Bonne lecture ^^.
Le lendemain matin, Hermione se réveillait avec une douleur dans les poignets.
- Imbécile, persiffla-t-elle.
Elle chercha ses habits des yeux tout en décidant de vérifier si elle pouvait sortir. Sur une chaise étaient disposées une jupe et une chemise. On aurait pu croire qu'il s'agissait de l'uniforme de Poudlard, mais lorsqu'elle le détailla plus attentivement, elle remarqua qu'il semblait tout de même différent ; elle ne comprit pas le pourquoi d'une telle tenue mais sachant qu'elle n'avait rien d'autre à se mettre et qu'elle préférait mourir que de sortir en nuisette dans le manoir… Le choix était vite fait.
La chemise était beaucoup trop grande pour elle et elle la laissa pendre négligemment. La jeune sorcière se dirigea ensuite vers la salle de bain afin de se laver les dents. Du maquillage était disposé sur le rebord du lavabo, mais elle lui rit au nez. Les tubes de rouge à lèvre et les crayons pour les yeux étaient de Tubercule Fossett, une grande marque de cosmétique. Ils semblaient lui murmurer « Malefoy nous a dit que tu en avais bien besoin ! ». Elle quitta la salle de bain peu après, sans s'être maquillée, mais avait tout de même fait l'effort de discipliner ses cheveux, redevenus sauvages durant la nuit. Hermione s'approcha alors de la porte de la chambre et enclencha la poignée ; elle était ouverte !
Elle se précipita hors de la pièce avec une certaine discrétion, tout de même, et se pressa dans le couloir sombre. Il n'y avait aucune porte et elle trouvait cela très étrange car le corridor était d'une longueur non négligeable. La jeune sorcière n'était pas bête ; il avait dû utiliser un sort. Il avait donc laissé la porte ouverte en sachant très bien qu'il ne prenait pas de risques. En fait, il avait probablement en tête le fait qu'elle viendrait le rejoindre, au bout de ce couloir… Hermione poussa un soupir rageur. Une porte semblait se dessiner plus loin, elle devrait parcourir encore une trentaine de mètres… Que lui voulait-il, encore ?
Enfin arrivée à destination, elle se planta devant la porte. Tout à coup, elle se rendit compte que des cris étouffés provenaient de la pièce… de nombreux cris… Et aussi des rires tonitruants. Elle remarqua alors ce qu'il y avait d'écrit, sur cette fameuse porte.
« Salle n°3 ».
Elle eut un mouvement de recul et sa bouche s'ouvrit dans une moue horrifiée, sa main venant la rejoindre avec tremblements. Hermione se retourna, prête à s'en aller mais devant elle se tenait Drago Malefoy. Elle sursauta et poussa un cri. Il lui avait fait une peur bleue. Soudain, elle pensa à sa présence et réfléchit à toute allure ; c'était évident, il était là pour elle, pour la faire rentrer dans cette fichue salle. La jeune fille écarquilla les yeux et le contourna à toute vitesse, courant pour rejoindre sa chambre. Elle n'eut pas cette chance ; à peine quelques mètres plus loin, elle s'écroula ; il venait de la faire tomber avec un sortilège. Elle se redressa prestement et repris sa course mais c'était sans compter sur l'insistance de Malefoy. Aussitôt, elle fût paralysée, comme la veille. Il s'approcha d'elle avec lenteur.
- Alors, quoi ? Hier tu me prônais ton courage, tu me disais que tu y resterais bien volontiers plutôt qu'en ma compagnie… et aujourd'hui, tu fuis devant une inscription sur une porte ?
Il rit.
- Oh laisse-moi tranquille, l'homme impuissant ! Hier t'étais censé m'en faire voir de toutes les couleurs, je n'ai rien senti, hein.
