou le pape qui veut me voir, je m'en fous.

- Oui, Boss, compris.

- Bon ! dit Gibbs en soupirant. J'y vais, je ne serai pas long, Tony dit Gibbs en déposant un baiser discret sur les lèvres de son amant. Je vais faire le plus vite possible.

- Ouais…

- J'ai dit que je vais faire vite, alors ne bouges pas.

- D'accord.

- Vous embarquez avec moi, Boss.

- Non je vais prendre ma voiture, comme cela, tu ne seras pas obligé de me ramener.

Sur ces mots, Gibbs pénétra dans la maison pour remettre un peu d'ordre dans sa tenue, prendre son arme et ses clés de voiture.

- Il t'embrasse vraiment ?

- Hein !

- Gibbs, il t'embrasse ?

- Il est mon amant, le bleu ! Qu'est-ce que tu crois qu'on fait lorsqu'on fait l'amour ?

- Je ne sais pas…

- Tu ne sais pas… Seigneur Dieu, McGee, au lieu de jouer au roi des elfes, sors un peu et vas voir des films pornos, cela te déniaiseras.

- Ce que je veux dire, c'est oui, je sais comment mais je ne peux pas imaginer vous deux…

- Alors, n'imagines rien. Bon, au revoir, McGee. Merci d'avoir gâché ma soirée de samedi. On se revoit au bureau, lundi.

Sur ces mots, Tony entra dans la maison et ferma la porte, laissant Tim debout au milieu du jardin.

« Bon se dit-il, tu peux te vanter d'avoir foiré, mon petit McGee. Gibbs en furie et Tony aussi, cela ne va pas être gai lundi »

Encore plongé dans ses pensées, il sursauta violemment en entendant hurler son nom.

- Euh ! Oui, Boss. Vous n'êtes pas encore parti.

- Non, j'ai téléphoné à Vance avant de partir, et laissez-moi vous dire qu'il était bien surpris que je lui téléphone à cette heure-ci. Dites-moi Agent McGee, gronda Gibbs en se rapprochant de plus en plus de Tim, savez-vous la différence entre les verbes téléphoner et voir ?

- Heu! Ne put que répondre Tim tout en avalant sa salive.

- Le directeur a demandé que si et je cite textuellement, si jamais vous aviez des nouvelles de moi en fin de semaine de me dire de lui téléphoner ou de passer au NCIS qu'il y serait. Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans la phrase McGee, pour rappliquer ici un samedi soir?

- J'ai cru…

- Je sais très bien ce que tu as cru, McGee ajouta Tony accoté au chambranle de la porte, si tu étais bien vu du directeur se serait bon pour ton dossier.

- Heu!

- Bon McGee je vous ai assez vu pour aujourd'hui. Disparaissez de ma vue!

- Oui Boss.

Tim partit au pas de course avant que son patron ne soit encore plus en maudit qu'il l'était maintenant. Tony avait raison, lui qui croyait faire un bon coup, bien c'était raté.

Tim parti, Gibbs rejoignit Tony à l'intérieur de la maison.

- Dis-moi une chose, Fox, tu crois qu'Abby a fait le bon choix pour le père de son enfant. Le gars est peut-être un génie en informatique mais pour le restant, ce n'est pas trop fort.

- Espérons que le bébé sera une mini Abby en tout point.

- Qu'est-ce que le directeur voulait ?

- Me dire qu'il était content de notre travail et qu'il mettait une recommandation dans nos dossiers. Il voulait me le dire en fin de semaine car il était content de m'annoncer une bonne nouvelle, pour changer.

- Une recommandation, dans mon dossier aussi ? questionna Tony les yeux brillants d'excitation.

- Ben oui, tu fais partie de mon équipe ou pas.

- Oui, mais Vance n'a pas l'air de me porter dans son cœur.

- Vance est un homme juste. Même s'il ne t'aimait pas, ce qui n'est pas le cas, jamais il ne te ferait de tort.

- Wow! C'est la première fois que j'ai une recommandation dans mon dossier.

- Ben ! Voyons, Tony, Shepard t'en a donné une après ta mission undercover avec La grenouille, et une aussi pour la mission pour les deux espions français.

- Non, jamais.

