Auteur : Lonely Seira

Titre : Et tu renaîtras de tes cendres

Genre : Drama/Angst/Hurt/Comfort

Rating : T

Pairing : Harry/Drago (mais vraiment très très très embryonnaire)

Disclaimer : Comme vous le savez déjà, J. K. Rowling est la proprio de tout ce petit monde.


Avant-propos : Merci à tous les lecteurs qui lisent cette fiction et merci encore plus à ceux qui laissent des avis ! On le dit souvent mais je vous assure que ce n'est pas de la propagande, le bouton de review ne mord absolument pas ! ^^

BONNE LECTURE !


Chapitre 4 : L'ombre

Je retire tout ce j'ai dit (ou du moins pensé faute de l'exprimer à haute voix) quand j'étais dans le coma. Je déteste le noir autant que j'abhorre le vert, que j'exècre le gris et que je hais le blanc. En fait, je déteste absolument tout ce qui a une forme définie et donc, une signification. Je ne peux que m'efforcer de ne pas trop m'attarder sur ce qui m'entoure pour ne pas sombrer dans la folie... je sais que je suis à ses portes mais les seules qui m'intéressent sont celles menant à la mort.

Il y a encore peu de temps, je considérais le noir comme un véritable cocon protecteur, mais avec ce que j'ai sous les yeux, il m'est devenu totalement impossible de continuer à le voir de cette manière. Il m'a suffit de relever un peu ma manche pour que l'horreur la plus épouvantable m'empoigne de nouveau, me renvoyant à cette tourmente de douleur dont je n'arrive pas à me défaire.

Elle est sombre comme le charbon... immonde marque noire qui semble me narguer alors que mon regard ne peut s'en détacher. Je ne sais pas bien pourquoi, mais c'est la première chose que j'ai voulu voir après ton départ. Peut-être pour me persuader une dernière fois du bien fondé de ma décision.

Le couteau qui était posé sur le plateau repas que je n'ai même pas voulu toucher, est maintenant serré dans ma main. Peu m'importe que la fin me vienne par ce moyen pitoyablement moldu. De toute façon j'ai tout perdu il y a longtemps alors à quoi bon me préoccuper encore des apparences ? La lame est fine et bien tranchante alors qu'elle glisse sur ma peau, libérant un long filet de sang qui vient faire rougeoyer la noirceur de la marque des ténèbres.

La couleur sombre commence même à s'estomper sous l'intensité de cet enivrant carmin. La douleur est piquante, mais elle n'a rien à voir avec ce que j'ai dû supporter là-bas. Un autre coup ne pourra me faire que du bien. Une autre ligne parallèle à la première apparaît donc... plus profonde. Je crois que je devrais être révulsé par la vue de mon sang qui coule, mais étrangement il n'en est rien.

Quand j'étais dans cet enfer et que mon sang se répandait sur le sol, je pouvais à peine me retenir de déverser mes boyaux de dégoût. Mais là... ce n'est plus le symbole de ma prison de souffrance. Il n'est que celui de ma libération prochaine. Les couleurs peuvent vouloir dire un million de choses selon les significations qu'on leur donne. Ce sont les interprétations et les images qui sont effrayantes, pas les couleurs. Je le comprends mieux maintenant que je vois ce rouge teinter les draps et que ça me fait sourire. Ça en est presque devenu... délicieux.

Je suis tellement perdu dans cette vision enchanteresse, mon esprit s'enfonçant dans une brume cotonneuse, que je ne t'avais pas entendu revenir, jusqu'à ce que tu te mettes à crier.

- Mais qu'est-ce que tu fous bordel ?! T'es complètement malade putain !

Telle une ombre, tu te précipites vers moi et m'arraches le couteau des mains alors qu'instinctivement, je ne peux que me recroqueviller contre la tête de lit, remontant mes genoux contre ma poitrine et serrant mon bras ensanglanté contre moi.

- Non mais j'le crois pas ! T'as perdu la tête ? On se crève le cul pour te sortir de là vivant et tout ce que tu trouves à faire c'est de te blesser aussi stupidement ? Mais qu'est-ce t'as dans l'crâne Malfoy ?!

Ta voix pleine de colère me fait peur... eux aussi ils me criaient dessus quand ils me torturaient. Pourtant, je ne peux quand même pas m'empêcher de me détendre quand je sens que tu gardes tes distances avec moi. J'ai évité ton regard car je ne voulais pas encore une fois plonger dans tes yeux émeraudes, mais je m'efforce néanmoins à te regarder... incertain.

