Hermione avait demandé à Bardy de lui amener un parchemin, une plume et de l'encre. Elle avait décidé d'écrire une pseudo-correspondance à Ron et à Harry, se doutant bien qu'elle n'aurait jamais l'occasion de la leur remettre. Cette idée avait germé en regardant par l'une des fausses fenêtres que Malefoy avait dû ensorceler dans sa chambre ; la neige tombait et lui avait rappelé Hedwige. Hedwige lui avait rappelé les réponses d'Harry durant l'été. L'été avait été synonyme de solitude, d'absence, d'ennui et elle avait soudainement songé au fait que c'était précisément la situation dans laquelle elle se trouvait. L'elfe de maison s'était exécutée et avait ramené à la Gryffondor ce qu'elle avait réclamé. La jeune sorcière s'était donc allongée par terre, sur le ventre, appuyée sur ses coudes qui commençaient doucement à s'endolorir. Elle disposa un manuel d'usage des sorts mineurs de magie noire sous son parchemin afin d'avoir un support, et commença à écrire.

« Chers Ron et Harry,

Vous ne devez probablement pas imaginer à quel point vous me manquez. J'aimerais que nous retournions au bon vieux temps ; celui de Poudlard, de ses grands couloirs, de notre salle commune… J'en viens même à regretter les cours d'histoire de la magie, c'est dire ! Je pense souvent à vous, et cela me rend triste de ne pouvoir entretenir une correspondance régulière avec vous. C'est un souhait irréalisable mais je me console en me disant que je n'ai livré aucun secret aux mangemorts et que nous nous reverrons sous peu. Ici, c'est vraiment sombre ; je ne préfère même pas vous raconter ce que font subir les mangemorts à de pauvres innocents, et cela gratuitement. Certes, je savais qu'adhérer à Voldemort signifiait un manque significatif de clarté d'esprit, et je savais bien qu'ils pouvaient se montrer cruels afin d'arriver à leurs fins ; toutefois, je n'imaginais pas qu'ils s'éloignaient à ce point de l'humanité en torturant des gens dans l'unique but de se divertir.

Sinon, je vais bien, on prend étrangement bien soin de moi, même si je ne peux vous donner plus de détails, évidemment. Une personne veille à ce que je ne manque de rien et je reste parfois en sa compagnie.

Amitiés et bises,

Hermione.

PS : Si vous désirez me répondre, je préférerais que ce soit Harry qui écrive. Non pas que je n'aime pas ton écriture, Ron, mais elle et moi avons du mal à nous comprendre. »

Elle relut sa lettre et se trouva lamentable ; voilà qu'elle écrivait maintenant à des correspondants imaginaires.

- Qu'est-ce que tu fais ?, lança une voix nonchalante faisant sursauter Hermione.

La jeune sorcière se retourna précipitamment vers la provenance de la voix, et s'effondra par terre avec une maladresse certaine. Un rire moqueur retentit dans la pièce alors qu'elle se souvenait qu'il adorait lui faire peur. Elle se retourna vers lui et le fusilla du regard ; il avait visiblement oublié leur précédente dispute, or elle, seule, avait pleinement eu le temps d'y songer et ne désirait plus lui adresser la parole. Il haussa un sourcil, son sourire goguenard persistant sur son visage de marbre pâle.

- Alors ?, persévéra-t-il.

Hermione saisit son parchemin, le plia presque rageusement et le rangea dans le livre de magie noire qui lui avait servi de support. Elle n'adressa pas un seul regard au Serpentard et vint ranger les affaires sur une petite console, près de la fenêtre. Elle voulu l'ouvrir, mais la console lui résista ; lui faisant perdre toute contenance. Elle déposa agressivement les affaires dessus, sans prendre la peine de les ranger convenablement et s'entêta à les fixer, dos à son ennemi.

