Lorsque Watson rouvrit les yeux, il mit plusieurs secondes à se rendre compte de l'endroit où il était. Durant quelques instants, il se demanda comment sa chambre pouvait être un tel capharnaüm, après quoi les événements de la veille lui revinrent en tête. Il ferma les yeux quelques secondes pour se ressaisir et tenter de se remettre les idées en place. Il sentit un grand trouble l'envahir en repensant à tout ce qui était arrivé la nuit passée, réfléchissant aussi aux conséquences de ce que tout cela engageait. Il fut tant pris dans ses pensées qu'il en oublia la présence de son ami dans son dos. Lorsque ce détail lui revint en tête, le malaise s'ajouta au trouble. Il ignorait ce qu'il désirait et devait faire. Il tenta de se ressaisir, fermant les yeux une seconde, déglutissant alors qu'il se tournait pour voir Holmes, qui était allongé sur le dos, regardant le plafond, une main tenant la pipe qu'il fumait, l'autre glissée sous sa nuque. Watson vit son ami tourner légèrement la tête vers lui pour lui adresser ensuite la parole.
« Il est encore temps de vous enfuir en courant, vous savez. Je ne vous en voudrais pas le moins du monde, croyez-le bien. Et tout ceci ne restera qu'un petit secret honteux. »
Watson sentit une boule se former dans son estomac en le regardant dans les yeux. Il ignorait réellement ce qu'il désirait. La sensation qu'il avait ressentie lors de leur premier baiser, la veille, jamais personne ne lui en avait fait ressentir de telles auparavant. Il ignorait aussi si toutes ces impressions, aussi étranges et agréables soient-elles, n'étaient pas dues au fait qu'il avait trop bu. Il sentit le rouge lui monter aux joues, ne pouvant que se rendre compte à quel point Holmes avait pu être un gentleman à ce moment là en le repoussant alors que dans sa fougue, il se jetait littéralement sur lui, sans scrupule. Cela non plus ne lui ressemblait pas, cette ardeur qu'il avait eue, ce sentiment de hâte, d'envie si soudaine et si violente allait à l'encontre de tous les principes qu'il s'imposait, mais pourtant, il n'avait pu qu'y succomber. Si cela avait été un ou une autre que Holmes à ce moment-là, il l'aurait sûrement regretté car on ne l'aurait pas repoussé et dans cet état, on aurait très facilement pu profiter de la situation. Watson se rendit compte à cet instant que si son ami l'avait repoussé ainsi, c'était qu'il attendait plus que cela. L'idée semblait folle, mais peut-être le logicien espérait une relation stable, même si tous deux étaient des hommes.
Watson sentait ses pensées s'emmêler, son cerveau échafaudait des théories qui lui semblaient aussi farfelues les unes que les autres. Il était totalement perdu, dépassé. Holmes, lui, l'observait. Il ne tenta aucun geste à son égard, semblant patiemment attendre quelque chose, attendre qu'il l'accepte ou le rejette. À son regard grave et sérieux, Watson savait que quelque soit son choix, il le respecterait sans insister, c'était un des avantages à être son ami et non pas uniquement un homme de passage dont il ne savait rien. Pourtant le médecin s'étonna de la sagesse, du calme et de la maturité du détective . Il savait que Holmes aimait tant à faire le mariole que l'on oubliait presque que lui aussi était un être humain, un adulte et non pas un enfant ou un adolescent capricieux qui se jetterait tête baissée dans la gueule du loup, bien que ça semblait souvent être le cas -et que le détective aimait à le faire croire-. Malgré tout, il avait toujours un plan, une tactique infaillible à laquelle il se tenait.
Watson ne connaissait pas encore cette facette "sage" de sa personnalité, c'était sûrement une partie de Holmes que lui seul était autorisé à voir et apprendre à connaître. Il savait qu'en le repoussant, il n'aurait plus jamais l'occasion de l'entrevoir et encore moins de la découvrir. Elle s'éteindrait pour ne plus jamais se rallumer ou s'enfermerait pour ne plus jamais se laisser apercevoir, un réflexe humain que nous avons tous pour ne pas trop souffrir ou du moins, pouvoir le cacher. Le médecin n'avait encore jamais envisagé, ni même imaginé une seule seconde pouvoir un jour se mettre en couple avec un homme. Il ignorait totalement ce qu'il devait ressentir à ce sujet. Selon la société actuelle, il aurait dû ressentir du dégoût ou prendre cela comme un jeu presque enfantin mais tous deux étaient deux hommes adultes et matures. S'ils étaient en couple, cela serait pour un long moment, peut-être même pour la vie car ils étaient largement en âge de se poser et qu'il n'avait jamais vu Holmes tenter quelque relation que ce soit avec quelqu'un d'autre que lui. La pensée de pouvoir vivre ce genre de relation ainsi avec son ami était bien étrange. En y repensant, il trouva plusieurs détails très troublants en les revoyant tous deux vivre ensembles ces dernières années : leur relation de tous les jours les faisait déjà ressembler à un vieux couple depuis bien longtemps. Sans doute l'étaient-ils sans le savoir, sans s'en rendre compte, depuis le début de leur alliance si spéciale que très peu de gens étaient en mesure de comprendre.
