Drago transplana dans la chambre… La porte de la salle de bain était défoncée et on entendait des cris à l'intérieur. Le blond se précipita et vit Hermione aux prises avec deux mangemorts qu'il reconnut sans peine ; Nott et Flint. La jeune sorcière se débattait avec force contre les deux lâches qui l'attaquaient ; visiblement, elle avait perdu sa baguette. De longues estafilades barraient son visage et ses jambes, provoquant une envie de meurtre à Drago. Envahi par une colère monumentale, le Serpentard brandit sa baguette et fit valser les deux vendus de Voldemort contre un mur. Aussitôt ils se redressèrent mais ils n'eurent le temps de rien ; Drago venait de leur infliger le sortilège Doloris. Ils se tortillaient et hurlaient de douleur, subissant certainement la pire des tortures. Mais c'était encore un traitement trop doux pour une telle vermine, se dit Drago. Le blond se mit à rire en les regardant se secouer, agonisants. Hermione se jeta à ses pieds et le supplia d'arrêter un tel massacre. Il lui jeta un regard noir ; ne savait-elle pas se défendre, cette imbécile ?! Pourquoi croyait-elle qu'il lui avait rendu sa baguette. Le monde des mangemorts n'était pas celui d'Alice au pays des Merveilles. Emporté dans sa fureur, il la dégagea de son chemin d'un geste brusque et elle alla s'écraser pitoyablement un peu plus loin.
- Je vais vous buter, parasites !, cracha-t-il en s'approchant plus près des deux mangemorts qui hurlaient à la mort, les faisant d'autant plus souffrir en levant sa baguette un peu plus haut.
Finalement, au bout d'une bonne dizaine de minutes, ils eurent sombré dans la folie. Il brandit sa baguette et…
- Avada Kedavra !, siffla Malefoy sans aucune pitié.
Les deux corps cessèrent de bouger, inanimés, mais le Serpentard n'avait pas l'air d'en avoir fini avec eux.
- Incendio !
Devant l'air terrifié d'Hermione, les deux silhouettes prirent feu et disparurent rapidement dans des flammes ardentes. Le blond se tourna vers elle, la glaçant de son regard cruel et avide.
- Toi…, murmura-t-il en l'attrapant par le bras brusquement.
Il la conduit dans la chambre et la jeta sur le lit, sans vergogne.
- Tu ne sais donc pas te défendre, petite sotte ?!
Trop choquée pour parler, elle se mit à pleurer, mais cela n'émût pas le Serpentard qui la fusilla du regard.
- As-tu la moindre idée de ce qu'ils voulaient te faire ?!, persiffla-t-il presque sadiquement, As-tu envie que je te montre ?!!
Elle pleura de plus belle, ne comprenant plus celui qu'elle aimait.
- Drago… je, commença-t-elle en hoquetant. Pardon, Drago…
Il ne put se contenir davantage et la gifla.
- Jamais… Ne me refais plus jamais ça !, tempêta-t-il. Tu ne sais pas… Tu ne sais pas ce que j'ai ressenti… Tu ne sais pas comme j'ai eu peur…, faiblit-il soudain.
Le Serpentard l'attrapa avec violence et la serra contre lui comme jamais. Il ferma les yeux, essayant vainement de se calmer… Et dire qu'il l'avait frappé… Mais il n'arriva pas à s'en vouloir. Elle était vraiment stupide de ne pas s'être défendue plus hardiment. N'était-elle pas, soi-disant, une vaillante Gryffondor ?!
- Drago… Tu me fais mal, gémit-elle.
Mais il ne l'écouta pas et serra davantage, à la limite de lui broyer les côtes… Lorsqu'il desserra son emprise, ce ne fut que pour l'embrasser avec toute la rage qu'il ressentait. Il n'y avait aucune tendresse, aucun plaisir dans ce baiser ; juste de la colère et un besoin vital de la sentir contre ses lèvres ; à lui ; encore vivante et dans ses bras. Elle étouffait des plaintes mais il s'en fichait, dardant tout son corps de baisers brusques. Il avait besoin de se sentir en elle. Maintenant. Mais elle se débattait, la garce, se dit-il.
- Drago, arrête ! Tu me fais vraiment mal, s'écriait-elle en agitant ses pauvres petits bras frêles.
Il la plaqua au lit de plus belle, lui cassant le poignet droit en le tordant afin de la faire taire.
- Je t'en supplie ! Je t'aime…, s'époumona-t-elle, larmoyante.
Le Serpentard se figea. Qu'était-il en train de faire, au juste ? Elle le regardait si tristement. Il se sentit essoufflé et se laissa tomber sur le lit, à côté d'elle.
- Qu'est-ce que je suis en train de faire…?, murmura-t-il, perdu.
Elle l'enserra par derrière dans une étreinte rassurante.
- Ca va, ca va… Je n'ai rien…, lui chuchota-t-elle à l'oreille tandis qu'elle lui caressait le visage. Je vais bien… Mon Drago…
Le Serpentard sentit sa baguette s'échapper de ses mains tremblantes. Elle l'embrassa doucement sur la joue. Il entendit un « Accio Baguette » et elle dût lui lancer un sortilège de paix car il perdit connaissance aussitôt.
Hermione était fâchée.