Tu es debout et tu trembles de rage, la mâchoire douloureusement carrée et la main crispée sur le couteau qui ruisselle encore de mon sang. J'entends presque les gouttelettes s'écraser au sol après avoir glissé le long de la lame. Je continue à progresser dans mon observation et je finis par atterrir dans tes yeux... mon cœur fait un bond et mon souffle se coupe.

Où est-elle ? Cette colère qui fait trembler ton corps ? Pourquoi n'est-elle pas dans tes yeux ? Pourquoi n'y vois-je qu'une intense douleur et une déception tout aussi grande ? Cette vue me fait encore plus me recroqueviller. Mais je ne brise pas le contact... tes yeux me fascinent étrangement quand ils sont comme ça.

Enfin, tu pousses un soupir et fermes les yeux avant de te détendre un peu. Tu rebalances mollement le couteau sur le plateau et attrapes la chaise sur laquelle tu as passé des heures à me veiller. Je crois que tu comprends le besoin que j'ai de ne pas être touché, bien que mon sang s'échappe toujours par les taillades que je me suis infligé. Je sens même mon haut de pyjama devenir poisseux... mais à vrai dire je m'en moque.

- Bon sang, si tu pouvais arrêter de me faire flipper comme ça ce serait sympa. Je m'absente une minute pour contacter Mrs Pomfresh et Rogue et v'là que t'en profites déjà pour faire une connerie, me dis-tu d'une voix lasse et contrite. C'est pourtant le propre des gryffondors d'agir sans réfléchir non ?

Un petit silence passe. Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ? Tu crois que je n'ai pas longuement réfléchi avant de choisir de mourir ? Pourtant toi tu devrais me comprendre au moins. Tu sais ce qu'est la souffrance. Sauf que je n'ai pas ta force de caractère pour la supporter. Je n'en ai pas honte d'ailleurs. Je ne suis pas né pour vivre en douleur. Je suis né dans de la soie après tout.

- Bon... j'entends déjà les pas dans les escaliers. Tu voudrais pas me montrer ton bras histoire de cacher les dégâts avant que Mrs Pomfresh et l'autre chauve-souris débarquent ?

''Cacher les dégâts'' ? Pourquoi ? Pour maintenir les apparences ? Non... ça ne m'intéresse pas puisque je me fiche de tout ça, je veux juste que mon sang continue à me quitter. Les points noirs commencent à danser devant mes yeux. Bien sûr, étant donnée ma faiblesse, il était logique que je ne mette pas longtemps à perdre connaissance après juste deux coups de lame. Je ferme les yeux pour attendre les ténèbres alors que dans le même temps, je t'entends te lever et puis...

- Par Merlin ! Entends-je hurler une voix de femme.

- Mais qu'avez-vous fait stupide enfant ?!

Voix cinglante mêlée de consternation et de peur... un mélange unique qui ne peut être que l'œuvre de Severus. J'ouvre les yeux pour voir que tu te fais bousculer... et que deux êtres recouverts de noir foncent sur moi.

NON ! Pas eux ! Pas encore eux... leurs robes noires... je les vois encore tourbillonner autour de moi. Et son rire, sa voix de dément... et la douleur. Non je ne veux plus de douleur ! Je me serre en une boule aussi petite que possible dans l'espoir de disparaître. Qu'ils ne me touchent pas ces monstres ! Je n'ai conscience de rien. Trembler ? Gémir ? Lutter contre les larmes ? Peut-être bien... tant qu'ils restent loin de moi.

Et ils semblent avoir cédé car j'ai beau attendre, aucun contact ne vient. Juste des voix.

- Restez derrière, vous voyez bien que vous lui flanquez la frousse... et y'a de quoi franchement.

- Gardez vos sarcasmes Potter ! Mon filleul a besoin de soins immédiat au cas où vous ne l'auriez pas remarqué !

- Et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, il ne veut pas que vous le touchiez.

- Et comment voulez-vous que l'on fasse alors ? Vous croyez peut-être être en mesure de l'aider ?

- Oui. Mieux que vous pour le moment en tout cas.

- Espèce de sale...

- Cessez cela Severus. Mr Potter a raison, notre présence effraie le jeune Malfoy et ce n'est pas recommandé vu son état. Il vaut mieux le laisser agir. Allez-y Mr Potter, nous restons près de la porte et je vous donnerai la marche à suivre.

