Titre : Le Sourire du Diable
Auteur : Ghostly Doll
Disclaimers : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Square et Disney, et blablabla...
Pairing : SoraxRiku, et autres…
Raiting : T
Résumé : « Le regard froid de l'homme en noir se posa alors sur sa proie. Ça n'allait pas être facile. Mais il adorait les défis. Et rien ne le détournerait de son but. » Quand une affaire de meurtre éclate, c'est Sora et Riku qui sont chargés de l'affaire. Mais les morts se multiplient, inexorablement. Les larmes aussi. Et l'amour s'en mêle…
Warning : Yaoi, mais pas trop présent dans ce chapitre. Ah, et attention, scène gore. Âmes sensibles s'abstenir. On ne sait jamais.
Note de l'auteur : Je suis contente, je n'ai pas trop tardé avant de poster ! Mais en fait, la suite était déjà écrite quand j'ai posté le chapitre 1… C'est juste qu'elle était sur papier et que j'avais une flemme incroyable de recopier. Enfin bref. Et là, comme je suis déprimée, j'ai décidé de terminer pour pouvoir poster ce soir. Voilà !
Réponses aux reviews :
Mai Kei : Oui, je l'ai mis ! Merci d'avoir mis une review alors que tu l'as déjà lue en perm, lol.
Shirley no Gemini : Sora a toujours besoin de Riku, c'est un pilier sur lequel il... s'appuie… Désolée xD' Ouais, Kairi n'est pas intelligente ! Même Sora le dit ! Merci pour ta review !
NamMisa : Arigatô Gozaimasu ! Oui, pauvre Alice… Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu envie qu'elle meure. Pourtant je jure que je l'adore ! Merci pour ta review !
Serya-chan : De la peine pour Kairi ? Ne t'embête pas, elle ne vaut pas cette peine xD OUI, VIVE L'AMOUUUUUUR ! (surtout entre deux mecs XP) Voilà la suite. Et merci beaucoup pour ta review !
Becca86 : Mickey ne se sent concerné que par son ménage et la disparition des étoiles, de toute façon ;) Merci d'avoir reviewé !
Tinople27 : Waw, ma sœur a lâché Habbo dix minutes pour lire ma fic :o Merci =P
DuncanHeart : … J'ai dit ça, moi ? xD Zut, je dois avoir des troubles de la mémoire immédiate. Mais si, tes titres avaient de l'avenir, juju ! Surtout le « Peut-on s'aimer quand on enquête sur des cadavres pourrissants », ou quelque chose du genre =P Merci pour la review !
FrostfromFire : C'est vrai qu'on ne voit pas souvent le Pays des Merveilles. Et c'est dommage, j'adore cet endroit ! J'avoue, je suis très antipathique par rapport à Kairi, mais je n'y peux rien, je la déteste. Désolée pour le bashing ! On ne la verra pas souvent de toute façon, du moins je pense. Merci beaucoup pour la review !
Bonne lecture, et encore merci à tous !
Chapitre 2
Le vol jusqu'au Pays des Merveilles se fit sans problème majeur. Mis à part que Sora avait encastré Donald dans un mur pour pouvoir piloter le vaisseau gummi. Les passagers étaient tous silencieux. C'était la première fois qu'ils allaient enquêter sur un meurtre. Ils espéraient pouvoir attraper le coupable avant qu'il ne recommençât.
Quand ils furent arrivés, ils sortirent du vaisseau et débouchèrent directement en bas d'un trou sans fin qui menait au centre de la Terre… Paraît-il.
— Bon, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Riku, qui n'était encore jamais venu dans ce monde étrange.
Avant même que l'un des trois autres n'ait pu répondre, le Lapin Blanc surgit littéralement de nulle part, en brandissant une énorme montre à gousset dont les aiguilles indiquaient dix-sept heures.
— Oh, par mes moustaches ! Je suis en retard, en retard, en retard ! cria-t-il avec affolement, en se précipitant dans le couloir dallé.
