NdA : Mea Culpa mes chers lecteurs !! Il manquait un chapitre !!! Il est clair que vous n'avez pas dû comprendre grand-chose à l'histoire puisque tout ou presque se décide dans celui-ci. C'est un peu le problème quand les fics sont déjà écrites, il faut faire doublement attention. Un grand merci à AriesnoMu pour son intervention!

Un étrange document

Mu venait d'être nommé Pope intérimaire, à l'approbation générale des quelques chevaliers d'or qu'il restait, et il s'aperçut assez vite que ce n'était pas une tâche de tout repos. Visiblement Saga n'avait pas été très à cheval sur la gestion administrative du domaine sacré, il allait donc falloir mettre à jour 13 années de paperasse ! Rien que d'y penser il se sentait déjà fatigué. De plus l'ombre de son maître Shion, dont on venait de retrouver le corps au Mont Etoilé sur les dires de Marine, planait encore dans la pièce. Il avait des flash back fréquents où il se voyait enfant regarder son maître s'abimer les yeux sur les mêmes rapports qu'il devait gérer aujourd'hui.

Il avait l'impression de ne pas s'en sortir, et quelque part, malgré l'amertume qu'il pouvait ressentir à son égard, il comprenait que Saga ait complètement délaissé les dossiers. 13 ans à rattraper et depuis un mois qu'il était là, à presque dormir sur place, il n'avait pu remonter que les 4 derniers mois. Gigar avait laissé un tel foutoir !

Enervé au possible par des écritures comptables qui ne collaient pas, il décida d'aller prendre l'air dans les jardins du palais. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait plus mis les pieds, mais curieusement, l'endroit n'avait pas changé. Après un long moment passé à rêvasser près du bassin où il aimait jouer quand il était petit, il se décida tout de même à retourner à ses chiffres. Ce qu'il vit en entrant dans le bureau failli lui arracher des larmes de rage.

Aldébaran du Taureau voulait faire une surprise à son ami Mu, qu'il ne voyait plus depuis bientôt un mois. Il déboula dans le bureau avec toute la délicatesse d'un taureau, mais c'était sans compter sur les montagnes de dossiers qui tenaient dessus en équilibre précaire. Il était donc à quatre pattes dans le bureau en train d'essayer de rassembler les feuilles éparpillées aux quatre coins de la pièce quand Mu arriva.

- Ah, Mu !... s'écria le taureau encore à quatre pattes. Je suis désolé, je n'ai pas fait exprès.

Mu se calma un peu. Après tout, peut être que c'était ce qu'il aurait dû faire le premier jour, tout foutre en l'air, au lieu d'essayer de rassembler les pièces d'un puzzle bien trop grand pour lui tout seul. Il sourit à son ami, et s'accroupi à son tour pour l'aider à ramasser les feuilles.

- Vraiment je suis désolé… continua Aldébaran devant le mutisme de Mu.

- Non, ça va, ne t'excuse pas. En fait, tu m'as peut être rendu service…

- Ah bon, tu crois ?

- Ecoute, on ramasse ce qui reste et on va boire un verre au village, ça te dit ?

- J'étais venu pour ça, en fait !

Le lendemain matin Mu revint au palais un peu plus détendu. Il savait ce qu'il devait faire maintenant. Quand il arriva, il trouva Athéna au milieu du foutoir qu'était devenu son bureau.

- Majesté… je ne vous attendais pas aujourd'hui ! Dit-il un peu gêné.

- C'est ce que je vois ! Que s'est-il passé ici, au juste ? Un courant d'air ? Demanda-t-elle un petit sourire aux lèvres.

- On peut dire ça, oui… dit-il plus détendu devant le sourire de la déesse… un courant d'air nommé Aldébaran.

- Ah ! Alors je comprends.

Mu fit le tour du bureau et commença à faire des tas avec les feuilles qu'Aldébaran et lui avaient ramassées la veille.

- En fait, ce n'est peut être pas plus mal, ce qui s'est passé.

- Qu'est ce que tu as derrière la tête, au juste ? Demanda Saori un peu intriguée

- Une vie ne suffirait pas à remettre à jour 13 ans de gestion inexistante. Une armée d'experts n'y parviendrait pas. Alors moi, vous pensez…

Saori resta de marbre et laissa Mu continuer. Elle savait bien qu'il avait raison.

- Le mieux c'est de reprendre ce que Saga a fait la dernière année et d'enchainer dessus, en essayant de combler les trous. Kiki m'aidera à classer tout ça, et qui sait, j'en sortirai peut être de quoi m'aider à y voir plus clair.

Le soir venu, il y était encore. Il essayait de faire des tas avec des feuilles qui semblaient traiter du même sujet général. Complètement absorbé, il ne faisait pas attention à la lumière du jour qui déclinait au dehors. Il eut de nouveau ce même flash back quand il surprenait son maître essayer d'y voir dans le noir. Ce souvenir le fit sursauter.

- Et dire que je me moquais de lui quand il faisait ça ! Se dit-il en se levant pour allumer la lumière.

Il revint s'asseoir et reporta à ses yeux la feuille qu'il était en train de lire et qu'il n'avait pas lâchée. Son contenu le laissa sans voix.

XXX

Mu ne pouvait plus détacher ses yeux de ce document. Qu'est ce que Saga pouvait bien faire d'une concession vieille de plus de 13 ans dans le cimetière du village voisin ? Et au nom d'un certain Kanon, en plus.

Ses yeux revinrent vers le bureau, où on y voyait déjà un peu plus clair. Mais le plus dur restait à faire, lire tous ces tas.

- Il me faudrait de l'aide… mais à qui demander ça ? Le seul qui pourrait garde les yeux fermés.