Tout au long de sa scolarité à Poudlard, elle avait eu l'occasion d'apprendre de nombreux sorts et des tas d'autres éclaircissements sur le monde de la magie. Cependant, la jeune sorcière finit par se rendre à l'évidence. Son apprentissage était complètement vierge de magie médicale… Drago dormait plutôt paisiblement et elle ne souhaitait pas le réveiller, toutefois ses blessures la faisaient vraiment souffrir ; de multiples bleus constellaient son corps, et elle était recouvertes d'égratignures et d'entailles en tout genre… En plus de cela, elle était sûre d'avoir la cheville foulée et le poignet cassé. Il avait été si violent ; elle se rappela de la peur qui l'avait alors envahie. Elle savait pertinemment qu'il ne l'aurait jamais tuée, cependant elle n'était pas sûre qu'il lui aurait épargné la torture. Si c'était lui, il devait considérer cela comme une punition pour sa propre-impuissance. Et la sienne. Car assurément, en la faisant souffrir, il se faisait souffrir aussi. Et il devait être si furieux de l'avoir retrouvé dans cet état. Hermione savait depuis longtemps que provoquer un Malefoy était une tentative de suicide. Bien des fois, elle lui avait résisté et elle savait ce qu'il en coutait… Toutefois elle avait bien vu la façon dont il se comportait à présent avec elle ; beaucoup plus tendre, toujours aussi taquin et arrogant mais elle savait qu'il ne faisait ça que pour l'énerver. Elle ne pouvait nier qu'il avait considérablement changé, et ce en peu de temps. Alors elle devrait se montrer patiente, elle en avait conscience, pour qu'il perde la violence qui l'habitait. Il ne l'occulterait probablement jamais complètement ; une ombre cruelle était enfouie en lui, elle le savait bien ; mais elle se devait d'essayer de l'apaiser. Elle l'aimait, tout simplement.
La jeune fille l'imagina se réveiller et se mettre en colère lorsqu'il verrait son état effroyable. Le sortilège de paix n'en avait plus pour très longtemps… Elle décida de le réveiller à sa manière. S'installant à califourchon sur lui, elle enleva sa chemise et se coucha sur son torse, l'embrassant doucement dans le cou. Le cœur du blond accéléra ; il était en train de s'éveiller. Elle caressa amoureusement sa jugulaire avec le bout de son nez. Il posa ses mains sur son dos, caressant ses omoplates nues, sentant avec effroi les striures qui s'incrustaient dans sa peau.
- Hermione…, murmura-t-il, désespéré.
- Pardon, Drago…, lui chuchota-t-elle en continuant à l'embrasser pour le calmer. Je te demande vraiment pardon… Je pensais que j'allais arriver à me défendre… Mais… Je n'ai pas pu… Je n'ai pas réussi.
Il poussa un soupir et la repoussa, l'allongeant doucement sur le lit tandis qu'il se levait. Sa baguette s'éleva dans l'air et il l'attrapa.
- Déshabille-toi.
Il avait dit ça sur un ton fatigué et amer. Elle s'exécuta tristement. Lorsqu'il vit l'état du corps qu'il aimait tant parcourir de ses mains, il grimaça.
- Corpus purus aum.
Toutes les blessures disparurent mais les douleurs internes restaient bien présentes. Elle n'osa pas lui rappeler qu'il lui avait cassé le poignet et se tut. Lui aussi resta silencieux, évaluant les résultats de son sort en détaillant le corps de sa bien-aimée. Il jetait de brefs coups d'œil à son visage, pour voir sa réaction, mais elle se laissait regarder sans rien dire, se sentant certainement trop coupable pour l'empêcher de la dévisager. Ses yeux métalliques étaient d'un transperçant profond et ils finissaient toujours par la happer. Il s'approcha d'elle et caressa son ventre de sa baguette.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Luxuria ae.
Un désir violent s'empara d'elle et elle s'arqua sous le choc. Il sourit.
- … Je ne t'en veux pas… Comment le pourrais-je ?
- Qu'est-ce que c'est que ce sort ?!, haleta-t-elle en s'entourant machinalement des draps.
- C'est toi qui devrais m'en vouloir… ! Je me suis comporté comme un imbécile. Ce que j'ai fait est impardonnable, continua-t-il en pointant une nouvelle fois sa baguette sur elle.
Elle s'arcbouta contre le matelas dans un gémissement merveilleux.
- Alors… Tu vois… J'essaie de me faire pardonner…
Hermione ne pouvait tout simplement pas répondre ; ce plaisir était factice, elle le sentait. Et surtout, il suait la magie noire. Mais comment dire ; prononcé par Drago, qui en plus contemplait le spectacle, cela ajoutait une véritable excitation qu'elle ne pouvait nier. Elle se laissa donc emporter dans le flot de désir.
Il leva une fois de plus la baguette. Elle criait à n'en plus pouvoir. Ce sort était exactement comme le Doloris du plaisir. Drago la regardait se tordre de jouissance avec une sorte de délectation malsaine. Il avait appris ce sort en tombant sur un livre pas très catholique dans la bibliothèque Malefoyenne ; il ne devait pas être très connu et pourtant, Merlin savait à quel point il était efficace. Drago cessa de faire bouger sa baguette, elle tressautait encore de plaisir, allongée dans le lit. Il la laissa là, se rendant dans la salle de bain. Il ne restait que les restes calcinés des mangemorts qui étaient là, la veille.
- Evanesco, lança le Serpentard avec un air écœuré. Recurvite. Reparo, articula-t-il rapidement afin que la salle de bain retrouve son aspect habituel.
Après avoir réhabilité l'état de la pièce d'eau, il revint dans la chambre. Hermione s'était redressée et le regardait, pivoine.
- Tu connais des sorts… effrayants…, murmura-t-elle.
- Tu en veux encore ?, se moqua-t-il, narquois.
Elle secoua la tête en souriant tout de même. Cet homme était vraiment le pire qu'elle connaissait, et celui qu'elle aimait plus que tout, malgré cela.
- Bien. Je m'absente, je dois aller en mission. Je reviendrais plus tard. Je t'en supplie, sois prudente et par pitié, défends-toi mieux que ça.
- Oui, promit-elle. Tu vas me manquer, fais très attention.