Riku resta immobile, la bouche ouverte, abasourdi.
— Un lapin… Avec une montre ?
— Le Lapin Blanc ! s'écria Sora sans surprise, en bon habitué. Vite, suivons-le !
L'argenté le regarda avec de grands yeux, se demandant visiblement si le châtain n'était pas un peu fou.
Les quatre compagnons s'élancèrent donc à la suite du rongeur. Mais au fur et à mesure qu'ils avançaient, le couloir semblait rétrécir, le plafond devenait de plus en plus bas… Et finalement, ils se retrouvèrent face à une porte aussi grande que Donald ! Ils durent se pencher pour pouvoir la franchir… Et arrivèrent dans une pièce aussi haute qu'eux. Ce qui était totalement incohérent.
Riku, qui n'y comprenait plus rien, lâcha :
— C'est vraiment bizarre ici.
— Et encore, t'as pas tout vu ! ajouta Sora en souriant de toutes ses dents. Regarde !
Le châtain s'accroupit près du mur du fond et enjoignit son ami d'en faire de même. L'argenté obéit avec curiosité…
— Mmph ! Veuillez je vous prie retirer votre genou de mon nez !
Riku faillit faire un bond de deux mètres en arrière en poussant une exclamation de surprise quand il entendit, un peu plus bas, une voix bougonne le tancer.
— Qui parle ?
— Le Bouton de Porte, évidemment. Et je tiens à vous rappeler que votre genou m'ennuie !
Riku, confus, recula légèrement puis se pencha pour faire face au Bouton de Porte.
— Vous… Parlez ?
— Cela ne se voit pas ? répliqua le Bouton de Porte avec mépris.
— Eh bien… Là d'où je viens, les Boutons de Porte sont plutôt silencieux et…
Sora décida d'intervenir dans cette conversation, quoique passionnante, pour parler de la raison pour laquelle ils étaient là :
— En fait, nous devons nous entretenir avec la Reine.
— Et alors ? marmonna le Bouton de Porte, ne se sentant absolument pas concerné.
— Et alors, est-ce que tu pourrais nous laisser passer ?
— Vous êtes bien trop grands, voyons. Utilisez la bouteille.
Ah oui, la bouteille. Sora fit volte-face et trouva comme prévu la bouteille sur la table en verre. Il l'attrapa, retira le bouchon qui rebondit par terre et but une gorgée du liquide.
— Sora ! s'exclama Riku en son ami rétrécir, rétrécir, rétrécir… Jusqu'à faire la taille de la petite porte.
— Bois-en aussi, Riku ! hurla Sora pour se faire entendre des trois géants.
Riku se redressa sur ses pieds.
— C'est sans danger ?
Donald et Dingo confirmèrent d'un hochement de tête. Riku inspira fortement, saisit la bouteille à son tour et but. Il reposa aussitôt la bouteille sur la table. Table qui semblait grandir, grandir, grandir… Le plafond s'éloignait…
Et brusquement, Riku se trouva aux côtés de Sora, qui lui adressa un sourire rayonnant. L'argenté le lui rendit, un peu crispé. Il n'aimait pas ce monde étrange et saugrenu où on pouvait grandir, rétrécir, où les Lapins avaient des montres et où les Boutons de Porte ne voulaient pas s'ouvrir.
Donald et Dingo les rejoignirent quelques instants après.
— Tu nous ouvres ? lança Sora au Bouton de Porte.
— « Tu nous ouvres, s'il te plaît », le reprit le Bouton de Porte offensé, qui était d'humeur à emm… à ennuyer les gens, ce jour-là.
Sora leva les yeux vers le plafond qui lui paraissait si loin à présent, et répéta machinalement :
— Tu nous ouvres, s'il te plaît ?
— Non.
La réponse avait claqué, sèche et nette.
— Pourquoi ? s'indigna Sora.
— Hohoho. J'ai oublié de vous le dire, mais… Je suis fermé à clef.