Comme pour s'assurer de ses désirs, peut-être même de ses sentiments, Watson se rapprocha de son ami, posant sa main sur la sienne pour retirer la pipe de sa bouche. Holmes le laissa faire, encore une fois sans enclencher aucun geste, gardant ses yeux noisettes plantés dans le bleu des siens. Le médecin lâcha sa main pour poser la sienne sur sa joue, attirant légèrement le visage du détective pour capturer ses lèvres en un simple baiser chaste et doux. À ce contact, il ressentit comme une chaude poigne attraper son cœur pour le serrer alors qu'il sentait ses joues, son nez et ses oreilles presque le brûler à cause du sang qui lui montait au visage. Encore une fois, ces sensations et ce geste étaient accompagnés d'un sentiment de profond soulagement dont il ignorait la cause. Il se sépara de Holmes pour le regarder de nouveau dans les yeux. Cela lui fit l'effet d'un direct du droit à l'estomac en voyant toute la douceur et la tendresse de son regard. Il sentit son cœur rater un battement avant d'accélérer brusquement, comme s'il chutait d'un immeuble.
Watson laissa son pouce caresser la joue de Holmes, embrassant encore une fois son sourire. Il sentit de nouveau cette passion, cette fougue prendre le contrôle de son corps et de son esprit alors que son ami lui répondait, plus doucement. Le médecin laissa sa main glisser dans le cou du détective tandis que leurs lèvres se découvraient toujours avec douceur d'un côté, ardeur de l'autre. Sa main glissa plus bas sur le corps du logicien, passant sur son torse vibrant sous les martèlements de son cœur contre ses côtes, glissant ensuite sur son ventre musculeux pour se poser sur la boucle de sa ceinture et le tissus de son pantalon. À ce moment-là, il sentit encore une fois la poigne puissante attraper sa main pour la ramener sur son torse. Watson allait se séparer de Holmes pour protester mais celui-ci ne lui en laissa pas l'occasion en emprisonnant sa nuque, l'empêchant quelques secondes d'échapper à leur baiser.
Le détective lâcha son ami pour caresser du bout de l'index sa tempe et sa mâchoire. Il passa ensuite une main dans ses cheveux pour allonger la tête du médecin contre son torse, serrant ses bras autour de son corps pour le garder ainsi, près de lui.
Les jours passaient sans se ressembler, chaque journée, Watson découvrait un peu plus son compagnon. Il fut heureux de constater que leur amitié ne fut pas affectée en quelque manière que ce soit de cette nouvelle relation qui s'y était harmonieusement ajoutée. Holmes restait insupportable et jouait toujours à trouver le meilleur moyen de le pousser à bout en faisant les pires et plus puériles bêtises qui pouvaient lui passer par la tête. Leurs longues discussions au cours de la nuit étaient toujours les mêmes, rien ne semblait avoir changé. Par contre dans les moments les plus intimes, lorsque Watson allait quémander tendresse, mais surtout chaque nuit alors qu'ils allaient se coucher côte à côte, le médecin voyait les yeux de son ami changer pour devenir plus doux, plus tendres, presque amoureux. Son visage et son sourire eux aussi semblaient se transformer pour s'emplir des mêmes sentiments alors qu'il se rapprochait de lui pour lui offrir un baiser et quelques marques d'affections avant de s'endormir en le serrant contre lui. Mais à chaque fois que Watson tenta quelque geste que ce soit pour aller plus loin que de simples baisers et caresses, Holmes le stoppait en attrapant ses mains pour les remettre là où elles se trouvaient avant de descendre sur lui. Chaque nuit, ils répétaient ce "rituel" dont les gestes n'étaient jamais les mêmes.
Durant un soir, cela leur avait pris de parler soudain de relations, dérivant ensuite sur la leur. Encore une fois, Watson tenta de rester sérieux face à un Holmes qui tournait en ridicule tout ce qu'il pouvait bien dire et encore une fois, le médecin usait du défi caché pour pousser son ami à le prendre sérieusement.
