Auteur : Lonely Seira

Titre : Et tu renaîtras de tes cendres

Genre : Drama/Angst/Hurt/Comfort

Rating : T

Pairing : Harry/Drago (mais vraiment très très très embryonnaire)

Disclaimer : Comme vous le savez déjà, J. K. Rowling est la proprio de tout ce petit monde.


Avant-propos : Et voici le dernier chapitre de cette petite fiction ! J'espère qu'elle vous aura plus et j'attends vos avis en fin de lecture !


Chapitre 5 : L'envol

- ... Que va-t-il se passer maintenant ? Demande-je d'une voix absente.

- Que veux-tu que je te dise ? m'interroges-tu en retour.

- ... Mens-moi, essaie-je d'ordonner sur un ton qui ressemble malheureusement plus à une supplique qu'autre chose.

- Bien. Alors la guerre va se poursuivre mais au final, les gentils gagneront... parce qu'il est bien connu que les gentils gagnent toujours et que les méchants n'ont que ce qu'ils méritent. Les morts rejoindront le Paradis et veilleront toujours sur les vivants qui eux, vivront heureux jusqu'à la fin des temps au milieu de leur famille et de leurs amis. Tu te marieras et tu auras plein de gamins insupportables. Tu seras tel un pacha dans ton manoir affreux et tu continueras à cracher sur les moldus et les sang de bourbe ainsi que tu l'as toujours fait. Et puis enfin, tu mourras comme un vieillard, entouré d'une flopée de gosses blonds, arrogants, hautains et pourris gâtés mais qui t'aimeront tous parce que tu seras leur adorable papy. Et...

- C'est bon, arrête de me débiter ces inepties maintenant. Tout ça me donne la nausée, t'interromps-je en resserrant ma couverture autour de mes épaules tremblantes.

Je ferme les yeux et baisse la tête, luttant contre les larmes qui menacent de me submerger à l'entente de toutes ces choses que je sais ne jamais pouvoir obtenir. Je sens alors un bras qui passe derrière mon dos et une seconde plus tard, je suis doucement pris dans une légère étreinte. Je rouvre les yeux et te découvre alors, le regard perdu au loin et une légère coloration rouge sur les joues. Oui, pour deux sorciers tels que nous qui avons passé notre vie entière à nous haïr, il est certain que cette position ne peut être qu'embarrassante. Nous en avons autant conscience que besoin alors pour une fois, je vais juste fermer ma gueule et garder mes paroles acerbes... juste pour cette fois.

- Il ne fallait pas me demander de mentir si c'était pour que ça te mette dans un tel état, t'entends-je dire.

- Ce n'est pas de ma faute si tu mens mal, réplique-je avec un sourire triste au coin des lèvres.

- Comment veux-tu que je puisse le faire aussi ouvertement alors que je suis à cent lieues de croire à toutes ces conneries ? Rétorques-tu avec presque de la hargne dans la voix.

Mais cette nouvelle démonstration de ton tempérament gryffondor est bien loin d'être le centre de mes préoccupations... car cela fait bien trop longtemps que cette question me trotte dans la tête et maintenant semble bien être le moment idéal pour avoir une réponse. Je la redoute un peu... mais je ne suis pas Serpentard pour rien. Ma curiosité naturelle ne peut que prendre le dessus. Tandis que mes yeux se ferment brièvement, peut-être dans une lamentable tentative pour focaliser un peu mes pensées, les mots finissent par m'échapper :

- ... Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Demande-je bien malgré moi.

- Pourquoi est-ce que je fais quoi ? Répliques-tu en haussant un sourcil un peu perplexe.

- M'aider...

- J'en sais trop rien. Peut-être parce que je sais d'expérience que la compassion d'un allié aide moins à aller de l'avant que la provocation d'un ennemi, réponds-tu en haussant les épaules.

- Mais le sommes-nous toujours ? Ennemis je veux dire.