Et le Bouton de Porte fit cette déclaration avec un grand sourire, triomphant et même légèrement sadique. Riku observait Sora avec inquiétude. Une veine battait sur la tempe de son ami qui commençait à perdre patience.
— Et où est-elle, cette clef ?
— Sur la table, répondit le Bouton de Porte sur un ton dégagé.
Sora regarda la table, et aperçut effectivement la clef à travers le verre. Mais il y avait un problème… La table était beaucoup trop haute !
— Sora, souviens-toi de ta Keyblade ! lui rappela Donald, ennuyé par toutes ces sornettes.
— Ah ! oui !
Sora eut un grand sourire victorieux à son tour et fit apparaître Chaîne Royale, qu'il pointa sur le Bouton de Porte. Un long faisceau lumineux jaillit du bout de la Keyblade jusqu'à la serrure, bouche du Bouton de Porte, qui se déverrouilla enfin.
— À la revoyure ! dit Sora avec satisfaction en s'engouffrant dans le passage, suivi de ses amis.
Le Bouton de Porte roula des yeux et décida de faire une sieste.
La porte se referma immédiatement derrière eux.
Riku regarda le paysage qui s'étendait devant ses yeux et poussa un profond soupir. Les prunelles de Sora s'écarquillèrent avec effroi.
— Couac ?! éructa Donald. Un labyrinthe ?!
— On va mettre des siècles à atteindre la Reine de Cœur, se lamenta Sora.
— Ahyuk, ça promet d'être amusant, fit Dingo, toujours optimiste.
Riku ne dit rien. Il regrettait de ne pas pouvoir créer un portail des Ténèbres pour arriver directement au Jardin Royal… Mais il ne possédait plus ce pouvoir. Dommage.
— Il serait si simple d'y remédier, susurra une voix bien familière dans son esprit.
— Tais-toi Ansem, marmonna Riku dans sa barbe.
Il ne voulait pas retourner dans les Ténèbres, même si une part de son âme en faisait et en ferait toujours partie. Il avait fait souffrir Sora à cause de ça. Et il avait même failli le tuer, lui, son meilleur ami. L'estomac de l'argenté se contracta à cette pensée. Il ne referait pas la même erreur. Il se l'était juré.
— Riku ! Tu viens ? lui cria Sora, quelques mètres devant, ses cheveux châtains dans le vent et ses yeux bleus étincelant comme des pierres précieuses à la lumière.
— J'arrive ! lança Riku en retour.
Et il courut rejoindre la tête de piques qui le gratifia d'un sourire craquant.
Non, pour rien au monde il n'abandonnerait un trésor pareil.
— On a réussi ! hurla Sora avec soulagement, quand il vit ce qui lui semblait être la sortie.
Après deux bonnes heures de marche dans le labyrinthe – dues notamment au magnifique sens de l'orientation de Sora –, ce n'était pas trop tôt. Les quatre compagnons en avaient plus que marre de toutes ces haies vertes. Et ils étaient exténués. C'est pourquoi ils considéraient cette annonce comme elle le méritait, c'est-à-dire comme une nouvelle salvatrice.
Mais alors qu'ils franchissaient l'arche de verdure, une voix retentit derrière eux :
— Des têtes familières dans mon champ de vision ?
Tous se retournèrent ; ils ne virent d'abord rien. Puis, en levant les yeux, Sora aperçut comme un croissant de lune suspendu dans les airs… Des rayures roses et violettes se mirent à apparaître, et le Chat de Cheshire se matérialisa devant eux.
— Venez-vous pour prendre le thé ? demanda-t-il en souriant étrangement.
— Quoi ? Mais non ! répliqua Sora. Nous venons pour élucider le meurtre.
— Ah ? Vous tombez à pic, alors. Le procès vient de démarrer.
— Quel procès ? fit Sora, perdu.
— Celui du coupable, évidemment.