- A mon retour, j'aurais très certainement d'excellentes nouvelles à t'annoncer…, murmura-t-il, mystérieux.
Il s'approcha et l'attrapa pour la serrer contre lui avant de l'embrasser fougueusement.
- Dès que je rentre, je te fais l'amour, affirma-t-il avec un sourire goguenard.
- J'espère bien. Un jour sans, je me demande comment je vais tenir, se moqua-t-elle.
- Essaie les travaux manuels en pensant à moi, Granger… Tu vas jouir comme une folle.
Hermione lui envoya un coup dans l'abdomen, un peu rouge.
- Tais-toi, imbécile, et reviens-moi vite.
Ils s'embrassèrent une dernière fois et il transplana alors qu'il était encore contre ses lèvres… Ne pouvant se résoudre à les quitter autrement.
Il apparût au ministère de la magie ; apparemment, il y avait de légers détails de dernière minute à mettre au point. Les visages des membres de l'Ordre s'éclairèrent d'un sourire lorsqu'ils le virent approcher. Drago leur lança un regard interrogatif et les autres sourirent de plus belle…
- Où sont-ils ?, répéta Voldemort avec une voix plus menaçante encore.
Le silence perdurait dans l'assemblée.
- J'avais ordonné la mobilisation de tous les mangemorts !, tempêta-t-il
- Ils se sont peut-être enfuis, suggéra une femme.
Il se tourna vers lui, hésitant à la tuer. Bien sûr qu'ils s'étaient enfuis. Sa question était rhétorique. Mais enfin il ne pouvait pas se permettre de perdre encore des effectifs ; le Seigneur des ténèbres préférait ne pas prendre de risques inconsidérés avec l'Ordre du Phénix. La veille, ils avaient tué toute la troupe de Fenrir Greyback, sauf ceux qui leur avaient assuré revenir dans leur camp, perdant encore une masse importante de leurs forces. Les loups-garous avaient été de solides alliés mais ils avaient préféré jouer les séparatistes. Mais il n'était plus l'heure de songer à une telle perte car il était temps d'y aller.
- Que tout le monde transplane à l'endroit prévu. D'après nos informations, les membres de l'Ordre arriveront peu après vous grâce à un portoloin ; tachez de le retrouver rapidement. Ne revenez pas avant de les avoir tués ; sinon c'est moi qui vous tuerai. Et vous savez très bien que je vous retrouverai, quoiqu'il advienne.
L'assemblée transplana tandis que Voldemort caressait la tête de Nagini avec tendresse.
- Qu'ils crèvent tous…, murmura-t-il.
Les mangemorts étaient sur place, cherchant le portoloin grâce à des formules. Le problème était qu'ils en trouvèrent une bonne douzaine… à seize heures précises, les portoloins s'activèrent et laissèrent apparaître deux bonnes cinquantaines de personnes, baguettes en main ; ainsi que certains griffons et quelques loups du sud à l'air féroce. Malefoy savait pertinemment ce qui était en train de se produire pour avoir écouté avec attention le discours de Maugrey, la veille. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire ; ainsi tous les mangemorts seraient capturés ou tués et ne seraient donc pas revenus les mains vides en assurant à Voldemort qu'il y avait un traitre parmi eux. Maintenant, cela pouvait n'importe lequel d'entre eux et Voldemort ne les aurait pas face à lui pour pratiquer sa légilimencie. En plus de cela, Drago pouvait sans peine sauver ses parents sans éveiller les soupçons puisqu'ils seraient capturés, comme il l'avait expressément demandé. Un seul gros problème restait ; Hermione. Drago devait à tout prix transplaner dans la chambre et la récupérer après la fin des hostilités ; le Seigneur des ténèbres ne verrait probablement jamais la différence entre la présence ou l'absence d'un Sang-de-bourbe. Cependant, il savait qu'il sentirait sa présence à lui, et cela, c'était très problématique. Il valait mieux que ce soit un membre de l'Ordre qui y aille, et si possible un membre que Voldemort ne connaissait pas… Réfléchissant, il était en haut d'un arbre, épargné par la moindre attaque des sorciers ; tous se fixaient en bas, là où les sortilèges pleuvaient. Les griffons, intelligents, ne venaient pas l'attaquer et les loups avaient bien mieux à faire. Il contempla le spectacle en pensant à Hermione et à leur prochaine libération. Cela restait un événement majeur. Et dire que soudain, il se rendait presque directement responsable de la perte du Seigneur des ténèbres ; lui, Drago Malefoy. Le Serpentard étouffa un rire ; c'était simple, les sorciers de sa maison étaient ambitieux, rusés et déterminés… et à quoi se destinaient-ils ? Au destin des gagnants, sans aucun doute. Et il savait qu'il ne faisait pas d'erreur en allant du côté de Dumbledore et que ce dernier aurait agité sa barbe dans un sourire s'il l'avait su. Même si ce vieux fou l'avait certainement prédit depuis des siècles… C'était si bête que les autres mangemorts ne se rendent pas compte de leur méprise, mais lui s'en félicitait d'autant plus. Après tout, il n'était pas n'importe qui. Et Potter aurait tout intérêt à l'en remercier en lui léchant les pieds… Lorsque l'on est dans la panade, il vaut toujours mieux avoir un tour de Serpentard dans sa manche ; la victoire nous sera alors évidemment assurée.
- Arrrrrrrrrrrrggggggggh, hurla Jeremy Gaves, un mangemort sans esprit.
Ce hurlement sortit Drago de ses pensées. Il attendit encore quelques dizaines de minutes en observant les membres de l'Ordre du Phénix ratisser le terrain de combat. Apparemment leurs ennemis avaient tous été tués ou faits prisonniers. Drago sauta de sa branche et atterrît au sol avec maîtrise. Lupin et Black vinrent à sa rencontre.