La première chose qu'il faut savoir, lorsqu'on est dans une salle avec un Malefoy, c'est qu'il ne faut jamais leur tourner le dos ; ils trouveraient ça très impoli. Secondement, lorsqu'il s'agit plus précisément d'Hermione Granger, « Sang-de-bourbe », Gryffondor, rate de bibliothèque et vierge effarouchée, ainsi que de Drago Malefoy, « Sang-Pur », Serpentard, populaire et séducteur de ses dames (pour être poli), ce n'était plus de l'insolence mais de l'inconscience.

Le Serpentard se rapprocha lentement d'elle, tandis qu'elle croisait les bras sur sa poitrine, visiblement peu avenante. Il se colla contre son dos, la forçant à plaquer violemment son ventre contre la console. Le meuble tangua sur des pieds, frappant le mur ; l'encrier se renversa sur le mobilier tandis qu'Hermione, déséquilibrée, prenait appui dans la flaque foncée. Enervée par ce geste vicieux, qui semblait beaucoup amuser le blond, elle le repoussa et se retourna brusquement face à lui. Posant avec force ses mains sur son torse, elle y laissait une trace de main noire avant de se précipiter dans la salle de bain tandis qu'il regardait sa chemise. Paniquée, ses gestes étaient très maladroits et il lui fallut du temps avant d'arriver à fermer le verrou et de se précipiter au fond de la fosse de baignade, histoire de se reculer le plus possible de la porte au cas où il tenterait de la faire exploser.

- Granger, tu t'es foutue dans la merde, railla une voix mi-énervée, mi-amusée derrière la porte.

L'eau commença à lui tomber sur la tête et elle sursauta ; elle avait complètement oublié ce détail. Le liquide, plutôt tiède, commença également à affluer sur les côtés, comme la première fois qu'elle avait pris un bain. Elle fixait la porte avec hantise et plus précisément la poignée. Le verrou tourna, certainement grâce à la magie et la porte s'ouvrit dans un grand bruit. Le Serpentard entra et la chercha du regard, avant de lui lancer une œillade qui en disait long. Il ôta sa chemise en arrachant impitoyablement les boutons qui lui résistaient, visiblement dégouté par l'encre qui commençait à détremper son torse.

Prise d'un hoquet de panique, Hermione chercha à s'éloigner le plus possible mais plus elle avançait dans le bassin, plus le niveau montait ; elle en avait presque jusqu'à la taille maintenant. Le blond descendit les marches, l'air de se ficher de se mouiller, et avançait vers elle avec un sourire carnassier. Elle devait reconnaitre que torse nu, il était vraiment plus qu'attirant ; son buste était taillé de manière athlétique, certainement grâce au Quidditch. Hermione se gifla mentalement ; au lieu de se soucier de sa situation, elle était en train de détailler la sculpture de Drago Malefoy.

Son pantalon noir ne semblait pas freiner sa progression et Hermione fut bientôt acculée contre un rebord, l'eau jusqu'au nombril. Les gouttes qui tombaient du plafond rendaient sa chemise complètement transparente et sa jupe remontait avec le niveau de l'eau. Fichue tenue ! Elle commençait à se demander s'il n'avait pas prévu tout ce manège, observant à quel point l'humiliation se faisait vive.

- Ah, Granger… Tu devrais avoir appris que me provoquer, ou même me résister n'est pas très recommandé. Tu sais, au début, on peut croire à de la témérité, mais maintenant en y réfléchissant, je me rends compte que tu es juste stupide et inconsciente.

Elle ne répondit pas à sa provocation, préférant maintenir sa jupe et attrapant une serviette à la volée pour camoufler la transparence de sa chemise. Il lui saisit les poignets et elle dût abandonner son idée de rester digne face à lui.

- Tu es très bien comme ça, merci de t'en inquiéter, lança-t-il d'une voix sournoise.

Elle réalisa que l'uniforme devait lui rappeler la fille qu'elle était à Poudlard ; son comportement méprisant et pédant qu'elle adoptait dès qu'il était à proximité, bien trop fière pour admettre ses craintes.