Malefoy en eut le souffle coupé, elle devait plaisanter ! N'était-elle pas en train de le provoquer ? Elle aurait dû trembler des conséquences… Il l'attrapa violemment par le bras, tandis qu'elle le narguait comme une idiote, et ouvrit la porte d'un coup de pied, laissant tous les regards s'abattre sur eux. L'air narquois d'Hermione disparut à la seconde où elle prit conscience du spectacle qui se déroulait devant ses yeux.
Des filles, jeunes, semblaient attachées à des espèces de poteaux. La jeune sorcière trembla de rage et de peur. Les hommes, -ou plutôt les mangemorts, car Hermione ne les considérait plus comme des hommes-, se réjouissaient à les battre à la manière moldue. Il y avait tout un matériel de torture ; des fouets, ou encore des tisonniers incandescents… Hermione s'agrippa à Malefoy avec une crainte non dissimulée, sans trop savoir ce qu'elle faisait. On entendait les filles hurler de douleur. Cela vrillait les tympans de la jeune fille, qui se demandait comment elle avait pu faire pour ne pas les entendre de sa chambre. Elle songea à un sortilège d'insonorisation mais ces sorts étaient censés couvrir l'intégralité du son… Peut-être que les cris étaient tout simplement trop déchirants.
Drago n'appréciait pas le spectacle, lui non plus, mais il voulait lui montrer. Oui, lui montrer ce à quoi elle avait échappé, grâce à lui. Face à eux, deux mangemorts prenaient violemment une fille d'à peine vingt ans, l'insultant avec des termes qui donnaient des vertiges à Hermione. C'était vraiment trop pour elle et elle se précipita vers eux pour arrêter le carnage. Malefoy l'attrapa avant qu'elle n'ait pu faire deux pas et la retint contre son torse, l'enserrant dans ses bras ; l'un autour de son cou, l'autre encerclant son ventre, la laissant regarder sans pouvoir bouger. Elle se débattait avec une telle violence qu'il se félicita de ne pas être une lavette. Resserrant son emprise sur elle, il la fit se tourner afin qu'elle soit face à son torse et sortit de la salle en claquant la porte. Il marchait vite vers la chambre, portant et retenant de toutes ses forces une Hermione enragée, hurlante et en larmes.
- LAISSE-MOI PARTIR, ESPECE DE MONSTRE ! COMMENT PEUX-TU LAISSER FAIRE CA ? JE TE HAIS ! JE TE HAIS !
Le Serpentard ferma les yeux, énervé, elle ne comprenait vraiment rien. Arrivé dans la chambre, il la jeta sur le lit et s'élança au dessus d'elle pour la plaquer dessus, tentant vainement de bloquer ses coups et de la calmer. Elle le retourna et le fit passer en dessous d'elle pour mieux le frapper ; en vain. Il bloqua ses poignets.
- MONSTRE ! Je… te déteste…, finit-elle par gémir, complètement larmoyante.
Elle s'écroula sur lui, trop choquée et trop écœurée pour continuer à faire des efforts physiques.
- Granger… Crois-tu vraiment que je puisse faire quelque chose pour elles ? Crois-tu que de voir ça me fait plaisir ?
Hermione ne répondit pas, ses épaules tressautaient trop.
- Je suis un Malefoy, c'est vrai ! Mais je ne suis pas un monstre ! Je suis entièrement contre ce genre de pratiques, mais je n'ai pas mon mot à dire ! Et si je me plaignais, ils me forceraient à le faire ! Si je me tais, je peux au moins refuser poliment !
- Pourquoi ne m'as-tu pas laissée là dedans, alors ?
Il ne sut pas quoi répondre. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Dès lors qu'il avait appris sa présence, il avait décidé de se l'approprier, histoire de se divertir un peu. Peut-être qu'il avait voulu qu'elle échappe à ça, ne sachant que trop ce qu'elle avait déjà subi ; la mort de ses parents, tués par des mangemorts ; la mort d'Arthur et de Molly Weasley, les parents qui avaient pris le relai… La mort de Dumbledore, de MacGonagall ; la destruction partielle de Poudlard, le nombre d'élèves disparus, torturés et tués ; et le journal qui comptait plus de rubriques d'hommages aux sorciers morts sur le champ de bataille que de nouvelles promesses d'espoir. Alors oui, il avait dû estimer qu'une affaire de sang n'était pas assez importante pour justifier une telle souffrance.