« Pour l'amour du Ciel Holmes...
- Je peux moi aussi être un homme fleur bleue respirant le romantisme à l'eau de rose! Je décide juste de ne pas le faire.
- Personne ne vous a jamais obligé à quoi que ce soit.
- Ce n'est pas ce que vos yeux et votre visage me disent, vous savez que je lis en vous aussi facilement et aussi tranquillement que si je tenais un livre ouvert posé devant mes yeux. moi.
- Ou peut-être que vous êtes tout simplement paranoïaque.
- Ça je le sais, mais il y a quand même du défi dans vos yeux.
- Holmes... Cela suffit, c'est une des choses dont vous êtes incapable, acceptez-le, je ne vous en tiendrai pas rigueur! »
Alors que Watson retournait à l'écriture de ses notes, il sentit Holmes le regarder fixement durant plusieurs secondes avant de se lever en silence pour quitter la pièce.
Le médecin soupira, tentant de ne pas prêter attention à ses caprices puérils. Ce n'est qu'une quinzaine de minutes plus tard que la porte se rouvrit sur Holmes. En levant les yeux vers lui, Watson en fit presque tomber ses notes.
« Oh seigneur... »
Se tenant aussi droit qu'il le pouvait et tentant de garder toute la dignité possible dans une situation aussi farfelue, Holmes lui faisait face, coiffé à la va vite d'une main dans les cheveux, tenant un bouquet de roses rouges. Watson prit son visage dans ses mains pour éclater dans un fou rire incontrôlable alors que Holmes agissait comme si de rien n'était.
« Seigneur, Holmes, il est encore temps de vous taire et de garder le peu de dignité qu'il vous reste. »
Watson commençait à sentir ses côtes le faire souffrir, tentant de stopper son fou rire mais la situation était vraiment trop étrange et comique pour qu'il y résiste. La vision de Sherlock Holmes tentant de rester digne avec un bouquet de fleurs dans les mains était vraiment aussi magnifique qu'effrayante. Le détective prit une grande inspiration avant de s'avancer d'un pas décidé vers lui en tendant le bouquet d'une main.
« Quelques fleurs Monsieur, assorties au rouge que vous me faites monter aux joues... car vos yeux beaux d'amour... mourir me font... »
Watson ne put retenir un autre éclat de rire aux paroles de son ami. Ce qu'il trouvait le plus drôle était que ce qu'il disait ne lui ressemblait réellement pas. Exaspéré de devoir attendre que le médecin veuille bien accepter ses fleurs, Holmes les lâcha sur les genoux de celui-ci.
« Ah non! Vous gardez ces choses, je n'en veux pas!
- C'est à vous, c'est un cadeau, ça ne se refuse pas. »
Holmes se racla la gorge, tentant désespérément de rester digne dans une situation où il était impossible de l'être, avant de se mettre à parler d'une voix presque théâtrale.
« Vous me connaissez déjà, Sherlock Holmes, meilleur détective au monde, mais ce soir ce n'est pas le détective, mais l'homme qui s'humilie devant vous. Oui, certes, c'est en crachant que le peuple me nomme mais pour être enquêteur, on n'en est pas moins homme.
- Oh seigneur... »
Watson reprit son visage dans ses mains en riant de plus belle alors que Holmes continuait comme si de rien n'était.
« Monsieur, j'ai lu deux cent fois au moins la Bible, fameuse fiction d'ailleurs, et vous assure que les point communs entre Judas d'Iscariote et moi-même abondent.
- Ça ne m'étonne pas. »
Watson réussit à légèrement se ressaisir, tentant de garder un minimum de sérieux pour voir son ami continuer sa tirade.
« Moi aussi, j'ai fait quelques années de séminaire avant d'être radié pour avoir trahi le secret de la confession. Comme Judas, j'ai aussi embrassé le fils d'un Dieu... oui Monsieur, je l'avoue, il m'est aussi arrivé de vous représenter en tenue d'Adam. J'ai ainsi esquissé quelques lestes croquis à main levée, les doigts crispés sur mon outil, souvent je vous ai peint, répandant sans compter une gouache généreuse... que j'aime à étaler.
- Oh seigneur, c'est ignoble! Vous êtes de plus en plus immonde... comment pouvez-vous dire pareille chose d'une telle manière? »
Watson se remit à rire, bien plus que les dernières fois, voyant que son ami, lui aussi commençait à avoir du mal à se concentrer, un sourire commençant à le chatouiller.
« Ne m'interrompez pas. »
Holmes lui aussi se mit à rire à ce moment alors qu'il voulait se remettre à parler. Il tenta de le cacher d'une main tandis qu'il essaya de retrouver son calme.