L'eau arrivait à présent jusqu'à sa poitrine et elle réalisa pleinement leur différence de taille ; il devait la dépasser d'au moins une tête, une tête et demi. En y réfléchissant, il devait faire la taille de Ron.

Ron.

Elle devait lui résister ! Hermione commença à essayer de se défaire de l'emprise implacable du Serpentard.

- Lâche-moi, Malefoy ! C'est toi qui as commencé !

Il ricana.

- On n'a plus six ans, Granger. Et je ne comptais pas aller te balancer à la « maîtresse ». De toute façon, ici, le maître c'est moi.

- Qu'est-ce que tu veux ?, demanda-t-elle avec brusquerie en cessant de se débattre ; choisissant plutôt de le fusiller du regard.

- Je veux m'amuser, railla-t-il en imitant la voix d'un parent s'adressant à un enfant.

Mais Hermione libéra une de ses mains et s'échappa sur le côté en tirant de toutes ses forces sur son autre poignet emprisonné. Elle peinait à avancer dans l'eau qui lui arrivait juste au dessus de la poitrine et Drago, ricana et décida de la lâcher brusquement. La jeune sorcière s'étala de tout son long dans l'eau tiède. Elle revint rapidement à la surface et se frotta les yeux afin de les rouvrir ; Malefoy avait disparu. Elle tourna sur elle-même plusieurs fois, paniquée, mais elle ne le vit pas.

- « Chers Ron et Harry… » !, s'écria une voix venant de la chambre.

Hermione se pétrifia sur place.

- « Vous ne devez probablement pas imaginer à quel point vous me manquez. », continua-t-il en y mettant exagérément le ton.

La Lionne se précipita hors de l'eau, et courut dans la chambre pour l'empêcher de lire la suite mais elle mit du temps, se battant contre l'eau qui freinait tout son corps. Elle était glacée, et trempée. La jeune fille se hâta pourtant de revenir dans la chambre. Lorsqu'elle arrivait, il semblait qu'il était trop tard ; Malefoy tenait fièrement la lettre, accompagné d'un air narquois.

- Tu crois sérieusement que je vais t'autoriser à leur envoyer du courrier ?, siffla-t-il avec cruauté.

Hermione le jaugea rapidement du regard et se précipita ; se jetant sur lui pour avoir la lettre. Il l'esquiva plusieurs fois et lorsqu'elle l'eut attrapée ; uniquement car il la lui avait laissée, en vérité, il la plaqua sur le lit avec brusquerie tandis qu'elle la serrait dans sa main.

Un tel mouvement la surprit et elle lâcha le parchemin froissé qui tomba du lit. Ils se fixèrent durant quelques secondes et elle commença à se débattre violemment, lui fichant un coup de genou dans le flanc droit. Ils commencèrent à se battre sur le lit, comme deux enfants dont l'un s'amuserait de la colère de l'autre. Il l'attrapa, colla son dos contre son torse, la maintenant serrée comme il l'avait fait précédemment dans la salle n°3. Hermione s'épuisa vite, face à un tel étau.

- « Une personne veille à ce que je ne manque de rien et je reste parfois en sa compagnie. », se moqua-t-il en imitant une voix féminine très niaise.

En dernier recours ; elle lui envoya un grand coup de coude dans l'abdomen et s'échappa de son emprise. Il la plaqua avec une violence sans précédent contre le matelas, heureusement très moelleux.

- Je suis le plus fort !, s'exclama-t-il comme s'il avait gagné un trophée.

Il semblait radieux, pour une raison inconnue à Hermione. A ce moment là, il ressemblait vraiment à un enfant, à une personne vraie. Drago Malefoy semblait apaisé des douleurs de la vie et la jeune sorcière le contemplait, les yeux ronds, saisie de l'insidieuse impression d'assister à un moment privilégié. Le Serpentard la regarda sans comprendre, essoufflé et souriant narquoisement. Merlin, qu'il était beau, en cet instant. Elle se trouvait face à une autre personne ; joueuse, brutale comme un enfant qui ne connait pas sa force, et surtout très touchante. Elle se redressa, l'obligeant à faire de même puisque collée à elle, il suivait ses mouvements et même sa respiration haletante.

