BONNE LECTURE, LES CRAPULES.


Lord Voldemort les regardait, l'air cruel.

- J'ai de très bonnes nouvelles, siffla-t-il.

L'assemblée se crispa, mais on lui percevait des raisons différentes ; certains étaient excités, d'autres avaient peur… Drago, lui, se crispait de dégout.

- Il y a un traitre parmi nous.

Le blond sentit son cœur s'arrêter. Hermione.

- Je connais son identité, je lui laisse dix secondes pour s'avancer courageusement devant moi et si ses réponses à mes questions me conviennent, il restera en vie.

Le Serpentard fut en proie à un dilemme effroyable. Que devait-il faire ?

- Dix… Neuf… Huit…

Le blond ferma les yeux et réfléchissait à toute vitesse.

- Sept… Six… Cinq… Quatre…

Drago se sentait si mal qu'il aurait pu vomir…

- Trois… Deux…

Voldemort s'était arrêté de compter. En effet, le traitre s'était avancé. Mais Drago n'avait pas bougé… Il rouvrit les yeux.

- Avery, persiffla le Lord noir. Tu as bien fait de te dénoncer. Maintenant, peux-tu me dire pourquoi Fenrir Greyback est en vie ? Ainsi que Ronald Weasley ? Et par conséquent comment Bellatrix, toi et Fontague, vous avez pu perdre la maîtrise du combat à un tel point ?

Le mangemort tremblait un peu.

- Fenrir Greyback s'est transformé, mais il y a eu un problème… Il s'est attaqué à Bella. Harry Potter a profité du chaos de la situation pour la tuer et Fenrir Greyback s'est jeté sur Ronald Weasley. Il l'a mordu et s'en est allé alors que Remus Lupin s'était pris les pieds dans le piège à Centaure que nous avions disposé. Fontague et moi, on a essayé de se battre contre Harry Potter mais Lupin s'est transformé à son tour ; nous n'avions pas prévu cela. Il n'était pas censé faire partie du combat et il est évident que la pleine lune n'épargne aucun loup-garou. Furieux, il s'est jeté sur nous et nous avons transplané. Nous nous sommes mis d'accord, avec Fontague, pour vous dire que nous étions sortis du combat victorieux.

- Bien. Je savais tout cela mais je voulais t'entendre l'avouer sans mentir une seconde fois. Fontague est morte, je crois que je l'ai trop épuisée dans son lit, cette nuit, railla-t-il alors que les autres mangemorts riaient à leur tour. A moins que ce ne soit les Endoloris que je lui lançais qui aient eu raison d'elle. En tout cas, elle n'était même pas bonne à prendre… Même si morte, j'ai pu aller plus profondément en elle que lorsqu'elle était vivante.

Drago sentit une vague de nausée s'emparer de lui. Salazar, cet homme était un monstre.

- Bien, retourne à ta place Avery. La prochaine fois que tu me mens, je te tue sans hésiter, siffla Voldemort.

Le mangemort acquiesça, soumis, et le Seigneur des ténèbres reprit la parole.

- Nous allons attaquer l'Ordre du Phénix dans trois jours. Ils ont prévu d'aller dans la région des griffons pour les rallier à leur cause, ce que ces stupides créatures vont forcément accepter. Là-bas, d'après mes informations, Remus Lupin, Sirius Black, Alastor Maugrey et Nymphadora Tonk s'occuperont de la diplomatie. Ces quatre éléments sont parmi les plus forts de l'Ordre… Et il va sans nul doute que si nous les éliminons, il ne restera plus grand monde… Les gens s'enfuiront, abandonneront ; voire se rallieront à notre camp. Harry Potter sera seul, il ne restera que quelques autres imbéciles… Et là… Nous les éradiquerons.

Voldemort jubilait. Il reprit son souffle, haletant d'excitation.

- Le plan va se dérouler ainsi ; ils vont certainement y aller avec un portoloin ; vous, vous serez déjà là-bas pour les attendre, vous fouillerez tous les alentours à la recherche d'un quelconque objet magique et dès que vous l'aurez trouvé, vous le déclarerez en lançant un Morsmordre. Grâce à la marque, tout le monde se rassemblera… Et vous les tuerez, bien plus nombreux qu'eux, de toute manière. Tous les mangemorts sont nécessaires ; aucun de vous n'est mis sur le banc, il est temps de faire vos preuves.

Drago retint une grimace. Ils étaient tous mobilisés, alors. C'était très ennuyeux… Mais il le faudrait bien. Il attendit la fin de la réunion et se rendit au ministère de la magie aussitôt.

