Suite et fin de cette petite histoire…
Une triste histoire
Mu et Shaka partirent sur les traces de la sage-femme. Non pas qu'ils pensaient en apprendre plus que ce qu'ils savaient déjà, mais avoir quelques précisions de plus sur Saga, n'était pas dédaignable.
- Tu avais entendu parler d'une noyade, toi ? Demanda Mu
- Non… mais cette histoire de jumeau ne m'est pas inconnue. Ton ami Aldébaran doit savoir ça. Il connait toutes les recrues du Sanctuaire !
Ils arrivèrent devant une petite maison aux allures austères mais bien tenue. Une vielle femme en noir était penchée sur un petit potager et enlevait les mauvaises herbes.
- Pardon madame, dit Mu, nous recherchons la sage-femme du village.
- Ah, vous vous trompez de maison, fit-elle sans même lever le nez, la sage-femme est à l'entrée du village, près de Rodorio ! Et toutes mes félicitations !
Mu et Shaka se regardèrent et éclatèrent de rire. En les entendant elle les regarda d'un œil mauvais.
- Vous n'avez pas honte de vous moquer d'une vieille femme ? Qui êtes-vous d'abord ? Je ne vous connais pas !
- Pardonnez-nous, madame, lui dit Mu de sa voix la plus gracieuse. Nous cherchons Sacha, l'ancienne sage-femme.
- Ah ! Dans ce cas c'est différent jeune homme… mais qu'est ce que vous lui voulez ? Demanda-t-elle encore méfiante.
- Nous recherchons des jumeaux qui seraient nés ici il y a … une trentaine d'années environ, lui dit Shaka.
- Des jumeaux ?... bon, entrez. Nous serons mieux à l'intérieur.
La maison était petite et modeste mais on s'y sentait à son aise. Une vraie maison de grand-mère, se disaient les deux chevaliers. Les placards de la petite cuisine regorgeaient de porcelaines qui n'avaient jamais dû servir, et il n'y avait pas une once de poussière sur les meubles.
Quand elle leur servit un verre de limonade, ils se présentèrent comme des chevaliers du Sanctuaire d'Athéna.
- Oh, vous n'aviez pas besoin de me le dire, j'avais deviné !
Ils se regardèrent surpris. Ca se voyait tellement ?
- Ne soyez pas surpris. J'en ai vu un une fois… quand on en voit un, après on reconnait les autres. Il avait un visage vraiment magnifique ! Il était un peu comme vous, dit-elle à Mu.
- Comme moi ? Fit Mu surpris.
- Oui, il avait deux points sur le front, exactement comme vous. Qu'est ce qu'il était beau… C'est vrai que j'avais trente ans de moins ! Vous le connaissez peut-être ?
- Oui, en effet… je crois savoir de qui vous parlez. Mais dans quelles circonstances l'avez-vous connu, au juste ?
- Et bien, la circonstance qui vous intéresse ! La naissance de deux jumeaux. Des naissances j'en ai vu ! Des jumeaux aussi, ce n'est pas si rare qu'on pourrait le penser.
- Mais que s'est-il passé ? Et qu'est-ce que Shion faisait là ?
- Shion ? C'était son nom ? Il n'est jamais trop tard pour le savoir ! Patience, jeune homme… j'y viens !
Elle prit tout de même le temps de boire une longue gorgée de limonade avant de commencer. Shaka et Mu étaient, eux, pendus à ses lèvres.
- On m'a fait appeler en pleine nuit, pour une naissance difficile au village. Quand je suis arrivée, elle était déjà en plein travail, et déjà mal partie, la pauvre. Je savais bien qu'elle ne survivrait pas, le travail l'avait trop épuisée. C'était une pauvre fille, une orpheline. Au début j'ai cru que le chevalier était le père des enfants, car il lui tenait la main, quand je suis arrivée… Elle est morte quand le premier garçon est né, continua-t-elle avec regret, On a bien failli perdre le deuxième d'ailleurs.
Elle se leva pour prendre une bouteille d'un liquide ambré dans un des placards et s'en servit un verre plein qu'elle but cul sec.
