Drago se réveilla. Il décidait de ne pas ouvrir les yeux tout de suite, savourant la chaleur qui l'enserrait. Jamais il n'aurait soupçonné que les choses se dérouleraient de cette manière. Il prit de longues respirations, s'éveillant doucement et se remémorant les moments culminants de la soirée de la veille. Il avait tant bougé la nuit qu'il n'avait même pas de gueule de bois, l'alcool est un bon carburant, railla-t-il intérieurement. La Lionne, profondément endormie, laissait gonfler et dégonfler sa poitrine contre son avant bras droit. Lorsqu'il y songea, il essaya de mettre de l'ordre dans son esprit ; apparemment, le dos d'Hermione était complètement collé contre son torse, et lui l'entourait de ses bras avec une possessivité qu'il ne se soupçonnait pas. La jeune sorcière était recroquevillée et ses mains agrippaient les bras du Serpentard avec férocité. Le nez du jeune homme plongea dans une masse chatouilleuse et parfumée ; il inspira avec délectation. Que c'était bon de la savoir dans ses bras ; ne serait-ce que pour voir apparaître une rougeur sur ses joues, pour sentir son cœur accélérer lorsqu'elle se réveillerait et qu'elle comprendrait. Son bras autre bras entourait le flanc gauche d'Hermione et sa main baladeuse s'amusait à tracer des ronds sur son ventre. Elle poussa des petites plaintes bougonnes qui le firent sourire. La jeune sorcière s'éveilla doucement et lâcha les bras de son amant pour s'étirer un peu. Sentant ses courbes lui échapper, il resserra son emprise sur elle et elle étouffa un rire nerveux, ne sachant probablement pas qu'il était réveillé. Ce fut lorsqu'elle rencontra les deux orbes anthracites de Drago qu'elle comprit et rougit délicieusement. Il la retourna contre lui, et la serra mieux contre son torse, sentant sa poitrine s'écraser contre ses pectoraux, ravis.

- Bonjour, murmura-t-il en jetant un bref coup d'œil à ses lèvres.

- Bonjour…, chuchota-t-elle d'une petite voix encore endormie.

Drago avait envie de la dévorer. Il aurait pu sombrer dans le cannibalisme sans aucun problème avec une telle proie. Le jeune sorcier sourit et s'approcha d'elle pour l'embrasser mais elle recula. Il fronça les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir, et réitéra, la collant davantage contre lui. Elle rougit encore plus et se laissa faire, docile. Hermione finit par interrompre le contact en lui mordant la langue.

- Aie !, s'écria-t-il, choqué, Tu mords maintenant ?!

- Façon d'obtenir la parole… Il faudrait peut-être qu'on discute, là, non… ?, se risqua-t-elle en souriant timidement.

- Tu plaisantes… Qu'est ce qu'ont les femmes a toujours vouloir discuter, se plaint-il en enfouissant son visage dans sa poitrine.

- Drago !, dit-elle en riant.

Il redressa le visage aussitôt, les yeux inquiets.

- Putain de merde, murmura-t-il.

- Qu'est ce qu'il y a ?, répondit-elle aussitôt, sentant son cœur se compresser.

Le blond lui lança un sourire goguenard.

- Tu as fait la même chose hier… Tu sais… Crier mon nom au moment où… C'était trop bon.

Elle le pinça.

- Eh ! T'as pas fini de torturer le meilleur amant de la planète ?

- Le seul disponible par les temps qui courent oui, lança-t-elle, narquoise.

- Ah oui ?, la menaça-t-il de son regard acier.

Hermione pouffa de rire et Drago se jeta sur sa poitrine.

- Mais qu'est ce que tu fiches, Drago Malefoy !

- J'appose ma marque sur l'animal qui m'appartient, dit-il avant d'attraper un bout de sa chair et de le suçoter avidement.

Elle tenta de se débattre, gloussant et se plaignant mais il ne céda pas.

- Et une Lionne de disciplinée, une, fit Drago en remontant son visage pour l'embrasser.