« Pour vos yeux beaux Monsieur, disposé je serais à me transfigurer, à devenir coquet. Voyez, j'ai même pris le temps de me peigner et légèrement me soigner. »
Le détective perdit encore une fois le contrôle de son rire face à son ami dans le même état.
« C'est lamentable...
- Un peu de respect je vous prie... enfin, comme Judas, je suis victime d'un malentendu avec la société, sûrement à cause de mon allure et de mon métier. Pourtant, il suffirait de vous d'un mot, d'une injonction pour que je renonçasse aux indiscrétions tant Watson et bel homme sont, enfin il me semble, des mots qui ne pourraient pas aller mieux ensemble.
- Seigneur... je vous avais pourtant donner une chance de vous taire. »
Tous deux tentèrent tant bien que mal de ne pas céder encore une fois au rire alors que Holmes continuait de parler.
« Et je vous vénère... parfaitement Monsieur, sous vos pieds dans l'ombre, un homme est là qui vous regarde et vous aime, perdu dans la nuit qui le voile et qui souffre... ver de terre amoureux d'une étoile...
- Magnifique... quel massacre. »
Ignorant leur état à tous les deux en retrouvant un calme et une pseudo-dignité, Holmes conclut enfin sa tirade aux rimes plus ou moins poétiques.
« Voilà Monsieur, c'est dit, je m'en vais de ce pas continuer mon sacerdoce d'homme d'investigations dans l'attente d'un signe de vous. Oui, en attendant, sachez qu'en vous levant, vous marcherez immanquablement sur mon cœur... car il est à vos pieds. »
En finissant son monologue, Holmes fit une demie révérence sous le regard de son ami qui applaudit l'acteur en face de lui.
« Je vois que l'on applaudit le vice ici...
- Oh, le vôtre! »
Watson calma son rire pour tenter de parler d'une voix qu'il voulait naturelle.
« Vous avez fini...? Vous êtes fier de vous? »
Holmes hocha la tête, agissant comme si de rien n'était pour garder la face et une certaine fierté. Watson, lui, avait du mal à se ressaisir.
« Il n'empêche que certaines de vos phrases, aussi ridicules soient elles lorsqu'elles sortent de votre bouche, sont assez belles et poétiques... tout cela en rimes de plus!
- Vous comprenez à présent pourquoi je choisis de ne pas faire ce genre de choses? Même si j'y mets du cœur, on ne pensera jamais que je suis sérieux.
- Je pense que ce genre de choses ne sont pas "vous". Par pitié, ne recommencez jamais cela, c'était peut-être amusant mais c'était aussi tout bonnement ridicule.
- Oh, je ne comptais pas le refaire, ne vous inquiétez pas! Il y a bien d'autres moyens de montrer ce que l'on ressent et le fleur bleue n'est pas à mon goût. Et puis, vous n'êtes pas une femme que je sache et je n'ai pas l'intention de vous traiter en tant que tel. Je n'arrive pas à croire que je suis allé jusqu'à même chercher des fleurs, c'est juste risible... et totalement de votre faute évidemment.
- Ma faute?
- C'est vous qui m'avez mis au défi. »
Watson resta bouche bée, encore une fois atterré devant sa mauvaise foi qui semblait n'avoir aucune limite.
« Vous avez un don pour rejeter la faute sur les autres parce que vous êtes trop fier pour accepter les conséquences de vos actes.
- Certes, certes, mais c'est tout un art, une vie d'apprentissage. »
Le médecin secoua la tête en soupirant, attrapant d'une main le bouquet que Holmes avait laissé tomber sur ses genoux, il le jeta sur la table entre leur deux fauteuils.
Lorsque Watson releva la tête, il vit que son ami s'était rapproché de lui. Le détective se pencha sur son visage pour poser un baiser sur sa pommette, puis sa joue, finissant par ses lèvres pour se faire pardonner de le rendre fou, après quoi il se redressa pour aller s'asseoir dans son fauteuil.