- Tes parents sont saints et saufs.
Malefoy acquiesça avec satisfaction.
- Bien, il faut que j'aille moi-même chercher Hermione, vous ne saurez pas où elle se situe précisément dans la maison. Elle nous emmènera à l'Ordre du Phénix, après que je lui ai tout raconté… Si je ne suis pas là d'ici une heure, ramenez-vous avec le maximum de sorciers. Cela dit, je ne pense pas qu'il y aura de problèmes.
Les deux sorciers hochèrent la tête et le blond transplana.
Hermione regardait par la fenêtre en l'attendant. Ah ce que le temps passait lentement sans lui à ses côtés. Elle avait demandé à Bardy de venir la soigner, ce qu'elle avait fait, et depuis, elle ne fichait rien… Alors qu'elle soupirait pour la vingtième fois de l'heure, il apparût dans la chambre.
- Hermione. Assieds-toi vite, il faut que je te parle.
Elle sursauta, ne s'attendant pas à le voir, et s'exécuta sans poser de questions.
- Je suis affilié à l'Ordre du Phénix.
Hermione se sentit envahir d'un soulagement sans nom. Il lui raconta toute l'histoire en omettant s'être battu avec Potter et sa joute verbale avec Ronald Weasley (et ne fit pas non plus état de sa nouvelle situation.). Evidemment, raconté sous cet angle, il passait pour un héro courageux et volontaire… Et absolument pas pour un égoïste et un homme possessif. Elle l'enlaça avec amour et remerciement et il ne put s'empêcher de sourire…
Malheureusement, le temps pressait et ils devaient partir car Drago savait pertinemment que Voldemort finirait par percevoir sa présence dans la maison, ce qui n'annoncerait rien de bon. Il s'éclipsa rapidement dans son bureau et dans sa chambre pour y ramasser des affaires, réduisant leur taille afin qu'elles rentrent toutes dans un sac. De son côté, Hermione fit de même avec les livres ; tant qu'elle pouvait emmener des choses utiles avec elle ; cela ne leur servirait certainement pas mais au moins, c'était en leur possession. Ces livres s'étaient révélés être d'importantes mines d'informations sur la magie noire et elle se voyait mal les laisser là.
- Reducto !
Tous les objets étaient devenus minuscules et elle enfouit tout dans un sac qu'elle avait fait préalablement apparaitre. Il transplana dans sa chambre avec précipitation.
- Ils arrivent.
Elle s'agrippa à lui et tandis qu'il transplanait, elle eu le temps de voir la porte exploser et deux yeux rouges furieux apparaitre.
Lorsqu'elle rouvrit les paupières, ils étaient à Pré-au-Lard.
- Qu'est ce qu'on fait ici ?
- Je n'ai pas eu le temps de réfléchir…, lui dit-il. Il faut que tu nous emmènes à l'Ordre du Phénix.
- Je peux transplaner ?, s'enquit-elle, étonnée.
- Oui, tu n'es plus dans la maison.
La jeune sorcière acquiesça, évidemment, se dit-elle. Elle s'exécuta aussitôt et ils apparurent dans la fameuse rue, square grimaud. Quelques instants plus tard, ils étaient à l'intérieur du manoir et on les accueillit avec triomphe et effusion (enfin, surtout Hermione…). Harry et Drago échangèrent un regard empli de défi tandis que Ron le toisait d'un air méprisant et blessé. Heureusement, certains membres de l'Ordre avaient appris à apprécier Drago et ainsi, Sirius, Lupin et Maugrey vinrent le féliciter et le bourrer d'accolades. Hermione était bien entourée, elle semblait si heureuse… Le cœur du Serpentard battait rageusement. Il n'avait rien à faire là, il le sentait ; certains le regardaient franchement comme un intrus et bien qu'il conserve un air suffisant et un sourire narquois, il n'en pensait pas moins. Une jeune fille se présenta devant lui, elle devait être une ancienne élève de Serdaigle, de quelques années de moins que lui.
- Estemeria Adams, susurra-t-elle en lui tendant sa main gracile. Je savais que tu étais un grand sorcier, mais aller jusque là et nous rejoindre. Merci infiniment.
Il n'aima pas trop la manière dont elle parlait, paraissant ironique… Mais lui serra la main brièvement. Curieusement, il était sûr de l'avoir déjà vu quelque part… Or ces dernières années, il n'était pas allé très loin… Se ressaisissant, il se dit qu'il l'avait certainement croisée lors d'un combat. Hermione s'approcha alors de lui et d'autres pensées se bousculaient dans son esprit ; oubliant la Serdaigle qui de toute façon avait tourné les talons.
- Ca va ?, demanda-t-elle devant son air un peu froissé.
- Potter et Weasley me dévisagent…, siffla-t-il, peu amène.
Hermione se pétrifia.
- Weasley ?
Mais oui, elle n'était pas au courant ! Et ne l'avait apparemment pas encore vu ! Il fallait dire que vu son air très pâlot et malade, il passait plutôt inaperçu, à la manière d'un spectre. Cela dit, son état était compréhensible, à la vue de sa nouvelle situation magique. Hermione se retourna lentement et croisa le regard furieux de Ronald Weasley. Tétanisée, elle ne parvint qu'à murmurer un mot inaudible. La joie autour d'eux semblait les exclure et les quatre jeunes gens se dévisageaient, hors du temps. La jeune fille s'approcha du roux et l'enserra brutalement dans ses bras avant de faire la même chose avec Harry.
- Les garçons…, murmura-t-elle. Vous m'avez tellement manqué.
Harry lança une imperceptible œillade amusée à Drago qui fulminait. Ron, quant à lui, avait fermé les yeux et inspirait le parfum des cheveux de la jeune sorcière, sous le regard glacé du Serpentard.