Une marque rouge commençait à apparaitre sur le sein gauche de la sorcière et elle esquiva les lèvres du blond pour se venger. Seulement un refus ; un mouvement de recul n'est pas perçu comme tel par un Malefoy. Non, non, il ne vaut mieux pas s'aviser de leur interdire quelque chose ; ils le prendraient pour un défi alléchant, un challenge personnel.

Il saisit son visage entre ses mains et l'embrassa avec fougue, se mettant à califourchon sur elle pour approfondir le contact.

- On ne désobéit pas à Drago Malefoy, siffla-t-il avec fermeté entre deux baisers, seulement pour la laisser respirer.

Elle riait contre sa bouche et il eut du mal à se retenir de l'imiter ; il n'en eut tout simplement plus l'occasion lorsqu'elle le renversa pour le dominer. Au dessus de lui, elle se laissa glisser vers le bas, faisant serpenter sa langue le long des muscles du blond -plutôt satisfait de la tournure de la situation-. Il lui caressa la main, se rappelant soudainement des filles auxquelles il tenait la tête pour les encourager à descendre plus bas, puis chassa ces mauvais souvenirs pour se concentrer sur sa sorcière envoutante. Hermione était rouge d'excitation et probablement de gène mais ne comptait pas s'arrêter sur un si bon chemin.

- Il n'y aura pas d'autres filles, plaqua-t-elle dans le silence avec une fermeté effrayante.

Il sourit narquoisement, la provoquant du regard, l'incitant à lui donner les raisons d'un tel ordre… Elle sentait la virilité du blond prendre une taille enviable tandis qu'elle prodiguait des coups de langues en dessous de son nombril.

- Hermione…, murmura-t-il en se rendant compte de ce qu'elle allait faire, excité comme jamais.

Sa langue glissa davantage et elle prit en main le membre de Drago qui émit un son rauque en enfonçant sa tête dans l'oreiller. Hermione laissa serpenter sa langue le long de l'objet de ses convoitises… Se délectant des mines douloureuses du blond qui n'en pouvait plus d'une telle torture. Elle le fit doucement glisser dans sa bouche, et expérimenta le contact nouveau, jouant avec sa langue, commençant un va et vient lascif et sensuel. Drago empoignait le drap, s'empêchant de toutes ses forces de faire le moindre mouvement… La jeune fille laissa le membre s'échapper de sa bouche, laissant sa main reprendre le mouvement répétitif. Elle ricana d'un tel contrôle et se prêta encore davantage au jeu.

- Hmmm, Drago…, susurra-t-elle en donnant un furtif coup de langue, Drago… ?

Elle accéléra le mouvement de sa main et approcha ses lèvres, les faisant glisser le long du membre en laissant ses dents l'effleurer.

- Drago… ?, continuait-elle tandis qu'il se crispait de plus en plus.

La Lionne l'emboucha violemment et il laissa s'échapper un gémissement rageur. Elle reprit plus ardemment les va et viens puis cessa brusquement, laissant à nouveau sa langue courir sur la longueur appréciable… Elle alternait entre le lent et le brusque, ne lui laissant plus le temps de souffler.

- Drago…

Il n'en put plus et la saisit brusquement, la plaqua contre le lit en l'embrassant avec fureur. Jamais une fille ne lui avait fait un tel effet… Jamais toutes les trainées qu'il avait fichues dans son pieu n'avaient été susceptibles de lui faire ressentir une telle envie de les prendre. Mais elle, elle. Oh, il ne pourrait jamais la décrire tant ce qu'elle lui avait prodigué avait été bon.

- Hermione, tu vas me le payer très, très très, très très très cher, chuchota-t-il dans son oreille, son assurance semblant revenue.

Il descendit sans prendre plus de temps, tandis qu'elle se sentait de plus en plus excitée et qu'une peur délicieuse l'envahissait peu à peu.

- Très… très… très cher…

Drago saisit ses jambes et les tira violemment vers lui, elle pouffa de rire. Il les fit glisser sur ses épaules tandis qu'il fondait sur l'objet de ses désirs… Décidant de la faire languir un maximum, il approcha le bout de sa langue et effleura à peine la féminité de la jeune fille. Elle s'arqua sur le lit avec brusquerie.

- Oh bon-sang…, s'écria-t-elle.

