L'étrangère

Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Lyn, Jelia, Hysildr, Amili, « lui », Erilia et Sihlk m'appartiennent.

Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.

Cette fic se déroule dans le monde de Final Fantasy huitième du nom, trois ans après la fin du jeu et tourne autour de Zell Dincht.

Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.

Chapitre Neuf

L'accompagnateur

« Zell. »

La phrase résonna interminablement dans l'esprit de Lyn. Les deux femmes se toisèrent un instant, comme si l'une essayait de soulever le subterfuge de l'autre. Lyn céda enfin, brisant le contact visuel avec la petite amie de Squall, avant de s'enfuir en courant du balcon, les yeux embués.

La rouquine passa devant ses amis qui se chamaillaient gentiment, mais ne s'arrêta pas pour leur souhaiter une bonne nuit. Jelia cessa de plaisanter avec Hysildr, surprise de voir son amie dans un état plutôt inhabituel. De même que Silk cessa de courir après Erilia qui ne cessait de le narguer, malgré son handicap.

Les quatre hurluberlus se jetèrent un regard inquiet. Aucun ne comprenait pour le moment le comportement de la jeune femme.

Bientôt, comme tout le monde, ils apprendraient la nouvelle.

Le matin émergeait tout juste lorsque l'une des portes du couloir des Seeds s'ouvrit en grinçant. La veille au soir, bon nombre avait fêté la promotion des cinq nouveaux élus au rang de protecteur de la planète.

Apparut une rouquine, un sac de voyage sur le dos, une lance dans une main, les yeux rougis par les larmes et le manque de sommeil. Elle se déplaça à pas de loup, jusqu'au couloir principal qui menait aux dortoirs. Il était sept heures. Elle avait passé trop de temps à peser le pour et le contre sur ce qu'elle devait faire ou ne pas faire.

Dans son sac se trouvaient toutes les affaires qui comptaient pour elle, et quelques vêtements capables de supporter des températures différentes, ainsi que l'argent qui lui restait.

En silence, elle sortit du couloir des Seeds, non sans jeter un dernier regard aux chambres des quatre nouveaux promus qu'elle allait quitter sans un mot. Les jours passés en leurs compagnies allaient devenir des regrets. Cela faisait sept mois qu'elle était arrivée dans ce lieu étrange qu'était la fac. Elle avait fait la rencontre de personnages hauts en couleur, mais l'heure de les quitter était arrivée. C'était la fin d'un rêve douceâtre qu'elle avait pensé un instant éternel. Le retour brutal à la réalité l'effrayait. Une fois de plus, elle voulait fuir. Mais cette fois, tout était différent. Elle ne le pouvait pas, sinon, ce qui comptait pour elle, ses amis, allait en subir les lourdes conséquences. Elle n'aurait pas dû s'ouvrir ainsi à d'autres personnes. Elle aurait du rester distante et détestable, et tout aurait été pour le mieux.

Ne pas avoir d'amis. Ne se lier à personne. Ne faire partie de la vie de personne. Etre simplement une ombre dont personne ne se soucierait.

« Shishue… » murmura-t-elle, avant de quitter le couloir des Seeds.

Elle ne devait pas se retourner, quand bien même elle avait mal. Elle ne les reverrait plus jamais. Elle ne sourirait plus.

Lyn avança d'un pas déterminé vers la sortie de l'école, mettant fin au rêve, et révélant le cauchemar.

Le jeu mortel et sans merci allait enfin commencer.

Elle traversa le hall en silence, et prit le chemin qui menait à l'extérieur de la fac. La tête baissée, les larmes aux yeux, elle faisait face à ce fichu destin maudit qu'elle portait.

« Et tu comptes aller où, toute seule ? » grogna une voix, fort mécontente.

Lyn sursauta, tandis qu'elle descendait les dernières marches qui la séparait de l'extérieur. Elle releva la tête, sans comprendre, essuyant d'un revers de manche les quelques larmes qui glissaient sur ses joues. Devant elle, six personnes l'attendaient de pied ferme. Les quatre premiers étaient les nouvellement Seeds : Sihlk qui semblait de mauvaise humeur, les bras croisés sur le torse, Erilia qui souriait tendrement, assise sur le muret qui suivait les marches, Hysildr qui gardait un visage neutre, les yeux rivés vers le ciel qui s'illuminait tout juste, et Jelia, appuyée sur son épée, une grimace mécontente sur le visage.