- J'ai gagné, répéta-t-il en souriant.

Hermione regarda sa bouche, ses dents blanches, parfaitement alignées. Elle se rapprocha lentement de lui, agrippant ses épaules et le faisant basculer avec douceur sous son corps. La jeune sorcière chatouilla son nez avec le sien et déposa, avec une délicatesse venue d'un autre monde, ses lèvres sur les siennes. S'éloignant après une dizaine de secondes silencieuses et magiques, elle descendit du lit, le laissant dessus, pantois, et fila dans la salle de bain en fermant la porte.

Il resta paralysé pendant au moins une bonne minute, sans même réussir à commencer à réfléchir à ce qui venait de se produire. Elle ressortit de la salle de bain, entourée d'un peignoir émeraude. Les pensées masculines de Drago refirent automatiquement leur apparition ; éveillant l'esprit du jeune homme. Elle avait retiré ses vêtements mouillés et était en peignoir, face à lui. Il la déshabilla du regard, de haut en bas, s'attardant sur les points qui l'intéressaient plus particulièrement. Hermione rougît ; elle non plus n'avait pas encore réalisé.

J'ai embrassé Drago Malefoy…, se répétait-elle inlassablement sans parvenir à comprendre le sens brut de ses pensées.

Il était perdu.

- Tu m'as embrassé, murmura-t-il.

Et là, ils percutèrent. Hermione fut prise d'une nausée imminente et Drago devint livide.

- TU M'AS EMBRASSE !, répéta-t-il en criant.

- J'AVAIS REMARQUE ! Pas la peine de HURLER !, hurla-t-elle, elle-même, complètement décontenancée.

Il transplana, la laissant là, totalement pétrifiée, serrant autour d'elle le peignoir en y cherchant une quelconque chaleur. Un réconfort.

Rien.


Hermione Granger était sous une pluie glacée depuis près de deux heures. Il lui fallait bien ça pour arriver à oublier ce qui venait de se produire. La douche la calmait un peu, certes, mais n'aidait pas à la déculpabiliser. Elle avait vraiment fait quelque chose de très mal et si cela venait à s'apprendre, ce serait une catastrophe.

Pendant ce temps, Drago Malefoy s'était changé grâce à un sort rapide et passait sa main dans ses cheveux dans un accès de nervosité. Depuis qu'il avait quitté la chambre d'Hermione, il tournait en rond à s'en donner le vertige. Cette sale Sang-de-bourbe avait osé l'embrasser ! Elle méritait un destin funeste ! Mais malgré tout ce dont il essayait de se convaincre, une pensée perçait au-delà des autres ; il avait aimé ça. Et cela, c'était encore plus intolérable que le geste d'Hermione Granger. Depuis QUAND n'avait-il plus le contrôle de la situation ? Depuis quand ne l'avait-il plus sous son contrôle ?

Un elfe de maison apparût devant lui.

- Patandou, pour vous servir. Je suis le serviteur de maître Zabini.

Le blond lui jeta un regard froid.

- Mais encore ?

- Il voudrait fixer un rendez-vous précis.

- Qu'ils viennent demain soir, ordonna-t-il en faisant un signe méprisant.

L'elfe transplana. Malefoy n'avait pas envie de songer à tout cela. Il décida de se remémorer d'autres souvenirs, plus plaisants, avec Granger. Un instant où il avait eu le contrôle.


Flash Back

Deux jours après l'incident dans les toilettes de Mimi Geignarde, les Gryffondors et les Serpentards partageaient une après-midi de cours de potion. Le cours de Rogue commençait. Comme à leur habitude, les Lions s'étaient tous installés d'un côté de la salle, ne se mélangeant pas avec les Serpents. Le professeur de potion afficha un sourire sadique.