- Tony, ne me dis pas que tu ne t'en souviens pas.

- Non je ne te dis pas que je ne m'en souviens pas, j'te dis que je n'en ai jamais eu, point. Et s'il y des recommandations dans mon dossier, je n'ai pas eu le bonheur d'en être informé.

- Merde ! Pourtant, elle m'avait promis de te donner ces recommandations. Je vais vérifier avec Vance lundi. Et si elles n'y sont pas, je verrai à faire mettre ton dossier à jour.

- Trois recommandations dans mon dossier en une seule journée. Wouah !

- Tu les mérites bien, mio bello.

Le lundi matin, tout le monde était à son poste et travaillait silencieusement. Ziva n'étant au courant de rien, regardait à tour de rôle chacun des hommes car elle trouvait qu'il y avait comme un petit quelque chose d'anormal dans leur comportement surtout McGee qui avait son air apeuré de lapin pris au piège. Les yeux agrandis par l'inquiétude et la bouche entrouvert, Tim jetait des coups d'œil bizarres à Gibbs et à Tony.

Tony travaillait sur un rapport particulièrement délicat mais c'était dans ses cordes, il était expert dans la manière de tourner les phrases pour que ce soit dit tout en finesse. Et Gibbs, comme d'habitude, écrivait un rapport manuellement, allergique encore au fonctionnement de l'ordinateur. Heureusement que Gibbs avait Tony « Monsieur gadget» dans sa vie, cela le modernisait un peu.

A l'heure du lunch, elle se leva et demanda à la ronde.

- Il y a quelqu'un qui a faim. J'irais bien manger un morceau.

- Bonne idée, Ziva, j'ai une faim de loup répondit immédiatement Tim en se levant à son tour.

- Tony ! Tu viens avec nous ?

- Non merci, Ziva, ce sera pour une autre fois.

- Tu n'as pas faim ?

- Je suis même affamé, mais je veux garder mon appétit, alors, aller manger avec l'Elf lord me rendra sûrement malade.

- Tony ! Crias Tim insulté.

- J'ai manqué un épisode durant la fin de semaine reprit Ziva. Vendredi, vous ne sembliez pas être en froid.

- Demandes au petit génie ce qu'il a fait de sa fin de soirée de samedi ?

- Tony, ne m'en veux pas, tu sais…

- Oui, je sais, McGee dit Tony d'une voix calme. Tu as toujours voulu bien paraitre aux yeux de tout le monde, je te comprends, tu veux une promotion mais je crois que tu t'y prends mal. Allez, bon appétit vous deux, le temps passe et il ne vous reste que 45 minutes sur votre heure de lunch.

- Bon, comme tu veux. Gibbs, je vous apporte quelque chose en revenant ?

- Non merci, je crois que je vais amener quelqu'un lunché en dehors ce midi ? Un italien affamé peut-être.

- Ok, Boss, bonne idée.

- Bon, alors, bon appétit.

Les deux agents partis, Gibbs se leva et fit signe à Tony de le suivre. Les deux hommes entrèrent dans l'ascenseur et Gibbs l'arrêta presque aussitôt. Il se colla immédiatement à Tony et l'embrassa passionnément. Lorsqu'ils se séparèrent histoire de reprendre leur souffle.

- Je croyais que tu emmenais un italien manger, pas que tu allais manger un italien.

- L'un n'empêche pas l'autre.

- Oui mais on a seulement une heure.

- Je suis le patron, alors il n'y a pas de mal à arriver en retard.

- Tu dois donner l'exemple en tant que patron.

- Alors, ils n'ont qu'à faire comme moi. Cela ne ferait pas de mal à McGee…

- Hein ! Tu veux que McGee et Ziva viennent dans l'ascenseur avec moi faire comme toi ?

- Ce que tu peux être idiot, parfois dit Gibbs en lui donnant une claque derrière la tête mais ne put s'empêcher de sourire à la remarque de Tony.

- Ziva, ça pourrait toujours aller mais pas McGee, ouach…. dit Tony en ayant un frisson de dégoût.

Un autre claque bien appliquée le fit crier de douleur.

- Ow! Ce que tu peux être brutal. Je pourrais me plaindre pour abus de force envers un être faible.