- Aucune idée. Je pense que vu le foutoir que sont nos vies en ce moment, il serait un peu hâté de nous placer dans une quelconque relation d'amitié ou de haine. Je ne sais même plus clairement ce que je ressens en ce moment. Envers mes alliés, mes meilleurs amis qui font un peu la gueule, les attentes de toute la communauté, mes propres désirs... ma seule certitude c'est que je ne peux absolument pas blairer face de serpent et ses acolytes.

- Je vois, dis-je avec un maigre sourire.

Je me redresse ensuite et ton bras quitte mon corps. Mon regard se perd à son tour vers l'horizon avant que je ne prenne une douloureuse inspiration. Puis ma voix s'élève dans un murmure :

- Que va-t-il se passer maintenant ?

Tu soupires avec une pointe de lassitude et te passes une main sur la nuque avant de la faire remonter brièvement dans tes cheveux... comme s'ils en avaient besoin pour être ébouriffés alors que chaque matin on dirait que tu te coiffes avec un pétard mouillé du Dr Flibuste. Mais tu finis quand même par me répondre :

- Je n'en ai pas la moindre idée. Tout ce que je peux te dire, c'est que Voldemort ne va pas s'arrêter avant de tous nous avoir massacrés en nous ayant fait longuement souffrir avant... et moi le premier. Je sais que c'est par moi que tout doit finir, mais nulle part il n'est dit que je suis assuré de gagner cette guerre, bien au contraire. Nous sommes en position de faiblesse. Dumbledore peut bien essayer de faire illusion et de nous bercer dans ses espoirs stupides, mais je ne suis pas dupe. Bon nombre d'entre nous va y passer et toi aussi certainement. Les Malfoy étaient sensés être ses plus fidèles serviteurs et vous l'avez tous trahi. Comme tu es le dernier, tu es en tête de sa liste noire. Nos probabilités de survie ? Je dirais... une chance sur dix.

Je le sais... bien sûr, je sais tout ça. Mais me l'entendre dire aussi crûment est vraiment douloureux. Ma gorge se serre autant que mon cœur et je frissonne de plus belle. Est-ce de la peur ? Sûrement. Elle m'a tellement dévoré les entrailles ces derniers temps qu'elle commence réellement à faire partie de moi. Les serpentards ne sont pas réputés pour leur courage après tout. C'est bon pour les gryffondors ce genre de vains sentiments. Mais j'aurais aimé... être un peu plus confiant. Un peu plus comme toi. Car toi aussi tu es condamné, mais tu ne donnes pourtant pas l'impression de te laisser abattre par cette fatalité. J'avais accepté de mourir et à cause de toi, ça me file une trouille incroyable maintenant. Pourquoi a-t-il fallu que tu me donnes l'espoir avant le courage ?

À ma plus grande horreur, je sens maintenant cette petite chose sournoise perler le long de ma joue. Putain de larme ! Je la fais disparaître aussi vite que possible, mais elle est aussitôt remplacée par une autre. Et je ne peux pas plus empêcher ce flot que les reniflements et sanglots étouffés qui l'accompagnent. Je sais Harry... je sais que tu me vois et que tu m'entends mais par pitié, ne dis rien ! Je refuse qu'on me voie dans une si évidente détresse. Bien sûr, mon image n'a pas été glorieuse ces derniers temps, mais ne m'enfonce pas plus maintenant. J'ai déjà vu ce que ça faisait d'être écrasé plus bas que terre... mais là je l'avoue, ce serait un coup fatal.

- La vie n'est qu'une vaste blague, dis-tu alors sans même m'accorder un regard.

Et ce que tu dis m'interloque tellement que je ne peux plus maintenant que t'interroger du regard, mes yeux rougis par les pleurs, mais les larmes enfin taries.