La soirée reprit son cours normal jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher ensemble, cette nuit-là dans la chambre de Watson, ils y discutèrent encore quelques temps. Holmes était allongé sur le lit, les yeux fermés, les bras croisés derrière sa tête. Sa chemise ouverte laissait le loisir à son ami, la tête posée sur son épaule, de laisser courir ses doigts sur sa peau, découvrant par petites parties les courbes d'un corps qu'il ne connaissait pas. Ce geste paraissait étrangement naturel à Watson qui, pourtant, avant de laisser ses mains toucher le corps de son ami, n'avait jamais imaginé un jour caresser ainsi un jour la peau d'un autre homme. Finalement, à peine avait-il posé le bout de ses doigts sur la peau douce et chaude de Holmes que ses mains agissaient comme si elles avaient toujours su ce qu'elles avaient à faire, presque comme si elles n'avaient été inventées que dans ce but-là. Il avait pris goût à toucher cette peau si différente de celles qu'il avait caressé auparavant. Encore une fois, poussé par la curiosité tout autant que l'envie de devenir un amant, Watson laissa glisser sa main vers le pantalon, jouant avec le premier bouton.
« Watson... »
Le ton de Holmes avait tout d'une mise en garde, pourtant il ne bougea pas, incitant l'autre homme à le provoquer en défaisant le bouton.
« Watson... »
Encore une fois, le médecin ne l'écouta pas, laissant glisser trois doigts de sa main dans la pièce de tissus, à peine eut-il fait cela que Holmes lui attrapa la main pour la retirer.
« Watson... quelle partie de la phrase "Je ne veux pas" n'arrivez-vous donc pas à comprendre?
- Je ne comprends juste pas pourquoi vous me repoussez ainsi, expliquez-le moi donc. Vous ne prenez jamais le temps de le faire. »
Holmes soupira, puis se redressa pour s'asseoir sur le lit en attrapant ses mains dans les siennes pour y poser un baiser. Son regard et son visage changea, laissant apparaître cette partie de lui que Watson seul était autorisé à voir. Sa voix s'adoucit, elle, ainsi que tout son être perdit toute moquerie, toute raillerie, fierté ou narcissisme que Holmes aimait pourtant montrer sans cesse, pour ne laisser que douceur et tendresse.
« Je sais ce que je suis en droit d'attendre de vous et ce que je ne peux vous demander. Pour le moment, je ne peux vous demander ou vous laisser faire cela. Vous comprendrez lorsque le moment sera venu, mais ce n'est pas aujourd'hui. Après tout, nous avons encore une vie devant nous pour ce genre de choses, que sont quelques jours face à une vie? Croyez bien que je me fais violence et cela depuis des années, il n'y a pas un jour depuis que je vous ai rencontré où je ne vous ai pas désiré... mais je ne peux réellement pas vous accorder cela, pas maintenant. Comprenez-vous?
- J'avoue avoir du mal... mais je vais faire comme si. »
Holmes sourit doucement à son ami, celui-ci put voir dans ses yeux qu'il avait l'air préoccupé par quelque chose mais il l'oublia au moment où ses lèvres rencontrèrent les siennes pour quelques dizaines de secondes alors qu'il sentait les mains du détective se resserrer autour de ses poignets. Lorsqu'ils se séparèrent, Watson entendit que sa voix était revenue à la normale.
« Maintenant, daignerez-vous me ficher la paix et me laisser dormir? »
Le médecin empoigna un coussin pour tenter, comme un enfant, d'étouffer son ami avec.
« Imbécile! »
Holmes survécut à l'attaque, l'empêchant ensuite de bouger pour lui donner un coup en l'attrapant dans ses bras, partageant un rire avec lui avant qu'ils ne s'allongent l'un à côté de l'autre, discutant jusqu'aux premières lueurs du jour avant de s'endormir sans s'en rendre compte.
Un petit chapitre qui n'était pas réellement prévu, aussi fleur bleue, mignon et amusant qu'un peu inutile mais un peu de douceur dans ce monde de brutes ne fait pas de mal x).
Misusu : Merci de ton passage sur ma fic j'espère t'y relire! Merci d'avoir relever le fait que j'essaye aussi parfois de faire paraitre le "manque de sentiments" pas beaucoup de gens le voit :). Merci encore de tes compliments :)!
Mimi111 : Héhéhé je ne fais jamais rien par hasard, tout a un sens "caché" dans mon histoire, j'oublie pas les petits détails, je les utilise souvent et ce sont parmi les plus intéressants :)! Je me suis donné un peu de mal pour la scène du baiser, pour vraiment la décrire comme on peut le ressentir dans ce genre de moment.
Mahare : Je pense que les laisser se jeter l'un sur l'autre serait un peu... irréaliste x). N'oublions pas que ce sont deux hommes matures donc réfléchit même si parfois on a tendance à l'oublier avec Holmes et ses coups de folies passagère :P
Luna : Patience, ça viendra ^^
Ka-Cendres : C'est très puissant comme review ça x). Je suis vraiment content que mon style te plaise à ce point là, j'espère te relire bientôt ici :)
Je sens que Atchoum est explosé de rire x)...