- Je ne vous en propose pas, vous êtes bien trop jeunes !... bref, Shion m'a dit que la mère souhaitait confier ses enfants au Sanctuaire, et que c'était la raison de sa présence ici. Deux beaux bébés en parfaite santé et des jumeaux parfaits ! Saga et Kanon… si ma mémoire est bonne. Le portrait de leur pauvre mère.
- Shion les a emmenés tous les deux au Sanctuaire ? questionna Mu.
- C'est ce qu'il m'a dit ! Il est parti avec les deux bébés et moi je suis restée m'occuper de la morte.
- Savez-vous ce qu'ils sont devenus ensuite ?
- Comment voulez-vous que je le sache ? Demandez à Shion ! Je ne sais rien de ce qui passe dans ce tas de ruines que vous appelez Sanctuaire.
- Sacha, je ne sais pas comment vous dire ça… commença Mu, mais Shion est mort il y a 13 ans.
Elle encaissa et se resservit un autre verre qu'elle avala de la même manière que le précédent.
- Ce sont des choses qui arrivent, mes enfants… fit-elle l'air visiblement déçue. Paix à son âme ! J'aurais bien aimé le connaître… il était vraiment très beau…
- Euh, oui, c'est vrai ! fit Mu. Bien, nous vous remercions pour tout ! Merci pour ces précieux renseignements.
- Oh, de rien ! Ce ne sont pas des souvenirs très gais, mais ça me fait plaisir d'en parler. Il faut bien exorciser le passé de temps en temps.
Ils retournèrent tous les deux à Rodorio d'un pas léger.
- Sacrée bonne femme ! Fit Shaka amusé. Et ton maître Shion, quel bourreau des cœurs !
- Apparemment… répondit Mu pensif.
Kanon
Aldébaran était en pleine conversation avec un groupe de jeunes recrues. Il aimait bien leur donner des conseils et leur redonner du courage quand ils perdaient leur entrain devant le dur entrainement de chevalier. Certains aimaient à dire qu'il avait empêché plus d'un de déserter, voire même de se suicider. Son visage s'éclaira d'un grand sourire quand il vit Mu et Shaka s'approcher.
- Olà amigos ! S'écria-t-il quand ils arrivèrent à sa hauteur. Mu, tu as laissé ta comptable toute seule ?
Les jeunes recrues d'abord gênées de voir arriver le nouveau Pope, se firent des clins d'œil entendus en entendant Aldébaran. Mu s'en rendit bien compte et se dit que la nouvelle s'était ébruitée aussi vite que le vent. Milo aurait dû être du signe de la vipère, au lieu du scorpion, ça lui allait bien mieux.
- Noriko est une grande fille, et elle a son caractère. Je ne sais pas ce que Milo raconte au juste, mais je crois qu'elle le mène à la baguette et qu'il n'ose pas te le dire. Répliqua Mu sachant bien que cette nouvelle là aussi serait colportée dans tout le Sanctuaire et que ça fermerait son clapet au chevalier du scorpion, au moins pour un moment.
- Ah bon ? Demanda Aldébaran avec des yeux ronds comme des soucoupes. Notre ami le scorpion perd un peu de sa superbe ! Rajouta-t-il en se tournant vers les recrues qui gloussaient, n'osant éclater d'un rire franc devant Mu.
- On pourrait te voir seuls deux minutes ? Demanda Mu qui n'avait pas envie de parler du couple Milo/Noriko toute la journée. On aurait des choses à te demander.
Aldébaran renvoya les recrues à leur entraînement en leur promettant de revenir les voir bientôt. Ils marchèrent tous les trois dans la direction de la maison du bélier tout en parlant de Saga et Kanon.
- Kanon… c'est bizarre ! Mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que Saga avait un jumeau. Mais il lui causait plus de soucis qu'autre chose, si tu veux mon avis. Ils se bagarraient souvent.
- Tu l'as connu alors ? Demanda Shaka.
- Pas vraiment, non… en fait il n'était pas plus causant que son frère, et en plus il était assez désagréable, rajouta-t-il en grimaçant.
- Désagréable ? Répéta Mu. Comment ça ?
- La jalousie ! Expliqua Aldébaran. Il a suivit le même entraînement que son aîné, tout en restant dans son ombre et en sachant bien qu'il ne porterait jamais l'armure d'or en retour. A sa place, je l'aurais eu mauvaise aussi, je dois dire.
- Et tu savais qu'il s'était noyé ? Demanda Shaka.