- J'ai cru que tu étais mort. On m'a dit… On m'a laissé entendre… Et puis on m'a dit que tu étais peut-être vivant… Alors…, balbutia-t-elle en commençant à pleurer.
- Je suis là, Hermione, dit-il simplement en la serrant de nouveau dans ses bras.
Elle sanglotait dans ses bras et Drago trouvait le spectacle franchement pathétique. Il changea brutalement d'avis lorsqu'il vit le visage du roux prendre du recul afin d'embrasser sa belle… Avançant à grandes enjambées, il s'interposa entre eux, poussant Hermione derrière lui.
- N'y pense même pas.
Hermione leur lançait des œillades paniquées et Harry se sentait prêt à agir.
- Pas ici, supplia-t-elle. Montons.
Ils s'exécutèrent après s'être tous fusillés du regard ; Harry ferma la porte du grenier derrière eux. Les trois hommes se fixaient avec tant de haine qu'il en devenait dur de respirer en les regardant.
- Je peux savoir pourquoi ?, menaça Ron.
- Elle est à moi, affirma Drago avec un regard glacial.
- Hermione n'est pas un objet, Malefoy, morigéna Harry.
La jeune sorcière était pétrifiée… Qu'avait-elle fait ? Tout était de sa faute.
- Il n'empêche qu'on est ensemble. Si vous aviez été capables de vous bouger le cul pour venir la sauver, rien de tout cela ne se serait produit… Je devrais vous remercier, probablement… mais vous me devez bien plus…
- Pardon ?, persiffla Ronald.
- J'ai protégé Hermione tout au long de sa présence dans le manoir de Vous-savez-qui, et qui plus est, je vous ai assuré une victoire monumentale contre lui…
Harry et Ronald s'échangèrent un regard sombre.
- Figure-toi que Ronald s'est fait enlever et transformer par Fenrir Greyback en loup-garou en essayant de la sauver…
Hermione plaqua sa main sur sa bouche dans un geste horrifié.
- Tu es… Tu es…
- Oui, moi après tout, je n'ai que risqué ma vie, ironisa Drago avec une voix rempli de mépris. Tu sais quoi, Potter ? Mentir devant le Lord, ce n'est pas de la tarte, surtout quand tu t'infiltrais dans son esprit pour jouer le legilimens. Malgré cela j'ai su assurer mon rôle et il me semble que tu m'es plus que redevable.
- Toi risquer ta vie ? Autrement que pour toi-même ?, se moqua durement Ronald Weasley. Alors j'ai entendu des sornettes dans ma vie, mais là, ça dépasse l'entendement !
La jeune sorcière fronça les sourcils.
- Il dit la vérité, murmura-t-elle.
Les trois garçons se tournèrent vers elle.
- Il m'a sauvé la vie à plusieurs reprises, continua-t-elle en s'avançant pour faire face à Harry et Ron, dépassant Drago qui les regardait à présent avec un sourire goguenard. Il m'a épargné des tortures plus ignobles les unes que les autres… Alors je vous remercie beaucoup de m'avoir aidé, vous aussi. Et d'avoir tout fait pour essayer de me libérer… Mais c'est quand même à lui que je dois ma vie. Et vous, vous lui devez l'alliance avec les griffons, la victoire d'aujourd'hui… Et probablement celle contre Voldemort, prochainement.
Les deux acolytes échangèrent un regard sceptique avant de revenir sur Hermione qui serrait les poings, déterminée.
- N'exagère pas Hermione…, murmura Ronald, étouffé par la jalousie.
- J'aurais pu me faire violer, Ron. Et plus encore… J'aurais pu mourir sous le coup des Doloris ou encore des battues à la moldue… Alors oui, si tu m'aimes un tant soit peu, tu lui dois le respect.
Le blond croisa les bras, satisfait ; défiant toujours les deux autres du regard. Ils n'avaient plus rien à dire, là… Et ils abdiquèrent.
- Très bien, très bien, concéda sombrement le roux. Il n'empêche que même si on est très heureux de te revoir parmi nous, tu vas devoir t'expliquer. Vous êtes ensemble ?, accusa-t-il soudain, fort d'une nouvelle contenance.
La jeune sorcière perdit un peu pied et recula.
- Oui, chuchota-t-elle presque.
- C'est dégueulasse.
Ron s'avança devant elle, la toisant de toute sa hauteur.
- Je t'aime et je me suis rongé les sangs… Et toi… Tu me trompes ? Tu es abjecte.
Elle le gifla, les larmes apparaissant dans ses yeux.
- Tu aimes l'abject ALORS !, hurla-t-elle.
- Comme toi, apparemment !, s'époumona-t-il en désignant Drago.
Hermione tourna les talons en bousculant un Drago ahuri et scandalisé.
- Qu'est-ce que t'as dit, Weasley ?, menaça-t-il en se rapprochant dangereusement.
- Que t'es abject. Je te hais, et elle te haïssait aussi, comme nous tous, fit-il en faisant un grand mouvement de bras comme pour désigner l'ensemble du monde. Et toi, tu lui as fait je-ne-sais-pas-quoi et maintenant elle croit qu'elle t'aime, cette idiote ! Si c'est conscient, c'est une traitresse !
Un poing percuta sa mâchoire avec brusquerie, mais Drago Malefoy n'avait pas bougé. Harry Potter soupira devant le roux, à terre.
- Tu ne vaux pas mieux que lui si tu parles d'elle ainsi. Tu n'as même pas essayé de la comprendre… Si c'est sincère, te rends-tu compte à quel point tu l'as blessée ? Je ne te pensais pas si égoïste… Enfin cela vaut pour tous les deux… Pas un pour rattraper l'autre…, ajouta-t-il en les glaçant de son regard émeraude.
