Merci à tous pour vos reviews, ça nous fait vraiment plaisir de voir que notre fic plaît.
Voilà donc le nouveau chapitre, on espère qu'il vous plaira autant que le premier !
Bonne lecture, et n'oubliez pas de vous donner votre avis !
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Me voilà enfin arrivée à Poudlard. Après un trajet qui m'a semblé encore plus long que d'habitude avec la bande à Potty collée à mes basques, je descends du Poudlard Express. Je suis l'une des premières à descendre, trop heureuse de me débarrasser de ces arriérés de Maraudeurs. Je monte dans l'une des calèches qui mènent au château. Je ferme les yeux et m'appuie contre le dossier en bois du siège sur lequel je suis assise. Je suis seule. Tranquille.
Plus pour longtemps. J'entends des gens monter dans ma calèche. J'ouvre les yeux, et les referme aussitôt. Non c'est pas possible, c'est pas eux … Si. Je rouvre les yeux, et regarde les abrutis qui ont squatté mon wagon, et maintenant ma calèche. Je me lève, prête à les virer, mais la calèche se met en mouvement. Je me rassois d'un air furieux.
- Hé Bartok, crois pas qu'on t'aime bien, c'est juste que c'est la seule calèche libre, me dit Potty avec un grand sourire niais.
- Ca tombe bien, je ne comptais pas me faire apprécier de vous.
Je croise les bras et regarde d'un air narquois Potter, qui ne sait que répondre. Il n'est vraiment pas drôle. Au moins, avec Black, même si c'est un parfait imbécile, je peux m'amuser à envoyer des piques. Pas avec Potter. Son caquet est rabattu à la première réplique un peu acerbe. Ce qui n'est pas plus mal, remarquez.
Le reste du trajet jusqu'au château se déroule dans le silence le plus total, entrecoupé des reniflements dégoûtants au possible du Petit Gros. Lorsque la calèche s'arrête enfin, je descend précipitamment, suivie par les Maraudeurs. Je ne leur adresse pas la parole, et me dirige vers le château d'un pas rapide. Nous entrons dans le Hall, puis dans la Grande Salle, où je me dirige vers la table des Serdaigles. Je m'installe à une des rares places encore libres, entre un groupe de filles en train -déjà !- de glousser, dignes représentantes de PoufLand, et un autre groupe, de garçons cette fois, beaucoup plus discret.
Je regarde mon assiette désespérément vide. J'ai faim, moi ! Le problème, c'est qu'on doit se farcir la Répartition des nains avant de pouvoir enfin manger. Et les nains arrivent en quantité industrielle, figurez-vous. Personnellement, je m'en fiche comme de la première couche de Merlin de les voir poser un vieux chapeau sur leur tête, et de les applaudir quand ils s'assoient à notre table. Déjà, je vois pas pourquoi je les applaudirais, tout ce que je vois, c'est que c'est de la place en moins à la table, et du bruit en plus dans la salle commune.
Mais je n'ai pas le choix, je dois me coltiner cette cérémonie débile avant de vider mon assiette dans les règles de l'art.
Le Choixpeau, parce que oui, la loque rapiécée, mitée et repoussante qui se tient sur le tabouret a un nom, pour le moins ridicule, je vous l'accorde. Donc, le Choixpeau commence à chanter. D'ailleurs il est plutôt cyclique dans ses paroles, ça fait un moment qu'il nous bassine avec sa foutue cohésion des maisons. Qui aurait envie de « cohésionner » avec Black, franchement ?
Un gloussement suraigu en provenance de la délégation de PoufLand me rappelle désagréablement que certains voient cette forme de cohésion avec un enthousiasme évident.
Je me désintéresse de la chanson, si tant est que je m'y sois intéressée un seul instant. Je n'aime pas l'air qu'il a choisi, on dirait une chanson de campagnard breton. Pourquoi cette comparaison ?
Figurer vous que mon cher français de père est breton, et qu'il a eu pour coutume, jusqu'à ce que je me mette à protester, de m'envoyer chez ses parents chaque été. Alors bien sûr, si la Bretagne a pour seule gloire, mais quelle gloire, les Tapesouafles de Quiberon, l'équipe de Quidditch nationale, elle a aussi un énorme côté péquenaud.
Et quand je dis péquenaud, c'est encore en dessous. Jusqu'à mes quatorze ans, âge auquel j'ai enfin ôsé prononcer la phrase qui me trottait en tête depuis longtemps, à savoir « j'en ai marre des vieux, on s'ennuie en Bretagne, ça craint. », j'ai passé mes deux mois d'été là bas.