- C'est ce que Saga a raconté avant de disparaître à son tour. Tout la monde a cru qu'il ne sortait plus de son temple à cause de la douleur que lui avait causé la perte de son frère… c'est peut-être ce qui l'a poussé à assassiner notre brave Shion, allez savoir… la douleur lui aurait fait perdre la tête… Enfin, c'est bien dommage, tout ça.
Mu et Shaka étaient impressionnés par les paroles de leur ami. Le taureau était bien le seul à voir Saga comme un homme normal, capable de sentiments, et non pas comme un monstre sans cœur. Il venait sans le savoir de leur donner une bonne leçon d'humilité !
- Ca se tient, dit Shaka une fois seuls dans la maison de la vierge. Je t'avouerais n'avoir jamais pensé au chagrin pour expliquer la folie meurtrière de Saga, mais pourquoi pas ?
- Mais ça ne nous dit pas qui est dans le cercueil ? Kanon ou Saga ? Demanda Mu.
- On regardera mieux quand on l'aura récupéré. On nous rend le corps dans deux jours, je pense que d'ici là tu as de quoi t'occuper, non ? Renchérit Shaka avec un sourire entendu.
XXX
Les deux jours passèrent très vite, entre le travail qui heureusement avançait bien et les visites surprises de Milo. Mu avait convoqué, non sans une certaine appréhension, les chevaliers d'or pour leur apprendre que le corps de Saga avait été retrouvé et qu'il avait demandé son rapatriement au Sanctuaire. Il se doutait bien que la nouvelle ne serait pas accueillie dans la joie et la bonne humeur.
Shaka avait attendu le camion des pompes funèbres devant une entrée du Sanctuaire que plus personne n'utilisait, puis les avait guidés sur des vieux chemins vers le cimetière. La tombe de Saga qui était vide venait d'être ouverte, et n'attendait plus que son nouvel occupant.
Mu et Shaka demandèrent à se recueillir une dernière fois devant le corps de leur ami avant qu'il ne disparaisse à jamais.
- Bon, et bien, je crois qu'il est temps de savoir s'il s'agit bien de Saga, dit Shaka dont la voix trahissait une certaine nervosité.
Ils ouvrirent le cercueil en vérifiant bien que les deux personnes des pompes funèbres ne les regardaient pas, et contemplèrent son occupant qui donnait plus l'impression de dormir paisiblement que celle d'être mort depuis 13 ans.
- Je ne sais pas comment était Kanon, mais pour moi, c'est Saga. La couleur de ses cheveux est bien significative, commenta Mu.
- Aldébaran a dit que Kanon avait les cheveux plus foncés que son frère, rajouta Shaka. Il n'y a donc pas de doute.
- Je ne comprends toujours pas comment c'est possible, dit Mu. Et Kanon, où est-il dans ce cas ?
- Je ne sais pas, moi non plus. Mais nous le saurons bien un jour.
Bien sûr en disant cela, Shaka était loin de se douter à quel point il avait raison. Ils aidèrent à descendre le cercueil dans sa nouvelle tombe, raccompagnèrent le camion à la porte et repartirent aussi vite qu'ils le purent vers la salle du trône où les attendaient les chevaliers que Mu avait convoqués.
- Je ne sais pas si tu fais bien de leur dire, lui dit Shaka. Tu devrais les laisser dans l'ignorance. Ne rouvre pas leurs blessures, et laisse donc Saga reposer en paix.
- Tu as sûrement raison. Je ne voulais rien leur cacher, je voulais jouer la transparence après 13 ans de dictature.
- Tu verras assez vite que ce n'est pas possible. Il y a certaines choses qu'il vaut mieux garder pour soi, pour la tranquillité de tous.
- Qu'est ce que je vais leur dire, alors ?
- Ca je ne sais pas, mais tu as intérêt à le savoir vite car nous somme arrivés !
Shaka laissa Mu à l'entrée pour aller rejoindre Aldébaran, Aiolia et Milo qui attendaient patiemment dans la grande salle.
Mu arriva quelques minutes plus tard, ayant revêtu pour l'occasion la robe bleue traditionnelle et qui lui donnait un air solennel. Toutefois, il ne s'asseya pas sur le trône, il préféra se tenir debout sur l'estrade.