- Avant même de naître, j'avais cette putain d'épée de Damoclès au-dessus de la tête. J'ai été élevé par des gens qui me détestaient et depuis mon entrée dans le monde sorcier, tout n'a fait qu'empirer. Les épreuves, Voldemort, les ragots, les murmures, la haine ou l'admiration, Voldemort, les calomnies, les obstacles, les morts... et encore Voldemort. Et puis cette prophétie à la manque qui scelle mon destin. Je me suis débattu pour vivre mais au final, on m'a toujours sauvagement ramené les pieds sur Terre en me faisant bien comprendre que je ne pourrai jamais échapper à tout ça. Juste à cause d'une cicatrice à la con qui ne doit pas faire plus de deux centimètres. C'est couillon hein ? D'avoir sa vie entièrement bousillée par deux misérables centimètres ?

Tu me demandes ça avec un sourire contrit en me regardant enfin. Que suis-je sensé répondre ? Rien apparemment, puisque déjà tu détournes la tête et te remets à parler. Et moi, comme un serpent hypnotisé par le lent balancement d'une flûte, je m'accroche à tes paroles comme si elles seules pouvaient me maintenir en vie.

- Je sais ce que je dois faire et je sais aussi que je suis le seul à pouvoir le faire. C'est mon devoir et il en va de la survie de notre communauté et de tous mes proches. Alors je dois me sacrifier pour eux et... tu parles d'un ramassis de foutaises ! T'exclames-tu alors, en me faisant sursauter.

Tu me fixes à nouveau et je vois dans tes grands yeux verts que j'ai autant aimés qu'exécrés, une flamme si ardente que je sentirais presque maintenant un feu brûlant me parcourir les veines. Ce regard me terrifie et me comble d'espoir à la fois. Et tu continues ce monologue que je souhaite ne jamais voir prendre fin :

- Pourquoi est-ce que je devrais faire tout ça ? Tu peux me le dire ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas être comme les autres ? Pourquoi est-ce que des adultes, pourtant puissants et intelligents, se reposent sur un seul gamin pour sauver tout un monde ? Des millions de fois je me suis posé ces questions et ça n'a jamais servi à rien parce que je n'obtenais jamais de réponses. Enfin... Dumbledore m'en a apportées mais elles étaient loin de me satisfaire. Alors j'ai décidé de ne plus me laisser guider par un destin quelconque. Et puis c'est quoi le destin ? On ne peut pas le voir, on ne peut pas le toucher, ni l'entendre et si c'est Dieu qui le choisit pour nous, alors moi je décide de le lui renvoyer en pleine gueule avec un doigt d'honneur en compliment. J'ai rien d'un putain de cobaye et si Damoclès veut me faire tomber son cure-dent sur le crâne, grand bien lui fasse ! Pas question de passer le restant de ma vie le nez levé au ciel pour le regarder me planter. Si je dois mourir jeune, au moins j'aurai vécu le maximum. Alors non, je ne sais rien de ce qui va arriver, mais je sais ce que moi je veux ! Je veux vivre aussi intensément qu'il est possible de vivre et envoyer tout ce qui me fait chier aux orties ! ... Et toi Drago ? À quelle catégorie veux-tu appartenir ?

- Euh... je...

- Seras-tu de ceux qui se laissent porter par le courant et ne luttent jamais ? Ou seras-tu de ceux qui oseront dire merde haut et fort en hurlant que tu feras ce que tu voudras et que si ça en dérange certains, qu'ils aillent se faire foutre ?

- Je... je ne sais pas, réponds-je lamentablement.

Quelle honte. Toi tu fais ton chemin avec conviction. Toi tu peux tout envoyer chier alors que tu es pourtant le plus prisonnier de nous tous... et moi ? Je suis là comme une misérable victime et j'attends juste que quelqu'un vienne mettre fin à ma vie. Pourquoi ? Merde ! Pourquoi ?!

- Franchement je suis déçu, dis-tu sur un ton léger. Je ne pensais pas que la fierté des serpentards était à ce point de la poudre aux yeux.

- Fais attention à ce que tu dis Potter ! M'exclame-je en en ayant à peine conscience.