Et je peux vous assurer que des fêtes de la paysannerie bretonne, je m'en suis tapé plus souvent qu'à tour, j'ai donc fini par développer une haine envers cette musique braillarde.
Mais observons plutôt les morveux qui vont découvrir les joies du bizutage cette année. Non, laissez tomber, ils sont moches, c'est certain, et trop petit pour que je les voie bien, les grands dadais de ma table les dissimulant à mes yeux.
Alors observons mes congénères, voulez vous ?
A la table des Serpys, renommée pour son fort taux de psychopathes, nous pouvons noter le répugnant Severus Rogue. Il y a encore deux ans de ça, on y voyait également Narcissa et Bellatrix Black, qui, dans le genre fanatiques et psychopathes seraient plutôt la crème de la crème. Lucius Malefoy, blondinet gominé sans réel intérêt., accompagné de Crabbe, Goyle, Nott et Zabini.
On peut toutefois y trouver Andromeda Black à qui je n'ai jamais adressé la parole de ma vie, mais qui m'a l'air légèrement plus équilibrée que ses soeurs. Ce qui n'est pas en soi un exploit, je ne vous le cache pas.
A sa gauche, le jackpot des fanatiques, Travers, Mulciber, Rookwood, Dolohov, Rosier, McNair, Wilkes ainsi que les jumeaux Carrow.
Sales bêtes.
Ensuite, ma magnifique tablée de bleus et argent. Les seuls notables sont les frères Prewett, Fabian, de troisième année, ainsi que son frère, Gideon, dans la même année que moi, soit la sixième. Sans grand intérêt, si vous voulez mon avis, et vous le voulez, j'en suis certaine.
La table de Poufsouffle non plus, n'est pas à proprement parler fascinante, en même temps, ce sont des Poufsouffle, c'est relativement normal. Les Bones sont la seule famille connue à s'y trouver, il faut dire qu'ils y passent depuis longtemps.
Chez les rouge et or, c'est l'orgie, en revanche. Black et Potter, sont, il me semble que c'est eux, en train d'essayer de faire tenir leur cuillers en équilibre sur leur nez. Qui ça peut être d'autre, je vous le demande !
Il y également une certaine McKinnon qui fait parti des familles de Sang-Pur. Sinon, eh bien Evans, la née moldue poursuivie des ardeurs de Potty, ainsi que pas mal de glousseuses.
J'ai une légère envie de rentrer chez moi, d'un coup, surtout que Black tente de faire tenir son verre à pied sur le bout de son doigt. Et quand je pense que dans peu de temps, autrement dit après le repas, je vais me retrouver au choix dans la salle commune bourrée d'intellos en train de réviser avant même la reprise, ou dans mon dortoir, entourée de filles dont chaque Serdaigle digne de ce nom se demande ce qu'elles font à Poudlard.
Ô rage, Ô désespoir, que n'ai-je tant vécu pour de telles infamies ?
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J'ouvre les yeux dans une étendue de bleu. Oooh. C'est beau. Je dois rêver.
Prise de conscience. Non, ce sont mes draps. Hier soir, après avoir dévoré la moitié de la Grande Salle, je suis montée dans ma chambre, je me suis écroulée avec la grâce qui me caractérise dans mon lit, et là, plus rien. J'ai dû m'endormir comme une masse.
J'écarte les rideaux bleu nuit, et je sors du lit. Il fait encore nuit. Tant mieux, j'évite les abruties qui peuplent ma chambre. Je me dirige d'un pas traînant vers la salle de bain, les yeux encore à demi fermés.
Après une douche qui achève de me réveiller, j'enfile rapidement mon uniforme. Je jette un bref coup d'œil dans le miroir, me brosse rapidement les cheveux et sort de la salle de bains. Je prends mon sac de cours sur ma malle, et sors en faisant le plus de bruit possible de ma chambre, rien que pour énerver mes colocataires.
J'arrive dans la salle commune. C'est une pièce plutôt grande, remplie de fauteuils et de canapés en cuir. Un feu brûle déjà dans la cheminée, malgré l'heure plus que matinale. J'ai à peine le temps de faire un pas qu'une espèce de furie me saute dessus. Pitiééé. Je veux pas mourir.
- Annabellaaaaaaaaaaaaaa !
Ah. Ça parle. Et ça me serre dans ses bras.
- Peux plus respirer …
Ouf. Ça s'écarte de moi. Je peux donc constater que ça, c'est mon cousin Neil. Neil Riley, une des très rares personnes que j'apprécie dans ce château, en dehors de moi-même. Plus grand que moi - ce qui n'est pas non plus très compliqué -, mince, des cheveux bruns, des yeux clairs, il est assez beau sans être un canon. La chemise de son uniforme est froissée, sa cravate bleu et argent pas attachée, parce que "ça fait un style". Si tu le dis ...