- Mes amis, commença-t-il d'une voix qui se voulait assurée, je voulais vous dire que… son regard s'attarda un moment sur Shaka, puis il reprit… que je viens de recevoir de très bonnes nouvelles du Japon. Vous savez qu'Athéna est retournée au chevet des chevaliers de bronze, et bien, elle m'a télégraphié pour me dire qu'ils étaient sur la bonne voie de la guérison ! Voilà, je voulais partager avec vous cette bonne nouvelle !
Les chevaliers, Shaka mis à part, reçurent la nouvelle avec une certaine indifférence, et en se demandant si elle valait la convocation officielle dont ils avaient fait l'objet.
- Marine sera contente de le savoir !, dit Aldébaran bien haut, n'est ce pas Aiolia ?
- Oui, sûrement… répondit ce dernier sans réel en train.
- Et c'est pour nous dire ça que tu nous as convoqué ?, demanda Milo l'air un peu suspicieux.
- Tu avais peut-être autre chose à faire ?, questionna Mu sans se démonter.
Cette remarque laissa Milo sans voix, pour une fois, et éclater de rire Aldébaran qui le gratifia d'une lourde tape dans le dos, qui le fit chanceler et manqua bien de lui couper la respiration.
Epilogue
Mu et Shaka étaient tous deux assis devant la maison du bélier à contempler le ciel encore chargé de lourds nuages noirs. Le déluge de Poséidon avait généré de lourds dégâts et de lourdes pertes humaines. Les chevaliers de bronze, à peine remis de la récente bataille du Sanctuaire, se retrouvaient encore une fois aux soins des docteurs de la fondation. Tous les guerriers divins du royaume d'Asgard étaient morts et presque tous les généraux de Poséidon, et tout ça pourquoi ? La raison les effrayait encore.
- Il faut croire qu'ils sont nés sous une mauvaise étoile, nos deux jumeaux maudits. Pensait Mu tout haut.
- En tous cas, maintenant on sait qui est dans la tombe là-haut au cimetière. Le doute est levé.
- Et Kanon ? Tu sais ce qu'il est devenu cette fois?
- Pas du tout. Il s'est peut-être véritablement noyé.
- Espérons-le…
XXX
13 ans plus tôt au sanctuaire…
Saga regardait, les larmes aux yeux, vers l'horizon, dans la direction du Cap Sounion. Il venait d'enfermer son propre frère, son sang, dans cette affreuse prison qui lui promettait une longue et douloureuse agonie. Il ne pouvait pas le tuer lui-même de ses propres mains, mais la culpabilité qu'il éprouvait à le laisser là-bas provoquait une douleur encore plus atroce. Il était sur le point d'y retourner quand il sentit une présence dans son temple. Au premier abord, il ne vit personne, puis une forme humaine, revêtue d'une longue cape noire et la tête enfouie sous une large capuche, sortit du sol juste devant lui. D'instinct il eut un mouvement de recul, mais par fierté, il resta campé fermement sur ses jambes.
- Qui êtes-vous ?
La forme ne bougea pas et ne lui répondit pas. Saga esquissa un mouvement dans sa direction pour lui enlever la cape, mais sa main ne rencontra que de l'air. Une voix grave et profonde lui parvint :
- Tu ne peux rien contre moi, cette forme n'est qu'une illusion.
- Que me voulez-vous ? Questionna Saga que l'impatience commençait déjà à gagner.
- Te proposer un marché.
Saga répondit dans un mouvement d'humeur :
- Revenez demain, là, j'ai autre chose à faire !
La vision émit un rire sombre :
- Tu veux parler de ton frère Kanon ? Tu ne peux plus rien pour lui maintenant !
- Plus rien ? Que voulez-vous dire ?
- Il doit continuer son chemin seul à présent. Son avenir ne dépend plus de toi.
Saga sentit une vague de soulagement le submerger, et il ressentit un bien-être comme jamais auparavant. La vision disparut et à la place, la voix parla dans sa tête.
- Il y a un moment que t'observe, Saga des gémeaux. J'étais présent à chaque moment significatif de ta vie, y compris celui de ta naissance. Je t'ai pris ta mère pour pouvoir mieux te protéger.
Saga essaya un mouvement quand il entendit cette dernière phrase, mais son corps restait paralysé.