Les quatre amis en restèrent comme deux ronds de flan. Le coupable avait donc déjà été retrouvé ? Incroyable ! Le Pays des Merveilles avait beau être peuplé de fous, lesdits fous n'en étaient pas moins efficaces.
Mais avant que quelqu'un ne puisse demander au Chat de Cheshire de plus amples informations, celui se volatilisa.
— Ça alors, murmura Riku. Je ne pensais pas qu'on se ferait distancer dans ce monde de dingues…
— Allons voir qui est le coupable, décida Sora.
Et ils firent volte-face pour pénétrer dans le Jardin Royal.
En effet, un procès était bel et bien en cours. La Reine vociférait du haut de son siège de juge, le Lapin Blanc lisait un long parchemin et des cartes-gardes étaient postées un peu partout… Mais, à la place de l'accusé, il n'y avait personne.
— Je ne comprends pas, lâcha finalement Sora. Qui est-on en train de juger ?
— Nous devrions aller demander à la Reine, suggéra Donald, bien que cette idée ne l'enchantât guère.
Sora approuva et s'avança d'un pas de conquérant vers le trône, ses amis le suivant en silence, soucieux de garder leurs têtes.
— Majesté ! appela le châtain.
— Qui êtes-vous pour oser m'adresser la parole sans y avoir été invité ? hurla aussitôt la Reine. Qu'on lui coupe la tête !
— Euh, non ! s'écria précipitamment Sora. C'est inutile !
— Mes ordres sont inutiles ? s'offusqua la Reine. Coupez-lui la tête !
— Non ! cria Sora. Je dois vous parler du meurtre d'Alice !
La Reine de Cœur se tut un instant et se calma légèrement.
— Pourquoi m'en parler ? reprit-elle, les sourcils toujours froncés. On a retrouvé le coupable ! Le procès est en cours.
— Mais… Il n'y a personne à la barre des accusés, osa timidement le châtain en essayant de ne pas se cacher derrière ses amis.
— Évidemment, il n'a pas voulu venir !
Riku commençait à en avoir sérieusement assez de cette conversation de fous. Il s'avança à son tour et dit d'une voix forte :
— Et qui est le coupable ?
La réponse survint aussitôt :
— Le Chat de Cheshire !
Tous restèrent sans voix, et la Reine de Cœur reprit ses hurlements après les gardes, ne faisant plus attention à eux.
Sora avait la tête qui tournait. Le Chat de Cheshire ? C'était ridicule, voyons ! Pourquoi aurait-il voulu tuer Alice ? Et comment s'y serait-il pris ?
— C'est impossible…
La Reine de Cœur s'interrompit et baissa sévèrement les yeux vers Sora.
— Jeune homme, sachez que rien n'est impossible.
— Mais comment avez-vous su que c'était bien le Chat de Cheshire ? insista Sora.
— À cause de son sourire.
Un frisson parcourut l'échine de Sora. En effet, le Chat de Cheshire était assez… Unique. Et donc, reconnaissable entre mille. Mais pouvait-on vraiment faire confiance à des dingues ?
— Vous n'auriez pas des preuves ?
— La preuve est que je le dis ! tonna la Reine de Cœur, furieuse. Maintenant, disparaissez ! Hors de ma vue !
Les amis décampèrent dans la Forêt isocèle sans demander leur reste.
— Je ne comprends pas, murmura Sora en se laissant tomber sur une souche d'arbre.
— Cette saleté de chat a tué Alice, dit Donald, sombre. Je ne vois pas ce que tu ne comprends pas là-dedans.
— Pourquoi. Pourquoi diable aurait-il fait ça ? C'est vrai qu'il est un peu bizarre, mais…
— À moi il a semblé suffisamment bizarre pour commettre un meurtre, commenta Riku.
Sora le gratifia d'un regard outré et l'argenté s'empressa de se justifier :
— Je veux dire… Son sourire… Il était un brin psychopathe. Je le juge capable de tuer quelqu'un de sang-froid.
— N'importe quoi ! protesta Sora. Et comment aurait-il fait ? Avec ses grosses pattes roses… !