Lyn recula d'un pas, surprise.

Les deux autres personnes qui les accompagnaient était Linoa, et un homme blond assez grand et à la carrure taillée pour le combat, comparé à Hysildr et Sihlk, une gunblade à la main.

« Qu'est-ce que vous… » commença Lyn, baignée dans l'incompréhension.

« Je les briefais pour leur première mission du Seed, puisque Squall est occupé ce matin. » répondit Linoa non sans un sourire espiègle.

« La…première mission du Seed ? » s'étonna Lyn. « Vous partez déjà en mission ? »

« Toi aussi je te signale. » répliqua Sihlk. « Tu fais partie de la virée. »

Lyn eut un nouveau mouvement de recul. Elle ne pouvait pas partir avec eux. Elle secoua la tête négativement.

« Tu fuis la fac ? » remarqua Hysildr, en pointant du doigt le sac de la rouquine.

« Je… » commença Lyn, sans voix. « Je…dois partir. »

Chaque mot était difficile à articuler. Rien ne devait se passer de cette manière. Les gens normaux dorment à cette heure là, Seed ou pas. Le plan était de prendre la poudre d'escampette sans que personne ne le remarque. Elle ne voulait pas leur faire face. Juste…fuir.

Son cœur se serra, et elle fut incapable de rajouter un mot.

« C'est dommage, la mission était plutôt intéressante. » fanfaronna Jelia.

Lyn sursauta. Jelia se moquait d'elle ? Elle continuait à sourire alors que Lyn était sur le point de s'enfuir, les abandonnant tous derrière elle. Jelia n'aurait jamais agis ainsi, sans raison.

« Votre mission est de retrouver un membre du Seed qui a disparu hier. Le dernier contact que nous avons de lui est enregistré à vingt-et-une heure trois hier soir : il se trouvait à Estar, lorsqu'il nous a appelé, pour signaler qu'il se trouvait en mauvaise passe. Depuis, nous n'avons plus réussi à le joindre. »

Lyn écarquilla les yeux de surprise, avant de s'effondrer d'un coup sur ses genoux, laissant tomber toutes ses affaires. Jelia s'approcha d'elle, un large sourire aux lèvres, et lui tendit la main, pour l'aider à la relever.

« Tu ne pensais tout de même pas qu'on allait te laisser aller chercher Zell toute seule, quand même. »

Lyn déballa tout un tas de paroles à une vitesse phénoménale dans sa propre langue, sans doute en train de maudire ses quatre amis en face d'elle, tandis que les larmes coulèrent à nouveau le long de ses joues, alors que Jelia la redressait.

« Mais oui, mais oui. » répondit la brunette, sans pour autant comprendre un traitre mot de ce que déballait Lyn. « Nous aussi on t'adore. » rajouta-t-elle d'un air moqueur, sachant pertinemment que la rouquine la maudissait de tous les noms.

Lyn se calma petit à petit et se retourna vers Linoa, qui semblait plutôt contente de son coup. Elle continua alors à donner les modalités, légèrement plus sérieuse.

« Cette mission vous est confiée. Squall voulait y aller lui-même, afin de récupérer son meilleur ami, malheureusement, il doit rester sur la fac pour d'autres affaires, et beaucoup de Seeds plus expérimentés sont occupés de part le monde. Le seul Seed compétant restant, qui vient en fait de revenir de sa dernière mission, sera votre accompagnateur : je vous présente le Seed Seifer Almasy. »

Elle pointa du doigt le blond qui se trouvait à côté d'elle, et qui n'avait pas pipé un mot depuis le départ. Lyn leva les yeux vers lui, se rappelant vaguement d'une histoire sur un certain « Seifer » que son professeur lui avait raconté pendant ses heures perdues à discuter en sa compagnie.

Elle se rappela enfin. Il s'agissait de l'étudiant qui avait rejoint la sorcière démoniaque Ultimécia, n'ayant que son rêve à l'esprit.

Leurs regards se croisèrent un instant. D'un même mouvement, ils coupèrent le contact, fuyant et l'un et l'autre. Ils comprirent alors.

Elle savait son passé.

Il connaissait son identité.

Linoa avait du le mettre au courant qu'elle était une sorcière, et elle doutait même que Seifer ne soit là plus pour la surveiller que pour donner des conseils au groupe. Pourtant, elle était certaine que Linoa n'avait rien dit à Squall, ni aux autres. Seifer était la personne parfaite pour garder le secret et qui permettait à Linoa de contrôler la situation malgré tout.

