La porte de l'ascenseur s'ouvrit à son étage et il réussit tant bien que mal à les diriger vers la porte de son appartement.

Il se demandait encore comment, avec la quantité d'alcool qu'ils avaient dan le sang, ils étaient débrouillés pour rentrer chez lui en voiture, sans provoquer d'accidents ni se faire contrôler. Et à peine avaient-ils mis un pied devant l'autre hors de la voiture qu'ils s'étaient jetés l'un sur l'autre pour s'embrasser furieusement. Oui, qu'ils aient réussi à arriver jusque devant sa porte relevait du miracle.

Elle le poussa légèrement contre le mur et se colla à lui en déposant une ligne de baisers légers le long de sa mâchoire.

-Tes clés ? chuchota-t'elle fiévreusement à son oreille.

-Dans une de mes poches, répondit-il sur le même ton.

Un frisson le secoua lorsqu'elle commença à la fouiller. Elle trouva finalement ce qu'elle cherchait et introduisit la clé dans la serrure. Elle tourna une fois, deux, trois fois mais la porte refusait de s'ouvrir.

-Ca… ne marche…pas ! lui dit-elle entre deux baisers.

-Laisse-moi faire…

Il tourna sur lui-même et elle se retrouva coincée entre la porte et son corps tandis qu'il essayait de débloquer le mécanisme.

Elle remonta le long de sa joue et colla sa bouche à la sienne, forçant un passage avec sa langue. Les mains de Tony se firent plus pressantes sur la poignée. Si jamais ils ne réussissaient pas à ouvrir cette porte dans la minute qui suivait, ils allaient finir par le faire là, sur son palier.

Il grogna de frustration devant la porte récalcitrante et reporta son attention sur Ziva.

Elle se tourna légèrement vers la gauche et alors qu'il entreprit de baisser la bretelle de sa robe, elle tira de ses cheveux une épingle et crocheta la serrure.

Ils entendirent finalement le déclic triomphant et ils se précipitèrent dans l'appartement, une vague de soulagement mêlée de passion les submergeant. Ils trébuchèrent l'un sur l'autre en tentant d'enlever leurs chaussures, heurtèrent meubles et murs dans la passion, sans se séparer d'un millimètre.

-Tu sais crocheter les serrures ?

-Il y a plein de choses que je sais faire, Tony, répondit-elle, sans tenter de cacher son sous-entendu.

Il eut un sourire.

Ils ne s'embêtèrent pas aller jusqu'à sa chambre –peut-être que cette porte aussi allait leur résister et ils ne pouvaient plus attendre. Le canapé du salon ferait très bien l'affaire.

Elle laissa tomber par terre son écharpe et son sac. Il posa sur le comptoir de la cuisine son arme de service et son badge d'officier de police.

Puis ils s'effondrèrent tous les deux sur le canapé.

Elle lui enleva sa veste puis sa chemise, alors que ses mains remontaient sa robe le long de sa cuisse, effleurant sa peau au passage. Elle frissonna de plaisir.

Elle ramena sa bouche sur la sienne et se colla un peu plus encore à lui…

Ziva ouvrit brusquement les yeux et se demanda un instant où elle était. Elle examina la pièce plongée dans la pénombre sans bouger. Puis elle entendit une autre respiration calme. Et les souvenirs de la nuit dernière s'imposèrent à sa mémoire. Elle eut un sourire de contentement. Elle avait présumé lors de leur conversation au bar qu'il était à l'aise avec les femmes, et il ne l'avait pas déçue. Son corps devait être couvert de bleus et ses muscles la faisaient souffrir, mais elle avait certainement passé l'une des meilleures nuits de sa vie.

Elle tourna la tête pour jeter un coup d'œil au réveil sur la table de nuit. Il était 5h30. Elle poussa un soupir. Quoiqu'il se passe, elle se levait toujours à cette heure-ci. Ils avaient beau avoir passé quasiment passé la nuit entière à faire l'amour pour s'endormir à 3 heures du matin, elle se réveillait quand même à 5h30.

Réprimant un autre soupir, elle se glissa silencieusement hors du lit pour ne pas le réveiller. Elle ferma la porte derrière elle et ramassa ses vêtements qui jonchaient le sol. Une fois habillée, elle jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir. Elle essuya les traînées noires de mascara qui recouvraient ses joues, réajusta ses cheveux et mit ses chaussures. Puis elle ouvrit la porte d'entrée et la claqua derrière elle. Dehors, l'air frais de la nuit la fit trembler et elle déploya son châle sur ses épaules.

Il valait mieux qu'elle parte avant qu'il ne se réveille. Elle voulait éviter les questions gênantes qui se seraient ensuivies.

Parce qu'elle en était sûre, Tony lui aurait demandé de lui dire la vérité sur ce qu'elle faisait vraiment. Il était intelligent et policier de Baltimore, l'une des villes les plus dangereuses des Etats-Unis, il savait quoi à quoi ressemblait une blessure par balle ou par couteau. Cette nuit, ses mains s'étaient attardées le long de l'estafilade rosée qui barrait sa cuisse et sur les multiples coupures dans son dos. Il avait marqué un imperceptible temps d'arrêt –quelques centièmes de seconde de plus que nécessaire- en voyant la cicatrice ronde qui ornait son ventre sec et musclé, souvenir douloureux d'une mission contre le Hamas. Quelques centièmes de seconde durant lesquelles elle comprit qu'il se doutait de quelque chose.

Lui expliquer ce qu'elle faisait réellement revenait à créer un lien avec lui et elle ne pouvait se le permettre. De toute façon, elle ne voulait pas et sa volonté avait toujours été très forte. De plus, elle avait une mission à assurer.

Baltimore était une grande ville, il y avait peu de chances pour qu'ils se recroisent.


Bon, j'espère que ça vous a plu, après réflexion, j'la trouve pas trop mal =P.

Bisous.