- Aujourd'hui, vous allez tous changer de partenaire.

De faibles protestations d'élèves courageux furent récompensées par des retenues et des points en moins (pour les Gryffondors, évidemment.).

- J'ai moi-même fait les groupes, ne vous inquiétez pas.

Hermione Granger se retint de soupirer ; c'était cela même qui l'inquiétait.

- Potter avec Goyle. Weasley avec Parkinson, Zabini avec Patil, Crabbe avec Brown, énumérait-il sans se soucier des mines horrifiées qui s'affichaient sur les visages.

Les Serpentards savaient qu'il les avantagerait toujours et donc qu'ils n'auraient pas à craindre que leur binôme ne leur fasse quoi que ce soit, cependant ils trouvaient l'idée vraiment désagréable. Avoir un binôme de Gryffondor lorsqu'on est de Serpentard ? Eurk.

- Londubat avec Bulstrode, Thomas avec Greengrass, Finnigan avec Pritburg…

Hermione se rongeait les ongles jusqu'au sang.

- Et enfin, Granger avec Malefoy, finit Rogue en levant les yeux vers la classe, un horrible sourire sur la figure.

Malefoy se souvint de l'avant-veille et se retint de rire. Hermione ramassa ses affaires, démoralisée, et alla s'asseoir à côté de lui ; prenant toutefois bien soin d'en être le plus éloignée possible.

- Nous allons préparer de la Pimentine, lança Rogue, Mlle Pomfresh me l'a expressément demandé, étant elle-même débordée par le soin des élèves malades. Bien, qui peut me dire à quoi sert la Pimentine ?

Hermione leva la main à s'en arracher le bras et Drago pouffa de rire. Elle ne lui adressa pas un regard et Rogue ne lui en adressa pas non plus, l'ignorant superbement.

- Je vois que personne ne peut m'expliquer, comme d'habitude. La Pimentine est une potion destinée à soigner le rhume et les virus grippaux. Si elle est bien préparée, elle ne laisse sortir que très peu de vapeur des oreilles du malade mais si la préparation est ratée, la cervelle de la personne peut malheureusement griller…

Rogue souriait, bien conscient de l'effet de ses paroles.

- Je note les ingrédients et les doses au tableau, vous vous débrouillerez pendant les trois prochaines heures.

Il se retourna et saisit une craie.

- Alors, Granger, heureuse ?, chuchota Malefoy alors que des murmures commençaient à s'élever dans le cachot.

- Je ne vois pas quelle raison m'y pousserait, Malefoy, lui dit-elle sans le regarder, les yeux fixés sur le tableau.

Drago attrapa son tabouret et le rapprocha du sien ; Hermione lui lança une œillade furieuse et un peu paniquée.

- Qu'est-ce que tu fiches ?

- Dis-moi, Granger… Lorsque tu fais tes rondes de préfet, le soir, avec Weasley… Vous passez par où ?

Elle lui lança un regard peu amène.

- Dans les étages…, murmura-t-elle sans plus de précision.

Le Serpentard ne se démonta pas pour autant.

- Et vous inspectez aussi les toilettes ?

Hermione pâlit pour mieux rougir furieusement.

- Les toilettes ?, balbutia-t-elle.

- Oui, les toilettes, Granger. A tout hasard, celles du deuxième étage… ?

Ses délicieuses petites mains serraient impitoyablement son manuel de potion et leurs jointures blanchissaient.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, bredouilla-t-elle, complètement dépassée.

Le blond pouffa de rire.

- Oh si… Et moi aussi je vois très bien… Alors comme ça Weasley est trop brusque ?, railla-t-il en jetant un bref coup d'œil à sa poitrine.

Hermione baissa les yeux illico, complètement livide. Pétrifiée, elle n'osait plus bouger ni parler.

- Tu veux que je lui apprenne comment s'y prendre ?, la nargua-t-il de plus belle.

