L'étrangère

Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seul le personnage de Lyn m'appartient.

Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.

Cette fic se déroule dans le monde de Final Fantasy huitième du nom, trois ans après la fin du jeu et tourne autour de Zell Dincht.

Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.

Chapitre Quatre

Le démon du feu

La chaleur était insoutenable pour le jeune professeur.

Cela faisait bien quatre ans que Zell n'avait pas mis les pieds dans la mine de souffre, au sud-Est de l'emplacement d'origine de la fac, avant que celle-ci ne devienne une faculté ambulante qui se trimbalait un peu partout dans le monde pour être à l'abri de diverses attaques. Chaque nouveau pas était un véritable calvaire. Il croulait sous la chaleur monstrueuse qui émanait des plaques de laves qui provenaient des profondeurs de la terre. A contrario, la jeune fille qui évoluait devant lui, une longue lance métallique, plus légère qu'elle ne le laissait paraître, avançait sans le moindre mal, comme si toute l'ambiance et la chaleur ne l'atteignait pas un seul instant. Lorsque des monstres apparaissaient, elle ne leur laissait pas la moindre chance. La lance ne faisait qu'une avec elle, comme l'extension de son bras droit. Zell connaissait peu de d'étudiants, et de Seeds d'ailleurs, qui se battaient avec une telle arme. Elle tournoyait autour de la rouquine, puissante et mortelle. Dans le métal était chalcographié des symboles colorés d'orange feu et vert émeraude.

Un Bombo mort tomba lourdement sur le sol avant de disparaître. L'élève n'avait aucunement besoin de son professeur. Lyn avait une très bonne coordination de ses mouvements, et avait de bons réflexes. Elle avait cependant du mal à se protéger des coups. La plupart du temps, elle esquivait.

« Tu supportes plutôt bien la chaleur. » remarqua Zell, qui la rejoignit.

« Oui. Je me sens bien. » affirma la rouquine, songeuse.

« Tu as dû créer une affinité avec le feu sans t'en rendre compte. Tu es frileuse en temps normal.

-Depuis toujours. » admit Lyn.

Ils continuèrent à avancer, tranquillement. Lyn avait un compte à rebours de vingt minutes pour réussir sa mission. Cela ne faisait qu'à peine cinq minutes qu'ils déambulaient sur le chemin brulant de la grotte. Zell avait du retirer son sweat bleu habituel, suant à pleine goutte. Il était heureux d'être « l'observateur », cette fois-ci, et non l'étudiant. Ce n'était pas à lui de faire des efforts.

Leurs pas les menèrent jusqu'au fond de la grotte, où se trouvait une grande crevasse circulaire qui s'enfonçait dans les entrailles de la terre, entourée de par en par de stalagmites crochues qui rappelait la gueule d'un monstre.

« Là ? » demanda Lyn.

« Une phrase complète, feignante. » réprimanda Zell.

Lyn eut une grimace, mais obéit.

« Est-ce que Ifrit…est là ? »

Zell acquiesça, et lui montra de la main la crevasse sans fond. Lyn s'en approcha alors, doucement. Elle devait l'admettre, la peur lui nouait le ventre. A quoi ressemblait cette créature dont elle avait souvent entendu parler ? Les autres étudiants racontaient qu'il s'agissait d'une bête créature venue des enfers. Qu'est-ce qui allait apparaitre devant elle, au prochain pas ? Où cela apparaîtrait-il donc ?

Elle n'était plus qu'à cinquante centimètres de la crevasse, lorsqu'un bruit sourd retentit des profondeurs. Le rugissement d'un lion résonna dans toute la grotte, faisant trembler quelques stalactites qui s'écroulèrent lourdement dans la lave en fusion.

Lyn recula d'un pas en arrière, lorsqu'un monstre à la carrure immense apparut devant elle, bondissant des entrailles des enfers. La bête était magnifique. Il s'agissait d'un énorme félin sur deux pattes, dont deux cornes longues et tranchantes sortaient du crane. Un démon félin, à la grande crinière de feu. Ses crocs étaient immenses et ses yeux pétillant de malice. Il n'y avait qu'un mot qui lui venait à l'esprit, à cet instant.

« Impressionnant. » murmura-t-elle.