Celle-ci s'approcha d'ailleurs de Lyn et l'invita à s'écarter un instant du groupe, afin qu'elles se parlent en privé.

« Tu es libre de partir, si tu le souhaites. Seifer est là pour t'aider, en connaissance de cause, et non pas pour t'empêcher de disparaître. Je lui ai donné l'ordre d'éloigner tes amis de toi, lorsque tu le voudras. »

Lyn acquiesça doucement.

« Merci… » murmura-t-elle, reconnaissante.

« De toute manière, lorsque le moment sera venu, tu disparaîtras, n'est-ce pas ? Comme tu l'avais prévu aujourd'hui. Pour ce jeu. »

Lyn acquiesça en silence.

« Je…ne peux pas y échapper indéfiniment.»

« Ce que j'ai eu à subir était lourd, il y a trois ans. Mais j'ai bien peur que ce jeu dans lequel tu as été entrainée ne le soit encore plus. »

Les deux femmes se quittèrent. Chacune avait un sourire triste sur les lèvres. C'était la dernière fois qu'elles se verraient. Un adieu qu'elles seules comprenaient.

Le petit groupe quitta alors la BGU, pour accomplir leur toute première mission du Seed.

Le Ragnarok filait dans le ciel azuré qui prenait, chaque minute qui passait, un peu plus de couleur. Dans ses entrailles se trouvaient cinq jeunes gens. L'accompagnateur avait prit les commandes du vaisseau à l'allure monstrueuse, et les cinq nouveaux seeds déambulaient dans les couloirs innombrables de ce dernier, afin de mieux connaître leur nouveau « joujou » qui servait également de moyen de transport.

Assise sur l'un des sièges moelleux et confortables de la salle des passagers, Erilia était occupée à affuter la lame circulaire qui lui servait d'arme, tout en prenant soin de ne pas se couper par inadvertance.

Pour autant, au bout de quelques minutes, elle émit un grognement mécontent, lorsqu'une entaille se forma sur son index droit.

« Tu rêves. » constata une voix dans son dos.

Erilia sursauta d'un coup, manquant de se couper pour la seconde fois. La lame circulaire glissa sur le sol, tournoya tel un cerceau d'enfant, puis s'écroula sur le sol accompagné de tintements sonores. Le grand gaillard qui s'était faufilé derrière elle, soupira et se déplaça pour récupérer l'arme de la jeune fille.

Tout comme Erilia, Sihlk semblait songeur. Il redonna l'arme à la muette, qui lui tira la langue pour se venger. Il ne put alors s'empêcher de la taquiner :

« Tu as donc une langue ? » railla-t-il.

Il se prit une baffe sur le haut de sa tête. Erilia posa son arme sur la table principale de la pièce, et vint se rasseoir. Sihlk s'assit à ses côtés, et lâcha un soupir. Tous les deux étaient tourmentés par le même problème.

« Elle allait…vraiment partir. » murmura-t-il.

Erilia acquiesça d'un faible signe de tête.

« Je sais que c'était pour Zell, mais j'ai eu l'impression…qu'il y avait autre chose, derrière ses larmes qu'elle a laissé échappé. » continua-t-il.

« Hum. » confirma Erilia.

Puis elle haussa les épaules, et baffa à nouveau Sihlk sur le haut de la tête. Celui-ci eut une grimace, mécontent. Il voulut lui rendre la pareille, mais la demoiselle avait déjà glissé de son siège pour lui échapper. S'en suivit une course poursuite à travers les sièges de la salle des passagers.

Non loin, à quelques couloirs de là, les deux épéistes discutaient, accoudés à une rambarde qui donnait sur une immense baie vitrée.

« Et donc…Amili pourrait être derrière tout ça ? » murmura Jelia, songeuse, répétant les mots que venaient d'émettre son meilleur ami.

Hysildr acquiesça. Il avait eu du mal à se décider de parler, d'annoncer la vérité telle qu'elle était, et, sans doute, blesser la brunette qui avait foi en la jeune femme qui était en réalité leur ennemi. Comme de fait, Jelia afficha un regard blessé et trahi sur son visage.

« D'après Linoa, elle aurait été vue pendant l'examen du Seed et aurait proliféré des menaces. Et elle n'est toujours pas revenue à l'école depuis.

-Elle est peut-être vexée d'avoir raté l'examen écrit ? » murmura Jelia.