Il réitéra de plus belle, en insistant davantage, souriant à s'en décrocher la mâchoire dès qu'elle lui lançait un regard gêné. Drago enfonça plus profondément sa langue dans l'intimité de la jeune fille qui rougissait de plus en plus, serrant les draps contre sa poitrine, comme pour se protéger d'un danger déjà trop près. Elle commençait à gémir, mais trop peu et trop doucement pour qu'il en soit satisfait. Il décida de s'aider de ses mains et laissa courir la gauche sur les hanches et sur les cuisses d'Hermione alors que l'autre faisait un usage tout à fait différent de ses doigts ; il caressait les contours du bas-ventre de la jeune sorcière, qui malgré elle commençait à faire bouger son bassin, réclamant un contact plus approfondi. Se délectant de l'impudeur des mouvements de ses hanches, appelant autre chose que des caresses, il préféra continuer de la faire languir en reprenant la danse d'effleurement de sa langue.

- Oh Merlin… Merlin…, murmurait-elle, fiévreuse.

Il introduit un doigt en elle et elle s'arcbouta sur le matelas avec brusquerie ; il ricana.

- On fait moins la maline, hein…

Le blond en enfonça deux autres, provoquant un gémissement délicieux. Commençant une série lente de va et viens, il se rapprocha de son visage et décida de la torturer comme elle l'avait précédemment fait. Le Serpentard qu'il était, vicieux et rusé, approcha sa langue de son oreille et la lécha, la mordilla avant d'y chuchoter tes mots indécents.

- T'aimes ça, hein… Dis-le… Je veux t'entendre dire que tu aimes ce que je te fais…

Elle hochait vigoureusement la tête, haletante, les yeux fermés.

- Je… J'aime… J'adore ce que… tu me fais…

Il ralentit le mouvement.

- C'est tout ?...

Elle émit une plainte exquise.

- Continue… Plus fort !...

- Je n'entends rien…

Drago accéléra brusquement et s'enfonça encore plus loin. Elle lâcha un gémissement rageur et satisfait.

- Oui, comme ça !!, s'écria-t-elle, Comme ça !!!

N'y tenant plus, il retira ses doigts et positionna son propre membre à l'entrée d'Hermione et s'y enfonça d'un trait, sans avoir à fournir d'efforts. Elle hurla littéralement de plaisir.

- Eh bien, Hermione, je te trouve très excitée…, continua-t-il tandis qu'elle s'arquait de nouveau sous la force de ses coups de reins.

- Oh, la ferme, Drago !!!, cria-t-elle sans s'arrêter de gémir.

Il ricana avant de se concentrer davantage sur les mouvements qu'il menait. Il se fit plus insistant, parfois plus lascif, reprenant dans la minute suivante un rythme endiablé. Tous deux poussaient des gémissements enragés mais tandis qu'Hermione allait vers les aigus, Drago se faisait de plus en plus rauque. S'excitant davantage mutuellement, leur danse dura longtemps avant qu'ils ne s'écroulent sur le lit, impitoyablement vaincus par leur jouissance…

- Hermione Granger est une petite perverse, se moqua Drago, essoufflé.

Elle lui donna un grand coup de coude qui le plia en deux, tentant de reprendre son souffle, rouge et rieuse.

- Drago Malefoy est un abruti, railla-t-elle.

- Un abruti qui t'a fait jouir il me semble, protesta-t-il vivement en faisant rougir Hermione de plus belle.

La Gryffondor lui envoya son oreiller à la figure alors qu'il pouffait de rire.

- Imbécile.

- Perverse.

- Idiot.

- Perverse.