Rien à voir avec l'idée qu'elle en avait. Tout deux se toisèrent un long moment. La créature s'approcha doucement d'elle, mais elle ne céda pas. Elle ne bougea pas non plus lorsque la voix de Zell résonna dans la pièce, lui hurlant de se battre.

Non, ils restèrent là, à se regarder. Les deux êtres se faisaient face, se fixaient en chien de faïence, se toisaient. Nul ne savait ce qu'ils attendaient. Ils ne parlaient pas, ne montraient aucun signe d'agression. Zell ne comprenait pas. Cela relevait de l'impensable. Après tout, Ifrit était censé se battre, afin de connaître la force de celui qui l'invoquerait plus tard.

Bientôt, des flammes entourèrent la jeune étudiante. Zell voulut intervenir, mais sans comprendre, il se retrouva projeté contre un rocher qu'il percuta avec violence. Son dos soufra le martyre, mais il tenta de se relever, tremblant de tout son corps à cause de la douleur. Cependant une force le maintint bloqué sur le sol, et il ne devint que simple spectateur à la scène qui suivit.

« Lyn… » murmura-t-il, le souffle coupé.

Lyn ne bougeait toujours pas. Ses yeux émeraude étaient rivés sur la créature. Elle se tenait debout, immobile, face à lui. Si Zell ne la connaissait pas, il aurait dit qu'il s'agissait d'une femme sans peur. Pourtant, il était certain qu'elle tremblait de tous ses membres. En face, l'ennemi ne bougeait pas plus. Le professeur commençait à comprendre en quoi consistait l'épreuve d'Ifrit, cette fois-ci. C'était un test de force morale, et non pas physique. Il avait même l'impression que cela allait au-delà d'un simple test.

Les flammes tourbillonnèrent autour de Lyn, dansant et illuminant la grotte. Celles-ci glissaient sur la peau de la jeune fille, sans la brûler. Le blond crut halluciner. Les flammes ne la brûlaient pas. On aurait dit qu'elles dansaient autour de la demoiselle.

Alors que Zell voulut à nouveau se redresser pour intervenir, un courant d'air froid passa le long de son échine, et une douce voix féminine susurra quelques mots à son oreille.

« Ce conflit ne te regarde pas, jeune humain. »

Ce n'était pas la voix de Lyn. Zell ne comprit pas vraiment ce qu'il se passait. Il sombrait dans un sommeil profond, tandis qu'une tornade se formait devant ses yeux, se dirigeant droit vers la G-Force du feu et de son étudiante.

Impuissant, il s'effondra sur le sol. Seul un hurlement de douleur retentit, résonnant dans toute la mine de souffre, alors que le Seed rejoignait déjà le monde des rêves.

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« Zell…Zell ! » appela une petite voix inquiète.

Le sol était brûlant, sous le corps du jeune Seed. C'en aurait été presque agréable, si certains de ses membres ne supportaient pas cette chaleur intense. L'esprit embrumé, il fut incapable de se rappeler ce qu'il faisait là. Il ouvrit enfin les yeux, au bout de quelques secondes, lorsque quelqu'un le secoua un peu par le bras.

« Tu vas bien ? » s'inquiéta la jeune rouquine, penchée au dessus de lui.

« Je…crois… » murmura Zell, légèrement amorphe.

Il se redressa enfin. Ils étaient toujours dans la mine de souffre, devant le gouffre qui donnait sur l'antre d'Ifrit. Etrange. Zell n'avait aucun souvenir de ce qu'il s'était passé depuis qu'il était à l'intérieur de la mine. Avaient-ils déjà vaincu Ifrit ?

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Zell, un peu perdu, tandis qu'il se relevait sur ses deux jambes, encore tremblantes.

« J'ai eu…heu…récupéré la G-Force. » répondit simplement Lyn avec un sourire.

Ce sourire. Etrange. Zell pensa qu'il sonnait faux. Il avait l'impression qu'il était forcé et que Lyn cachait quelque chose.

« Tu t'es effondré, sans prévenir. » expliqua-t-elle. « D'un coup. Tu vas bien ? »

Il s'était effondré comme ça ? Sans raison ? La chaleur, sans doute. Il n'était plus habitué à subir de tels changements de température. Il haussa les épaules. Ce qui était important, c'était que Lyn ait réussi son épreuve, et qu'il avait repris conscience. Il mangerait bien ce soir, cela avait peut-être quelque chose à voir avec une malnutrition.

