L'étrangère

Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Lyn, Jelia, Hysildr et Amili m'appartiennent.

Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.

Cette fic se déroule dans le monde de Final Fantasy huitième du nom, trois ans après la fin du jeu et tourne autour de Zell Dincht.

Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.

Chapitre Six

Le Seed

Zell n'était pas de très bonne humeur ce matin-là. Aussi, il se dirigea vers le couloir des étudiants, bien décidé à calmer ses nerfs à l'aide de son étudiante, qui, en vu de l'heure matinale, devait encore dormir à poings fermés. Il n'y avait pas âme qui vive dans les couloirs, et ce fut donc sans gêne et en toute discrétion que Zell pénétra dans la chambre de l'étudiante rousse.

Tout était calme. Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les volets de la chambre, et Zell s'habitua rapidement à la faible pénombre. La porte refermée derrière lui, il s'avança vers le lit. Il se stoppa alors sur place, légèrement gêné par la scène. Ses yeux s'échappèrent sur la fenêtre, tant il avait l'impression de violer un moment sacré : en effet, lorsqu'il avait porté les yeux sur son étudiante, il avait trouvé celle-ci allongée sur le dos, sans couette, un livre sur le ventre, comme si elle s'était endormie dessus la veille au soir sans s'en rendre compte. Elle portait un simple short et un débardeur de couleur : l'été était déjà là depuis un bon mois.

Zell, qui était venu en tout premier lieu pour sortir l'étudiante du sommeil, resta silencieux. Il s'aventura de nouveau à regarder la rouquine. Le short laissait paraître deux longues jambes qui semblaient si fragiles. Qui pouvait croire qu'en six mois de temps, la jeune fille était devenue une incroyable combattante, au même titre qu'Hysildr et Jelia. Dans un mois, tous passeraient l'examen du Seed, et nul doute que chacun d'entre eux le réussirait brillamment.

Perdu dans ses pensées, il ne fit même attention à ce qu'il faisait : penché sur l'endormie, il la fixa un long moment. Selphie avait raison : Lyn était belle.

Ce fut lorsqu'il se rendit compte de ses pensées, qu'il se rappela à l'ordre, étonné par son propre comportement. Il soupira. La discussion qu'il avait eue le matin même en compagnie de Squall le perturbait. Il ne pouvait qu'approuver les propos de ce dernier, mais au fond de lui, il avait du mal à accepter.

Lyn serait certainement ravie, il n'y avait aucun doute. Lui aussi l'était, en partie. Il finit par s'asseoir sur le rebord du lit, un peu perdu. Il était tiraillé par deux sentiments. Le premier la fierté qu'il éprouvait pour son élève, la seconde par l'égoïsme qu'il s'étonna d'éprouver.

Lyn dormait profondément, les yeux clos. Elle avait le visage d'un ange. Zell attrapa une des mèches rousses qui se baladaient sur l'oreiller, désordonnées.

« C'est long…un mois. » murmura-t-il pour lui-même, en lâchant la mèche qui fila entre ses doigts.

La vie ne tourne pas toujours de la façon dont on le souhaite. Il se redressa alors, et attrapa le coussin qui se trouvait sur la chaise de bureau. Après un moment d'hésitation, où le blond enregistra l'image de la rousse endormie dans sa mémoire, il jeta violemment le cousin sur elle, en hurlant de toutes ses forces :

« Debout là-dedans ! »

Lyn laissa échapper un cri de peur, comme elle en laissait échapper au moins une fois par semaine, à chaque fois qu'elle dormait un peu trop longtemps dans son lit selon l'avis de son professeur. Elle se redressa d'un coup, les yeux grands ouverts sous la surprise. Lorsqu'elle vit Zell, elle attrapa à son tour le coussin qui venait de la percuter en pleine tête et le balança sur le blond qui esquiva de justesse.

« Sale gosse ! » grogna-t-elle, à moitié réveillée.

Elle attrapa l'oreiller sur lequel elle dormait, et le jeta à son tour, sans que Zell n'eut le temps de faire quoique ce soit, cette fois-ci. Il se le prit en pleine tête, et laissa échapper un petit « aoutch », ainsi qu'un sourire. Lyn sourit à son tour, plutôt contente de son tir, et la bataille entre les deux adultes, qui retombaient dans l'enfance, reprit de plus belle.