Granger l'avait toujours énervé mais au moins elle savait lui répondre ; elle l'exaspérait, à toujours lever la main, à faire sa prude et à travailler sans cesse dans la bibliothèque… Elle n'était pas comme les autres filles et il ne le comprenait pas ; ce n'était pas normal et il fallait aplanir tout ça.
Il mit tout ça sur le compte du sang. Mais forcé de reconnaitre (intérieurement, évidemment) qu'elle avait beaucoup (trop) de qualités que certaines garces de sang pur n'avaient pas, il s'était pris, parfois, à envier son courage et à l'admirer. A la regarder, peut-être trop longtemps dans la bibliothèque, feignant de chercher des ouvrages sur la magie noire… A la provoquer sans cesse dans les couloirs, comme un petit garçon tenterait d'attirer le regard d'une petite fille en tirant sur ses nattes. A lui lancer des sourires entendus et séducteurs alors qu'il draguait sa binôme, en cours de Potions. Et elle semblait indifférente et méprisante… Ce que c'était énervant et rageant. Alors lorsqu'il parvenait à la blesser, à la vexer ; il se sentait mieux, important.
Merlin ce qu'il était immature ; il le savait bien, et pourtant ne pouvait s'en empêcher. A chaque fois qu'il saisissait son regard, qu'il la regardait rire, il faisait tout pour gâcher la situation. Et il enviait impitoyablement ceux qui provoquaient autre chose chez elle que du mépris et de l'indifférence. Il repensa à un instant précis.
Flash Back.
Drago Malefoy, princier, marchait dans les couloirs déserts de Poudlard accompagné de son éternel sourire narquois. Potter venait de faire perdre 30 points à Gryffondor car le Serpentard avait le plaisir d'être préfet, à l'inverse de son ennemi. Quelle joie que de pouvoir retirer des points aux personnes que l'on n'aime pas.
Des bruits perturbèrent son trajet si majestueux. Ils venaient des toilettes de Mimi Geignarde. Une fille semblait prendre son pied, du moins c'est ce qu'il se dit en entendant des gémissements répétés. Il pénétra avec discrétion dans l'embrasure de la porte et avança lentement pour ne pas se faire voir. Assise sur le rebord ébréché du grand et unique lavabo central, Hermione Granger poussait des gémissements de plaisir non négligeables. Malefoy faillit s'arrêter de respirer tant le spectacle monopolisait son esprit. Ronald Weasley était debout entre ses jambes, et semblait avoir glissé ses mains dans sa chemise d'écolière. Ils s'embrassaient avec sauvagerie. Drago Malefoy s'étouffait, c'était un spectacle à la fois écœurant et très intéressant.
Alors, Granger n'était pas si prude ? Voilà qui était captivant… Ronald Weasley ne devait pas être un très bon amant, jugea-t-il toutefois en observant la maladresse du roux. Mais enfin, elle devait être si frustrée que le moindre effleurement devait lui faire du bien, railla-t-il en son for intérieur. Il s'engouffra dans une cabine et observa le spectacle plus longuement, ne se sentant absolument pas gêné, il avait même envie de tousser pour les avertir de sa présence, au moment culminant.
- Oh Merlin, Ron… Sois plus doux ! Tu es en train de me massacrer la poitrine !, s'écria Hermione, sans pour autant s'arrêter d'haleter.