Il pensa à la déesse et à la fondation Kido qui devait bien avoir sous la main une armée de comptables. Il rangea la concession dans sa poche pour ne pas risquer de l'égarer, et commença à éplucher le premier tas. Des colonnes et des colonnes de chiffres…

- Génial… fit-il en faisant la moue.

- Tu as besoin d'aide, je crois ! Fit la voix de Saori juste derrière lui.

Il se retourna surpris.

- Je vais rentrer au Japon quelques temps. Mais ne t'en fais pas, j'ai fait appeler un comptable de la fondation qui devrait arriver demain.

- Ah, oui, merci ! J'avoue que quand je regarde tout ça, je perds espoir.

Mu profita que ce que l'expert n'arrivait que le lendemain pour tirer cette histoire de concession au clair. Mais qui était Kanon ? Encore une énigme, et de taille. Il se dirigea vers le temple de la vierge, sachant bien qu'il y trouverait Shaka en méditation.

Il appela en entrant, préférant s'annoncer à l'avance.

- Shaka ! C'est moi, Mu, j'entre…

Il le trouva assis dans la position du Lotus, un mince sourire aux lèvres.

- Mu ! Je croyais qu'Athéna t'avait enchaîné à ton bureau !

Mu sourit à son tour et s'assit en tailleur en face de lui.

- Shaka… tu connaissais bien Saga ?

La vierge parut un peu surpris par la question, puis réfléchit un moment avant de répondre.

- Pas vraiment, non… Je l'ai connu, au début, mais après je ne l'ai plus vu pendant 13 ans, jusqu'à l'autre nuit… Il n'était pas très expressif, il parlait peu. C'était quelqu'un de très secret.

- Et le nom de Kanon, te dit quelque chose ?

- Kanon ?... vaguement… mais je ne me souviens pas. Pourquoi ?

- Disons que j'ai trouvé une concession au cimetière de Rodorio, au nom de Kanon, et vieille de 13 ans.

- Une concession ?!

- Tu penses à quoi ? Moi, je nage en plein océan !

- J'ai entendu dire que quand le Pope, autrement dit Saga, faisait ses visites dans les villages voisins, il ne manquait jamais de passer par le cimetière de Rodorio, et seul !

Mu écarquilla des yeux aussi grands que des soucoupes.

- Tu viendrais avec moi voir ce cimetière ?

- Qu'est ce que ça va t'apporter de plus d'y aller ? Tout ce que tu risques de trouver c'est une vielle tombe.

- En surface, oui, mais en dessous…

Shaka lui adressa son plus beau sourire et lui répondit :

- D'accord. On devrait se renseigner au village, il y a bien quelqu'un qui se souvient de quelque chose…

- Bonne idée, on demandera au prêtre et à l'ancien. On dit qu'il raconte des tas d'histoires. L'une d'elles pourrait nous intéresser !

Mu et Shaka se retrouvèrent à l'entrée du village, non loin du fameux cimetière. Si cet endroit pouvait paraître agréable le jour, à la tombée de la nuit, il avait quelque chose de sinistre.

- Bon, qu'est ce qu'on fait ? Questionna Mu. Je suis trop curieux, il faut que je sache s'il y a une tombe. On pourrait voir l'ancien un autre jour.

- J'avoue être curieux moi aussi. Allons-y pendant qu'il n'y a personne.

Ils entrèrent dans le cimetière munis de leur lampe torche, comme s'ils allaient s'apprêter à commettre un grave délit, en prenant bien soin de vérifier, plutôt deux fois qu'une, que personne ne les avaient vus. Une chouette hulula à leur entrée, ce qui fit frissonner Mu.

- Oh, Mu, chuchota Shaka, ne me dis pas que tu as peur d'une chouette !! Tu t'apprêtes à ouvrir une tombe, et tu frissonnes au hululement d'une petite chouette !!

- Je m'apprête à quoi ?

- Mon pauvre Mu ! Comment veux-tu savoir si quelqu'un est enterré-là sinon ?

- Je ne sais pas… d'ailleurs elle ne doit pas être bien loin. C'est une idée, ou il y a une étrange vibration dans ce cimetière ?

- Non, elle est bien réelle… et elle vient d'ici ! Regarde-moi ça ! Une tombe anonyme. Tu veux toujours savoir qui est là-dessous ?

Mu était un peu gêné, mais force était d'avouer que depuis qu'il connaissait l'existence de cette tombe, il n'en pouvait plus de curiosité.

- Bon, allons-y… finit-il par dire. Il y a moyen de ne pas casser la pierre ?

- Nous sommes des chevaliers d'or ! Nous faisons dans la finesse…

- Puisque tu le dis… souffla Mu en rejoignant Shaka de l'autre côté de la tombe pour soulever la lourde pierre.

Ils s'y reprirent à plusieurs fois avant de la faire glisser tout à fait. Ils ne voulaient pas risquer de faire le moindre bruit, et ainsi d'être découverts. Deux chevaliers d'Athéna, dont l'un qui venait d'être nommé Pope, surpris en train de violer une tombe, ne serait pas du plus bel effet sur la population locale.

Ils braquèrent leur lampe dans le trou et virent le cercueil au fond.

- Il n'est même pas abîmé… constata Mu. Bon, je vais descendre, braque bien la lampe que j'y vois clair.

Il joignit le geste à la parole et sauta lestement dans le trou. L'ouverture du cercueil ne lui fut pas bien difficile.

Shaka resté en haut n'entendait même plus son ami. Il s'impatienta.

- Mu !... Alors ?

Mu releva la tête, il avait l'air d'avoir vu un fantôme. Il releva tout à fait le couvercle du cercueil pour que Shaka puisse voir son contenu.

- Par Athéna !... s'exclama-t-il en ouvrant grand les yeux.