Mais il se fit ignorer, car Riku et Donald s'étaient déjà mis à établir des théories tandis que Dingo les écoutait, l'air perdu. Sora serra les poings avec colère. Il avait l'impression d'être transparent, et il détestait ça. Même si tout semblait accuser le Chat de Cheshire, le châtain restait persuadé que ce n'était pas lui le coupable. Instinct du Maître de la Keyblade. Bien sûr, il ne savait pourtant pas qui c'était réellement. Mais Sora le trouverait et l'arrêterait. Il se le jurait.
Mais pour le moment, il lui fallait prouver que le Chat de Cheshire n'était pas l'assassin. Mais comment ? Avec les deux autres têtes de mule et l'abruti, ce n'était pas gagné…
Soudain, il eut une idée. Le mieux était de vérifier la possibilité que le Chat ait pu commettre ce crime.
Sora lança alors :
— Et si nous allions examiner le cadavre ?
Les trois autres levèrent la tête vers lui, choquée que Sora ait pu prononcer de tels mots. Le châtain répugnait également à faire ça, mais… Il n'avait pas le choix. Et ça faisait partie de leur enquête.
— Soit, répondit finalement Riku après un instant de réflexion. C'est une des étapes importante pour retrouver le coupable. Allons-y.
Donald et Dingo acquiescèrent gravement et tous revinrent sur leurs pas, retourner affronter la terrible Reine de Cœur. Elle était toujours en train de crier après des gardes. Sora s'approcha d'elle avec plus de réticence et lui fit une courbette un peu gauche.
— Euh, Majesté… Mes amis et moi voudrions voir le cadavre d'Alice.
Il attendit une explosion… Qui n'arriva pas. Et même, à son plus grand étonnement, la Reine de Cœur sourit. Certes, elle restait toujours aussi hideuse, c'était même à la limite du traumatisant. Mais c'était quand même un certain progrès. Peut-être qu'avec un peu de chirurgie esthétique, ce serait moins laid à regarder…
Sora frissonna : c'était un sourire de pur sadisme.
— Bien sûr que vous pouvez, dit la Reine de Cœur. Il est là-bas, près de la cage.
Sora hocha la tête et avança dans la direction indiquée. Riku glissa sa main dans la sienne et la pressa doucement pour l'encourager. Un pâme sourire orna les lèvres du châtain, qui tremblait à l'avance. Ils firent deux pas de plus.
— … !
Sora ouvrit la bouche pour hurler, mais aucun son ne sortit de sa gorge serrée. Un haut-de-cœur le secoua alors et il recula pour vomir dans un coin. Donald s'évanouit et tomba, les bras en croix, par terre. Dingo porta une main à sa bouche, mais il n'y avait aucune certitude qu'il eût compris l'horreur du spectacle. Riku, lui, avait pâli comme un linge. Le cœur au bord des lèvres, il se força à respirer calmement pour calmer sa nausée.
Le corps d'Alice gisait dans l'herbe. Cette position allongée pouvait laisser supposer qu'elle dormait, mais un seul coup d'œil permettait de savoir que ce n'était et ne serait plus jamais le cas. La robe bleue et le tablier blanc étaient trempés d'un sang encore frais, légèrement humide. Le rouge vif jurait affreusement sur la peau de porcelaine si blanche de la petite fille. En regardant un peu mieux, on pouvait voir que tout ce sang provenait d'un énorme trou dans la poitrine d'Alice, à l'endroit où se trouvait le cœur. Où se aurait dû se trouver le cœur serait plus exact. Car de cœur, il n'y en avait point. Les artères pendaient lamentablement hors de la blessure, ainsi que d'autres veines et boyaux sauvagement sectionnés.
C'était atroce.
Riku ferma les yeux, puis les rouvrit et avala une grande goulée d'air avant de s'accroupir près de la tête d'Alice. Il entendit alors un bruit étouffé près de lui et tourna la tête ; Sora venait de s'agenouiller à ses côtés. Son teint était toujours un peu verdâtre, ses mains tremblaient, mais son regard était plus assuré.