Drago pouffa de rire silencieusement. Avec lui, elle ne se serait pas plainte, ça c'était une certitude. Il se frappa mentalement d'avoir osé penser ça. Comme s'il pouvait coucher avec une Sang-de-bourbe, LUI. Tout à coup, Hermione sauta du lavabo et s'accroupit, à la hauteur des reins du roux ; le cœur de Malefoy s'arrêta. Non, impossible. Elle n'allait tout de même pas… Hermione, l'air à la fois très gênée et penaude, semblait pourtant prendre les choses en mains (c'était le cas de le dire !). Malefoy croyait halluciner. Ron devait se sentir très mal à l'aise, car avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit de sérieux, il la prit par les épaules et la remonta face à lui. Ce mec était vraiment un abruti ; si le Serpentard avait été à sa place, ça ne se serait pas passé comme ça ! Elle en aurait eu pour son grade, à se montrer aussi audacieuse…
- On a trop bu, Hermione.
Alors ça, c'était BIEN un Weasley.
- Je sais comment tu es quand tu bois, complètement intenable…
Drago était pétrifié.
- N'exagère pas, ce n'est que la deuxième fois que je bois !, s'écria-t-elle, en riant gaiement.
- Oui, et la première fois, tu as failli te jeter sur Seamus, Ernie, et MEME MALEFOY !
Le cœur de Malefoy s'arrêta. Il n'en pouvait plus, autant de révélations, il allait mourir foudroyé.
- Mais j'avais bu pratiquement toute la bouteille de Whisky Pur-Feu !, protesta-t-elle à la manière d'une enfant.
- C'est justement ce que je te reproche, la réprimanda-t-il.
- Bof, je n'avais pas choisi des moches, hein !, dit-elle avant d'exploser de rire.
Drago gloussa nerveusement, c'était la plus belle soirée de sa vie, concernant les ragots qu'il pourrait diffuser.
- Tu avais choisi Malefoy, ce qui prouve bien que tu avais de gros soucis !
Je t'emmerde, Weasley, pensa-t-il.
- Oh, arrête, torse nu, il est vraiment torride… Oh Merlin, il faut que je me taise, je ne sais plus ce que je dis… Je crois que je suis beaucoup trop excitée… Oh, Merlin, Salazar, Godric et tous les autres…
- Je peux savoir pourquoi tu loues tous les plus grands sorciers de l'histoire ?
- Ah, ils devaient savoir s'y prendre, ceux-là.
Weasley s'étouffa et Malefoy contracta un fou rire monstrueux.
- Il est temps de rentrer ! Tu ne sais vraiment plus ce que tu dis…, s'écria-t-il vivement en reboutonnant sa chemise et en réajustant sa jupe.
Il l'attrapa dans ses bras et Drago se dissimula mieux ; ils passèrent sans le voir, Hermione en position de mariée, complètement morte de rire, chantait des paroles obscènes.
- Salazaaaaaar, prends-moiiii… Tu verras qu'on n'est pas si mal, nous les Sangs-Impurs ! Après tout tu l'as bien appelée la Chambre des Secrets !, railla-t-elle.
Le Serpentard était complètement larmoyant tant il riait ; cette fille l'avait complètement retourné.
Fin Flash Back
Cette nuit là ; elle resterait à jamais gravée dans son esprit. Envahi par les souvenirs de Poudlard, il se souvint de nombreux instants où il était allé loin… Et où elle s'était laissée faire, du moins au début. C'était peut-être ce qu'il essayait de retrouver en la gardant près de lui. Il voulait peut-être provoquer à nouveau tout ce qui s'était produit dans l'école magique. Les moments de haine qu'ils avaient partagé… et il se rappela une bribe du désir qu'il ressentait, là-bas, finissant toujours par le déverser sur d'autres filles.