- Toi ! Faible.

- Tu es plus fort que moi. Tu me bas continuellement lorsqu'on se pratique au gym.

- C'est que j'ai de la technique, cela ne nécessite pas de la force.

- Peut-être mais tes claques font mal. Surtout la dernière.

- Alors sois sérieux et je ne te frapperai pas. Et ne t'avises surtout pas d'aller dans l'ascenseur avec qui que ce soit.

- Ok, je prendrai l'escalier alors. Car ce serait curieux de refuser de monter dans l'ascenseur aussitôt qu'il y aura quelqu'un en disant « Désolé, je ne peux y aller avec vous car mon amant est terriblement jaloux et ne veut pas que je sois avec quelqu'un dans…» Ow! Fox, tu frappes de plus en plus fort.

- Mais non c'est toi qui deviens de plus en plus douillet. Tu vieillis, mon grand.

Après le déjeuner, le directeur arriva dans le secteur, tout sourire. Pour une fois qu'il avait des bonnes nouvelles à annoncer.

- Bonjour, tout le monde lança-t-il à la ronde.

- Bonjour, monsieur répondirent en chœur ses agents.

- J'ai de très bonnes nouvelles. J'ai soumis vos noms à l'amiral Lambert, pour une recommandation dans vos dossiers. Et il a été très heureux de vous les accorder. Vous faites un très bon travail et je tenais à vous féliciter personnellement.

- Wouah ! répondit McGee encore émotionné de la nouvelle. Une recommandation de l'amiral. Merci, Monsieur.

Ziva ne dit rien mais souriait, heureuse de la nouvelle. Car ce sera bien de prouver à son père qu'elle accomplissait un bon travail en Amérique.

- Merci, Monsieur.

- Ah! DiNozzo, j'ai soumis les deux autres cas que Gibbs m'a mentionnés et l'amiral a tout de suite donné son accord, ce matin. Alors félicitations, trois recommandations en une seule journée, je crois que c'est un record.

- Merci, Monsieur, je suis très heureux parvint à articuler Tony, encore sous le choc car même si Gibbs lui en avait parlé, il n'avait pas cru avoir ces fameuses recommandations.

- Vous savez ce que cela veux dire, n'es-ce pas ?

- Euh ! Non, Monsieur, je ne vois pas.

- Il ne vous en manque qu'une et vous serez nommé l'agent de l'année.

- Moi ! Agent de l'année. Vous vous moquez de moi, Monsieur.

- Absolument pas ! Quatre recommandations et vous battez l'agent Gibbs.

- Ça alors ! Merci, Monsieur.

- Vous les méritez amplement. Je vous laisse à vos occupations. Je n'aimerais pas que l'un d'entre vous me reproche de vous avoir fait manquer une autre recommandation.

- Pourquoi trois recommandations pour Tony et nous, seulement une ? demanda Tim jaloux, car il trouvait qu'il faisait un meilleur travail que Tony.

- Pour ses deux missions sous couverture de l'année dernière, Jen m'avait promis de lui donner mais elle ne l'a pas fait. Alors, j'ai décidé de les redemander.

- Je ne peux croire que c'est vrai. La première fois que j'ai des recommandations, c'est extraordinaire.

- Seigneur, on va en entendre parler jusqu'à la semaine des quatre jeudi. Imagines s'il faut qu'il soit nommé agent de l'année dit McGee à Ziva.

Tony regarda son compagnon mais n'ajouta rien. Il alla s'asseoir et se remit au travail. Ziva vit que la remarque de Tim avait blessé Tony. Malgré le fait qu'elle le trouvait aussi un peu vantard, elle lui devait la vie dans la mission avec les deux espions français.

- Félicitations, Tony, tu mérites bien ces honneurs. Tu as fait un boulot du tonnerre durant ces deux missions.

Il leva la tête pour la regarder et vit qu'elle était sincère, Cela lui fit très plaisir.

- Merci, Ziva. C'est gentil.

McGee, ne voulant pas être en reste, s'approcha de Tony. Un peu gêné de ses propos vindicatifs, voyant bien qu'il avait dépassé les bornes, et ne sachant pas comment réparer les pots cassés. Il prit une profonde respiration et se lança dans ce qu'il espérait excuserait ses dires.