« Non. Amili a mis en danger Lyn, l'autre jour. Elle a volontairement attiré le T-rex. » réfuta le jeune homme. « Je le sais, car elle s'était coupé la paume de la main, chose que personne n'a remarqué, trop concentré sur Lyn. »

Jelia resta silencieuse, les yeux rivés sur le ciel et les nuages qui formaient un ballet. Hysildr soupira, ne sachant comment persuader Jelia de la vérité. Finalement, il passa une main dans ses cheveux, ne sachant quoi faire sur le moment.

« Je ne veux pas non plus te forcer à croire ce que j'ai dis. J'aimerai…juste que tu ais conscience qu'il se pourrait que la prochaine fois que nous la rencontrerions, elle pourrait être notre ennemie, comme notre amie. »

Il ne fallait pas forcer les choses. Le temps apporterait avec certitude une réponse. La jeune fille acquiesça doucement, non pas sans amertume. Elle releva la tête, croisa le regard de son ami, cherchant une pointe de réconfort. Sa mâchoire était serrée, comme si elle ne pouvait plus prononcer un mot.

Doucement, Hysildr passa une main dans ses cheveux en bataille, et, voyant l'inefficacité de son geste, il s'approcha d'elle et passa un bras autour de ses épaules, consentant à offrir un peu de chaleur à son amie.

« Merci… » murmura-t-elle.

A l'avant du vaisseau, le jeune seed expérimenté était concentré sur le maniement de l'engin métallique. Cela faisait bien une heure qui naviguait à travers les nuages du matin, se dirigeant tout droit vers la ville technologique d'Esthar, mondialement connue, même si peu de gens y avaient mis les pieds. La chance était de leur côté, étant donné que le président de cette nation, nommé Laguna Loire, n'était autre que le père de Squall Leonhart, quand bien même les deux hommes semblaient de natures bien distinctes.

Seifer était, comme tous les autres au même instant dans le vaisseau, pensif. Le blondinet qu'il avait martyrisé par le passé, et qui, par le temps, était finalement devenu l'un de ses amis, avait disparu. Enlevé, volatilisé. Squall était d'ailleurs quelque peu hors de lui, lorsqu'il avait compris qu'il ne pouvait pas quitter son poste, à la BGU. Et comme Selphie et Irvine étaient partis en mission à Deling City, renommé d'ailleurs Galbadia City, que Quistis donnait cours, et ne pouvait pas déposer sa lettre de démission qu'avec un délai trop élevé selon les circonstances. Raijin et Fujin étaient quant à eux du côté de Trabia pour résoudre quelques conflits banals.

Ne restait donc que lui à connaître le disparu, et Linoa avait insisté pour que les cinq nouveaux Seeds participent à la mission, pourtant dangereuse.

Des pas derrière lui le réveillèrent de sa rêverie éveillée. Il jeta un coup d'œil en arrière, et reconnu la rouquine qui avançait vers lui, hésitante.

« Avance. On doit parler tous les deux. » grogna-t-il.

Il était plus qu'évident qu'ils devaient mettre certaines choses aux claires. Lyn s'assit en sa compagnie sur le siège passager, mais ne croisa pas son regard. Il soupira et parla le premier :

« Tu sais qui je suis, je sais qui tu es. On est ex-æquo, alors parlons franchement. C'est la faute de qui, cette disparition ?

-La mienne. » répondit Lyn, la voix légèrement tremblante.

« Pourrais-tu m'éclaircir sur ce sujet ?

-Un homme, un nécromancien, cherche à me tuer. Pour lui, toutes les occasions sont bonnes pour me faire souffrir. Je pense que Zell fait parti de sa petite stratégie pour me faire perdre le contrôle. De toute manière, une fois Zell retrouvé, ne compte pas me voir dans les parages. Je partirai à ce moment là. Ah et l'étudiante Amili je-ne-sais-plus-comment est sa complice. »

Seifer grogna. Il y voyait plus clair, certes, mais cette histoire n'annonçait rien de bon.

« Et je suppose que ce type à un rapport au jeu dont me parlait Linoa ?

-Oui. Nous sommes les deux derniers.» murmura-t-elle.

Puis ils restèrent silencieux, l'un en pilotant, l'autre en fixant les nuages. La vie n'était pas toujours comme on le souhaiterait.

Au loin, la ville d'Esthar se dessinait, resplendissante.