Tandis qu'il avait repensé à tout ça, Hermione s'était endormie sur son torse, certainement trop éprouvée. Il ne pouvait pas détester ce contact ; sa poitrine se pressait dangereusement contre son torse et c'était bien trop distinguable pour être nié. Il sentait la caresse insolente des boucles de la brune sur son cou et son torse. Drago soupira pour se calmer. Les petites mains de la jeune fille serraient impitoyablement sa chemise et l'empêchaient de tout mouvement. Il bougea ses bras et sa main droite entra en contact avec sa cuisse. Il se maudît. Ne pouvant pas se redresser, il ne voyait rien de ce qu'il fichait. Décidant d'utiliser la magie, il sortit avec grande difficulté la baguette de sa poche et la fit léviter, desserrant ses petits poings rageurs afin qu'elle le lâche. Sa jupe glissait sur ses jambes avec péril et il se força à regarder ailleurs le temps de la reposer sur le lit avec calme ; il n'allait décemment pas commencer à la violer assoupie… Drago se gifla mentalement. Il sortit de la pièce et verrouilla la porte derrière lui, rompant également le sortilège du couloir et y disparaissant.
Hermione se réveilla en sursaut et en sueur. Elle priait pour que ce ne fut qu'un rêve et se précipita vers la porte qui se révéla être verrouillée. Elle soupira, rassurée, puis s'aperçut de sa tenue… Non elle n'avait pas rêvé ; elle portait les vêtements qu'elle avait précédemment enfilés. Se prenant la tête dans ses mains moites, elle émit une plainte douloureuse. C'était tout simplement bien trop cruel pour qu'elle n'oublie. Hermione rassembla ses souvenirs et se souvint qu'il lui avait assuré ne pouvoir rien faire. La jeune fille se mordit la lèvre inférieure, torturée.
- Bardy, marmonna-t-elle péniblement.
L'elfe apparut dans la seconde.
- Oui, mademoiselle ?
- Emmène-moi auprès du maître, s'il te plait.
La créature tiqua, sans doute à cause de la formule de politesse.
- Je vais demander la permission du maître.
Elle réapparut une minute plus tard, déverrouillant la porte scellée et engageant Hermione à la suivre. La petite créature l'emmena près d'une autre porte à laquelle elle frappa religieusement.
- Qu'elle entre.
Hermione entra et Bardy ferma la porte derrière elle, comme à l'accoutumée.
- Que veux-tu ?, demanda-t-il, impassible.
Il était assis dans un fauteuil, les jambes croisées. Une bouteille d'Ogden's Old Firewhisky lévitait au dessus d'un verre à moitié rempli qu'il tenait dans sa main. Drago Malefoy avait un charisme incroyable. La jeune sorcière l'avait toujours su mais là, il était… implacable.
- Je… Je…, balbutia-t-elle, complètement happée par son charme.
Il ne sourit pas.
- Tu n'as… Vous n'avez pas répondu à ma question, maître.
- Et je n'y suis pas obligé.
Elle qui avait baissé les yeux, elle redressa aussitôt le regard, plongeant ses prunelles chocolatées et savoureuses dans les orbes métalliques de l'intraitable Serpentard.
- C'est vrai, accorda-t-elle, d'une voix blanche.
Il finit son verre mais ce dernier se remplit de nouveau, sans qu'il n'ait exécuté un seul geste.
- Merci…, murmura-t-elle.
Malefoy fronça les sourcils.
- Pardon ?
Elle se triturait les mains d'une manière enfantine et cela ne fit qu'encenser la convoitise de Drago.
- Merci. De m'avoir sauvée, je veux dire. Même si ce n'était probablement pas ton… Votre désir…
Il la revit gémir dans son souvenir et le verre entre ses mains explosa. Elle poussa un petit cri craintif et se protégea des bris de verres avec son bras. Drago inspira profondément. Il devait se contrôler.
- Et pardon pour mon insolence de tout à l'heure, ajouta-t-elle tremblante, pensant qu'il était en colère.
Le Serpentard ne répondit pas et son verre se répara de lui-même avant de se remplir à nouveau de liquide ambré.
- J'ai une mauvaise nouvelle, dit-il soudain d'une voix mi-cynique, mi-sombre.
Son cœur s'arrêta, elle pria à s'en faire imploser le cerveau que ce ne fusse pas une annonce de mort.
