Et voilà le dernier chapitre !! Désolée de vous avoir fait attendre tout le week-end (et même un peu plus...) mais j'espère que ce dernier chapitre contentera vos attentes. Quoiqu'il en soit, à très bientôt sur une prochaine fic et bonne lecture !!


Toute l'après-midi, Tim avait en vain cherché à comprendre les motivations de Gibbs. Pourquoi donc fallait-il qu'il parle à Ziva ? Et de quoi de toute manière ? De ce qu'il ressentait pour elle ? Assurément pas. Malgré l'heure tardive et ne trouvant finalement aucune réponse satisfaisante à ses interrogations, il se décida à aller lui poser directement la question. Lorsqu'il arriva devant la porte de son amie, il ne put s'empêcher de se souvenir de tous les moments passés avec elle des derniers mois. Les étreintes échangées, les discussions prolongées jusque tard dans la nuit durant lesquelles il avait découvert le passé de la jeune femme, ses doutes, ses inquiétudes, ses joies également dont elle ne faisait que trop peu souvent étalage. Sans cette nuit de beuverie où tout avait commencé, il n'aurait jamais envisagé une liaison possible avec elle, et maintenant, il comprenait que rien ne serait désormais plus pareil entre eux. Il toqua doucement au montant et attendit qu'elle vienne lui ouvrir.

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Sa discussion avec Gibbs l'avait ébranlée. Elle savait que son passé de tueuse du Mossad était désormais révolu, trop d'événements et de rencontres l'ayant bouleversée aux Etat-Unis pour qu'elle demeure éternellement le bon petit soldat qu'elle avait été. Mais jamais elle n'aurait pensé avoir si profondément changée au point d'être incapable de dissimuler ses sentiments aux autres. Tim était en grande partie responsable de ce changement. Elle s'était ouverte à lui, corps et âme, et s'était laissé corrompre par le caractère foncièrement bon de son collègue. Abby et Tony aussi avaient leur part de responsabilité, à force de câlins et de gamineries, ils avaient ébranlé l'armure forgée autours de son cœur. Et Gibbs. Il était une figure paternelle pour elle, c'est vers lui qu'elle se tournait quand elle avait un problème, plus encore que vers son propre père. Lorsque des coups retentirent à la porte, elle pensa immédiatement qu'il revenait pour la sermonner une fois de plus. Elle fut cependant surprise de découvrir Tim derrière la porte. Elle hésita un instant à lui ouvrir, puis, sachant pertinemment qu'il la savait chez elle – la musique résonnait dans toute la pièce – elle lui ouvrit la porte, se composant un masque de neutralité pour l'occasion.

- McGee… Un problème ? Demanda t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

- A vrai dire, je n'en sais rien… Je peux entrer ? Demanda t-il en lui adressant un petit sourire contrit.

- Si tu veux.

Elle s'effaça pour le laisser entrer. Il pénétra dans le salon et se débarrassa de sa veste, pendant qu'elle partait baisser le volume de la musique.

- Ziva, commença t-il, est-ce qu'il y a quelque chose qui te dérange en ce moment ? Je veux dire, quelque chose que j'aurai fait ?

- Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

- Gibbs. Il s'accorda un instant avant de poursuivre. Gibbs m'a dit qu'il fallait de je te parle, mais le problème, c'est que je ne sais pas de quoi. Alors je te le demande : ai-je fais quelque chose de mal, Ziva ?

Elle ne savait que répondre. Si Gibbs avait tenu ces propos à Tim, c'est forcément qu'il validait leur liaison, qu'il leur en donnait l'autorisation implicite. Mais Tim avait quelqu'un désormais, une jolie brune avec un magnifique sourire.

- Je t'ai vu l'autre soir, dans ce restaurant de Grand Hill Street. Ta copine est vraiment très jolie.

- Ma… Il sourit en comprenant. Ce n'est pas ma copine, Ziva. C'est ma nouvelle éditrice. L'autre me tapait vraiment sur le système… Ziva… C'est ça le problème ? Mon éditrice ?

- Non, le problème, c'est que ça m'a rendue dingue de te voir avec cette fille !! Expliqua t-elle, visiblement en colère. Ca fait deux jours que je t'en veux de … Je ne sais même pas pourquoi je t'en veux, déclara t-elle finalement en s'effondrant dans son canapé.

Il la regarda faire un moment. Elle avait plongé son visage dans ses mains, se massant les tempes de ses index.

- Alors, dans ce cas, laisse-moi t'expliquer pourquoi je ne dors pas bien depuis deux mois.

Elle le regarda étrangement, attendant qu'il poursuive ses révélations. Ils avaient déjà fonctionné ainsi par le passé. Si elle ne parvenait pas à formuler ses pensées correctement, il détournait la conversation sur un sujet le touchant personnellement. C'est ainsi qu'elle en était venue à lui faire de nombreuses confidences sur l'oreiller, des choses qu'elle n'aurait jamais pensé être capable de révéler un jour.

- Je dors mal parce que je ne suis pas avec toi…Parce que nous ne pouvons pas être ensemble, parce que je ne suis pas l'homme qu'il te faut et que tu recherches… Ce que je trouve dingue, moi, c'est de craquer sur toi en sachant tout cela, au point que cela me retourne le cerveau chaque nuit.

- …

- Tu me manques Ziva.

Comme elle ne semblait pas réagir, il se pencha vers elle, déposa un baiser sur sa chevelure ondulée, et s'apprêta à partir, quand une main le saisit brusquement par le bras et le poussa contre le mur. Leurs lèvres se joignirent, un baiser brûlant et fièvreux, issu de leur frustration commune.

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Ils avaient parfaitement conscience que ce ne serait en rien facile. Elle ne serait pas plus démonstrative au quotidien, il n'en serait pas moins obsédé par un besoin maladif d'être rassuré et aimé. Elle ne lui dirait probablement pas souvent « je t'aime », lui ne le lui répéterait que trop. Elle continuerait à être fougueuse et déterminée, il serait câlin et tendre puisque c'est ce qu'elle recherchait. Ils feraient face à l'incompréhension première de leurs amis, aux remarques, aux inquiétudes. Mais après tout, s'ils s'aimaient, pourquoi pas ?