- Je t'ai pas vue, dans le train ! Tu étais où ?
- Dans un wagon qui puait le Maraudeur.
Etincelle d'espoir dans ses yeux. Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Avec Sirius Black ?
Ah oui, Je réfléchis lentement, le matin. Et le reste de la journée, je ne réfléchis pas. Alors ne vous plaignez pas. Je disais donc, je viens de comprendre d'où viens la subite lueur d'espoir dans les yeux de mon cousin. Sirius Black, les deux mots qui suffisent à le faire parler pendant des heures. Remarquez, il se débrouille très bien sans. D'ailleurs, là, je le vois bien parti pendant tout le petit déjeuner. Déjeuner en entendant les éloges de Black, personnellement, ça me coupe l'appétit. Mais c'est plus fort que lui, il est impossible à arrêter quand il est lancé sur ce sujet. Oui, au cas où les cerveaux qui fonctionnent au ralenti n'auraient pas compris, mon cousin est gay et en pince sérieusement pour Sirius Black.
- Oui, avec Sirius Black.
Là, il est limite de sauter de joie. J'ai bien tenté de lui expliquer que Black est un mauvais coup, mais il ne veut pas m'écouter. C'est un cas désespéré.
L'appel du ventre nous pousse à descendre à la Grande Salle. Une fois arrivée, je me lamente sur l'absence de Nutella au petit déjeuner de Poudlard, et me rabat sur de la marmelade. J'engloutis mes tartines en écoutant parler mon cousin. Il parle tellement que je me demande comment il fait pour manger.
- Et qu'est-ce qu'il t'as dit, Sirius ?
- De décaler mon délicat postérieur.
- Il t'a vraiment dit ça comme ça ?
- Tu es vraiment naïf toi … Non, il m'a dit de bouger mon cul.
- Ah bon. Au moins il t'a parlé, à toi.
- Normal, moi j'ai pas l'air de vouloir lui sauter dessus. Et je m'en serais bien passé, qu'il me parle.
Neil arrête sa cuillère en plein trajet vers sa trop peu fermée bouche.
- C'est quoi ce sous entendu à deux Noises ?
- Je sous entends rien, on dirait vraiment que tu vas le violer, tu sais.
Il me jette un regard noir. Et se tais. Miracle ! C'est que mon auguste personne a besoin de silence pour déjeuner, voyez-vous. Je savoure mon répit, sachant qu'il sera de courte durée. Bingo. Neil repart à l'attaque, plus en forme que jamais.
- C'est vrai ? Ça se voit tant que ça ?
- Que tu comptes le violer ?
Il me lance un violent coup de pied dans le tibia. Note : ne plus jamais le traiter de violeur. Aucun sens de l'humour, ce petit.
- Mais non, espèce de …
- En tout cas, même si tu parlais pas de ça, ça se voit !
Il me lance un regard furieux que j'ignore, me concentrant sur mes tartines. Pourquoi on a que du jus de citrouille à boire ? C'est dégueulasse le jus de citrouille !
Je baille à m'en décrocher la mâchoire, tentant de me sortir la tête du chaudron avant que le cataclysme n'arrive. Les humain ont tellement de mal à comprendre que mon infinie supériorité m'oblige à bien me reposer, le poids de la perfection ultime reposant sur mes épaules. Ainsi que celui de la modestie, bien sûr.
Qui est le cataclysme ? Vous ne voulez pas le savoir. Si, vraiment ?
Cette personne fort bruyante, niaise et bassement matérialiste n'est autre que Lexie Jones, dont la naissance trouve sa source quelque part dans les méandres de mon arbre généalogique, côté maternel.
Déjà que du côté de ma mère, ce sont tous des allumés profonds, il n'y à qu'à regarder Neil qui me fusille encore du regard pour le comprendre, mais elle... Son arrière grand mère est, me semble-t-il, la soeur du père de ma grand-mère. Vos me suivez ?
Bref, elle a brillamment hérité de bien des tares que j'ai moi même évitées avec brio, et possède un cerveau gravement névrosé.
Ah, justement, voici notre joyeuse débile qui arrive de son pas dansant. Oui, dansant, pour un peu, elle se mettrait à nous faire le Lac des Cygnes au détour d'un couloir.
Impact dans cinq, quatre, trois...
- Anna, ouhouuuuuuu !
Mais qu'est-ce qu'elle fait, elle fausse tous mes calculs cette greluche !
Elle pose bruyamment son postérieur sur le banc. Encore une fois comme ça, et le pauvre est bon à remplacer !
