Titre: C'est Noël?

Auteur: Aelim

Disclaiming: L'histoire est à moi, le reste non… Propriété de JKR, on s'en doutait ^^

Rating: J'étais en K+, je l'ai fait passé en T parce que ce n'est pas forcement tout rose mais finalement je vais peut-être le ramener en K+, l'histoire est pas méchante… Bref, j'hésite!

Genre: Romance

Couple: Severus/Sirius

Note: Voici le dernier vrai chapitre de « C'est Noël? », mais vous aurez le droit a un épilogue!

Normalement ce chapitre n'aurait même pas du exister. Je voulais poster directement l'épilogue mais c'était un peu trop abrupt peut être ^^


C'est Noël?

SEVERUS

La chaleur était étouffante, dehors le soleil brillait de toutes ses forces, comme s'il avait voulu réduire la Terre à une boule de terre desséchée, ce qu'il avait réussi.

Derrière les murs de pierres rouges et les volets fermés la végétation était sèche, se réduisant à des petites touffes d'herbe brune là où il y avait auparavant une pelouse haute et fournie.

Le village était désert, les quelques personnes osant encore habiter là, même après la fermeture de l'usine, se cachaient du soleil, s'entassant dans leurs maisons de briques comme des rats effrayés.

Dans le marécage voisin le lit de la rivière s'était asséché, la terre craquelée, les grenouilles ne coassaient plus, les poissons étaient morts.

Le mois de juillet avait été particulièrement caniculaire dans cette région de l'Angleterre, habituellement humide et glacée.

Les rues, déjà vides en temps normal depuis la fermeture de l'usine textile qui faisait vivre le village étaient aujourd'hui totalement dépeuplées.

Une seule personne, une longue silhouette noire déambulait sur les pavés, les bras chargés de provisions. L'homme s'engouffra dans une impasse et entra dans la dernière maison avec un soupir de bonheur. L'air ambiant était glacé.

Les sorts de congélation qu'il lançait à gauche, à droite depuis ce matin fonctionnaient parfaitement.

Tout était fin près pour lui.

Il avait pris sa décision.

Il ne retournerait pas à Poudlard.

Il ne sortirait plus de chez lui.

Il s'emmurerait vivant avec ses souvenirs.

Il ne pouvait plus vivre comme ça.

J'ai essayé, j'ai tellement essayé.

Je ne peux plus. Je me suis laissé porter tellement longtemps par mes seules jambes. Elles vont me lâcher et je ne serais plus rien. Je ne peux qu'avec peine me déplacer, je ne peux qu'avec peine communiquer…

Cela ne sert à rien de continuer ainsi.

Cela ne sert à rien de continuer sans toi.

Il vaut mieux laisser tomber, me laisser écraser par la douleur, me laisser dépérir…

La porte claque. C'est moi qui l'ai fermée.

Je ferme les fenêtres, les volets, je verrouille les portes.

Je ne veux plus sortir.

Je ne veux plus qu'on rentre.

Le monde extérieur me fait mal.

Le monde extérieur me fait mal sans toi.

C'est pour ça que je m'emmure ici, avec ces sortilèges, avec ces planches sur les portes, avec ces briques aux fenêtres, avec cette porte blindée.

Je m'emmure ici, et personne, pas même Dumbledore ne pourra m'en faire sortir, c'est impossible.

On ne peut plus ouvrir cette porte.

Je m'emmure.

Vivant.

Mort.

Ce fut le lendemain matin que la nouvelle ébranla le monde magique. « SIRIUS BLACK EVADE! » titrait La Gazette du Sorcier.

Cette photo étalée sur les murs, sur tous les kiosques de journaux. Un homme, les yeux fous, les cheveux sales, en habit de prisonnier. Un homme qui hurlait.

Un homme qui hurlait sa douleur.

Personne ne savait comment, mais tout le monde avait peur. Terrifiés à l'idée de croiser la route de ce célèbre meurtrier. Terrifiés à l'idée de croiser la route de celui qui avait réussi à échapper aux détraqueurs. Peut-être parce qu'il était plus monstrueux qu'eux?