Le brun quitta la pièce en enfouissant ses mains dans ses poches. Le blond jeta un dernier regard méprisant à Weasley et transplana, laissant le roux à terre, ruminant sombrement tout le mal qu'il pensait de ce monde.
Hermione avait cessé de pleurer. Elle regardait son reflet peu reluisant dans le miroir moucheté et terni de sa chambre. Ses yeux étaient rouges et entourés de cernes conséquents, elle avait les lèvres ensanglantées pour les avoir trop mordues. L'impuissance au plus haut de sa forme.
Qu'est ce qui était important ? De savoir ce qui comptait à ses yeux. Ron l'aimait, Drago l'aimait et elle, elle les aimait tous les deux. Qui pouvait-elle choisir ? Elle pensa à Drago. Mais peut-être qu'elle se trompait, peut-être qu'il ne l'aimait tout simplement pas. Peut-être qu'il ne s'agissait que de Magnésie et que son esprit était ensorcelé ; peut-être qu'elle allait rater l'homme de sa vie, celui avec qui elle avait toujours voulu être ; Ronald Weasley. Tout tourbillonnait dans sa tête. Et si elle était vraiment abjecte mais qu'elle ne s'en rendait pas compte ? Et si Ronald avait cessé de l'aimer à présent ? Et s'il en valait de même pour Drago ? Et si elle se laissait emporter par le premier venu… ?
Hermione se gifla mentalement. On ne fait pas un choix comme celui-ci au hasard, se dit-elle alors que le sang de ses lèvres envahissait de nouveau sa bouche. Et si elle s'en allait ? Sans rien dire… S'enfuir et ne plus revenir, capituler, courber l'échine face à ce choix et s'en aller au plus vite… Pour la première fois de sa vie, la Gryffondor songea à être une véritable lâche doublée d'une égoïste. Quelqu'un frappa à la porte. Elle ne répondit pas et quelques dizaines de secondes plus tard, la poignée s'actionna.
- Hermione…, murmura la voix en la dévisageant, apercevant ses larmes et son désarroi.
La jeune sorcière baissa les yeux devant le nouveau venu.
- Je n'ai pas vraiment envie de parler, Sirius…
- Lequel des trois a fait une connerie ?, coupa-t-il, mi-amusé, mi-amer.
- Ils ne sont pas fautifs… Je suis la seule responsable…
L'homme-chien leva les yeux au ciel.
- Ils sont donc tous coupables…, déduit-il en affichant un sourire.
Hermione laissa apparaitre un micro-sourire.
- Ils tiennent tous tellement à toi… Evidemment il fallait que ça cède et que tout te retombe dessus. Pas de chance…
- Merci pour la compassion, Sirius…, grommela-t-elle. Tu étais au courant pour Drago ?
- Bien sûr. Je l'ai rencontré au ministère de la magie lorsqu'il venait nous donner des informations sur tu-sais-qui… Au début j'étais méfiant, mais bon… Lupin m'avait briefé après qu'Harry m'ait dressé un portrait plutôt… particulier… de lui. Et visiblement, Harry commence aussi à s'apercevoir qu'il s'est trompé à son sujet… Enfin bon cela dit, il est vrai que même s'il est de notre côté, il n'en reste pas moins arrogant… Mais enfin, d'idée générale, les Sang-Purs sont condescendants, moi-même à son âge…
La Gryffondor esquissa un sourire un peu plus grand.
- Oui… Moi aussi je l'avais mal jugé, fit-elle, semblant plonger dans une marre de souvenirs avec un sourire triste.
- Bien… Tu devrais descendre… Aucun d'entre eux ne parle et c'est l'horreur… Tous les autres sont partis en mission sauf Harry que l'on séquestre ici, se moqua-t-il, Ron à cause de son nouvel… état, murmura-t-il beaucoup plus sombrement, Drago parce qu'on n'a pas encore de mission pour lui et Lupin pour qu'il aide Ronald… Du coup on est tous à se regarder dans le blanc des yeux dans la salle à manger…
Hermione se lança un sort de bonne-mine, effaçant ainsi partiellement les traces de ses précédents sanglots. Elle devait se ressaisir… Descendre lui paraissait être insurmontable mais après tout, que pouvait-elle faire de plus dans sa chambre à part confirmer aux garçons qu'elle se cachait d'eux ? Suivant courageusement Sirius, elle emporta tout de même son baladeur moldu qu'elle avait retrouvé avec joie en retrouvant sa chambre au manoir, ainsi que son livre préféré ; l'Histoire de Poudlard. Au moins, si cela tournait au vinaigre, elle pourrait toujours s'isoler et se rendre sourde à tous ses dilemmes. Les deux sorciers descendirent lentement les escaliers et lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle à manger, tout le monde tourna son regard vers eux. Hermione frotta ses bras nus ; l'atmosphère était si glaciale qu'elle en avait des frissons. Baissant les yeux, elle alla s'asseoir à côté de la cheminée ; à terre, car tous les fauteuils étaient occupés. Elle s'approcha du foyer et s'assit en l'observant… enfonçant ses écouteurs dans ses oreilles et ouvrant son livre. Merlin, le son lui explosa les tympans ; elle avait tout simplement écouté trop fort la dernière fois et lorsqu'elle l'avait rallumé dans ce silence glacé, le son avait rugit dans ses oreilles. Les jeunes hommes se tournèrent tous vers la source du bruit étrange et virent la grimace d'Hermione, plongée sur une sorte de rectangle noir lumineux, pianotant sur des ronds couverts de runes inconnues… Harry comprit vite qu'il s'agissait d'un baladeur mais tous les autres hommes de la pièce examinaient l'objet comme s'il s'agissait d'un ovni.