— Ça va ? lui chuchota Riku avec inquiétude.
Sora hocha vigoureusement la tête et gratifia Riku d'un petit sourire en coin.
— Ça ira mieux quand on aura fini cet examen.
L'argenté approuva et reporta son attention sur le cadavre. Les cheveux blonds d'Alice trempaient dans le sang, mais le visage était dégagé. La peau était crayeuse, toute couleur l'avait quittée. Sa bouche était entrouverte et ses lèvres étaient desséchées, avec quelques craquelures. Et ses yeux, ses beaux yeux bleus autrefois brillants de curiosité, étaient écarquillés de terreur.
La petite fille avait donc vu son assassin.
Sora ferma avec douceur les paupières sur les globes vitreux. Alice semblait plus paisible, ainsi. Elle avait dû tellement souffrir…
— Verdict ? demanda Riku.
— Il est évident qu'Alice a aperçu son meurtrier avant de se faire tuer, répondit Sora pensivement. L'ennui…
— L'ennui, c'est qu'elle n'est plus là pour nous dire qui c'est, acheva sombrement l'argenté.
— Effectivement.
Donald, qui avait fini par se remettre de son inconscience, leur cria :
— Bon, vous avez suffisamment observé le cadavre, on peut s'éloigner ?
— Chochotte, marmonna Riku entre ses dents.
Sora le réprimanda d'une tape sur la main et l'argenté lui tira la langue avant de se relever. Il épousseta rapidement son pantalon, baissa les yeux vers Sora. Un tendre sourire éclaira son visage et il lui tendit la main. Le châtain sourit à son tour et attrapa les longs doigts pâles pour se redresser. Une fois sur ses pieds, il évita soigneusement le regard de Riku pour éviter de penser au courant électrique qui avait parcouru sa main quand il avait touché la peau de son meilleur ami…
— Conclusion ? demanda Donald, interrompant les pensées de Sora.
— Le meurtrier a le cœur bien accroché, avança Dingo.
— C'est sûr, confirma Riku avec dégoût.
— Mais rien ne prouve que c'est le Chat de Cheshire, intervint Sora.
— Rien ne prouve que ce n'est pas lui, contra l'argenté.
— Il n'aurait quand même pas pu tuer Alice de la sorte !
— Et pourquoi pas ?
— Mais… Il n'en a pas les moyens !
— Tu en es vraiment sûr ?
Sora s'apprêtait à répliquer… Mais une image apparut comme un flash dans son esprit : le Chat de Cheshire, se léchant ostensiblement ses griffes couvertes de sang, son éternel sourire de psychopathe accroché à sa face tel une menace…
— Oh… murmura Sora en déglutissant.
— De plus, un crime aussi sanglant n'a pu être réalisé que par un animal, ajouta Riku, convaincu de la véracité de sa théorie.
— Couac ? Que signifient ces préjugés ridicules ? protesta Donald outré.
Dingo, lui, ne réagit pas vraiment. Il n'avait probablement pas compris.
Sora ne disait rien, encore trop choqué. Non… Le Chat de Cheshire, meurtrier d'Alice ? Quelle aurait été sa motivation ?
Le plaisir de tuer ?…
À cet instant, le châtain le vit, près de l'entrée de la Forêt Isocèle. Leurs regards se croisèrent : le sourire du Chat s'élargit, et il fit signe à Sora de la suivre.
Le châtain resta immobile quelques instants. Il jeta un rapide coup d'œil au reste du groupe : encore une fois, Riku et Donald se chamaillaient sous le regard bête de Dingo.
Sans attendre davantage, Sora partit à la suite du Chat de Cheshire.
— Euh… Hello ?
Silence.
Sora avança prudemment parmi les fleurs et les herbes géantes. Tout était si calme que c'en faisait presque peur. Mais Sora n'avait peur de rien… S'il tremblait un peu, c'est parce qu'il avait froid, voilà tout.