Ce ne fut qu'au bout d'une dizaine de minutes, quelques plumes échappées, quelques égratignures et un long fou rire, Zell et Lyn se calmèrent enfin, tous les deux étalés sur le lit.

« Crétin de prof. » lâcha Lyn, fatiguée avant même d'avoir commencé sa journée.

« Ce n'est pas parce que tu parles couramment notre langue maintenant que tu peux te permettre de l'insulter, ton prof. » répliqua Zell en se redressant, le souffle court.

« Qui est venu me réveiller à sept heures du matin, un samedi pour son bon plaisir ?

-Moi, c'est vrai. » admit Zell, en attrapant le bouquin que Lyn avait fait tomber en se relevant d'un coup. « Hum…les lanciers des temps modernes. Jamais lu.

-Tu n'es pas lancier. » remarqua Lyn en se rendant dans sa salle de bain, afin de prendre une douche matinale.

« Tu marques un point. Je lis un magazine sur l'art du combat à main nue.

-Ah oui, le Baston Mag, non ? »

Zell confirma. Lyn était une grande lectrice, et rien n'était étonnant au fait qu'elle connaissait aussi ce magazine. Il attendit un moment, et bientôt Lyn revint changée et les cheveux humides. Elle portait une petite robe d'été que Jelia lui avait achetée au début de la saison chaude, toute verte, comme ses yeux.

«Et donc ? Que me vaut l'honneur de ta visite un samedi matin, à sept heures du mat' ? » bougonna la jeune femme.

« Sais-tu où nous sommes ? »

Lyn laissa échapper un air étonné, et se précipita vers sa fenêtre, dont elle souleva le store. Devant ses yeux s'étalait un champ de fleurs et un océan : elle avait la chance de posséder une chambre à l'extrémité de la fac, et donc de pouvoir apprécier tous les jours un nouveau paysage. Son visage s'éclaircit et, sans que Zell n'eut le temps de l'arrêter, la rouquine se pencha à travers sa fenêtre, et se laissa tomber de l'autre côté, à l'aide d'une pirouette sur elle-même.

« Eh ! » rappela Zell.

Trop tard pour complaindre, Lyn courrait déjà dans l'immense plaine qui donnait sur l'océan. Il soupira, résigné, et attrapa le petit sac où Lyn entreposait ses affaires personnelles, ainsi que son arme, et à son tour, sauta par la fenêtre pour rejoindre la rouquine. Celle-ci revint vers lui, étonnée.

« On va faire un tour ?

-Bingo ! » s'exclama-t-il en lui jetant ses affaires.

Ce fut donc dans la joie et la bonne humeur que le professeur et son étudiante se dirigèrent vers la petite ville portuaire qui se trouvait à quelques kilomètres de là : Balamb.

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« Ahhh Balamb, l'air iodé de la mer, les pavés de pierre, les goélands, et les marchands à tous les coins de rue ! » s'exclama le Seed blond, en sautillant sur place, excité par un tel retour aux sources.

A chaque fois qu'il remettait les pieds dans cette ville, à chaque fois il se sentait revivre. Il avait grandi ici après tout, c'était son autre chez lui, en dehors de la fac. Il sourit. Cela faisait bien un an qu'il n'était pas revenu, trimbalé d'une mission à une autre.

De son côté, une curieuse se baladait un peu partout, ravie de sortir un peu de la fac qu'elle finissait par connaître dans les moindres recoins. L'odeur de la mer et le paysage l'enchantaient, comme une enfant que l'on emmenait dans un parc d'attraction.

« Ca fait du bien de sortir un peu. » clama-t-elle, en s'étirant.

« Viens par-là, il faut que je te présente quelqu'un. »

Lyn se fit tirer par le bras dans la ruelle principale de la petite ville, et elle fut bientôt plantée devant une vielle porte en bois, qui fermait une grande maisonnée de pierres en forme de petit dôme. Le blond chercha désespérément quelque chose autour de la porte, soulevant un pot de fleur, puis un tapis, une pierre. Il vérifia même le dessus de la porte. Alors qu'il allait faire remarquer qu'il ne trouvait pas la clef, la porte de la maison s'ouvrit, laissant apparaître une femme d'une cinquantaine d'année, aux cheveux bruns. Elle portait un chemisier bleu et un tablier écru. Zell recula d'un coup, surpris, et échappa de justesse à un coup de magazine plié en cône sur la tête.