- Les autres Serpentards de notre année veulent te voir. Entre autre Théodore Nott, Blaise Zabini…
- Pourquoi ?
- Pour te faire la même chose que dans la salle n°3.
Elle frissonna.
- Non.
- Tu n'as pas le choix, Granger.
Hermione était tétanisée ; quoi ? Il allait les laisser faire ?
- Attends, attends…, murmura-t-elle en se rapprochant de lui.
Il fit les gros yeux.
- Je veux dire, « attendez »…
La rouge et or se mit à genoux sur le tapis devant lui, réfléchissant activement. Il la regardait songer, se demandant pourquoi elle se mettait dans cette position ; imaginant toutes sortes de choses auxquelles il se maudît aussitôt de penser.
Interdit.
- On… On pourrait dire que… Vous pourriez dire que vous désirez me garder pour vous.
- Tu crois que j'ai l'intention de t'aider ?
Elle respirait de plus en plus mal.
- Drago…
Le cœur du Serpentard cessa de battre avant de reprendre avec une violence inouïe. Le verre, qu'il venait de réparer, explosa de nouveau et Hermione se protégea tant bien que mal. Du sang avait giclé sur sa joue ; Malefoy serrait avec force les débris dans sa main et sentait l'alcool lui dévorer la peau mais il fallait au moins ça pour qu'il se reprenne et qu'il s'empêche de faire l'imbécile.
- Oh, Merlin !, s'écria-t-elle en se précipitant sur sa main.
Il disparut aussitôt du siège et elle resta hébétée.
- Malefo… Maître ?
Elle l'entendit prononcer une formule derrière elle et se retourna ; il soignait sa main.
- Ne m'appelle pas par mon prénom !, cria-t-il presque, énervé.
- Pardon, murmura-t-elle sans vraiment le penser, les yeux fixés sur sa main.
Hermione se redressa et s'approcha de lui lentement.
- Est-ce que… Tu pourrais encore me faire une faveur ? Vous… Vous !, se corrigea-t-elle rapidement, penaude.
Il la jaugea de la tête aux pieds, perdrait-elle la tête ?
- Moi ? Te faire une faveur ?
Elle avait demandé ça beaucoup trop lascivement à son gout et il était sûr qu'en fait, c'était lui qui était en train de la perdre… Sa tête.
- Je sais que vous en avez déjà fait beaucoup. Mais…
Et là, une idée germa dans l'esprit de la Gryffondor. Bon, il était vrai qu'elle était une Sang-de-bourbe, pour lui ; et pas moins vrai qu'elle était une Gryffondor, ce qui n'arrangeait rien. Et pour finir, il ne pouvait tout simplement pas l'encadrer car elle était elle, et c'était réciproque. Cependant, il avait bien paru intéressé, la veille… Et en y songeant mieux, il s'était autrefois passé des choses qui le laissaient supposer … Elle se devait d'employer tous les moyens nécessaires.
Elle s'approcha de lui, languissante et se pressa contre son torse alors que la main du blond se faisait ballante et son corps tétanisé.
- Après tout… Je pourrais vraiment être toute à vous…, murmura-t-elle à son oreille d'une manière qu'elle jugea assez licencieuse.
Il ne pouvait plus répondre, même pour lui rétorquer que c'était déjà le cas, car ce n'était que partiellement vrai. Là, elle se montrait entreprenante ; elle le désirait vraiment. Drago Malefoy perdait de sa prestance au fur et à mesure que cette conversation se tenait. Hermione se colla davantage à lui en l'enlaçant et rapprocha sa bouche de son oreille, y soufflant des expirations très suggestives.
Salazar, se dit-il, Salazar, viens-moi en aide.