N'y tenant plus, elle leva la main, tremblante. Rogue la remarqua mais l'ignora, comme à l'accoutumée.

- Il ne te viendra certainement pas en aide…

- La ferme, Malefoy…

Granger se leva et se dirigea, non sans vaciller, vers le bureau du professeur.

- Monsieur, je ne me sens pas bien du tout…Puis-je aller à l'infirmerie ?

Il examina son visage blafard et en sueur, fronçant les sourcils. Elle faillit tomber mais se retint sur le bureau.

- Malefoy ! Amenez-la à l'infirmerie.

Hermione lança une œillade affolée au professeur qui apparemment n'en avait cure, retourné à ses copies.

Le Serpentard se leva, nonchalamment, et s'approcha d'Hermione, l'attrapant par le bras en affichant une grimace dégoutée à la classe qui les regardait. Les autres serpents éclatèrent de rire tandis que les Gryffondors palpitaient de colère.

- Ne me gerbe pas dessus, Granger !, se moqua-t-il en sortant du cachot sous les rires appréciateurs.

Sortis de la salle, ils commencèrent à marcher et à s'enfoncer dans les couloirs. Elle vacilla de plus belle, s'appuyant contre un mur glacé et s'y laissant glisser.

- Tu n'es qu'un enfoiré…, marmonna-t-elle.

- Tu comprends vite.

Il la releva avec brusquerie en la tirant par le bras et commença à marcher rapidement vers un lieu qu'elle ne connaissait pas. Cela commençait à devenir sombre et il l'accula dans un recoin.

- Qu'est-ce que tu fiches ?, s'écria-t-elle.

- Je viens réclamer ce que tu me dois.

- Je ne te dois rien !

Le blond lui lança un sourire goguenard.

- « Torse nu, il est vraiment torride… ! Oh Merlin, il faut que je me taise, je ne sais plus ce que je dis… Je crois que je suis beaucoup trop excitée… ! », la parodia-t-il.

Le cœur de la Gryffondor s'arrêta.

- Tu étais là ?, s'écria-t-elle.

- Alors comme ça je t'excite, Granger ?, la coupa-t-il.

- Non ! J'avais juste trop bu !

Elle le repoussa vivement, essayant de partir, mais il la plaqua à nouveau contre le mur. La Gryffondor sortit sa baguette.

- Qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ?, lança-t-il, beaucoup plus froid.

La jeune sorcière ne répondit pas et continua de le menacer avec l'objet. Il s'en saisit brusquement et la jeta derrière son épaule.

- Tu crois que tu me fais peur, Granger ? Tu ne connais que des sorts pratiques et moi, je fais de la magie noire, idiote. Tu devrais réfléchir à deux fois avant de me menacer avec une baguette.

- C'est bon ! Tout le monde le sait, que t'es un mangemort !, cracha-t-elle.

Il la plaqua durement contre le mur et rapprocha son visage du sien.

- Ouais, Granger… Et toi t'es une Sang-de-bourbe… Et tu sais ce que les mangemorts font aux Sang-de-bourbes ?

Sa bouche s'approcha de son oreille.

- Ils les tuent.

Elle se débattit, mais il la tint fermement collée contre la surface froide.

- Ce soir, toilettes du deuxième étage, débrouille-toi pour que Weasley ne soit pas là.

Et il disparut rapidement.

Hermione passa la journée dans son dortoir, ne pouvant se résoudre à retourner en cours. Il voulait la faire chanter, c'était certain. Le soir, elle dit à Ron qu'elle allait faire la ronde toute seule.

- Ron, ce devoir est à rendre pour demain et il est hors de question que tu le fasses cette nuit. La ronde n'est pas longue à faire, je reviendrai vite, ne t'inquiètes pas. Mais toi, fais ce fichu devoir et lorsque je serai revenue, il aura intérêt à être terminé.