« Ahh ! Ca va pas ? » s'exclama le blond.

La femme réitéra son geste, ne loupant pas Zell cette fois-ci.

« Aiie ! Mais !

-Je t'avais dis de revenir pour les vacances de noël. » bougonna la femme, en croisant les bras. « Et si tu veux rentrer dans cette maison, soit tu frappes, soit tu pousses la porte, au lieu chercher comme un gosse où est cachée la clef de secours. »

Les deux personnes se toisèrent un long moment, et Zell ne mit guère longtemps avant de baisser les yeux, admettant sa défaite. Lyn esquissa un sourire, comprenant petit à petit qui pouvait bien être cette femme.

Celle-ci se retourna vers Lyn, un peu étonnée, puis passa de Lyn à Zell, et de Zell à Lyn, pour enfin assener un nouveau coup de magazine sur le tête du Seed, mécontente :

« Tu pourrais au moins présenter cette jeune fille, et ne pas faire l'attendre ainsi sur le palier. Tu n'as vraiment pas de manière. Allez, entrez donc tous les deux, je vais vous préparer des crêpes. »

Zell haussa les épaules, vaincu. La femme retourna à l'intérieur de la maisonnée, et le Seed fit signe à Lyn de lui suivre à l'intérieur. La rouquine riait intérieurement de cette rencontre inattendue et fort plaisante.

La maison n'était pas bien grande, mais chaleureuse. La femme était de retour à sa cuisine, et Zell s'installa sur une chaise, et fit les présentations :

« Lyn, je te présente ma mère. Maman, voici Lyn, une étudiante de la BGU.

-Enchantée de faire ta connaissance, ma petite. » lança la mère de Zell en se retournant vers eux, un large sourire aux lèvres. « Zell m'a parlée de toi dans les quelques lettres qu'il m'a écrite ces derniers mois. » (-elle avait appuyé sur le mot « quelques »)

Elle commença à préparer une pâte à crêpe, cassant des œufs dans une jarre, tout en discutant.

« Tu es l'étudiante exceptionnelle qui a été intégrée à l'école, n'est-ce pas ?

-Oui, Madame Dincht. » acquiesça Lyn. « Votre fils est mon professeur depuis mon arrivée.

-Tu parles couramment notre langue. » remarqua-t-elle.

« Lyn a fait des progrès extraordinaires en l'espace de quelques mois. » confirma Zell en s'étirant de tout son long.

« Toi en tout cas, tu n'as pas fait de progrès en matière de donner des nouvelles à ta mère. » grinça la cuisinière.

Zell déglutit, et Lyn pouffa tant la situation était comique. Zell allait bientôt regretter de l'avoir emmener chez lui, voir sa mère. Lyn cessa soudain de rire, se rappelant d'un détail : son professeur lui avait avoué autrefois avoir été éduqué dans un orphelinat, sous la tutelle d'Edea, la femme du proviseur de la fac. Cette femme n'était donc pas sa vraie mère : il avait du être adopté. Pourtant, le lien qui reliait les deux personnes était fort.

La rousse sourit à nouveau. La mère de Zell était quelqu'un de bien, tout comme lui.

« Vous voulez de l'aide, madame ? » proposa poliment Lyn en s'approchant de la cuisine.

« Si tu veux, ma petite. Attrape-moi le paquet de farine, dans le placard au dessus de toi, et pèse-moi deux cent cinquante grammes. »

Zell resta silencieux, assis sur sa chaise, à regarder les deux femmes discuter ensemble, tout en préparant la cuisine. Il était rare de surprendre la rouquine dans une tâche quotidienne, surtout à l'école où tout était déjà à la disposition des élèves. Il fut pris d'un étrange sentiment, à les voir ainsi. Un mélange de douceur et de nostalgie.

Bientôt, on fit sauter les crêpes. L'odeur sucrée envahie la pièce, et les trois personnes passèrent un long moment à discuter de choses et d'autres. Tant et si bien que la matinée passa en un éclair, au grand regret de Lyn. Zell annonça qu'il allait prendre une douche, et les deux femmes restèrent alors toutes les deux, à préparer le déjeuner. Lyn épluchait des pommes de terre sur la table du salon, et la mère de Zell préparait un poulet.