- Tony, je suis désolé pour ce que j'ai dit plus tôt. Ziva a raison, tu as fait du super boulot dans ces missions, alors tu mérites bien…

- Merci, McGee mais ne vas pas plus loin, tu mens très mal, le bleu. Alors restons-en là.

- Mais non, Tony…

- Tu aggraves ton cas, plus tu parles, plus tu te cales. Alors plus un mot. Je sais très bien ce que tu penses de moi, alors n'en rajoutes pas, veux-tu ?

- Tony !

- Bon, merci tout le monde, et si on passait à autre chose. T'as rien à nous donner comme travail, Boss ?

- Non, pas pour le moment, mais je tiens à te féliciter, tu mérites ces recommandations et je souhaite de tout cœur que tu sois nommé agent de l'année affirma Gibbs avec conviction.

Tony regarda son amant et y vit de la fierté et le cœur lui fit mal. Durant toute sa vie, il avait rêvé de voir ce regard dans les yeux de son père. Aujourd'hui, il le voyait dans les yeux de l'homme qui, pour lui, était encore plus important que le fameux Antonio DiNozzo.

Gibbs était si fier de son homme, de ce grand adolescent au cœur d'or, il était reconnaissant à la vie de lui avoir accordé assez de temps pour vieillir avec Tony, c'est ce qui lui était arrivé de mieux jusqu'à maintenant.

- Merci, Boss… répondit Tony la voix enrouée à essayer de retenir ses larmes.

Il ne fallait pas pleurer… surtout devant cet innocent de McGee.

- Bon, maintenant, essayez de vous trouver quelque chose à faire sinon je vais vous assigner des taches que je sais que vous n'aimerez pas.

- Tout de suite, Boss…

- Pas vous, McGee, salle de conférence immédiatement.

- Moi !

- Vous connaissez un autre McGee, ici ?

- Non, Boss.

- Alors, salle de conférence, tout de suite ordonna t-il de nouveau sèchement.

McGee avala sa salive et se dirigea rapidement vers l'ascenseur, il regarda Tony en passant mais celui-ci ne lui jeta pas un seul regard. Rendu dans la salle préférée de Gibbs, comme d'habitude, le senior arrêta l'habitacle.

- McGee, depuis quelque temps, je vois que vous avez des problèmes, qui nuissent à la bonne entente au sein de l'équipe.

- Des problèmes, Boss ?

- Je vous conseille de ne pas jouer les innocents avec moi, McGee. Je veux la vérité. Qu'est-ce qui vous dérange ? Ma relation avec Tony ?

- Non, je n'ai aucun problème car je sais que vous êtes juste. Non, vraiment pas…

- Bon alors, c'est quoi, ces remarques désobligeante envers Tony ? Ce que vous avez dit à propos de ses recommandations frisait la méchanceté. Tony a fait de l'excellent travail dans la mission avec la grenouille.

- Oui bien sûr mais il était souvent absent et…

- Il dirigeait l'équipe et en plus, il était en mission sous couverture. Peu d'agents auraient réussi à faire les deux en même temps. De plus, il n'a eu aucun soutien de la part de Ziva ni de vous, moi au Mexique et lui se demandant s'il devait finir ses jours seul.

- Vous étiez avec…

- Oui, j'étais avec lui à ce moment là et j'ai fui, le laissant seul avec ce fardeau. Je l'ai abandonné deux fois sachant très bien qui il était pour moi. Ce que je vous dis, McGee, peu de gens le savent. Tony a vécu de très durs moments durant cette période.

- Oui, cela n'a pas dû être évident. Vous avez raison, Boss, je suis jaloux de Tony car j'admire sa détermination et je dois admettre qu'il a du charisme, et j'aimerais être aussi à l'aise que lui avec les gens.

- Bon, je vais juste vous donner un conseil. Arrêtez de vouloir plaire au directeur en faisant des conneries comme celle que vous avez faite samedi. Concentrez-vous sur votre travail, et à force d'apprendre, vous l'aurez votre promotion. Vance n'est pas homme à donner quoi que ce soit à quelqu'un qui ne le mérite pas sous prétexte de le remercier.