Je n'ai que très peu prêté attention aux mots prononcés tant j'étais focalisé sur les mouvements des uns et des autres. Malgré que je sois au bord de l'inconscience, j'arrive encore à m'accrocher à la réalité. En d'autres circonstances, je me serais simplement laissé tomber dans les ténèbres, mais qui sait ce qu'on me fera subir une fois que mon corps sera livré à lui-même ?

Mes yeux scrutent avec autant d'insistance que de méfiance les trois personnes présentes. Les deux robes noires se sont postées dans l'embrasure de la porte tandis que tu restes immobile à un mètre de mon lit, me dévisageant comme si tu attendais un signe de ma part. Que veux-tu que je fasse ? Je cligne fortement des paupières pour chasser les points noirs qui assombrissent de plus en plus mon champ de vision. Puis ta voix s'élève avec précaution, comme si tu t'adressais à un être particulièrement instable... peut-être le suis-je en effet.

- Malfoy ? Dis-tu calmement. Me laisseras-tu te soigner ?

Tu me demandes mon avis ? Pourquoi ? Ces derniers temps tout le monde s'est évertué à me traiter comme un pantin et à aller systématiquement à l'encontre de chacun de mes souhaits et désirs. Pourquoi ne fais-tu pas simplement comme eux ? Je me sens tellement las et faible que je serais bien incapable de t'en empêcher de toute manière.

- Malfoy sans rire, tu pisses le sang alors fais pas l'con. Ce serait dommage que ton précieux sang pur soit perdu sur des draps datant du siècle dernier tu ne penses pas ?

C'est un sarcasme ou je ne m'y connais pas. Je vois que même mon état lamentable ne t'arrête en rien. Tu agis avec moi comme tu l'as toujours fait et quelque part, ça me rassure. Mon inconscient prend alors le contrôle et tandis que je te fixe encore de ce regard que je sais vide, mon corps se détend un peu et mon bras lacéré se tend vers toi avec lenteur. Je fais tout mon possible pour garder mon attention sur ton visage parce que je sais que si je jette un œil à mon bras, je tomberai dans les vapes pour de bon.

Le temps reste en suspens une seconde avant que tu fasses un pas vers moi. Un tremblement me parcourt mais je ne me rétracte pas. Ces yeux verts dans lesquels je me noie m'exhortent à ne pas fuir... comme d'habitude. Tu finis par t'asseoir doucement à mon côté et tu me prends délicatement le bras, évitant de toucher les blessures encore suintantes dont je sens à nouveau la vive brûlure alors qu'elles m'étaient totalement indifférentes depuis que vous avez envahi mon espace.

Tes yeux se détournent maintenant pour se concentrer sur la tâche que tu as à accomplir. J'entends une voix de femme provenir de l'entrée de la chambre. Ce sont les instructions qui guident tes gestes et je ne les suis pas, me contentant de te détailler avec une sorte d'étrange fascination. Un froncement de sourcils, un murmure, un pincement de lèvre, un soupir. Je ne vois que ça mais ça n'occulte en rien la perception d'autres sensations telles que ton toucher sur ma peau.

Je suis un peu surpris.

Je croyais que tu serais une vraie brute maladroite, dépourvue de tact et de délicatesse ou même de savoir-faire. Je croyais que tu serais juste un gryffondor mais encore une fois, tu effaces les préjugés qui t'entourent. J'ai été ton ennemi personnel depuis ton arrivée dans la communauté sorcière mais aujourd'hui, tu brises les barrières qui nous séparent... pour me venir en aide.

Je ne comprends pas.

Je ne te comprends pas.

Je me crispe un peu quand je vois que tu sors ta baguette et la pointe sur mon bras. J'ai un mouvement de recul très léger et tout aussi légèrement, tu me retiens par une simple augmentation de la pression de tes doigts autour de mon poignet. Tu ne me laisses pas m'écarter mais tu ne m'emprisonnes pas brutalement non plus. Sans en avoir l'air, tu me laisses le choix tout en me guidant vers ce qui serait le meilleur pour moi. Je le vois dans tes yeux qui tentent de me transmettre un élan de confiance. Comment fais-tu cela ?

Alors à nouveau, je ne peux que m'abandonner à toi. Je devrais haïr cette sorte de capitulation et cette captivité passive à laquelle je me soumets mais en toute honnêteté, je ne le peux pas plus que je ne le désire. Car il y a cette chose nouvellement instaurée entre nous et qui bouleverse absolument tout.

Respect.

Tu reconnais la valeur de mes choix tout comme j'admets enfin la grandeur de tes convictions. C'est une chose tellement inattendue.