La sorcière blonde était aux côtés d'un homme grand, noir et assez âgé. Il s'approcha de l'ascenseur et les deux autres personnages le suivirent à leur tour, spontanément, continuant de discuter sans lui prêter attention. Ils entrèrent dans la cage métallique et les portes se fermèrent. La machine amorça une montée et s'arrêta, comme d'habitude.

- C'est Sirius Black, articula l'homme noir d'une voix autoritaire. Enchanté de te rencontrer, Drago Malefoy.

Il hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il en valait de même pour lui. Cet homme était un cousin de sa mère, c'était curieux de le rencontrer dans de telles circonstances.

- J'ai les informations.

Maugrey et Sirius se lancèrent un regard éloquent et satisfait.

- Remus sera content, murmura Sirius. Dis-nous tout.

- Voldemort compte vous attaquer lorsque vous irez sur les terres des griffons, dans trois jours.

Les deux partisans de Dumbledore eurent une mine paniquée.

- Comment peut-il être au courant de cela ?!

- Je n'en sais rien, mais vous feriez mieux d'y aller demain, les griffons comprendront.

- Ils haïssent ce genre de comportements… Il faut respecter ses engagements avec eux.

- On parle de votre vie et de l'existence de l'alliance que vous essayez de les faire rejoindre.

- C'est vrai, concéda Sirius.

Il eut un silence avant que Drago ne se mette à leur expliquer le plan de Voldemort. Les deux sorciers l'écoutèrent attentivement, comme d'habitude.

- Bien. Et Hermione ? Elle va bien ?, lança Sirius, d'une voix un peu moqueuse.

- On ne peut mieux, railla le Serpentard en songeant à la matinée…

- Ah… La noirceur des Sang-Purs ne l'a toujours pas envahie ?, persévéra narquoisement l'animagus.

Drago faillit rétorquer quelque chose sur les Sang-Purs mais il se rappela que Sirius en était un également et se ravisa.

- Elle devient de plus en plus libidineuse, lâcha le Serpentard, indolent.

Les deux sorciers éclatèrent de rire.

- Lily aussi était devenue comme ça, je m'en souviens…, murmura Sirius, songeant certainement aux parents d'Harry Potter.

- Vous avez des nouvelles de Weasley ?

- Aucune pour l'instant, répondit le sorcier, rembruni.

Drago fronça les sourcils. C'était quand même un problème de ne pas savoir s'il était vivant ou mort…

- Bien. Donc demain, rendez-vous ici.

- Vous serez seul ?, demanda-t-il à Maugrey.

- Non.

- Très bien. Je vous rejoindrai dans l'atrium, comme d'habitude.

Ils se séparèrent. Drago fut envahi d'une impatience saisissante… Hermione devait l'attendre…


Hermione s'ennuyait à en mourir… Elle avait envie de voir Drago et en avait marre de l'attendre tout au long de la journée. Sans rien pour s'occuper, elle regardait la neige tomber à travers la fausse fenêtre. C'était franchement désolant comme vie. Tout ce dont elle avait envie, c'était qu'il vienne et qu'il l'embrasse… Qu'il la plaque contre le lit et… Hermione rougit. C'était incroyable, depuis quelques temps elle ne pouvait plus s'empêcher de ne penser qu'à ça. Pourtant ce n'était pas dans la nature de son caractère… Peut-être que passer du temps avec lui et d'en être amoureuse lui tournait la tête mais elle en doutait un peu. Elle se tourna vers l'intérieur de sa chambre, frottant ses épaules machinalement. Que pouvait-elle bien faire pour s'occuper ? La bibliothèque l'interpella.

- Ce ne sont que des livres de magie noire…, murmura-t-elle pour elle-même.

Ses jambes la portèrent vers le meuble et elle s'assit en tailleur devant, se triturant les mains sans oser toucher aux ouvrages. Après tout, elle avait toujours eu soif de connaissance, ce n'était pas parce qu'un livre traitait d'un sujet délicat qu'elle ne devait pas se renseigner. Hermione sortit les ouvrages et les posa en pile à côté d'elle afin de tous les examiner. Ils avaient tous une couverture sombre, et donnaient l'impression qu'ils étaient précieux, sauf quelques uns qui paraissaient franchement anciens.