- Oui, vous avez raison.

- Bon, allez, reprenez le travail.

- Qu'est-ce que je vais dire à Tony ?

- Ah! Ça, McGee, premier apprentissage pour devenir un chef d'équipe, assumer ses paroles et en accepter les conséquences.

- Ouais !

Les deux amants, assis côte à côte, dînaient tranquillement discutant de choses et d'autres. Gibbs aimait ces moments en tête à tête avec Tony, il lui semblait que parler avec l'italien lui venait tout naturellement. Il sursauta lorsqu'il entendit frapper à la porte.

- Tu attends quelqu'un ? demanda-t-il à Tony tout en se levant pour répondre.

- Non, personne.

Il ouvrit la porte et un Tim très mal à l'aise lui fit un sourire timide.

- McGee ! aboya Gibbs mécontent d'être une nouvelle fois dérangé par son jeune agent.

- Bonsoir, Boss, je ne dérange pas…

- Si on veut. Je peux faire quelque chose pour vous ? Laissez-moi deviner : le directeur a besoin…

- Non, Boss, rien dans ce goût là. Je suis venu voir Tony, j'aimerais lui parler.

- Bien, entrez, il est à la cuisine.

Tim entra et se dirigea vers l'endroit indiqué par son patron. Tony resta figé en le voyant.

- Non, ne me dis pas que le…

- Non, le directeur ne veut pas te voir. Je suis ici en ami, Tony.

- En ami ? Depuis quand sommes-nous amis ?

- Je veux dire que je veux te parler, honnêtement. S'il te plait, Tony ?

- Bon, la simple politesse exige que je t'écoute, alors je suis tout ouïe.

- Je vais en bas travailler à mon bateau intervint alors Gibbs. Jouez gentiment les gars, hein !

- Oui, Boss, aucun problème lui répondit Tony en riant. Tu veux une bière, le bleu ?

- Euh ! Oui, bien sûr, merci.

- Alors qu'est-ce que tu veux me dire de si important pour venir jusqu'ici lui demanda Tony en lui tendant la bouteille.

- Je suis venu pour m'excuser de mes propos. Je t'ai dit ça dans l'intention de te blesser volontairement. Je n'aurais pas dû agir ainsi. Je te trouve immature et j'agis exactement comme toi, en boudant et en t'agressant par des propos blessants au lieu de m'expliquer comme un homme.

- Wouah ! McGee, je suis fier de toi, alors je n'ai pas d'autre choix que d'accepter tes excuses.

- Et ce n'est pas tout. Je suis content pour toi que tu sois enfin récompensé pour les deux missions sous couverture et Ziva avait raison, tu as fait un sacré boulot et je n'ai jamais réalisé que tu faisais tout ça tout en étant chef d'équipe. Si j'ai dis ces choses, c'est que j'étais jaloux que ce soit toi qui avait été choisi, j'aurais aimé le faire.

- Tu n'avais pas assez d'expérience à ce moment-là, McGee, cela aurait mis la mission en péril en plus de risquer ta vie pour rien. Il faut prendre le temps d'apprendre…

- Je sais mais de temps en temps, tu es tellement suffisant que parfois, j'ai envie de te claquer la tête, moi aussi.

- Ne t'aventures jamais à me claquer, c'est le privilège de Gibbs.

- Non, jamais, Tony mais c'est pour te dire que…

- Je sais, tu as raison. Parfois, moi aussi, je me tombe sur les nerfs alors j'imagine très bien que, pour les autres, ce ne doit pas être toujours facile. J'apprécie ta démarche, McGee, je sais que ce n'est pas facile de faire ce que tu as fait aujourd'hui, alors, je te félicite dit Tony en lui tendant la main.

- Alors, on est ami, ou du moins, on va essayer de l'être.

- Oui, on va essayer de l'être.

- Je suis content, Tony. Je vais t'avouer quelque chose, j'aime travailler avec toi.

- Content de l'apprendre. Alors, nous ferons une sacrée équipe.