« Tu as du comprendre, non ? » demanda la femme. « Je veux dire, que Zell n'est pas mon fils. »

Lyn acquiesça d'un faible signe de tête.

« Mais je trouve que vous êtes très unis, pour des gens personnes non liés par le sang. Zell a l'air de beaucoup de vous aimer. Et inversement.

-C'est vrai. Je me fais un sang d'encre pour ce chenapan qui ne donne pas souvent de nouvelles.

-Je le forcerai à écrire davantage. » plaisanta Lyn.

« Zell m'a dit dans l'une de ses lettres que tu étais comme lui. Je suppose qu'il voulait dire que tu n'as pas ou plus de parents.

-Aie ! » s'exclama Lyn qui venait de se couper le légèrement le doigt tandis qu'elle épluchait les pommes de terre.

Une pomme de terre glissa sur le sol, et Lyn se dépêcha de la récupérer pour la passer sous l'eau, en même temps que son doigt légèrement entaillé. Elle utilisa rapidement un sort de soin, et on ne voyait quasiment plus rien. Elle se rassit à sa place, s'excusant de sa maladresse. La mère de Lyn soupira, elle aussi désolée :

« Non…excuse moi. J'ai amené un sujet sans doute éprouvant pour toi.

-Non. Ne vous inquiétez pas. Je crois…que j'ai été surprise. »

Pendant quelques secondes, seuls les bruits d'épluchage de pomme de terre rythmèrent le silence. Finalement, Lyn redressa la tête vers la mère de Zell, et répondit, le plus sincèrement du monde :

« Mes parents sont morts, effectivement. Il y a deux ans. J'avais dix-neuf ans.»

Lyn eut un sourire triste, comme si les souvenirs revenant.

« Ils ont été assassinés, à vrai dire. Je suis revenue chez moi un jour, et je les ai trouvés par terre. Un jour ou l'autre, il viendra peut-être finir le travail qu'il a commencé.» murmura Lyn.

Elle écarquilla les yeux, sous la surprise : elle avait trop parlé sans s'en rendre compte. Elle se reprit, légèrement gênée :

« Pardon, il m'arrive de penser bizarrement, lorsque je repense à leurs morts. L'assassin ne reviendra sans doute jamais. La folie d'un jour. »

Une main tapota doucement sa tête, se voulant rassurante. La mère de Zell avait cessé ses activités, s'était lavée les mains, et était revenue aux côtés de la jeune fille. Lyn se mordit les lèvres. Madame Dincht était quelqu'un de bien et de gentille. La rouquine lui sourit tendrement, même si quelques larmes perlèrent aux coins des yeux.

« Merci Madame…je comprends pourquoi Zell est quelqu'un de bien. D'ailleurs, lui aussi me tapote la tête de cette façon. » plaisanta-t-elle, en essuyant ses larmes.

La mère de Zell sourit à son tour, et les deux femmes se remirent à plaisanter sur divers sujets, tandis que l'ombre qui écoutait la conversation, cachée en haut de l'escalier principal de la maison, retourna dans sa chambre en silence, les poings serrés.

Intérieurement, Zell souffrait pour elle.

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La journée passa, immuable.

Zell avait emmené Lyn faire le tour de la ville, et finalement, après avoir visité divers endroits, se faire interpeler par un bon nombre de gens qui connaissaient Zell depuis sa tendre enfance, les deux amis s'arrêtèrent sur la jetée du port, où ils s'assirent pour discuter de la ville et du doux sentiment qui s'en dégageait.

« Ca devait être chouette de vivre ici. » remarqua Lyn.

« Oui, assez. Je regrette des fois de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Après il y a tout un tas d'autres villes très chouettes. Tu n'as pas encore visitée la technologique Esthar, les parcs d'attraction éternels de Galbadia, le calme de Timber, et ses magazines d'ailleurs. Il y a tout un tas de villes insolites de par le monde. Un jour, il faudrait que je t'emmène voir une forêt à chocobos. » s'exclama Zell en riant.

Il en avait vu, des paysages. Des centaines, des milliers. Venus du passé, présent et futur. Il aimait par-dessus tout voyager dans le monde, et servir la BGU.

La rouquine descendit les quelques rochers de la jetée pour glisser ses jambes dans l'eau fraiche de l'océan. Elle frissonna un instant, puis s'en accommoda. Au loin, le soleil commençait à tomber dans l'océan. La vue était magnifique et revigorante.