- « Magie démoniaque d'un autre temps »…Non… « Sortilèges & Maléfices contre les moldus »… Encore moins… « Les malédictions du Sang-Pur »… Pfff… « Vieille Magie & Pouvoirs du Sang »…

Le dernier ouvrage intéressa fortement Hermione. D'abord parce que le titre n'était pas si horrible et ensuite parce que la couverture représentait un cœur humain entrelacé de filaments nacrés. Contrairement aux autres grimoires dont les couvertures étaient des personnes semblant hurler de souffrance (visiblement des moldus), ce manuel semblait tout à fait inoffensif. Hermione s'en saisit et l'ouvrit. Les pages étaient jaunies par le temps et une odeur de vieux parchemin s'échappa dans l'air. La jeune sorcière inspira à plein nez, se sentant à nouveau dans la bibliothèque de Poudlard.

Vieille Magie & Pouvoirs du Sang.

Tout au long des siècles, la magie s'est transformée. La vieille magie et les anciennes pratiques ont été abandonnées. Les rites, les sacrifices (Sacrorum) et les vénérations des Damnés et Prêtresses (Sacerdos Otis) ont cessé et le monde magique est entré dans une ère de cohabitation et de partage avec les autres peuples magiques. Cet ouvrage a pour but de retracer ces anciennes pratiques et les anciens sorts (certains bien plus efficaces et plus dangereux que ceux de notre époque) afin de vous initier à cette ancienne magie qui fait indubitablement partie de notre héritage. Seront également expliquées les différentes malédictions et les fissures entre les Sangs.

Viviana Inch & Cross Malefoy.

Chapitre I. Ampramento, techniques d'illusions.

Φ Runes & Invocations

Ψ Sorts & Anti-sorts

Ϟ Descendance

Chapitre II. Amortentia, la magie avant la potion.

ϕ Histoire

Ϯ Amour & Attirance

ϗ Reproduction des effets

Chapitre III. Purefacio, l'attraction du sang.

ͻ Phénomènes

ͼ Magie informulée & Sang-Pur

ͽ Transcendance & Sang-Impur

Hermione lut le sommaire avec attention. Un des auteurs semblait être un Malefoy, étonnant. Visiblement, le livre n'était pas si terrible que cela ; il traitait de la vieille magie et la jeune sorcière avait déjà lu maints ouvrages dessus. Elle ne se risqua donc pas à tourner les pages, plus particulièrement attirée par le chapitre trois.

Purefacio, l'attraction du sang.

Introduction.

Longtemps, les Sang-Purs désirèrent épurer le sang des sorciers, voulant annihiler toute trace de celui des moldus dans leurs veines. Un tel phénomène encensa ainsi les mariages avec des membres de familles pures. On eut tôt fait d'organiser des rites de purification de sang ; à cette occasion, le Sang-Impur était saigné à blanc ; un maître de cérémonie, Sang-pur, jetait le sort Purefacio sur le sang et aussitôt, alors que les autres Sang-Purs de l'assemblée déversaient une ou plusieurs gouttes de leur propre sang ; on transfusait tout le liquide à l'ancien Sang-Impur. Ces réunions furent interdites car on réclamait l'éradication des Sang-Impurs, et non pas leur réhabilitation.

Il eut une vague de terreur (1675-1734) et les Sang-Impurs se cachèrent, mentirent sur leurs identités. Aujourd'hui, il est impossible de confirmer que toutes les familles de Sang-Purs ne soient composées que de sorciers pure-souche.

Plus tard, certains mages de la confrérie Sanctimonia confirmèrent que le sang des Nés-Moldus n'était pas si sale que les Sang-Purs désiraient le croire. En effet, ils firent subir des sortilèges à différents types de sangs et confirmèrent que le sang pur appelait le sang impur, et réciproquement. On précisa alors qu'il s'agissait tout simplement d'une vieille magie dont on ne connaissait pas l'origine. De la même manière que l'Amortentia, cette vieille magie est redoutable ; Même si un(e) Sang-Pur(e) est confronté(e) avec un(e) Sang-Impur(e), rien ne se passera si les deux personnes ne se sentent pas attirées. Cependant, si les deux personnes s'attirent mutuellement et qu'il y a relation, les sangs s'appelleront à travers les corps. Dans ce cas très précis, il ne faut jamais entrer en contact direct avec le sang de l'autre personne. La magie deviendrait alors si forte que les individus seraient indissociables. Les deux personnes auraient subitement une soif indicible de l'autre et ne sauraient supporter une trop longue absence, ou un éloignement brutal. De la même manière que l'amour fait partie de la vieille magie, cette magie confirme que les personnes étaient destinées à se rencontrer et à mener leur vie ensemble. Séparer ces deux personnes les conduirait à la mort.