Ils contractèrent un fou rire et leurs nerfs lâchèrent alors qu'ils se rapprochaient, dans un automatisme effrayant. Ils s'enserrèrent et décidèrent de passer encore un peu de temps à se reposer de toutes ces activités…


Lorsqu'Hermione se réveilla, elle était encore dans ses bras. Elle se mordit les lèvres. Il n'allait jamais vouloir en parler et s'il utilisait toujours sa langue pour la faire taire, ils n'y arriveraient jamais… Évidemment, comme elle l'avait prédit, elle pensa à Ron. Merlin ce que c'était compliqué. Voilà qu'elle couchait avec leur pire ennemi, elle, la fille sage du groupe. On n'aurait pas pu faire pire. Elle peina à se séparer de la chaleur grisante des bras de Malefoy. Il l'avait serrée si fort qu'elle en avait mal à la poitrine. Elle fila dans la salle de bain pour prendre un bon bain et tandis qu'elle renversa la tête en arrière pour baigner ses cheveux dans l'eau parfumée, la porte s'ouvrit. Il jeta un bref coup d'œil à l'intérieur, satisfait de l'y voir et referma derrière lui. S'habillant rapidement, il transplana dans sa propre chambre pour prendre lui aussi une douche. Le Serpentard avait vraiment besoin de réfléchir à ce qui venait de se produire et aux conséquences désastreuses

Quand Hermione revint dans la chambre et qu'elle trouva le lit vide, elle eut un petit pincement au cœur, mais se dit que c'était mieux ainsi. Prendre un peu de temps pour réfléchir, chacun de leur côté, semblait être primordial. Qu'allait-elle faire, en fait ? Ses yeux se posèrent sur l'encre séchée sur la commode ; elle s'était répandue sur les livres et la moquette. Un spasme de désir s'empara d'elle brutalement. Dans son esprit apparurent deux yeux anthracites, brillant comme ceux d'un serpent. Un rire moqueur résonnait dans sa tête. Merlin, il s'était vraiment emparé d'elle. Qu'allait-elle bien pouvoir faire…

Une idée germa avec brutalité dans son esprit.

- Mais bien sûr…, murmura-t-elle pour elle-même. Rah, il n'acceptera jamais…

Elle se dépêcha de s'entourer d'un peignoir et appela Bardy. L'elfe transplana dans la seconde devant ses yeux et elle lui demanda des habits, rapidement. Elle lui amena une robe gris perle, plutôt élégante ; elle commençait à en avoir par-dessus la tête des robes et des jupes mais l'enfila, pressée. Se coiffant rapidement et se maquillant pour la première fois dans la salle de bain, elle pensait à la façon dont il faudrait lui présenter les choses. Elle tourna sur elle-même devant la glace et réajusta tout avant de se sourire, un peu inquiète toutefois. Hermione se dépêcha de rappeler Bardy et l'elfe la fit transplaner derrière la porte de la chambre de Drago, un peu méfiante. La jeune fille toqua.

- Maître ?, murmura-t-elle pour préserver les apparences.

La porte s'ouvrit sur un Drago avec la chemise entrouverte, en train de se sécher les cheveux avec une serviette. Il afficha un sourire narquois.

- Esclave, répondit-il comme s'il s'agissait d'un salut.

Elle leva les yeux au ciel et lui fit comprendre qu'elle voulait rentrer en lui lançant un regard éloquent. Il s'écarta pour la laisser passer, sans cesser de sourire, et renvoya Bardy.

- Malefoy, faut qu'on cause, lâcha Hermione.

- Allons bon, tu m'appelles Malefoy, maintenant…

Hermione se mordit la lèvre avec une moue désolée, cela commençait mal.

- Pardon, c'est l'habitude, s'excusa-t-elle aussitôt. Oui, donc… Comment présenter ça… Je suis une Sang-de-bourbe…

Il grimaça.

- … Et tu es un mangemort, continua-t-elle sans se démonter. Alors… Il va falloir faire un choix…

Il grimaça de plus belle.

- Comment ça, un choix ?, s'enquit-il.

Elle sembla perdue quelques secondes.

- Et bien, c'est évident, murmura-t-elle. Je suis en train de trahir les miens et toi également… Je ne sais pas, il faut choisir un camp, lâcha-t-elle brusquement.

- Tu plaisantes, là ?

Son air d'incompréhension se renforça tandis que les sourcils du blond se fronçaient dans une moue un peu dégoutée.

- On ne va rien changer, dit-il alors.

La respiration d'Hermione se coupa.

- Pardon !?

- Je n'ai pris aucun engagement, on est ensemble ici ou nulle-part, je pensais que tu le savais…

Elle afficha une mine scandalisée au possible en lâchant un son choqué.