« Bon, ben si tu l'as vaincu, tout va bien. On repart ? Ce n'était pas trop dur ?

-N…non. » répondit Lyn, hésitante.

Le professeur ébouriffa les cheveux roux de son étudiante, et rebroussa chemin, laissant sur place la rouquine. Alors qu'il était déjà à une dizaine de mètre d'elle, Lyn se mordit les lèvres, se sentant coupable.

« Désolée... je veux pas…te mêler à ça. » murmura-t-elle.

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La fin de la journée passa en douceur. Zell et Lyn étaient de retour à la BGU depuis trois bonnes heures déjà, lorsque la fin des cours sonna enfin, libérant le flot d'étudiants qui n'avaient qu'une idée bien définie en tête : se rendre à la cafétéria pour reprendre des forces.

« Lyyyyynnnnn ! » hurla une voix féminine dans le couloir qui menait à la cafétéria.

La rouquine, qui discutait tranquillement avec son professeur des modalités de l'examen du Seed, sursauta sur place, effrayée par l'appel soudain : comme de fait, pas plus de deux secondes plus tard, une brune sauta sur son dos, au beau milieu de la rivière d'étudiants.

« Aide ! » s'égosilla Lyn, en manquant de tomber à la renverse, sous le poids, bien que faible, de Jelia.

« On dit « A l'aide ». » rectifia son amie.

« A…l'aide ? » répéta Lyn, étonnée.

Les trois furent rapidement rejoints par Hysildr et Amili. Le grand brun jeta un air curieux à Zell et Lyn, puis, au bout d'un moment, demanda :

« Ifrit ? » s'enquit-il.

« Réussi. » répondit Lyn avec un large sourire.

Hysildr eut un sourire satisfait, sans doute parce qu'une nouvelle combattante de poids commençait à émerger à l'école.

Le petit groupe mangea, puis chacun alla vaquer à ses occupations nocturnes.

Il était tard, lorsqu'une ombre passa dans le couloir des appartements des Seeds.

Profondément plongé dans un sommeil lourd et empli de rêve, Zell n'entendit pas les quelques pas qui résonnèrent à la porte de son appartement. Il était tard : au moins une heure du matin. Tout était si calme. Ce fut à peine s'il entendit qu'on toqua fébrilement contre le bois qui séparait sa chambre du couloir.

Ce fut assez pourtant pour le réveiller, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Il ne fit même pas attention aux pas qui s'éloignèrent, tant il était encore bercé par Morphée. Doucement, il ouvrit les yeux dans le noir. Le silence régnait dans son appartement. Quelques rayons de lunes passaient à travers ses stores à moitié fermés, éclairant légèrement la pièce. Il se retourna dans son lit, et fit face à la fenêtre. Il s'était évanoui, le jour même, sans raison apparente. Peut-être aurait-il du aller voir le docteur Kadowaki, après tout, afin qu'elle l'examine.

Il veilla quelques minutes, les yeux entrouverts, rivés vers la lune. Il était sur le point de se rendormir, lorsque deux coups résonnèrent violement à sa porte, faisant trembler quelques objets de décoration au passage. Sans demander son reste, il se releva, encore en caleçon, et se précipita à l'entrée de son appartement, étonné que l'on puisse le déranger à une heure pareille.

Il ouvrit la porte, et, adossé contre le mur voisin à l'entrée, se trouvait un grand brun, qui, en vu de son état, semblait revenir de la serre de combat. Hysildr avait du tambouriner à coup de pied pour réveiller le Seed blond.

« Hysildr ? Y a un problème ? » s'étonna Zell, en laissant échapper un bâillement.

Le brun haussa les épaules, et commençait à se diriger vers ses quartiers, lorsqu'il daigna enfin répondre :

« J'ai vu une étudiante se diriger vers la serre de combat, en pleurant à moitié. Tu devrais…aller surveiller. » conseilla Hysildr, sans être plus explicite.

Le brun disparut dans le couloir qui menait aux dortoirs des étudiants, tandis que Zell se précipitait à l'intérieur de son appartement pour s'habiller en vitesse, ayant parfaitement compris les propos du jeune surdoué : pour venir déranger Zell, c'était que l'étudiante devait être rousse, et ne devait pas parler correctement la langue officielle de ce monde.