Le phénomène est baptisé Magnésie.

Affirmer que Magnésie serait la seule cause de l'indissociabilité des deux personnes serait occulter les plus grandes exceptions qui confirmèrent la règle ; Savannah Newman et Estillio Londubat, Taroa Magnabella et Emmett Bones, Ammerio Van der Garner et Esabella Potter… Tous ces grands modèles d'alliances entre Sang-Purs et Nés Moldus n'ont pas été pleinement atteints par le phénomène Magnésie. Les sorciers concernés ont pourtant vu des modifications plus ou moins légères s'ancrer dans leurs caractères. La dés-inhibition au moment de l'acte charnel, la sensation de manque continuelle en absence de l'autre, l'inquiétude perpétuelle, la violence et le dépérissement. Certains spécialistes ont précisé qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'un dépassement de l'amour et d'une dépendance due à l'affection et à l'attirance.

Magnésie ne serait donc qu'un phénomène exacerbé de l'amour, que les moldus appellent coup de foudre sans pouvoir autrement l'expliquer.

Hermione déglutissait difficilement… Elle se rappelait très bien avoir léché les griffures ensanglantées sur le torse de Drago… Et ils s'étaient donné un baiser ensanglanté lorsqu'il lui avait mordu la langue… Mais en y réfléchissant bien, même avant avoir gouté à son sang, et réciproquement, elle perdait déjà ses inhibitions en sa présence. Tout n'était pas causé par la magie, elle le sentait. Oui, elle sentait qu'elle aimait sincèrement Drago Malefoy, bien que ce fût très effrayant. Elle continua sa lecture ; enrayer Magnésie ne semblait pas être possible ; la mort d'un individu de type Magnétique ne signifiait en rien la fin de la Magnésie en elle-même. Par contre existait un anti-sort. Ses yeux s'écarquillèrent.

Prononcez lentement, distinctement et trois fois

Magnesia, sanguinolentia, sanguinolentus, sanguinem alicujus haurire, hauriendus aut dandus est sanguis, cohibere, suprimere.

Magnésie s'estompera au bout de trois jours. Si l'attirance perdure, Magnésie n'est pas responsable de l'indissociabilité de votre alliance.

Hermione ferma l'ouvrage. Elle n'en avait plus besoin. La jeune sorcière savait au fond de son cœur de Née-Moldue que son sang n'y était pour rien. La dés-inhibition ne la gênait pas et ne semblait pas non plus gêner Drago. Il était donc inutile d'en lire davantage.

Elle décida de remettre les livres à leur place avant que Drago n'arrive. Il n'avait pas besoin de connaitre une telle information. Rangeant rapidement les livres, elle réfléchissait intérieurement. « Aujourd'hui, il est impossible de confirmer que toutes les familles de Sang-Purs ne soient composées que de sorciers pure-souche. »… Après tout, il était bien possible que Drago ait du sang moldu dans les veines. Elle étouffa un rire nerveux ; quelle ironie. Elle s'assit sur le lit, se laissant tomber en arrière, les bras en croix. Drago apparut dans la chambre.

Sans dire un mot, il s'approcha d'elle et se mit à quatre pattes sur le lit pour se placer au dessus. Ses yeux étaient fermés mais un sourire s'agrandit sur son visage quand elle sentit le matelas s'enfoncer sous les genoux et bras du blond.

- Salut…, murmura-t-elle.

Il sourit moqueusement et elle ouvrit les yeux.

- Tu m'as manqué, sale idiot…, chuchota-t-elle en l'enlaçant pour le coller contre elle.

- Evidemment. L'absence d'un Malefoy est toujours une torture pour ces demoiselles.

Hermione leva les yeux au ciel et l'embrassa pour le faire taire.

- Ne me fais pas croire que t'as d'autres prisonnières, comme moi, dans d'autres chambres, et que tu nous rends visite chacune notre tour. Voilà donc pourquoi t'es si fatigué !, se moqua la jeune sorcière.

- T'as tout compris, Granger.

- En tout cas, là, c'est mon tour et je compte bien en profiter, lança-t-elle en l'embrassant de plus belle.

Drago sourit et se laissa faire.

- Mais qui aurait cru qu'Hermione Granger serait complètement accro à Drago Malefoy…, murmura-t-il, lui faisant repenser à sa dernière lecture.

- Le destin, railla-t-elle avant de le plaquer contre le lit. Et il m'a aussi promis que tu me ferais l'amour tout de suite, donc je compte sur toi.

Le Serpentard fit semblant de réfléchir.