- Allons Dragounet, avoue quand même que les serpentards ne sont que des poules mouillées qui vont pleurer dans les jupes de leur maman quand ça devient trop effrayant ! Vous ne savez que fuir et vous soumettre à plus fort que vous pour obtenir protection, continues-tu avec un sourire mauvais.

- Tais-toi, lâche-je d'une voix tremblante de rage.

- Quoi ? La vérité te fait peur ? C'est bien dommage. Mais tu devrais te faire une raison. Vous n'êtes tous bons qu'à vous aplatir aux pieds de face de serpent et à torturer sur son ordre. Qu'est-ce qu'une vie à vos yeux de toute façon, puisque vous ne défendez que vos propres intérêts sans penser un instant aux autres ?

- Tais-toi ! Ordonne-je avec encore plus de véhémence... mais ça ne t'arrête pas pour autant.

Ta bouche vomit des mots absolument insupportables et sur un ton amusé. Comment oses-tu bordel ?! Comment oses-tu dire que nous sommes lâches et trouillards alors que mes parents se sont élevés contre le Lord noir pour me sauver la vie ?! Putain ! Leur sacrifice n'était pas l'acte des lâches ! Merde, je tremble encore et toi tu me débites ce flot infâme d'injures. Ça me vrille la tête et met mon sang en ébullition et... et...

- MAIS TU VAS LA FERMER ! Hurle-je alors en te sautant dessus pour te frapper.

Dans l'absolu, j'aurais préféré te jeter un sort, mais faute de moyen, je laisserai ma colère s'exprimer autrement. Mon besoin viscéral de violence est tel que ça m'en fait presque mal. Te frapper... encore et encore... c'est tout ce que je peux faire.

- PUTAIN ! J'EN AI MARRE QUE TU RABAISSES TOUT LE MONDE EN PERMANENCE ! C'est pas parce que t'es Saint Potter le sauveur que tu peux te permettre de piétiner l'honneur des autres comme ça ! MES PARENTS SE SONT SACRIFIÉS POUR MOI PAR SALAZAR ! COMMENT OSES-TU LES TRAITER DE LÂCHES ?!

Tu me saisis les poignets alors que je suis à califourchon sur toi. Je suis à bout de souffle et encore plus ankylosé que tout à l'heure mais je continue à trembler de rage. Je veux me libérer de ta poigne et te frapper encore, mais que puis-je faire avec mes maigres forces alors que toi tu es en pleine forme ? Au diable mon corps affaibli ! Je te frapperai putain ! Autant qu'il le faudra pour te faire ravaler ces mots en même temps que tes dents !

- LÂCHE-MOI !

- ... Mes parents sont morts aussi pour moi et mourir de cette façon n'avait rien de lâche. Parce qu'ils sont morts pour me protéger, comme Lucius et Narcissa sont morts pour te protéger toi.

Ta voix est de nouveau calme. Pourquoi n'es-tu pas en colère contre moi autant que je le suis contre toi ? Ta lèvre saigne, ton nez aussi, tu as un œil au beurre noir... mais tu me regardes sans animosité. Pourquoi ? Hais-moi putain ! Je ne mérite que ça alors hais-moi !!

- Je ne te haïrai pas Drago, me réponds-tu comme si tu avais su lire dans mes pensées... l'as-tu fait ?

Tu te remets en position assise et m'entraînes avec toi. Je suis assis sur tes cuisses, les poignets toujours prisonniers de tes mains. Mon regard se perd dans l'intensité émeraude de tes yeux. Mon souffle saccadé rejoint le tien et je reste simplement là... de plus en plus confus.

- Je ne te haïrais pas parce que ça ne servirait à rien, vu que tu te hais plus que quiconque en ce monde, reprends-tu en me fixant toujours, cette si curieuse lueur encore tapie au fond de tes yeux.