Ronald Weasley déglutit durement. Avec Hermione Granger, il n'était pas question de bâcler ses devoirs... Il acquiesça dans un grognement bougon et se mit au travail tandis qu'elle passait le tableau pour sortir de la salle commune des Gryffondors. Elle marchait sans hâte vers les toilettes en réfléchissant à ce qui allait l'attendre. Arrivée beaucoup trop vite à son gout, elle entra et son regard se posa sur le lavabo central. Elle s'en approcha et s'y appuya, attendant le Serpentard.

- Bouh.

Elle sursauta en poussa un cri de surprise, tombant à moitié en arrière dans le lavabo. Il explosa de rire et s'approcha plus d'elle, rétablissant son équilibre assis sur le rebord en lui agrippant les cuisses, lui rappelant sa position avec Weasley, la fois précédente. Hermione se tut, réalisant ce qui se produisait. Le Serpentard se glissa entre ses jambes, la défiant d'un regard sournois, et déposa ses mains sur la chemise de la jeune fille, afin de glisser ses mains à l'intérieur. Pétrifiée, elle n'osait plus faire un mouvement, ou encore dire un mot ; il reproduisait geste pour geste ce qu'elle et Ron avait fait ici, l'avant-veille. Ses mains roulèrent sous le haut de la jeune fille, serpentant doucement sur son ventre vers sa poitrine.

- Malefoy…, commença-t-elle.

Il la fit taire d'un regard, continuant son ascension, beaucoup plus dosée et sensuelle que celle de Ron ; elle ne pouvait s'empêcher de les comparer. Son sourire goguenard la gênait mais lui plaisait, et il avait l'air de savoir s'y prendre. Ses reins roulaient contre ses cuisses, mimant très certainement l'acte qu'il projetait de faire. Hermione rougit comme une pivoine alors qu'il haussait un sourcil, satisfait.

- Nous ne…, couina-t-elle faiblement, avant d'être brutalement coupée.

Il glissa lestement sa langue dans sa bouche, la laissant pantoise. Elle posa ses mains sur ses épaules, approfondissant timidement le baiser. Et là, elle percuta. Elle était en train d'embrasser Drago Malefoy dans les toilettes de Mimi Geignarde, dans la même position et au même endroit précis qu'elle l'avait précédemment fait avec Ronald Weasley. Elle le repoussa avec une force sans précédent et réajusta ses habits après avoir sauté au sol.

- Non, non, non et non !, s'écria-t-elle, plus pour elle-même que pour le blond.

- Alors, c'était mieux, hein ?, lança-t-il, goguenard.

- Ah, la ferme, Malefoy !, le réprimanda-t-elle, il ne s'est rien passé et je ne veux plus jamais avoir affaire à toi ! Je viens de payer ma dette et j'espère que tu ne seras pas assez stupide pour aller répéter quoi que ce soit !

Il la fusilla du regard.

- Comme si se taper une Sang-de-bourbe était admirable ! Tu crois que je vais me vanter d'avoir réussi à te convaincre ?

Elle le gifla et tourna les talons furieusement.

- Plus JAMAIS. Et ne m'adresse plus la parole, ne me regarde plus ! Moi c'est ce que je vais faire !

Drago Malefoy porta sa main à sa joue dans une grimace. Cette fille l'énervait, l'enrageait à un point. Il aurait voulu qu'elle comprenne qu'elle ne pouvait rien contre lui. Le Serpentard se promit qu'à la première occasion qu'il aurait, il l'humilierait.

Fin Flash back


Ce devait être pour cela qu'il l'avait prise avec lui. En y réfléchissant, il n'avait jamais été quelqu'un de très débonnaire… Il avait dû imaginer le nombre de possibilités qu'engendrait la proximité de la jeune fille et n'avait pas perdu une seconde. Le seul détail qui troublait toute l'affaire, c'était qu'elle avait pris le contrôle. Elle l'avait retourné, s'était mise à califourchon sur lui, et l'avait embrassé. Et cela, c'était intolérable. Ne plus mener la danse ? Impensable.