- Peut-être que nous devrions dîner d'abord, lança-t-il en prenant l'air d'hésiter.

Elle le frappa et commença à déboutonner sa chemise. Malheureusement, elle pensa à la saleté de livre qu'elle avait lu et arrêta son geste. Drago lui lança une œillade étonnée.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Hermione se mordilla la lèvre.

- Tu m'aimes vraiment, Drago ? Ou tu aimes juste coucher avec moi ?

Une bouffée de rage envahit le blond.

- Quoi, tu oses me poser la question ?, siffla-t-il.

- J'ai tellement peur que tu disparaisses…, murmura-t-elle, accablée.

Il se calma un peu et décida de la rassurer.

- Bien sûr que je t'aime.

Il ne se voyait pas faire tout ce qu'il faisait avec l'Ordre et le complot contre Voldemort s'il ne l'aimait pas. Des filles dans son lit, il n'avait pas besoin de risquer sa vie pour en avoir… Alors oui, de toute évidence, avait-il envie de dire. Seulement elle n'était pas au courant des actions qu'il menait et il ne comptait pas l'en informer pour l'instant ; tout comme elle ne comptait pas lui parler de la lecture instructive qu'elle avait eu, quelques instants avant qu'il ne revienne.

- Très bien… Dans ce cas, je peux continuer, provoqua-t-elle en reprenant plus férocement encore l'arrachage des boutons.

Mais Drago était un peu refroidi ; si elle posait la question, c'était qu'elle doutait. Il avait donc fait naitre le doute en elle… C'était ainsi qu'il voyait les choses. Il se détesta tandis qu'elle lui embrassait les muscles du torse. Le Serpentard sentait les lèvres douces de son amante caresser sa peau et sa poitrine se compressa. Comment pouvait-il une bonne fois pour toutes lui prouver qu'elle était la chose la plus importante à ses yeux.

Sa langue passa entre ses lèvres et commença une danse sensuelle sur le torse de Drago. Elle avait bien l'intention de continuer ce qu'elle avait commencé le matin même. Il réfléchissait encore lorsqu'une caresse le sortit de ses pensées. Une caresse indécente. Sans le contrôler, il émit un gémissement. Un petit rire résonna puis s'interrompit dans un hmmm excitant. Hermione faisait de rapides va et viens en regardant les expressions faciales de Drago. Il ouvrit les yeux et la regarda faire tandis qu'elle fermait les siens, jouant avec sa langue, savourant le fait de lui faire plaisir. Il lâchait des soupirs de satisfaction qui la confortaient dans ses gestes ; elle était plus confiante. Hermione savait qu'elle n'était pas une spécialiste du genre… Mais elle avait tant envie de lui prodiguer du bien-être, c'était ce qui comptait. Elle continua de jouer avec le membre de Drago pendant de nombreuses minutes mais il était soucieux.

- Hermione… Tu devrais arrêter…

Elle comprit là où il venait en venir mais cela ne l'effraya pas vraiment. Il l'avait déjà fait maintes fois en elle… La jeune sorcière afficha un sourire rassurant et continua le traitement qu'elle lui prodiguait.

- Hermione, je suis sérieux…, gémit-il.

Il n'avait vraiment pas envie de la souiller davantage. Mais elle ne le laissa pas s'échapper et accéléra le mouvement. Il gémissait de plus en plus fort, l'avertissant du danger imminent mais elle l'ignora royalement et lorsqu'il jouit, elle le garda dans sa bouche, jusqu'à la fin.

- Hermione… Hermione, murmurait-il, effaré d'avoir osé.

Bon, ce n'était pas un régal mais elle l'avait fait pour lui et c'est tout ce qui comptait. Elle l'aimait et elle emmerdait la prétendue Magnésie si elle n'était pas de l'amour ! Parce que c'était de ça dont il s'agissait ! Lui, il n'arrivait tout simplement pas à le croire. Le faire à ces autres trainées, oui. Le faire à n'importe quelle autre fille, oui. Mais elle ? Non. Il l'attrapa par le bras et la traina dans la salle de bain.

- Recrache.

Elle hocha la tête de droite à gauche avec un petit sourire.

- Trop tard.

- Vraiment, tu es une idiote !, s'énerva-t-il, plus en colère contre lui que contre elle.

Hermione haussa les épaules.

- Rince-toi la bouche… J'ai honte, murmura-t-il en passant sa main sur son front, désespéré.

Elle s'exécuta lentement et il la regarda faire avec attention et culpabilité.