- Tu PLAISANTES ?

- Je ne compte pas quitter les mangemorts.

- Dans ce cas, il ne se passera plus rien !, affirma Hermione, sûre d'elle.

- Attends, attends, l'accusa-t-il soudain, hier je n'avais jamais dit que je les quitterai et pourtant on a couché ensemble.

- Bien sûr, imbécile ! Je n'allais pas te faire signer un papier alors que j'avais envie de te sauter dessus !

Il pouffa de rire.

- Par contre, je pensais que ce serait différent, désormais, ajouta-t-elle avec nervosité.

Drago ne répondit rien, retrouvant son sérieux aussitôt.

- Je vois que je me suis trompée, soupira-t-elle, posant sa main sur son front en s'asseyant dans un fauteuil capitonné.

Le blond restait silencieux, il devait probablement réfléchir.

- Alors laisse-moi partir.

Ce fut au tour du Serpentard de lâcher un son outré.

- Non mais ça ne va pas ? Tu te rends compte le nombre de raisons pour lesquelles tu ne peux pas partir d'ici ?!

- Pas vraiment, j'en vois une bonne flopée pour lesquelles je le devrais, en fait, siffla-t-elle.

- Je ne peux décemment pas te relâcher, Granger, ne sois pas stupide.

- Et après tu m'accuses de ne pas t'appeler par ton prénom, souffla-t-elle, l'air effarée.

Il soupira rageusement. Ah les femmes !

- Drago, je n'ai aucun avenir ici ! Et je n'ai pas l'intention de perdre tout mon temps et de te faire perdre le tien. T'as eu ce que tu voulais, non ? On a couché ensemble ! Tu peux très bien me relâcher en disant que je me suis enfuie, ou encore tout simplement que je suis morte !

- Idiote…, chuchota-t-il. Tu ne comprendras jamais…

- De quoi tu parles, encore ?

- Toi qui es intelligente, tu devrais réfléchir plus avant de débiter de telles débilités.

Hermione se leva, furieuse, mais il avait raison.

- Si je te relâche, on nous tuera assurément tous les deux s'ils l'apprennent ou s'ils te voient essayer de sauver le monde avec les autres abrutis… Quand à mentir sur ta mort, cela nous rapporterait le même sort… Tu as envie de te cacher toute ta vie ?!

- Si tu rejoignais l'Ordre on n'aurait pas à se cacher ! On se battrait ensemble et on ne n'aurait à rendre de comptes à personne !, s'écria-t-elle, un peu rouge.

Il éclata franchement de rire.

- Oui et puis Rogue épousera Potter !, railla-t-il. Tu ne vois pas que ce que tu dis est stupide ?! Tu crois qu'on peut quitter les mangemorts comme ça, Hermione ?!.

Elle frissonna. Il s'approcha d'elle et rabattit sa manche sur son bras, affichant la marque de Voldemort devant la mine égarée d'Hermione.

- Je suis un de ses soldats les plus précieux ! S'il apprend que je l'ai trahi, c'est ma famille qui paiera pour moi, avant qu'il ne nous retrouve tous les deux et qu'il nous tue… Certainement en te faisant subir les pires tortures pour avoir détourné un Sang-Pur d'un chemin qu'il lui avait tracé !!, s'écria-t-il, énervé.

Hermione se recroquevilla sur elle-même.

- Tu crois que j'ai envie de les voir te torturer, te violer, puis te tuer ?! Sans compter qu'ils peuvent très bien s'en prendre à tes propres proches, penses-y ! Si on part ensemble, des gens mourront !

La Gryffondor fut envahie d'un flot ardent de culpabilité. Il avait entièrement raison. Elle ne pouvait pas se montrer aussi égoïste ! C'était une guerre qui mettait en péril le monde entier, et elle, elle pensait à son histoire d'amour… La brune se mit à sangloter. C'était vraiment injuste !

- J'en ai marre !!, hurla-t-elle soudain. Pourquoi ?!

Il recula, elle semblait à la fois furieuse, démente, et accablée.