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Lorsqu'il posa les pieds dans la serre de combat, la seule chose qui frappa Zell, fut les râles d'agonie des créatures qui peuplaient la jungle artificielle. Rassuré, ses pas se firent plus lents. Inutile de courir, il semblait que l'étudiante insomniaque se débrouillait très bien toute seule. En silence, il traversa la serre sur une cinquantaine de mètres.

Au détour d'un buisson tropical, Zell la vit enfin.

Là, assise sur le sol, au beau milieu d'une multitude de cadavres de plantes carnivores et même d'un T-Rex, Lyn fixait le plafond, un air hagard peint sur le visage. Ses vêtements étaient dépiécés à quelques endroits, et son visage égratigné. Le combat avait du être rude, et elle s'était battue jusqu'au bout.

Lorsque Zell fit un pas vers elle, faisant craquer une branche par la même occasion, la lance de métal, pourtant posée sur le sol, fila droit sur lui, sans que la jeune fille n'ait bougé le petit doigt. Seul son regard s'était pointé vers l'ennemi potentiel.

La lance s'arrêta juste à temps, devant le visage de Zell, tandis que Lyn laissa échapper un cri de surprise. La lance tomba lourdement sur le sol, tandis qu'elle se redressait, l'air désolé.

L'espace d'une seconde, Zell avait eut le temps de surprendre une étrange expression : un mélange de peur et de douleur. Lyn souffrait.

« Ca va mieux ? » demanda-t-il simplement.

Lyn fut étonnée par la remarque, et tandis qu'elle ramassait sa lance à la main, elle esquissa une vague sourire rassuré et reconnaissant.

« Oui. Ca va mieux. » admit-elle.

« On retourne aux dortoirs : tu auras tout le loisir de complaindre sur mon épaule. »

Elle sourit, d'un sourire franc et chaleureux, et raccompagna Zell jusqu'à la sortie.

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Une fois arrivée dans sa chambre d'étudiante, Lyn déposa son arme dans un coin de la pièce, après en avoir nettoyé la lame. Zell, à ses talons, s'assit sur le lit, et attendit patiemment les explications de son étudiante. Il la scruta de haut en bas, puis du bas vers le haut, et finalement, lâcha avec un sourire un :

« Tu devrais prendre une douche, tu n'es pas des plus présentables. »

Ella approuva et fila dans sa salle de bain, avec des affaires propres à la main.

Pendant que l'eau s'écoulait dans la douche, Zell se releva et fit un petit tour de la chambre. Cela faisait un bout de temps qu'il n'y était pas entré, et rien n'avait changé. Le vase, qui ornait la table de chevet, était toujours autant rempli de fleurs multicolores, venues des quatre coins du monde. En bas de son lit, des livres de natures différentes s'accumulaient. Tous avaient été feuilletés en entier, sauf un qui jonchait le lit, un marque-page au beau milieu de celui.

Curieux, Zell l'attrapa.

« Les sorcières à travers les siècles. » lut-il à voix haute.

Suite à la discussion de la matinée sur l'histoire de ce monde, elle avait du emprunter ce livre à la bibliothèque. Après un rapide coup d'œil sur les autres livres, il se rendit compte que tous traitaient du même sujet.

« Elle a lu tout ça après être revenue de la mine de souffre ? Elle progresse. »

Les livres n'étaient pas très conséquents, certes, mais elle ne connaissait la langue que depuis trois mois. Il ne s'était pas rendu compte à quel point ses progrès étaient énormes.

Le bruit de la douche cessa, et Lyn réapparut quelques instants plus tard, habillée d'un pantalon ample et souple, et d'un petit chemisier de nuit. Ses cheveux étaient encore ruisselants et elle les séchait à l'aide d'une serviette de bain. Le joli tableau était pourtant gâché par les entailles, parfois encore saignantes, qui ornaient ses bras et son visage. Zell soupira et lui fit signe de s'asseoir à côté de lui. Une douce couleur turquoise s'échappa de sa main, et vint cicatriser les blessures de la jeune femme.

« Shishue. » remercia-t-elle, en se laissant tombant sur son lit, derrière Zell, les yeux clos, comme si elle n'en pouvait plus.

Elle rouvrit rapidement les yeux et leva une main jusqu'aux cheveux (plat) de Zell. Il était rare de ne le voir coiffé avec ses piques. Elle sourit, car elle trouva le détail marrant, puis referma les yeux, exténuée.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda finalement Zell, après un bref silence.