- Plus jamais ça, lui dit-il en la prenant par les épaules.

- Pourquoi ?, finit-elle par demander, un peu vexée.

- Parce que je n'ai pas envie de souiller ta bouche. Tu n'es pas n'importe qui !

- Tu ne m'as pas souillée, Drago ! Ne sois pas ridicule, tu vois bien que c'est ce que je voulais !

Il se mordit la lèvre inférieure. Elle ne comprenait décidément rien mais il décida de se taire.

- Merci…, lâcha-t-il, un peu pantois.

Hermione s'approcha de lui et l'embrassa.

- Merci à toi d'avoir dit que je n'étais pas n'importe qui… Mais tu sais… J'aime te faire plaisir, j'aime l'idée d'arriver à te faire…enfin tu sais…

Elle rougit jusqu'aux oreilles tandis qu'il réfléchissait. Il en valait donc de même pour elle ? Ils s'enlacèrent et il finit par la porter comme une mariée au lit de noces. Drago l'enserra dans ses bras et fit apparaitre des cerises. Il n'avait pas mangé de la journée et elle devait avoir faim, elle aussi. Pendant une heure, ils s'amusèrent à se nourrir l'un, l'autre en discutant comme des enfants ; se disputant gentiment et flirtant comme ils en avaient l'habitude. Bientôt, elle s'endormit dans ses bras et le sommeil finit par avoir raison de lui également.


Le lendemain, Voldemort répéta la même chose que la veille, en ajoutant des détails ; il devait ignorer que l'Ordre avait changé ses plans. En tout cas, lorsqu'il l'apprendrait, il saurait qu'il y avait un vrai traitre parmi les mangemorts et cela, c'était très inquiétant. Drago se rendit à l'atrium où la sorcière blonde l'attendait avec un autre homme, de dos, brun. Il fallait être fou pour ne pas reconnaitre cette silhouette maigre et ces cheveux ébouriffés. Le Serpentard sourit sous la capuche noire qui lui cachait le visage, comme à l'accoutumée. Ils se dirigèrent tous à l'ascenseur et comme à l'ordinaire, il se bloqua après une petite ascension.

- Potter…, lança Drago avec un ricanement.

- Malefoy, répondit Harry d'une voix ferme.

- Eh bien, je pourrais dire « cela fait un bail » si j'étais heureux de te revoir, mais ce n'est pas le cas alors je préfère « faisons vite »…

Harry Potter était encore plus maigre qu'auparavant mais le blond attribua cela au fait que ses deux plus proches amis n'étaient plus avec lui et que le nombre de morts ne cessait de croître. Le brun sourit toutefois, sans doute heureux de constater que des choses ne changeraient jamais, comme sa rivalité avec le Serpentard.

- Alors, Hermione va bien ?, s'enquit-il un peu ironique.

- Oh ouais… Faut dire que rester avec moi, ça revigore les jeunes filles…, railla-t-il.

Le brun ne fit pas de remarque sur le sens pervers de la phrase, jugeant cela bien trop bizarre.

- Je n'ai rien de plus à vous dire qu'hier, si ce n'est que Vous-savez-qui fonce complètement dans le mur, lança Drago dans un silence.

- Vous avez couché ensemble ?

Drago Malefoy faillit laisser éclater son masque d'impassibilité -chose qu'il ne faisait qu'avec Elle-, mais il se contint au dernier moment.

- Je ne crois pas que tu sois concerné, Potter, persiffla Drago avec un sourire narquois.

- Je suis venu pour parler d'elle, pour te rappeler qu'elle n'est pas à toi…

Le Serpentard serra la main sur sa baguette.

- Pardon ?

- Elle et Ron étaient ensemble.

C'était comme si on compressait lentement le cœur du blond, qui se sentait envahi d'une rage sans nom.

- Je n'en ai rien à foutre de Weasmoche, cracha Drago avec tout le mépris dont il était capable. Ouais, on a couché ensemble. Plusieurs fois même… Et je ne l'ai pas contrainte, figure-toi…

- Pourtant, cela ne m'aurait pas tellement étonné…, railla Harry sans joie.

- Ferme ta gueule, Potter. Si tu veux continuer à avoir des infos sur Voldy et sur les mangemerdes… je ne te conseille pas de continuer à me provoquer…

- Je ne viens que pour te prévenir. Dès qu'elle reviendra parmi nous, elle te jettera. Ron et elle, c'est bien plus fort que tu ne peux le penser et toi, tu n'es rien…

Drago se jeta sur lui et lui balança son poing droit dans la mâchoire, Maugrey n'eut pas le temps de réagir et les deux adolescents commencèrent une violente bagarre dans la cage exiguë qu'était l'ascenseur.