Elle adresse un sourire pour le moins lumineux à Neil et me serre dans ses bras façon « je secoue un prunier ». Je la dévisage, depuis ses cheveux blonds où pendouille une lamentable fausse mèche rose, jusqu'à sa jupe d'uniforme, raccourci de quinze bons centimètres. Et cette chos a seize ans et prendra un jour la relève du monde sorcier. On est pas sortis du Chaudron Baveur, je vous le dis moi !
Neil lève les yeux au ciel. Sauf qu'il n'avait pas prévu qu'on ne peut pas et fusiller quelqu'un du regard et lever les yeux au ciel simultanément mais passons.
Ah, les emplois du temps arrivent. Gidéon Prewett passe dans les rangs de la grande maison des Serdaigles, distribuant le programme des réjouissances hebdomadaires.
Double cours de botanique avec les Poufsouffles, suivi d'une heure de Divination avec les Gryffondor, et une heure de Défense contre les Forces du Mal toutes maisons confondues, pour changer un peu.
On va s'éclater dites moi. En plus divination, avec les Maraudeurs, mais franchement, je vous demande un peu, il veut que je fasse un massacre ou quoi ? Bataille de boules de cristal. Tout ce que je veux, c'est défoncer le crâne de Black avec la mienne, au risque de me brouiller éternellement avec Neil.
Cela dit, il est passé par sa période jalousie l'an passé à cause de Black,e t il revient cette année sur une valeur sûre, le fanatisme.
Attendez, Lexie me parle je crois, depuis tout à l'heure.
« - Je pense que l'uniforme ne permet pas à la créativité de chacun de s'exprimer et de... »
Laissez tomber, on va faire comme si elle monologuait, parce que sinon on court un grave danger d'assoupissement.
Non mais rêve? Que vois-je à la table des Gryffys ? Non, pas un Veracrasse fumé et farci non non. Black ? Oui. Torse nu en train d'exhiber ses prétendus muscles à des gamines de première année. Il compte les cueillir au berceau ? Quel pervers … J'espère juste que Neil ne va pas se retourner vers la table des Gryffondor, sinon je suis dans la mouise la plus totale. J'en viendrai presque à , mes hypothétiques prières n'ont servies à rien. Neil s'est retourné, est devenu rouge tomate, et essaye vainement de faire parvenir un son intelligible de sa bouche. Black devrait se déshabiller plus souvent : au moins, pendant ce temps là, j'ai la paix. Mais comme toujours avec mon cousin, le répit est court. Il semble avoir retrouvé ses incroyables capacités vocales.
- Haaaan ! Là j'hésite entre le bonheur et le dégoût tu vois !
Non, sans blague ? Moi j'hésite entre le dégoût et … le dégoût.
- Parce que je sais pas si tu te rends compte, mais ces filles sont en PREMIERE année !
- Oui, je sais Neil. Mais si tu pouvais éviter de brailler …
En effet, la moitié de la Grande Salle est retournée vers nous, et j'exagère à peine. Il faut dire que la discrétion n'est pas la qualité première de mon cher cousin … Il continue donc en chuchotant.
- C'est dégueu ! Mais le bonheur c'est que … haaan t'as vu ses muscles ?
- Ils doivent être super bien cachés …
Neil ne relève pas, trop occupé à mater ostensiblement en direction de la table des Gryffondors. Je lui envoie un coup de pied sous la table.
- Là, tu as ta tête de violeur. Ferme la bouche, ravale ta salive, on va en cours.
Je le lève brusquement de mon banc, secoue mon cousin toujours hypnotisé par l'autre espèce de vieux vicieux qui s'est enfin rhabillé. Il me suit à regret, et nous sortons de la Grande Salle sous le babillage incessant de Lexie. Un de ces jours, je crois que je vais lui faire manger son ignoble mèche rose. Nous partons en direction des serres du château, pour notre double cours de Botanique avec les … je regarde mon emploi du temps … Poufsouffles. Après quelques minutes de marche, on arrive devant les serres. Il n'y a presque personne. On entre dans la serre N°2, ou se trouve déjà le professeur Chourave et quelques élèves de Poufsouffle. Elle nous salue, et nous indique de nous mettre par groupe de deux. Je me mets d'office avec Neil, et refile Lexie et ses cordes vocales encore plus puissantes que celles de Neil – ce qui est quand même un exploit ! - à une innocente Poufsouffle qui n'en demandait certainement pas tant. Qu'elle ne se plaigne pas, moi je vais me coltiner un interrogatoire détaillé sur l'abruti en chef des Gryffondor, Sirius Black pour ne pas le nommer.
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On espère que ce chapitre vous a plu ! Que ce soit le cas ou non, vous savez que le joli bouton des reviews n'attend que vous !