- Tout ça à cause d'un empaffé de merde qu'a décidé de faire joujou avec sa baguette ! Qu'est-ce que j'en ai à foutre de mon sang, de celui des Weasley, du sien, du tien ou de celui de Neville Londubat ! Ca ne veut rien dire ! Biologiquement parlant, il n'a aucun argument !, s'énerva-t-elle avec force. J'aimerais qu'il comprenne à quel point il est stupide et à quel point il perd son temps avec de telles idioties ! Tout le monde pourrait être heureux, mais non ! Il faut obligatoirement épurer la nation sorcière, sinon, qui sait, les gens pourraient se mettre à sourire de nouveau !!!

Drago prit sa tête dans ses mains, tremblantes. Elle avait raison. Mais enfin, il ne pouvait pas blâmer ses parents ni qui que ce soit d'autre. Ils avaient été élevés là-dedans, elle ne pouvait pas comprendre. Tandis qu'elle avait dû s'amuser avec ses copains, on leur apprenait les manières à table à coup d'Endoloris. Cela était tellement rageant pour les Sang-Purs de voir que les autres s'amusaient et n'étaient jamais incessamment réprimandés, que personne ne les considéraient comme supérieurs… Alors oui, il leur fallait se montrer hautains et dédaigneux, leur faire mal. Pour se prouver qu'ils n'étaient pas les seuls à souffrir ! Le monde sorcier souffrait, à présent. Tout le monde souffrait pour une raison bien trop affligeante et bien trop bancale… Une raison qui n'en était même pas une, même pas la moitié d'une excuse idiote. Pourquoi, au fond, les sorciers détestaient les moldus ? A cause de la chasse aux sorcières ? Non, les sorciers ne la craignaient pas, même s'ils avaient dû en être blessés… On les avait rejetés de la société et ils étaient bannis du monde des hommes normaux. Les quatre plus grands sorciers avaient bâti Poudlard et à présent, lorsqu'un enfant de moldu se présentait, les Sang-Purs, sorciers de pure souche, s'accordaient à leur tour le droit d'être sélectifs ; c'était le monde de la magie, le leur. Et les hommes n'étaient décidément pas assez anormaux pour pénétrer dans leur univers privilégié. C'était une vengeance pure et simple. Voilà tout. Mais lorsque les générations s'enchainèrent, ils auraient dû comprendre que les moldus n'étaient plus si obtus… Qu'ils commençaient, pour la plupart, à se sentir fascinés par un monde aussi merveilleux. S'enorgueillant davantage, les Sang-Purs n'avaient rien cédé et lorsqu'un Sang-de-bourbe comme Granger arrivait à Poudlard, il fallait la mettre mal à l'aise, voilà tout. Parce qu'elle n'avait rien à faire ici. C'était ce qu'on leur avait enseigné. La haine.

Mais Drago ne pouvait plus la détester. Elle qui était si humaine, si belle et qui savait si bien s'y prendre avec lui. Non. Alors voilà, il avait continué à pratiquer le mépris, sous une autre forme. Et cette forme s'était changée en désir violent, en envie de la posséder. Puis en passion. Et en amour. Et c'était trop tard, il ne le savait que trop bien, c'était trop tard pour revenir en arrière. Rien qu'en la regardant, en contemplant ses yeux, ses cheveux si sauvages et son visage furieux ; emporté et empli d'une rage rassurante. Il savait. Plus jamais il ne pourrait songer que le sang était un problème. Il pouvait encore essayer de le nier, de se mentir à lui-même, mais au fond de lui, il le savait. Les protestations d'Hermione étreignaient son cœur.

- Je sais…, l'interrompit-il avec un calme olympien.

Elle s'arrêta aussitôt et il la prit dans ses bras.

- On va trouver une solution, Hermione. Une solution qui conviendra à tout le monde.

Hermione resta pantoise, pétrifiée. Il la serra d'autant plus fort et elle ferma les yeux, les larmes finissant par fondre sur la chemise de Drago. Elle le serra à son tour.

- Je t'aime, murmura-t-il.

Elle crut que son cœur allait imploser et exploser sa cage thoracique pour l'emporter dans un flot de battements… C'était vraiment, et le cas de le dire, magique.

- Moi aussi, Drago.