- Toi qu'aimes tant les moldus, je vais t'exploser la gueule à leur sauce !, s'écria Malefoy en lui donnant de violents coups dans l'estomac.

Ils furent écartés l'un de l'autre par les bras puissants de Fol-Œil.

- Ca suffit !, hurla-t-il.

- C'est moi qui l'ait dépucelée, ça m'étonnerait qu'elle m'oublie de si tôt, siffla Drago en souriant narquoisement. Et je t'assure qu'elle adore quand je la prends.

Maugrey donna un coup de bras dans l'estomac du Serpentard.

- Si tu l'aimes, parle-mieux, avorton !

Le Serpentard le fusilla du regard mais il avait raison.

- Oui… Je me lui laissé emporter… Mais l'idée générale était là, éluda-t-il en glaçant Harry de son regard anthracite. Personne ne se mettra entre nous, et je ne te conseille pas d'essayer si tu tiens à la vie…

- Ah oui ? Et tu crois qu'elle te le pardonnera ?, jubila Harry.

Il n'avait pas tort…

- Je me débrouillerai pour qu'on croit à un accident, railla le blond. Ce ne sera pas trop dur avec ta maladresse d'abruti…

- Sale Serpentard de mes deux…

Les deux jeunes hommes se fusillaient du regard, furieux.

- Je m'en vais, si c'est pour entendre des trucs pareils, avertit Drago. C'est pour elle que je le fais, pas pour toi, Potter !

Un air surpris s'afficha quelques secondes sur le visage d'Harry. Il décida de se taire. Mais après tout, le Serpentard n'avait rien de plus à ajouter et ils se séparèrent là, tous d'une humeur massacrante…


Les mangemorts étaient de plus en plus excités. Drago contemplait le spectacle avec une certaine satisfaction et une appréhension sourde. S'ils savaient… S'ils savaient à quel point ils seraient déçus… Les membres de l'Ordre du Phénix étaient déjà revenus.

Hermione, elle, avait lu tous les autres bouquins pour cesser de songer à la Magnésie. Elle avait même prit des notes, comme si elle avait un devoir à rendre. Lorsque Drago était revenu et qu'il l'avait vue penchée sur des bouquins de magie noire, son sang n'avait fait qu'un tour. Elle lui avait expliqué qu'elle s'ennuyait et il avait disparut en lui disant de l'attendre ; comme si elle pouvait aller autre part, de toute manière. Il réapparut, les mains derrière le dos, avec un sourire goguenard.

- J'ai un cadeau pour toi.

Elle était très impatiente de savoir ce que c'était mais n'en laissa rien paraître devant l'air arrogant du blond.

- Tiens…, lui dit-il, devinant son excitation.

Il lui tendait sa baguette et elle bondit de joie.

- Oh, merci, merci, merci !!, s'écria-t-elle gaiement.

Drago la regardait sauter partout avec un petit sourire. Tout à coup, elle se retourna et pointa sa baguette sur lui.

- A nous deux, Drago Malefoy !, plaisanta-t-elle en le saucissonnant à terre avec un sortilège.

Il se libéra aisément et lui bloqua les jambes.

- Finite Incantatem !, chantonna-t-elle en sautant derrière le lit.

L'avantage de Drago résidait dans son excellence en matière de sortilèges informulés, et il avait donc le privilège de la surprise.

Accio baguette, pensa-t-il avec force.

Et la baguette sauta de la main d'Hermione pour atterrir dans celle de Drago qui lui lança un sourire dévastateur.

- Alors Granger ? On fulmine ?

En effet, la jeune fille affichait une mine boudeuse et avait croisé les bras sur sa poitrine, mécontente du déroulement des événements.

- Ce n'est absolument pas juste, protesta-t-elle.

Il transplana pour arriver derrière elle et lui faire peur.

- Ca non plus ce n'est pas normal !, s'écria-t-elle alors qu'il l'attrapait par les hanches.

- Que veux-tu, je suis plus fort que toi, c'est la vie…, répondit-il plâtement en prenant l'air d'une star accablée.

- Saleté !

Elle se jeta sur lui pour récupérer sa baguette, en vain. Il finit par lui rendre, complètement épuisé par les fous rires qu'il avait contractés, les uns après les autres, tandis qu'elle tentait de se battre contre lui.

Une explosion violente résonna dans le bâtiment et le secoua, Hermione s'écroula par terre tandis que Drago fut projeté contre un mur.