« Lyn ? » appela Zell, d'une voix beaucoup moins enjouée.

Lyn courba son dos et sa tête en arrière pour voir à l'envers son professeur. Celui-ci fixait le paysage en silence. Lyn n'aimait pas cette atmosphère pesante, qui ne présageait rien de bon.

« Squall a décidé que tu étais prête à t'intégrer à la classe principale, et donc rejoindre Jelia et Hysildr.

-C'est vrai ? » s'étonna Lyn.

Cela voulait dire qu'elle avait réussi à repousser la barrière de la langue et de ses nombreuses lacunes en cours magistraux. Cela voulait aussi dire que Zell ne serait plus son professeur.

« Ah… » murmura-t-elle finalement, déçue.

Elle s'était habituée à passer ses heures de cours dans la chambre de Zell, ou encore dans la cafétéria.

« Tu viendras enseigner dans notre classe ? » demanda-t-elle finalement.

« Non. En fait, à partir de lundi, je ne suis plus professeur. Je repasse au rang de Seed. »

Lyn se redressa du rocher, ayant peine à comprendre ce que voulait dire Zell. Ils se regardèrent un long moment, l'un près de l'eau, l'autre en hauteur. La rouquine ne savait pas quoi dire. Voyant ça, Zell s'expliqua plus clairement :

« Je repars en mission, dans la région d'Esthar. Cette nouvelle mission devrait durer un bon mois. Je ne peux pas t'en donner les modalités, car tu n'es pas encore Seed. Mais bon, au moins, je serai de retour pour te voir passer ton examen. »

Lyn resta coi. Elle se contenta de se mordre les lèvres et retourner ses yeux émeraudes vers l'océan. Après un bref silence, elle remonta quatre à quatre les rochers et s'arrêta devant son professeur :

« Je suppose que je n'ai pas le droit de complaindre. Après tout, c'est la vie que nous avons choisi, n'est-ce pas ? »

Zell sourit faiblement. Il ne comprenait pas vraiment la réaction de son étudiante, et celle-ci le vit rapidement. Aussi, pour s'expliquer, elle remonta dans le temps :

« Tu te rappelles lorsque tu m'as sauvée de la prise d'otage ? »questionna-t-elle, les yeux rivés sur l'océan.

« Oui. Parfaitement. » se rappela Zell. « Tu étais la seule survivante. D'ailleurs, on a rapidement retrouvé les complices de ces types, et on n'a plus jamais entendu parler d'eux.

-Tu te rappelles, lorsque je me suis réveillée à l'infirmerie de Ragnarok ?

-Plus que tout. Tu étais si apeurée. J'ai eu du mal à te faire comprendre que je ne te voulais pas de mal.» plaisanta le blond, en se remémorant les détails.

« Ce jour-là, je t'ai fait confiance. Depuis, tu as été…comment dire…ma bouée de sauvetage ? Si j'avais besoin de quelque chose, je n'avais qu'à venir te voir. Tu as été patient avec moi, qui ne parlait pas ta langue. Tu m'as donnée beaucoup. Alors…c'est juste que ne plus avoir ma bouée de sauvetage habituelle d'un seul coup, et me jeter dans le grand bain…ça me fait peur. Je me disais que je pouvais tout faire, si tu étais là. Mais je suppose qu'il y a un moment où il faut quitter la bouée et voir d'autres horizons.»

Zell haussa les épaules, comprenant pourtant bien le point de vue de Lyn. Il passa une main dans ses cheveux et les ébouriffa, avec un sourire :

« Si tu as besoin, je serai là. Je serai joignable sur mon téléphone de toute façon, ce n'est pas comme si tu n'allais pas avoir de nouvelles de moi pendant un mois.

-D'après ta mère… » commença Lyn, un rictus aux lèvres.

Elle s'échappa rapidement du champ d'action de Zell, un large sourire vainqueur aux lèvres, tandis que Zell fulminait sur place. Ils se chamaillèrent sur tout le chemin du retour, et, après avoir salué une dernière fois Madame Dincht, qui serra tendrement Lyn dans ses bras, ainsi que son fils, tous deux quittèrent la petite ville tranquille de Balamb, pour rejoindre la BGU avant que celle-ci ne se déplace pour la nuit.

Le prochain mois allait être long et exténuant.