«Humm…comment on dit…filishua…hum…ah…cauchemar. » répondit-elle après un long moment de réflexion.

Zell passa une main dans les cheveux roux, encore un peu mouillés, de Lyn. Elle rouvrit les yeux, étonnée. Zell la regardait avec un regard compatissant. Il y eut un silence, au bout duquel le Seed en profita pour ébouriffer les cheveux de l'étudiante. Elle sourit, puis fit une grimace, pour se venger du mauvais tour de son professeur : il avait toujours cette fâcheuse manie de jouer avec ses cheveux.

« Ce cauchemar était si horrible ? »

Elle acquiesça d'un bref signe de tête.

« Je vois…voyais…mes parents se faire…mourir…hum…tuer. » murmura-t-elle dans un souffle.

Ses yeux redevinrent un peu rouges, aux réminiscences du rêve.

Lyn parlait peu d'elle et Zell en profita pour aborder le sujet, tout en s'installant à son aise sur le lit :

« Tes parents te manquent ? »

Elle acquiesça simplement à nouveau, et se blottit légèrement contre le bras de son ami, pour y trouver du réconfort.

« Tu pourrais peut-être profiter des prochaines vacances scolaires pour aller les voir, non ? »

La jeune femme laissa échapper un petit rire amer, à la grande surprise de Zell.

« Je ne…peux pas. » murmura-t-elle, la gorge serrée.

Aucune raison ne fut abordée. Zell ne sollicita rien de plus : il se contenta d'appuyer sur l'interrupteur de la lumière, et la pièce sombra dans l'obscurité. De sa main libre, il chercha la couette, qu'il étala sur l'insomniaque.

« Tu devrais dormir. » conseilla Zell.

La jeune femme se blottit davantage contre lui, et tenta de trouver le repos. Deux heures du matin clignotaient à son réveil. Morphée ne tarderait pas à intervenir. Le Seed ferma les yeux, pour reprendre sa nuit.

Une petite voix fluette murmura quelques mots d'une voix brisée :

« Ce…n'était pas un cauchemar…de mon imagination. »

La voix se tut, et reprit, quelques instants plus tard :

« …c'était un cauchemar…qui montrait…mes souvenirs. Mes parents sont déjà…shindanaes… »

Zell ne connaissait pas la langue natale de Lyn, mais la signification du dernier mot était évidente.

Lyn était orpheline et depuis peu.

Il la serra contre lui, dans ses bras, et bientôt la rouquine rejoignit le monde des rêves.

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Squall Leonhart, du haut de ses vingt-et-un ans, était le chef des Seeds de Balamb. Beaucoup de devoirs et de responsabilités l'incombaient, et, ce jour-là, il se trouva être bien matinal. A dire vrai, il voulait rencontrer son meilleur ami, afin d'avoir des nouvelles de l'étudiante exceptionnelle de la fac. Il avait entendu qu'elle avait déjà brisé la barrière de la langue, et qu'elle maniait plutôt correctement son arme.

Lorsque Squall frappa à la porte de l'appartement de son ami, à sept heures du matin, personne ne vint lui répondre, et il fut surpris de trouver la porte ouverte, en lieu et place d'une porte fermée à clef. Il trouva ce fait plutôt inhabituel.

Aussi, il se rendit chez l'étudiante en question : avec un peu de chance, elle saurait où se trouvait son professeur.

Une fois à sa porte, il frappa un coup, et, n'obtenant une fois de plus aucune réponse, il ouvrit la porte, qui n'était pas plus fermée à clef que la première.

Cependant, une fois la porte ouverte, il resta sur le palier, abasourdi. L'étudiante était bien dans sa chambre, là n'était pas le souci. Elle dormait paisiblement dans son lit.

Le problème venait de la personne qui lui servait d'oreiller.

L'ami blond, que Squall cherchait, était là, endormi aux côtés de la jeune femme aux longs cheveux roux. Zell était habillé, et n'était qu'à moitié recouvert de la couette où à contrario la jeune femme se trouvait blottie. Vaguement, le chef des Seeds aperçut les traces de larmes séchées sur les joues de l'étudiante, et il devina sans aucun mal ce qui avait bien pu se passer la veille au soir.

Avec un soupir, il décida de reporter son entrevue avec Zell à l'après-midi. Après tout, les grasses matinées avaient du bon parfois.