Mon bras est enfin soigné. L'hideuse marque est toujours là mais sa noirceur semble s'être un peu fanée. Est-ce de ton fait ? Ou n'est-ce qu'une illusion parce qu'à mes yeux, l'importance de ce signe s'est elle-même estompée ? Peu importe, je suis trop harassé de fatigue pour m'en inquiéter plus que ça. Alors doucement je me rallonge pour essayer de clarifier mon esprit et de faire la part des choses. Sans un mot tu repars, rejoignant les deux robes noires qui n'ont pas bougé pendant tout ce temps. Quelques paroles échangées et tu reviens vers moi, me présentant deux fioles.

- C'est une potion de régénération sanguine et celle-ci une potion de sommeil sans rêve. Tu as encore besoin de repos pour te remettre. On pourra discuter à ton réveil au cas où tu aurais des questions sur ce qui s'est passé.

J'acquiesce après un temps de latence et accepte les potions au goût totalement infect. C'est bon de voir que malgré le bordel qu'a été ma vie, certaines choses ne changent pas. Après avoir vidé la deuxième fiole, le sommeil finit par avoir raison de moi.

************

Trois jours ont passé depuis lors. Trois jours où tu es resté à mes côtés, te confrontant à mon mutisme. Les forces peinent à me revenir et mes pensées sont continuellement obscurcies par mes peurs et mes désirs morbides. Mais je ne suis jamais seul alors quelle que soit mon envie, je ne peux absolument rien faire. C'est peut-être pour m'éviter un autre dérapage que tu tournes autour de moi comme un vautour... quoi que, les vautours ne tournent qu'au-dessus des cadavres. Si seulement !

Malgré les rares améliorations de ma santé, je n'ai pas encore réussi à supporter la présence de Severus ou de Mrs Pomfresh. Je sais que ce sont bien eux et qu'ils n'ont aucune intention hostile à mon égard mais les visions d'horreur supplantent à chaque fois ma raison. Quelle idée aussi de ne s'habiller qu'avec ces exécrables robes noires ?!

Personne d'autre n'est venu soit dit en passant. Si j'ai bien compris les choses, je suis dans le quartier général de l'Ordre du Phénix... et ma présence ne provoque guère l'enthousiasme des résidents. De fait, les seuls à me soutenir et à se soucier de moi sont toi, Severus, Mrs Pomfresh et à moindre mesure Dumbledore.

J'entends les conversations ou plus souvent les disputes dans les couloirs. Ma curiosité de serpentard ne semble pas avoir faibli car la plupart du temps, je tends l'oreille pour glaner le plus d'informations possible alors qu'en réalité, je me moque de tout. Ces bribes de discussions ne font qu'ajouter à ce que tu m'as raconté.

Apparemment, j'ai eu de la chance dans mon malheur. Le Lord voulait jouer avec moi mais il me jugeait trop indigne pour souiller de ma présence son quartier général. Bien sûr, les gens n'allaient quand même pas s'imaginer que le Seigneur des ténèbres serait assez stupide pour choisir comme camp de base un lieu aussi évident que le manoir d'un de ses mangemorts les plus célèbres. Et c'est ce qui m'a sauvé.

Malgré la défection de Severus, mon père n'a jamais coupé le contact avec lui. Ils ont toujours eu leur propre moyen de communication. Severus étant mon parrain, il fait partie intégrante de ma famille et son lien avec mon père s'est encore plus renforcé lorsque j'ai été contraint de prendre la marque. Même s'ils avaient des divergences d'opinion, il y a un point sur lequel ils se sont toujours accordés : ma protection. Mon père a donc pu transmettre suffisamment de données à Severus pour prévoir un plan de sauvetage. Le seul obstacle à franchir restait alors Dumbledore. Et contre toute attente, c'est toi qui a apporté la solution. Tu as soutenu un de tes pires ennemis contre ton mentor. Tout ça pour moi...

Bien entendu, le manoir bénéficiait d'une protection moins conséquente parce que le Lord ne s'y rendait que pour s'y détendre lors de nos séances alors ça a un peu facilité les choses. Le Seigneur des ténèbres vous a échappé et la plupart de ses suivants aussi... ou serait-il plus juste de dire que c'est nous qui lui avons échappé ? Au milieu de ce chaos, la seule préoccupation à ce moment c'était surtout de me sortir de là pour me mettre en lieu sûr.