Les deux silhouettes ne se quittèrent pas pendant une dizaine de minutes ; ne pouvant tout simplement pas se résoudre à se séparer. Finalement, il lui dit qu'il devait s'absenter pour l'après-midi et qu'il reviendrait le soir, qu'elle n'avait qu'à l'attendre dans sa chambre. Ils transplanèrent sur le lit de la brune ; il l'embrassa et disparut.

- Moi aussi… Drago.


- J'ai vu, fils Malefoy, que tu avais eu des doutes à propos de moi.

Le blond ne nia pas, cela ne servirait strictement à rien.

- C'est vrai, Seigneur. Je doute de tout. De moi, de nous tous, de vous-même.

- De quoi as-tu peur, siffla-t-il.

Il pensa à Hermione.

- J'ai peur que nous perdions la bataille, murmura-t-il.

- Les traitres à leur sang périront, il n'y a aucun doute possible. Mais dis-moi, fils Malefoy…

- Oui ?

- Pourquoi mens-tu ?

- Je ne mens pas, Seigneur.

- Et tu mens de plus belle en niant d'avoir menti.

Voldemort se leva ; la magie noire lui avait fait retrouver un peu de son charme d'autrefois mais il restait fantomatique et terrifiant.

- Tu trembles pour une femme, je le vois.

- Je ne tremble que pour vous et moi, Seigneur.

- Et pour elle, alors.

- Probablement, je m'inquiète un peu, c'est une femme, elle ne saura pas se défendre.

Le Seigneur des Ténèbres éclata d'un rire sombre.

- Les femmes savent se défendre ; comme cette autre trainée de Lily Evans… Mais qui est donc cette femme, Drago… ?

- Je ne connais pas son nom, mentit-il.

- Tu mens.

Le maître descendit les quelques marches en pierre qui le séparaient du reste des mangemorts et se rapprocha de Drago.

- Cette femme ne doit pas occuper ton esprit, Drago. Elle sera toute à toi lorsque tu auras la puissance nécessaire. Cette puissance, tu ne l'obtiendras qu'avec moi.

- Vous avez raison, assura le blond, toujours aussi impassible depuis le début.

Voldemort appela Avery après être retourné à sa place.

- Avery. Qu'as-tu à m'apprendre de nouveau à propos de l'Ordre du Phénix ?

- Plusieurs choses. Tout d'abord, Harry Potter a tué Bella.

Le Seigneur noir ne cligna pas, il n'en avait que faire.

- Mais encore ?

- Nous avons tué l'un des leurs, glapit une femme en s'avançant.

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom lui jeta un coup d'œil puis revint sur Avery.

- Vous n'en avez tué qu'un ? Alors que Bellatrix est morte ?

- C'est l'un des Weasley, l'Ordre est affaibli.

Le cœur de Malefoy se compressa un peu. Un Weasley était mort. Comment pouvait-il annoncer ça à Hermione ? Il pria de toutes ses forces pour que ce ne soit pas celui auquel il songeait, mais un soupçon de possessivité envers sa sorcière désirait que ce soit le cas.

- Lequel est-ce ?, persiffla Voldemort.

- Je le sais, je le sais, minauda la même femme que précédemment.

- Eh bien dis-le, Fontague, au lieu de faire ta gourgandine, lança Avery, excédé.

Elle lui lança un regard noir puis le détourna vers le Seigneur des Ténèbres.

- Le mort est Ronald Weasley.

Une pierre tomba lourdement dans l'estomac de Malefoy.

- Qui l'a tué ?, lança-t-il avec un faux sourire narquois. Que je le félicite.

- C'est Fenrir Greyback. Lui aussi a quitté nos rangs. Tué par Remus Lupin, murmura sombrement Avery.

Malefoy n'écouta plus à partir de ce moment là. Fenrir Greyback avait tué Ronald Weasley, et c'était lui qui devait l'annoncer à Hermione… Il pensa à Potter et l'air sembla se raréfier ; il devait être au plus bas. Le trio d'or n'était plus et si cela avait été ce que le blond avait le plus désiré à Poudlard, à cet instant précis, il ne s'en souvenait plus.