- Bon, les jeunes… Vous n'allez pas faire la gueule toute la soirée ?, houspilla joyeusement Sirius.
Lupin le regarda avec un air amusé avant de replonger dans sa Gazette des Sorciers. Harry Potter lui lança un regard en baillant tandis que Ron gardait les bras résolument croisés sur sa poitrine, fusillant du regard la plupart des personnes de la pièce. Drago, quant à lui, détaillait le plafond, la tête renversée en arrière sur le dos du fauteuil. Hermione, plongée dans son livre et dans sa musique, ne lui accorda pas un seul regard.
- Non, mais vraiment, ça c'est de l'esprit. Vous n'êtes qu'une bande de petits idiots, marmonna l'homme-chien sombrement.
- Pardon ?, s'enquit Ronald, complètement scandalisé d'être mis dans le même sac que certaines personnes de la salle.
- C'est la guerre. Les gens meurent ; ceux qui survivent n'ont pas les moyens d'être heureux ; ils vivent davantage dans la crainte que nous, qui sommes cachés et qui nous battons… Mais vous, vous pourriez vivre avec le sourire, et tout ce que faites, c'est rester là, à vous ignorer ! On vient de récupérer Hermione, qu'on pensait perdue à tout jamais ; idem pour Ronald. Et en plus de cela, on vient d'accueillir un nouveau membre… Pas des moins forts et qui sera un allié de taille… Et vous… Vraiment de jeunes égoïstes.
Drago laissa retomber sa tête face à Sirius et aux autres.
- J'aime Hermione Granger, et je vous emmerde.
L'assemblée était pétrifiée mais quelqu'un brisa ce silence si stupéfiant.
- Et alors, moi aussi. Je ne vois absolument pas ce que cela change, cracha Ronald en le dédaignant du regard.
- Oui bon, on a compris vous deux, moi aussi je l'aime, Hermione, ça va. Tout le monde l'aime, vous êtes contents ?, lâcha Harry, excédé.
- Ta gueule, firent-ils tous les deux en même temps.
- J'ai l'impression que personne ne se soucie de la principale intéressée…
Les garçons se tournèrent vers Lupin qui les regardait avec une moue moqueuse. Il désigna Hermione du menton et les regards posés sur lui se détournèrent sur elle aussitôt. Elle n'entendait rien et bouquinait tranquillement…
- Etonnant, Granger plongée dans l'Histoire de Poudlard, du jamais vu.
- Oh la ferme, Malefoy. Si tu lisais plus et que t'avais appris à réfléchir plus tôt, t'aurais tout de suite saisi que Voldemort était dément et qu'Hermione était une fille bien, lança Harry.
Drago éclata d'un rire tonitruant après l'avoir fixé une dizaine secondes impassible.
- Oh oui, Saint-Potter, priez pour moi, pauvre pécheur, railla le blond avec un rire narquois.
- N'empêche que tu ne faisais pas autant le malin quand elle te rabattait ton caquet…, informa Ronald.
- Dois-je te rappeler combien de fois je t'ai rabattu le tien, Weasley ? Après tout, je n'y suis pour rien si tu voyais en Hermione l'aide idéale en matière de répartie… Ce qui est triste à en pleurer, d'ailleurs…
- Tu dis que tu l'aimes mais en fait t'es resté le même ; toujours le même comportement de merde, affirma le brun avec une mine écœurée.
- Et alors, ce n'est pas de toi dont je suis tombé amoureux, Potter. C'est d'elle.
Il la désigna avec son menton et un petit sourire pervers.
- Et je te rassure, j'adore l'emmerder mais elle n'a besoin de personne pour se défendre. Et certainement pas de vous.
- Ca nous l'avons toujours su. Parce que je ne sais pas si tu sais mais durant toutes les années où tu la traitais de Sang-de-bourbe et que tu lui souhaitais tous les malheurs possibles et imaginables, nous on était ses amis.
Le Serpentard grimaça.
- Tu veux me faire pleurer, peut-être, Potter ?, ironisa-t-il, feignant l'effroi.
- Ce que je veux dire, c'est que j'espère au moins que tu t'es excusé avant d'engager quoi que ce soit avec elle…, murmura sombrement le brun.
Drago tiqua.
- Je n'ai pas eu ni le besoin, ni le temps de m'expliquer, figure-toi. Et puis tu ne me connais même pas, je ne vois pas pourquoi je perds mon temps à me justifier… Tu ne sais même pas quand est-ce que j'ai commencé à l'aimer…
Entendre Drago Malefoy parler de son amour pour Hermione Granger n'était pas une chose habituelle. Encore moins conventionnelle. Et certainement pas prévisible. En fait, en y songeant plus longuement, on aurait pu qualifier cela de complètement improbable… Et pourtant.
Mais Drago pouvait bien dire ce qu'il voulait, lui non plus ne savait pas quel avait été l'instant déclencheur. Il ne s'était pas senti tomber amoureux… C'était bien là l'un des problèmes majeurs.
Hermione finit par se sentir épiée et lorsqu'elle redressa son regard, elle aperçut les trois garçons en train de la fixer tandis que Sirius et Remus se lançaient un regard amusé et éloquent. Elle coupa son baladeur et mémorisa son numéro de page.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, bafouilla-t-elle, gênée.
- On parlait de toi, souffla Ronald avec un air amer.
Elle rougit d'autant plus.
- Et que disiez-vous ?
On commençait à percevoir dans son ton un je-ne-sais-quoi d'énervement.
- Ils étaient en train de se battre pour savoir lequel t'aime le plus, lança Remus négligemment.
Les trois adolescents le fusillèrent du regard.
- En toute vérité, le combat était plus entre Ronald et Drago, ajouta Sirius devant l'air peu amène d'Harry.