Mais au final, ça n'a rien changé, la guerre gronde toujours et le Lord a même redoublé d'efforts. Dis-moi Potter, est-ce que tout ce mal que tu t'es donné a vraiment servi à quelque chose ? Permets-moi d'en douter. D'ailleurs, d'après ce que j'entends le plus souvent, plus ça va et plus vous vous enlisez dans les problèmes.

La belette et la sang-de-bourbe paraissent de bien mauvaise humeur aussi. L'animosité qu'ils entretiennent envers moi – et que je leur rends avec plaisir – n'est un secret pour personne et ta compassion à mon égard doit avoir pour eux un goût de trahison. Ce qu'ils peuvent être cons. Comme si toi, Saint Potter, étais un jour capable de tourner le dos à tes fidèles toutous. Le côté ironique de la chose c'est qu'ils te jugent sans même réaliser qu'ils sont à côté de leurs pompes. Je te connais finalement mieux qu'eux... et cette idée me donne envie de gerber.

Qui pourrait leur en vouloir cependant, alors que tu partages presque uniquement ton temps entre moi et des réunions interminables auxquelles tu assistes pendant que je dors ? ... Quoi ? Tu croyais que je ne le verrais pas ? Si c'est le cas, c'est que tu sous-estimes grandement la noirceur de tes cernes et la blancheur de ta peau. Tu tires tant sur la corde que tu auras bientôt l'air aussi mal en point que moi.

Depuis hier, les soins à domicile ont fait place aux courtes promenades. Nous nous limitons souvent au périmètre de ma chambre ou au couloir devant ma porte quand nous savons que personne ne s'y trouve, mais toujours tu meubles les blancs par tes monologues sur tout et n'importe quoi en même temps que tu me soutiens sans en avoir l'air parce que tu sais que je déteste ça. Bien que je n'éprouve pas le plus petit intérêt à tes mots, je trouve cela plaisant... ça me donnerait presque envie de participer.

La nuit est maintenant tombée sur le Square Grimmaurd et la vie s'y est ralentie pour laisser place à un repos bien mérité. Mais moi j'ai trop dormi ces derniers temps et je ne le veux plus... trop de cauchemars m'assaillent quand je ferme les yeux et je sais que c'est un problème qui est loin de t'être inconnu.

- Eh Malfoy, ça te dirait de m'accompagner dans mon sanctuaire de tranquillité ?

Tiré de mes songes, j'acquiesce mécaniquement par un hochement de tête. Tu m'aides à me lever et emportes deux couvertures avec toi. Nous montons les étages en silence pour ne perturber le sommeil de personne et quelque chose me dit que tu es habitué à faire cela quand toute la maisonnée est assoupie. Nous atteignons le grenier et tu te diriges vers une trappe menant au toit puis m'aides à m'y hisser.

À peine sommes-nous arrivés sur la petite plateforme que le froid me mord violemment la peau. Je frissonne. Immédiatement, tu m'enroules dans les couvertures et ensemble, nous nous asseyons sous la voûte céleste, dans cet espace exigu, contemplant en silence les lumières de Londres qui s'étire devant nous.

Une fois bien installés, le silence s'instaure. Tu ne dis plus rien et ton regard un peu triste se perd dans le lointain tandis que tu te reposes sur tes bras tendus derrière toi et que tes jambes sont nonchalamment repliées. Alors pour la première fois depuis des jours, je ressens le désir d'être celui qui brisera ce silence. Mais pour dire quoi ?

Merci ? ... Tu as fait les choses sans me demander une seule fois si j'étais d'accord alors je ne vois pas l'utilité de le dire si je ne le pense pas.

Pourquoi ? ... Trop tôt pour moi. Je n'ai pas envie d'entendre tes discours de gryffondor et de découvrir que je ne suis qu'une b.a. comme une autre. Tu as toujours aimé défendre la veuve, l'orphelin et les causes perdues après tout. Passons sur la première, mais les deux autres restent vraies en ce qui me concerne.

Alors je choisis une chose qui nous préoccupe tous les deux.

- Harry ? Appelle-je faiblement.

- Mh ? Marmonnes-tu sans me regarder, comme si tu craignais que l'intensité de ton regard curieux et surpris me renvoie dans mon mutisme.

- ... Que va-t-il se passer maintenant ? Demande-je d'une voix absente.


Note de l'auteur : Bon, à défaut d'être le sauveur du monde sorcier, Harry est au moins le sauveur de Drago. Mais y'a encore du boulot à faire !

Alors on se retrouve Mercredi 9 Décembre avec le chapitre 5 "L'envol".

Bises et très bonne semaine à tous !