Lorsque tes mots s'imprègnent en moi cependant, je ne peux plus que te dévisager avec une franche incrédulité. Moi ? Me haïr ? Qu'est-ce que c'est que ces sornettes ?! Je n'ai aucune raison de me haïr. Les autres en ont des dizaines, mais moi pas. Sois juste... comme les autres Harry. Hais-moi et qu'on n'en parle plus. Haïr est si simple... mais me haïr ? Non... je hais la Terre entière, mais pas moi.

- Je... je ne...

- Et qui ment maintenant ? Me dis-tu sur un ton presque ironique alors que ton sourire est douloureux. Toi... tu te mens à toi-même. Tu penses que la mort sera plus douce et que de toute façon, après tout ce qui est arrivé – soit disant par ta faute – tu n'as plus le droit de vivre. Tu penses que ce ne sera pas grave si tu pars car personne ne t'attend ici. Ta famille est là-haut à t'attendre pas vrai ? Mais pourras-tu les regarder en face si tu abandonnes ta vie alors qu'ils se sont battus pour que tu la gardes ? Le courage est une notion abstraite tu sais ? On dit que cela caractérise les gryffondors, tout comme l'intelligence caractérise les serdaigles, la loyauté les poufsouffles et la roublardise les serpentards. Mais la finalité de tout ça, c'est quoi ?

- J'comprends rien, dis-je d'une voix piteuse alors que je me remets à trembler. Pourquoi tu me parles de tout ça ? À quoi ça sert ce discours et ces grands mots ? Merde ! Merde....

Je baisse la tête et appuie mon front contre ton torse. Les larmes m'échappent encore. J'pige rien... pourquoi tu m'dis tout ça ?

- Tu t'es enfermé dans un mensonge Drago. Tu fuis la réalité parce que tu penses que ça te protégera. Mais rien ne te protégera. Les hommes naissent dans un monde pourri qui ne cherche qu'à sucer leur bonheur jusqu'à la moelle. Le monde entier est un détraqueur qui n'aura de cesse que de nous enfoncer dans le malheur et la souffrance. Souffrir et faire souffrir est un jeu d'enfant. Être heureux et rendre heureux est un parcours du combattant. Les choses sont ainsi et tu te dois de les accepter. Tu ne peux pas fuir. Je le sais, j'ai essayé.

- Mais qu'est-ce que ça m'apportera d'accepter ?

- En acceptant, tu sauras au moins contre quoi tu dois lutter. Là tu frappes dans le vide, essayant d'atteindre une chimère avec des désirs insipides et un esprit désorienté. La finalité Drago... n'oublie pas ça. La finalité du courage, de la roublardise, de l'intelligence et de la loyauté. Tous différents, mais ça revient au même : chacun avec une arme qui nous est propre, nous nous débattons dans ce monde qui veut nous engloutir. Emmerde ce monde Drago. Fais preuve de cette ingéniosité qui est ta force et n'attends pas que la faucheuse arrive pour te trancher la tête. Va au devant d'elle.

- ... Tu me dis de ne pas fuir mais en même temps, tu me dis de marcher tête haute vers la mort. Je savais que t'avais un cerveau limité, mais tu commences vraiment à dire n'importe quoi.

- J'ai pas dit que tu devais marcher vers la mort pour lui faire un câlin et lui susurrer avec la bouche en cœur ''Emmène-moi grande folle !''. J'ai dit que tu devais marcher vers elle pour la faire rager en lui tirant la langue et en esquivant sa faux ! Elle veut jouer avec nous ? Et bien fais comme moi, joue avec elle. Vis sans regret. Entends bien ce que je vais te dire : la vie est la pire des garces dont le seul but est de tous nous baiser, mais par les fondateurs, je jure bien que je la baiserai le premier. Je te repose donc la question Drago : es-tu de ceux qui se laissent baiser sans rien faire ?

Formulé ainsi forcément, ça n'a pas la même portée. Moi ? Me laisser baiser sans réagir ? Merci mais même si je n'ai aucun courage, j'ai suffisamment de fierté pour ne pas accepter ça. Je dois te répondre, mais je ne peux que sourire... rire en fait. La mort ? La vie ? La fatalité ? La souffrance ? L'espérance ? Rien qu'une belle bande de salopes ! Et ça me ferait bien mal de me soumettre à ça. Parce que...