Il sentit du mouvement dans son dos et se retourna brusquement en faisant apparaître sa Keyblade.
— Qui est là ? cria-t-il, le cœur battant à tout rompre.
Personne ne répondit, une fois de plus.
Sora regarda partout autour de lui, soupçonneux. Il était certain d'avoir entendu un bruit…
— Vous avez perdu quelque chose ?
Sora sursauta violemment et leva les yeux vers un arbre, où le Chat de Cheshire était perché, souriant tranquillement.
— Euh, oui… Enfin non, plus maintenant, bafouilla le châtain en s'emmêlant les pinceaux.
— Alors, cherches-tu quelqu'un ?
— Vous m'avez fait signe de venir.
Le Chat sourit un peu plus.
— En effet. Je voulais savoir où en était le procès.
— Il n'a pas encore commencé, le coupable n'est pas présent.
— Oh. Quel dommage.
Et il continuait à sourire.
Sora essayait de garder un air neutre, afin de ne pas laisser voir au Chat qu'il supposait que c'était lui…
— Oui, quel dommage, répéta-t-il en écho.
— Et l'enquête ? Avance-t-elle ? s'enquit de nouveau le Chat de Cheshire.
— Je croyais que vous saviez tout, répliqua Sora, se souvenant de la première fois qu'il avait parlé au Chat.
— Exact. Mais pas tout à fait. J'avais dit : « Le Chat de Cheshire a toutes les réponses, mais ne les donne pas forcément ».
— Autrement dit, tu ne veux pas me les donner.
— C'est bien dit.
Sora bouillait de rage. Il aurait donné n'importe quoi pour tordre le cou de ce damné matou.
— Tu connais le nom de l'assassin d'Alice ? reprit-il en s'efforçant de rester calme.
— Oui, répondit le Chat.
— Tu connais ses motivations.
— Oui.
— Tu sais à quoi il ressemble ?
— Jusqu'au moindre grain de beauté.
— Et malgré tout… (Sora se força à ne pas piquer une crise de nerfs.) Tu refuses de me donner la moindre information ?
Les dents du Chat de Cheshire luirent.
— Oui.
— Je perds mon temps, marmonna Sora en commençant à faire demi-tour.
— Penses-tu que je sois le tueur ?
Le châtain se retourna. Le Chat de Cheshire lui souriait, encore et toujours. Sora ne songea même pas à mentir ou à nier ; de toute façon, le Chat avait toutes les réponses, il saurait probablement s'il mentait.
— Oui.
— Dans ce cas, pourquoi m'avoir suivi ?
Avant que Sora ne pût répondre, le Chat disparut dans un nuage de fumée et se matérialisa devant Sora.
— Ne crains-tu pas pour ta vie ? demanda le Chat, tout sourires.
Sora déglutit et raffermit sa prise sur sa Keyblade. Le Chat s'était redressé sur ses pattes arrières, et bien qu'il ne fût pas plus grand que lui, il semblait tout de même menaçant.
— C'est un homme en noir qui a tué Alice, déclara-t-il soudain.
Les yeux de Sora s'agrandirent de surprise.
— Un homme… En noir ?
« L'Organisation ? » songea-t-il. « Non… Impossible, ils ont tous disparu ! »
— Comment puis-je avoir confiance en toi ? fit le châtain avec méfiance.
— Tu ne peux pas, admit le Chat. Je suis fou.
— Alors je ne peux pas te croire.
— Pouvoir ou ne pas pouvoir… C'est la question, n'est-ce pas ?
Et sur ces dernières paroles, le Chat de Cheshire commença à disparaître, du bout de sa queue jusqu'à sa tête. Son sourire flotta quelques instants dans les airs avec de se volatiliser à son tour.
Sora resta paralysé. Ses pensées se bousculaient dans son esprit. Un homme en noir ? L'Organisation serait-elle donc derrière tout ça ? Mais ils étaient morts ! Comment était-ce possible ? Non, c'était n'importe quoi.