- Bordel, mais qu'est ce qu'il se passe ?!

Des cris et des voix s'élevèrent ; Drago donna un coup de baguette en direction de la fenêtre et elle disparut, laissant place à sa jumelle qui donnait sur le véritable extérieur. Il se précipita vers l'ouverture et regarda ce qui se produisait. De la fumée s'élevait du bâtiment.

- Je dois y aller Hermione…, murmura-t-il, effaré. Il faut que j'aille voir ce qui se passe ! Garde ta baguette et reste cachée dans la salle de bain, je pense que c'est le plus sûr. Surtout si quelqu'un entre, défends-toi ! Et n'hésites pas à utiliser les sortilèges impardonnables !

Elle l'embrassa prestement en agréant à ses dernières paroles, et s'enferma dans la salle de bain avant de jeter un Collaporta contre la porte.

Drago quitta les lieux immédiatement, se rendant sur les lieux de la bataille. Il n'y avait aucun membre de l'Ordre mais il reconnut Fenrir Greyback se battre un peu plus loin, ainsi que Ronald Weasley. Le roux avait l'air furieux et paniqué, lorsqu'il vit Drago, il se précipita sur lui.

- Toi !!! Où est-elle ??!!, s'égosilla-t-il.

Malefoy jeta un coup d'œil aux alentours et transplana avec Ronald Weasley loin du champ de bataille.

- Qu'est ce que tu fiches, Weasley ?! Tout l'Ordre est mobilisé pour te rechercher et toi tu restes avec Greyback !

Weasley tiqua sérieusement.

- Pardon ? Tu me parles de l'Ordre, TOI ? Alors que tu n'es qu'un sale mangemort !

Le Serpentard grimaça.

- Je suis un espion, je travaille pour l'Ordre, désormais, imbécile. Je suis celui d'entre vous qui prend certainement le plus de risques, tu te rends compte que si ça se trouve, avec tes stupidités, tout est fichu ?!

- Ferme ta gueule, Malefoy ! Greyback m'a dit qu'il retournait sa veste et que si je voulais récupérer Hermione, je n'avais qu'à m'allier avec eux.

- Es-tu STUPIDE ?!, tonna Drago. Greyback est fou et veut juste un monde où les loups-garous règnent, il s'en contre-fiche de toi !!! Il ne sait même pas qui est Granger, j'en suis sûr !!... Es-tu devenu un loup-garou ?!

- OUI !, cracha Weasley, profondément secoué.

Drago recula.

- Granger est avec moi, je la protège, ne t'inquiète pas. Tu devrais rentrer à l'Ordre tout de suite ! Ils t'expliqueront tout !, gronda-t-il.

- Je ne partirais pas sans Hermione !, cria-t-il avec hargne, les yeux déments.

- Il est hors de question qu'elle reparte avec toi. Cela risquerait de tous nous trahir et je refuse de la laisser mourir.

Ronald Weasley crut que son cœur avait cessé de battre.

- Qu'est-ce que tu as dit ?, demanda-t-il, hébété.

Le Serpentard maintînt implacablement le regard.

- Elle n'a pas besoin de toi pour la protéger, là ou elle est. Je m'en charge et toi, va-t-en. Retourne au QG, ils t'expliqueront tous et Lupin t'aidera pour… le reste.

Le roux afficha une mine si ahurie et si triste que Drago eut envie de lui rire au nez. Mais cela n'avait rien de drôle. Il était face au pire de ses rivaux, vivant, et réclamant la femme qu'ils aimaient tous les deux.

- Je dois partir, lâcha Drago, elle doit m'attendre et j'ai peur qu'il ne lui arrive quelque chose.

Il disparut et le roux resta là, immobile et surtout pétrifié. Le vent sifflait, et en son for intérieur, il se sentit vide.


Quand je pense qu'il est 01h45 du matin là. Vous savez, j'vais vous raconter vite fait ma vie, vous allez calculer... Ça doit faire genre un an, un an et demi que je ne me couche plus avant 2h. Le fait est que je ne tiens plus debout, à présent. Mais bon journée chargée + soirée chargée = galère tardive sur fanfiction puisque je ne pouvais poster mes chapitres avant et que voilà, je tenais à le faire. Je suis une sainte, je sais.

Quoique une sainte...

Bien, et sinon, les affaires culturelles belges en Chine ?

Je déconne.

Des reviews, des reviews, des reviews !

MERCI DE M'AVOIR LUE.

De la part d'une loque qui vous aime.