Hermione referma son livre d'un coup sec, mais les deux prétendants n'apprécièrent pas.
- Tu ferais mieux de te décider une bonne fois pour toutes, lança Ron.
- Pardon ?, fit Hermione, véritablement scandalisée.
- Je t'aime et il prétend qu'il en va de même pour lui, l'informa le roux en désignant Malefoy du menton avec une moue dégoutée. Donc il faut que tu choisisses entre nous deux.
Drago regardait le Weasley aggraver leur cas avec une mine blasée.
- Ron, le jour où tu penseras à t'excuser. Non, le jour où VOUS penserez à vous excuser, peut-être que j'y songerais !
- QUOI ?!, s'écria le roux.
- Tu as dit que j'étais abjecte, l'accusa Hermione, outrée. Et tu as dit la même chose de Drago ! Ce n'est pas parce que tu es jaloux que tu peux te permettre de nous insulter ainsi !
- Hop, hop, hop, Granger. Je sais me défendre tout seul, surtout face à un Weasley.
- Ah, la ferme toi, je ne t'ai pas sonné, tonna-t-elle.
- Si je comprends bien, je me fais accuser de jalousie alors que tu m'as trompé ?, persiffla Ronald.
- Ron, nous n'avons jamais été ensemble parce que tu n'as jamais été foutu de faire le moindre pas vers moi ! Alors peut-être que dans ta tête, c'était le cas ; et visiblement tu as entrainé Harry dans l'affaire mais ça n'a JAMAIS été le cas ! Bien sûr que je t'aimais ! Mais lorsque je me suis faite enlever, nous n'étions pas ensemble et je ne te dois rien sur ce point là !
Ronald Weasley était littéralement estomaqué. Drago Malefoy était pleinement satisfait de constater que la maladresse et la stupidité du roux aient été révélées. Et finalement Sirius et Lupin semblaient regarder le match et compter les points.
- Quant à toi, continua-t-elle en pointant Drago du doigt, je crois bien me souvenir que tu n'as pas été si amical avec moi, au début de notre rencontre, alors ne joue pas le héro brave et qui ne commet jamais de fautes devant mes amis !
Malefoy lui adressa un sourire goguenard.
- Tu m'en diras tant. Visiblement ça t'a plu… Vu là où on en est…
Hermione Granger était rouge comme une pivoine. Et dire qu'il osait faire ce genre de sous-entendus devant tout le monde…
- La… La ferme !, répliqua-t-elle, sans contenance.
- Quoi ? Maintenant qu'on est à l'Ordre tu vas me sortir que tu veux me jeter, c'est ça ?, cracha Drago avec mépris. Maintenant que tu t'es bien servie de moi ? Tu crois peut-être que ton masque de la petite-fille modèle marche avec tout le monde mais enfin, Granger… Ne me sous-estime pas… Toi et moi nous savons à quel point je sais… qui tu es vraiment…
- Je n'ai jamais dit que j'allais te jeter, comme tu dis, siffla Hermione avec colère. Je t'aime, figure-toi !
L'auditoire se pétrifia littéralement. Ronald Weasley sentit particulièrement l'air se raréfier.
- Vous ne savez pas à quel point c'est dur pour moi, accusa-t-elle en dévisageant tout le monde furieusement. Je tiens à chacun d'entre vous, et j'avoue que j'aime Drago et malgré le fait que vous ayez du mal à le comprendre, ce que je conçois, et bien je ne peux rien y faire ! Quant à toi, Ron, cela faisait trois années où je te regardais et que tu ne tentais rien, alors ne m'accuse pas d'infidélité !
Elle se calma en passant sa main sur son front ; Sirius et Remus ne riaient plus et avaient l'air grave.
- Ron… Je suis désolée, mais j'ai beau t'aimer énormément, je ne ressens plus cet amour de la même manière qu'autrefois… Et je crois bien que je m'étais trompée sur toute la ligne, de toute façon… Et je pense que toi aussi, tu te trompes en croyant m'aimer… Je suis désolée, crois-moi…, murmurait-elle, essayant de ravaler ses larmes. Tu es comme un frère pour moi… De la même manière qu'Harry…
Et qu'y avait-il de plus douloureux que cela ? La femme que vous aimez qui dit vous aimer comme un frère. C'était trop frais pour qu'il ne puisse pas lui en vouloir. Sans un mot, il quitta la pièce avec l'air abasourdi et abattu. Harry le suivit en jetant un regard à Hermione l'air de dire « bon… tu as bien fait, mais quand même… tu y es allée fort… ». Drago la contemplait, impassible. On aurait pu voir, si on avait réellement fixé ses lèvres et plongé nos yeux dans les siens, qu'une lueur victorieuse brillait dans son regard et qu'un minuscule sourire tendait à apparaitre sur les commissures de sa bouche. Hermione s'assit dans un des fauteuils désertés, épuisée, et ferma les yeux en soupirant. Lupin et Black disparurent dans la cuisine pour les laisser entre eux.
Entendant un bruit, elle ouvrit les yeux et vit le Serpentard se redresser et avançer vers elle. Il posa ses mains sur les accoudoirs, penchant son corps pour mieux s'approcher d'elle, se maintenant sur ses bras…
- Moi aussi
La jeune sorcière sourit et se laissa faire lorsqu'il s'approcha pour l'embrasser.
- Et il y a une promesse… que je dois tenir…
Hermione fronça les sourcils, tentant vainement de se rappeler à quoi il faisait allusion.
- Mais pour cela, il faut que je mette dans mon lit…, lâcha-t-il sournoisement dans son oreille.
Rougissant comme une tomate bien mûre, elle n'osa pas répliquer. Drago Malefoy était vraiment le pire. Et c'était ça, le meilleur.
En espérant que vous avez apprécié =)...