- Et maintenant que la destinée de ton frère s'est éloignée de la tienne, je peux t'avoir à moi tout seul !
Saga sentit une nouvelle vague de chaleur se propager dans son corps, et malgré la peur qu'il éprouvait, il se sentait étrangement bien.
- Il est inutile de me combattre, tout ce que je veux, c'est te donner l'occasion de réaliser tes rêves les plus fous ! Je ne te demanderai qu'une petite chose en échange…
La paralysie de Saga cessa tout à coup, il se retrouva libre de ses mouvements.
- Que voulez-vous exactement ?
- Tu veux régner sur le monde et être l'égal d'un Dieu, n'est-ce-pas ? Alors ce que je vais te prendre n'est rien à côté de ce je t'offre !
Hadès était parti en lui laissant le choix d'accepter sa proposition ou de la refuser. A cet instant il regrettait la seule personne à qui il aurait pu en parler, son frère. Le regret de l'avoir enfermé au Cap Sounion était plus amer que jamais. Il avait déjà commis l'irréparable, alors qu'avait-il à perdre en acceptant le pacte ? Rien, à part son corps mortel, contre une chimère que seul un Dieu pouvait détruire et lui allouant de ce fait la vie éternelle.
Il partit vers le Cap Sounion, espérant encore qu'il n'était pas trop tard. Toutefois, ce fut sans grande surprise qu'il découvrit la cellule vide. Même s'il était un peu déçu de n'être pas revenu à temps, il se sentait soulagé ; son frère n'avait pas péri. Il se tint aux barreaux de la prison un moment, il ne savait pas quoi faire. Il était partagé entre ses rêves de grandeur que le seigneur Hadès lui servait sur un plateau, et son désir de servir Athéna, sa déesse, comme il l'avait toujours fait, et d'autant plus qu'elle allait très bientôt se réincarner.
Il repartit un peu las et triste vers le Sanctuaire, en espérant ne croiser personne, il ne valait mieux pas, il était dans un tel état de nervosité et d'épuisement qu'il aurait tué toute personne qui lui aurait demandé s'il allait bien.
Deux jours après, le délai de réflexion fixé par Hadès se terminait dans l'après midi. Saga prit le chemin des thermes, l'endroit du Sanctuaire qu'il appréciait le plus, car c'était là qu'il pouvait se détendre et oublier un peu ses soucis. Mais ses soucis, étaient bien moindre ce jour là, car non seulement sa décision était prise mais en plus, son frère, bien que disparu, n'était pas mort, ou en tous cas, pas de ses mains. Ce fut donc la conscience plus légère qu'il abandonna ses vêtements sur un banc et se glissa dans l'eau tiède. Il se laissa aller immergeant complètement son abondante chevelure.
Hadès fit son apparition sur la berge de la piscine et contemplait, non sans une certaine satisfaction, ce superbe corps musclé immergé. Il pensait avec délectation à la jouissance que procurerait la possession de ce corps. Il était perdu dans sa contemplation quand Saga s'aperçut de sa présence.
- Vous êtes déjà là ?, s'enquit le chevalier des gémeaux de toute la hauteur de son dédain.
- Quel corps magnifique tu as, chevalier… as-tu pris ta décision ?, demanda le seigneur des ténèbres sûr de la réponse qu'on allait lui faire.
- Oui, j'ai pris ma décision… répondit Saga en se levant, lui exposant ainsi, sans aucune gêne, sa nudité.
- Tu acceptes ma proposition ?
- C'est un grand honneur que vous me faites, mon seigneur, fit Saga en s'inclinant. Il rajouta avec un petit sourire aux lèvres : - mais je me vois dans l'obligation de refuser.
Hadès resta sans voix, il était persuadé qu'il accepterait sa proposition sans conditions. Fou de rage il déclara :
- Tu crois peut-être que tu peux m'éconduire comme un vulgaire amant ? Tu ne me laisses pas le choix, chevalier !!
L'ombre noire du seigneur Hadès fondit sur Saga qui ne put rien faire pour l'éviter.
- Je t'attends depuis trop longtemps, j'ai modelé ta vie pour que tu m'appartiennes. Je ne peux tolérer tes mouvements d'humeur à mon égard ni ton refus. Il est inutile de te débattre… tu es à moi !
FIN !