Une chasse à l'homme commença dans tout le pays. Le Ministère dépêcha ses meilleurs hommes pour retrouver l'évadé, Sirius Black était traqué dans tout le pays. La recherche se répandit au monde entier.

Les moldus connaissaient son nom.

Tout le monde savait que Sirius Black était désormais en liberté. Et tout le monde tremblait.

Vivant hors du brouhaha incessant du monde, derrière ces murs à travers lesquels aucun bruit ne lui parvenait, Severus frémit dans son fauteuil, pour lui rien n'avait changé.

SIRIUS

Un visage. Le même partout.

Le même tout le temps.

Ce visage c'est le mien.

Cette douleur c'est la mienne.

Les gens ont peur, sorciers comme moldus. Ils ont tous peur, de moi. Cette idée me parait risible. Mais moi aussi j'ai peur. Peur d'eux.

J'ai peur qu'ils m'attrapent, peur qu'ils me renvoient là-bas. Là bas où le silence n'existe pas. Là bas où la chaleur n'existe pas. Où la joie est morte.

Là où tu n'es pas.

Cette douleur c'est la mienne, cette peine c'est la mienne. Ton absence.

J'ai faim.

C'est idiot comme nos plus bas besoins nous ramènent toujours à la réalité. Nous ne sommes que des Hommes, nous ne sommes que des animaux.

J'ai faim.

Et j'ai chaud aussi.

C'est l'été.

Je l'avais oubliée. Cette chaleur, cette sueur qui dégouline sur mon épaule, ma langue qui s'assèche.

J'avais oublié. Oublié qu'il existait autre chose que le froid et l'humidité.

Il faut que je mange, il faut que je boive, il faut que je dorme.

Il faut que je pisse aussi… Je suis un animal, au fond…

Et il faut que je te retrouve.

Tu vois Severus, toi aussi tu fais partie de mes besoins, je ne peux pas vivre sans toi, comme je ne peux vivre sans manger ou sans boire.

Ce n'est peut être pas très romantique, mais on en est plus là, je crois.

J'ai chaud.

Cette fourrure me tient chaud, trop chaud pour cet été caniculaire.

Trop chaud pour cette route qui n'en finit pas.

Cette longue route, ce long serpent de bitume et de graviers, entouré par cette terre sèche, ces brins d'herbe jaunâtres.

Pas une habitation, personne dehors.

Pas une goutte d'eau.

Au loin on aperçoit un bois, quelques arbres desséchés, un peu d'ombre. Peut être un peu d'humidité, une flaque dans le sous-bois… Qui-sait?

Je ne sais pas combien de temps j'ai marché.

Je ne sais pas combien de temps je vais marcher.

Je ne marche pas, je cours.

J'arrive.

SEVERUS

J'ouvre un œil, il fait nuit. De toute façon il fait toujours nuit depuis que j'ai muré les fenêtres.

Un bruit dans un coin. Une souris.

J'attrape une bougie sur la petite table à coté de moi, l'allume.

Je me lève. Mes jambes ont du mal à me porter, je ne mange pas beaucoup. Pas assez dirait-on. Mais pas assez pourquoi? Je ne fais rien. Je ne dors même plus. Je reste assis dans ce fauteuil toute la journée, tous les jours.

Je fais le tour de la pièce. Je me rassois.

Juste pour être sur que mes jambes fonctionnent encore.

Mais elles ne me servent à rien.

Le jour où elles ne me porteront plus je resterais plus longtemps sur mon fauteuil. Voilà tout.

Je ferme les yeux.

Un bruit dehors.

Comme un coup sur le mur.

Je me lève en sursaut.

Un autre coup.

Quelqu'un.

Je cours à la porte. Il n'y a pas de porte. Il n'y a plus de porte.

Rien qu'un mur de briques et de ciment.

Encore un coup.

Un bruit métallique.

Comme un bruit de clé dans une serrure qui n'existe pas.

Comme un bruit de poignée qu'on tourne alors qu'il n'y en a pas.

Comme un bruit de porte qu'on pousse alors qu'elle n'est pas là.

- « Bonsoir Severus »

Je vais vivre.

Je veut vivre.

Car je crois bien que c'est Noël...


Prochaine fois: Epilogue :)

Merci à vous.

Et toute la joie et le bonheur de Noël pour vous!