- Un Malfoy ne ploie devant rien ni personne. Il n'a ni Dieu ni maître si ce n'est lui-même. Il ne se soumet pas car ce sont les autres qui doivent se soumettre à lui. Mes parents ne se sont pas soumis. Ils l'ont été pendant longtemps mais ils se sont relevés... et c'est mon tour maintenant.

- Je crois oui. Alors ? Que va-t-il se passer maintenant ?

Je redresse la tête et j'ancre mes yeux gris tempête dans tes émeraudes qui m'ont emmené bien des fois au bord de la folie. Peut-être était-ce de cette étincelle de folie dont j'avais besoin. Comment l'interpréter autrement alors que je souris de cette façon typiquement hautaine, narquoise et sadique qui fait que je suis moi ? Sourire alors que la mort plane au-dessus de nous... elle est au-dessus de nous en cet instant, n'est-ce pas ?

Je lève la tête et fixe les nuages grisâtres qui placent une lourde atmosphère sur la ville.

- SI TU VEUX MA PEAU ESPÈCE DE SALOPE, FAUDRA VENIR LA CHERCHER !

Et j'éclate de rire, le tête rejetée en arrière alors qu'un grondement se fait entendre et que la pluie commence à s'abattre sur nous. Le ciel est en colère parce que j'ai osé le défier. La colère c'est mieux que le désespoir. L'acharnement c'est mieux que l'abandon. Et il a fallu que ce soit toi, Potter, qui me remettes les idées en place. Bordel ! J'suis descendu bien bas pas vrai ? Peut-être pourrais-je même dire que j'ai touché le fond. Mais je peux prendre appui au fond de ce gouffre maintenant et en me propulsant, je volerai vers les étoiles... bonjour le mélo, je crois que je suis bon pour une séance d'électrosort à Sainte Mangouste.

- T'es cinglé Malfoy, me dis-tu alors avec un sourire éclatant.

- Assurément, mais au moins, je suis vivant ! Et si pour le rester je dois jeter en pâture aux dragons toutes les créations de Dieu, alors qu'à cela ne tienne. UN MALFOY N'EST PAS UN JOUET !

Et tu éclates de rire à ton tour. Merde... on est vivants et même si on ne sait pas pour combien de temps, ça ne sert à rien de se lamenter et de faire le décompte. Chaque fois que l'on t'écrase tu te relèves ? Chaque fois que l'on te brûle les ailes tu t'en reforges de plus solides encore ? Chaque fois qu'on te fait redescendre tu te bats pour aller encore plus haut la fois d'après ?

Et bien je ferai pareil. Ça me débecte de dire ça parce qu'il est le symbole de ce vieux fou qui nous prend pour des marionnettes, mais nous serons tels des phénix. Viens la mort ! Viens essayer de me brûler ! Je jure devant Dieu de renaître de mes cendres autant qu'il le faudra pour te rendre folle de la même façon que tu m'as rendu fou. Et rira bien qui rira le dernier !

La mort sait-elle rire au moins ? Non... alors ce sera définitivement moi qui rirai le dernier !

FIN...


Note de l'auteur : Les points de suspension après le mot de fin ne sont pas là pour faire décoration. En effet, même si cette fiction était un coup d'essai dans mon exploration de l'univers potterien, je l'ai trouvée suffisamment bien pour décider d'en faire une préquelle. Qui dit préquelle dit forcément séquelle et d'ici à l'année prochaine, vous devriez donc voir arriver sur la toile mon prochain gros projet : "La trille du Diable".

J'espère que vous serez au rendez-vous lors de sa publication pour voir comment un Harry décidé à se battre contre le destin et un Drago qui se libère de son passé de souffrance vont s'en sortir au milieu de la guerre contre Voldemort !

A BIENTÔT pour la suite !