Gibbs était satisfait de son équipe. Depuis quelque temps, ses deux hommes semblaient travailler en équipe plus que jamais et Ziva s'intégrait de plus en plus. Il avait craint à un moment donné d'être obligé de transférer un des membres en pensant à McGee, car il y avait quelque chose qui clochait mais depuis la conversation entre ses deux agents masculins, ils semblaient mieux s'entendre.

- Boss ?

- Oui, DiNozzo.

- C'est aujourd'hui que le directeur remet la médaille pour le meilleur agent de l'année ?

- Oui, cet après-midi. Pourquoi ?

- Ben ! Comme ce n'est pas moi qui la recevrait, cela te dérangerait si je partais plus tôt. On n'a aucune enquête et j'ai des courses à faire. Comme ça, on aura toute la soirée à nous.

- Bon plan mais cela ne fonctionnera pas, car le directeur a dit que tous les agents disponibles devraient obligatoirement être là. Et ce n'est pas discutable.

- Toi y compris ?

- Ouais, moi y compris.

- Pour une fois que tu pourras recevoir ta médaille toi même, ça changera.

- Qui te dit que je la recevrai ?

- Allons, Boss, tu la reçois régulièrement depuis sept années consécutives, tu n'as aucune enquête non résolue cette année encore, ce qui n'est pas le cas des autres équipes. Alors, je ne vois pas pourquoi tu ne l'aurais pas.

- On verra.

Tous les agents étaient réunis dans la grande salle de conférence du MTAC, le directeur avait prévenu tous ses chefs d'équipes qu'il ne tolèrerait aucune absence. Tous devaient être présents sans exception.

- Bonjour, tout le monde, je suis fier d'être ici car j'aime annoncer de bonnes nouvelles. Aujourd'hui, j'ai trois médailles à remettre, c'est exceptionnel mais vous comprendrez pourquoi lorsque j'annoncerai les récipiendaires. Alors, ne perdons pas de temps. La première médaille, une des nouvelles, est décernée à l'agent, je devrais plutôt dire, la personne qui a été le plus utile à son équipe, et j'ai nommé le Docteur Abigail Sciuto.

A ces mots, Abby ne put s'empêcher de lancer un petit cri qui imitait à la perfection une souris, Avec son exubérance coutumière, elle s'avança en sautillant les yeux brillants d'excitation. Tous les agents appréciaient beaucoup Abby, une gentille fille un peu bizarre mais loyale et avec un cœur d'or en plus d'être accro à son travail. Tous sans exception applaudirent de bon cœur.

Elle revient vers le groupe de Gibbs, tenant la médaille presque à bout de bras. Elle sauta dans les bras de Jethro, retenant ses larmes de joie, pour ensuite étreindre son meilleur ami. Tony était très heureux pour elle, car si tout le monde faisait un bon travail, c'était en partie grâce à Abby.

- Je trouvais qu'une seule récompense pour l'agent de l'année ne correspondait pas à mes critères poursuivait le directeur. C'est pour cette raison que les deux prochaines médailles seront remis à un homme qui, non seulement a fait un travail du tonnerre ou a été utile pour son équipe, mais qui a travaillé pour le NCIS tout entier. Il a risqué sa vie à plusieurs reprises pour sauver celle de ses partenaires. Il est d'une loyauté sans égal, et je suis bien placé pour le savoir, ayant goûté à sa médecine. C'est pour cette raison que j'ai décidé que, cette année, la médaille de l'agent de l'année et celle de l'honneur, courage et loyauté seront remises à l'agent spécial Anthony DiNozzo.

Toute l'assemblée applaudit en chœur et plusieurs membres crièrent bravo, mais le principal intéressé ne semblait pas presser d'aller chercher les médailles. Pourtant, tout le monde savait que Tony serait plus qu'heureux de les recevoir. Abby encore dans ses bras, il leva la tête et regarda son patron.

- Tu attends que j'aille la chercher pour toi, Boss ?

- Non mais la dernière fois que j'ai regardé mes papiers d'identité, je m'appelais encore Gibbs répondit-il en souriant.

- Hein !

- Tony, le directeur…

- Alors, agent DiNozzo, voulez-vous bien nous dire quelques mots s'il vous plait ? demanda le directeur avec un sourire en coin.

- Moi ! Pourquoi ?

- Je vois que vous ne portiez pas attention à ce que j'ai dit.