Mais alors, qui ? Qui donc avait pu tuer Alice ? Et pour quelle raison ?
— Sora ? Où es-tu ?
Sora sursauta. Avec tout ça, il avait oublié ses amis, qui étaient en train de le chercher, d'ailleurs. C'était Riku qui venait de l'appeler.
— J'arrive ! cria le châtain.
« Un homme en noir… »
— Résumons-nous…
De retour dans le vaisseau gummi, les quatre amis rassemblèrent tous les éléments de leur enquête, Riku se chargeait de les écrire dans un carnet. En temps normal, c'était Jiminy Crickey le chroniqueur de leurs aventures, mais le grillon était retourné s'occuper de Pinocchio. Et Riku avait la plus belle écriture, c'était donc lui le secrétaire.
Après avoir retrouvé Sora, les compagnons étaient allés pour la forme interroger le Chapelier Toqué et son ami, le Lièvre de Mars, tous deux en pleine fête de non-anniversaire, comme d'habitude. Après leur avoir proposé du thé, ils durent changer de place et de tasse trois millions de fois au moins avant que Donald ne s'énervât et décidât qu'ils n'obtiendraient rien des deux lurons. Ils étaient donc retournés au gummi.
— Dans la liste des suspects, on a le Chat de Cheshire, dit Riku en relisant ses notes. Mais il n'a pas de mobile apparent.
— Sauf s'il a tué Alice pour le plaisir, rappela Donald.
— Oui. Comme arme, il aurait pu utiliser ses griffes pour déchirer la poitrine d'Alice et lui arracher le cœur.
— Et il ne s'est pas présenté au procès, ajouta Dingo.
— Tout le désigne, confirma Riku. Qu'est-ce qu'on fait ?
— On va informer le Roi et…
— Une minute, interrompit Sora.
Les autres se retournèrent vers lui en haussant les sourcils.
— On n'est pas sûrs que ce soit vraiment le Chat de Cheshire, poursuivit le châtain.
— Mais qui d'autre aurait pu commettre le meurtre ? fit Riku, sceptique.
— La Reine de Cœur ? suggéra Dingo.
— Non, sinon elle lui aurait tranché la tête, répliqua Donald.
— Le Chat de Cheshire m'a parlé d'un homme en noir, avança prudemment Sora en guettant leurs réactions.
Qui furent plutôt diverses et variées.
— Couac ?! L'Organisation ?!
— Ahyuk, tu as parlé au Chat de Cheshire, huh ?
— Imbécile ! Et tu l'as laissé filer en le croyant bêtement ?!
Sora croisa les bras.
— Oui, j'ai eu des doutes au départ mais finalement je le crois. C'est plus probable.
— N'importe quoi, marmonna Riku en lui tournant le dos.
Les sourcils du châtain se froncèrent. Pourquoi Riku ne lui faisait-il pas confiance ? Lui, son meilleur ami, il ne le croyait même pas ! Frustré et déçu, Sora essuya d'un geste rageur des petites larmes qui perlaient à ses cils. Riku ne l'aimait donc pas plus que ça… Évidemment, il devait préférer les filles… Imbécile !
Une bouffée de colère envahit Sora, et il se mit à crier d'une voix aiguë à Riku :
— Eh bien si ce que je dis, c'est n'importe quoi, débrouille-toi tout seul ! Mince, à la fin !
Et le châtain fila comme une flèche dans la cale à l'arrière du vaisseau en claquant la porte. Il se laissa ensuite glisser au sol et ramena ses genoux contre sa poitrine avant de lâcher un profond soupir. Elle commençait mal, cette foutue enquête…
To be continued…
Et voilà, j'ai updaté. Désolée encore pour la scène gore (ce n'était pas si terrible… Si ?) mais il fallait que je la mette. C'est comme ça et pis c'est tout :D
Bisous à tous !