C'était incompréhensible. Lui, le grand coureur de jupons, était tétanisé face à une fille. Pire que cela, face à Hermione Granger. Quant à la jeune fille, elle n'en menait pas plus large. Constatant que le blond ne réagissait pas, elle se demandait si elle n'était pas en train de causer sa perte plus qu'autre chose. Elle fit glisser ses mains timides contre le torse du blond et décida d'affronter hardiment son regard. Comprenant là où elle voulait en venir, il ouvrit les yeux immédiatement et s'arma d'un visage glacial… Il savait pourtant pertinemment que si elle restait collée à lui à lui plus longtemps, ce serait la seule partie du corps qui le resterait…
- Qu'est ce que vous en dîtes, maître ?
Il s'envola (intérieurement, évidemment) au paradis. Ce qu'il en disait ? Oh, elle ne voulait pas l'entendre, sous peine de prendre peur. Ou bien de rougir affreusement… Complètement enragé qu'elle puisse avoir autant d'effet sur lui, il s'arracha à elle grâce à une force qu'il ne se connaissait pas.
- Je ne te conseille pas de recommencer ce que tu viens de faire, articula-t-il d'un ton des plus austères.
Elle crut que toute sa tentative n'avait été qu'un piteux échec et sentit le sang affluer vers ses joues. Quelle honte, se dit-elle, Quelle honte de se prendre une crampe par Drago Malefoy… Si les autres savaient… Ils ne lui adresseraient définitivement plus la parole…
- Je ne comprends pas ! Hier tu… Vous vouliez bien que l'on… Enfin… que l'on…
Il se retourna, pensant que ne plus l'avoir dans son champ de vision lui faciliterait la tâche, en vain.
- Granger, qu'est ce qui te prend, à la fin ?, s'écria-t-il alors, véritablement en colère, Tu as vraiment envie qu'il t'arrive des bricoles ou quoi ? A essayer de me chauffer comme une vulgaire garce !
Alors là ! C'était le bouquet !
- Oh, oh, faut pas se croire irrésistible non plus, hein ! Je ne te comprends pas, je croyais que c'était ce que tu voulais ! Et maintenant tu te dégonfles, es-tu bien sûr de faire partie de la gente masculine ?
Elle n'eut pas le temps de le voir bouger que son corps se retrouva plaqué contre la porte.
- Granger, tu n'as pas envie que je me montre « homme » avec toi, je peux te l'assurer, persiffla-t-il, retrouvant soudainement son calme et sa prestance, apposant même un sourire narquois sur son visage.
Hermione prit un peu peur et fit tout pour qu'il ne s'en aperçoive pas, en vain. Après tout, tous les deux, ils savaient pertinemment tout ce qu'il s'était produit, à Poudlard.
- Tu dis ça, mais tu en es probablement, tout simplement incapable !, lui cracha-t-elle au visage, faisant ses prières.
- Je peux savoir ce que tu veux, Granger ? Je te laisse tranquille et toi tu viens chercher les ennuis, as-tu tant envie que je te prenne ?
Oh le goujat.
- Non mais tu fais des marchés et comme je n'ai pas la sensation de respecter ma part, par ta propre faute, j'ai l'impression que tu ne respecteras pas la tienne non plus !, cria-t-elle, furieuse.
- Et pourquoi ne la respecterais-je pas ?
- Parce que tu ES MALEFOY ET QUE TU NE FAIS RIEN GRATUITEMENT !, hurla-t-elle, mettant enfin des mots sur sa colère.
Les yeux du Serpentard se durcirent.
- Ah oui ? C'est donc ce que tu penses de moi ?
- Parfaitement !
- Je t'ai aidée, sale Sang-de-bourbe ! Et c'est comme ça que tu me remercies ?
L'insulte fit mal, comme à l'accoutumée ; les yeux chocolats d'Hermione s'emplirent de larmes sans qu'elle puisse s'en rendre compte. Mais Malefoy avait déjà disparu.
- Tu ne fais que de me répéter que tu n'as pas voulu m'aider, que tu veux t'amuser ! Et là, tu me sors ça ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité !, s'écria-t-elle, à présent seule.
Merci de m'avoir lue.
Je ne dis pas non à une petite review.