- Désolé, Monsieur, mais en effet, vous avez raison, je n'écoutais pas.

- Alors, je vais recommencer et portez attention à mes propos, cette fois-ci.

- Oui, Monsieur.

- Les médailles de l'agent de l'année et celle de l'honneur, courage et loyauté sont remises à l'agent spécial Anthony DiNozzo.

Tony avait écouté cette fois-ci mais les paroles du directeur semblaient ne pas pénétrer son cerveau. Il comprenait les mots mais ne pouvait en saisir le sens, il ne pouvait pas croire ce qu'il entendait. Pourtant, il avait une ouïe exceptionnelle. Lui, Agent de l'année ! Non, il avait dû mal comprendre, c'était impossible.

- Tony lui dit Gibbs en s'approchant de lui, viens en avant, le directeur attend.

- Pourquoi moi ? parvient-il à articuler après avoir avalé sa salive.

- Parce que tu le mérites, Tony.

- Deux !

- Eh oui, deux ! Allez, viens.

Gibbs lui mit un bras autour des épaules et le força à avancer. Arrivé devant lui, le directeur lui remit deux écrins en velours bleu où trônaient les magnifiques médailles.

- Félicitations, Agent DiNozzo, je suis honoré de vous remettre ces médailles. Je suis désolé qu'elles viennent si tardivement, car elles auraient dû vous être remises l'année dernière. Vous avez fait du bon travail et j'espère vous garder parmi nous encore longtemps.

- Mer…urf… Merci, Monsieur répondit Tony encore abasourdi par la nouvelle.

Il lui semblait être à des dizaines de kilomètres de là, la tête comme dans la brume, incapable de dire deux mots de suites sans bégayer.

- Voulez-vous adresser quelques paroles…

- Euh ! C'est la première fois de ma vie que je ne sais pas trouver les mots, je… je suis tellement content, que je ne sais pas quoi dire…

- Alors on va prendre les discours des années antérieures, car tu as toujours voulu parler sans que personne ne t'écoute d'ailleurs, lorsque tu recevais les médailles de Gibbs lui dit McGee tout sourire en s'approchant de Tony.

- Ouais. Mais je ne m'attendais tellement pas à ça. Imagines, deux médailles pour moi. Je dois rêver et je vais me réveiller avec les médailles mais au nom de Gibbs.

- Non, Tony, c'est bel et bien ton nom qui est gravé sur ces médailles. Je suis si fier de toi.

Le regard de Tony lui valut toutes les récompenses qui pouvaient exister dans ce monde, il était si sensible, son italien. Il savait comment Tony se sentait, toute sa vie, il avait travaillé fort pour être reconnu tel qu'il était par les personnes proches de lui, et aujourd'hui, il était entouré par tous les membres de l'équipe qui l'appréciaient plus qu'ils ne voulaient bien l'admettre.

- Je suis content pour toi, Tony, tu les mérites bien.

- Merci, Tim.

- Tim ?

- Ce n'est pas ton nom ?

- Si mais tu ne m'appelles jamais Tim, seuls mes amis me nomment comme… Tu veux dire que… Tony, tu me considères comme un ami ?

- Je t'ai toujours considéré comme mon ami, Tim, c'est toi qui ne le voyais pas.

- Félicitations, Tony ajouta Ziva en l'embrassant sur les joues. Et merci.

- Merci ?

- Oui, lorsque le directeur à parler que tu avais mis ta vie en jeu pour ton équipe, je sais très bien que je suis la première à être encore en vie grâce à toi. Et je ne t'ai jamais remercié comme j'aurais dû. Merci, Tony.

- Euh ! Je… ah ! Seigneur, vous allez finir par me faire pleurer.

- Les DiNozzo ne pleurent jamais, Tony, c'est toi qui le dis à qui veux l'entendre rappela le chef.

- Alors, c'est que je suis un idiot approuva Tony.

- Oui, mais quel idiot ! conclut finalement Jethro.

FIN

Merci pour vos commentaires cela me fait extêmement plaisir. Alors lachez pas. Il me reste encore quelques scènes de vie en résèrve, alors si vous voulez continuer a suivre les péripéties de nos deux héros dites-le moi.