Note : Ce texte est la traduction de Stare, par Snarkyscorp, que je publie bien sûr avec son autorisation.
Fixe
Scorpius fixe. C'est en train de devenir un problème. Il ne fixe pas simplement les murs ou les plantes ou la nourriture – il fixe les gens. Les garçons.
Albus le voit, le prend de façon personnelle.
— Serdaigle est une maison noble et hautaine, mais ça ne te donne pas le droit de te sentir supérieur à moi, gronde Albus.
Scorpius fixe. Il remarque qu'Albus est joli quand il est en colère. La rougeur sur son visage descend le long de son nez retroussé et constellé de tâches de rousseurs, de ses joues juvéniles, de son cou épais, et probablement de ses larges épaules aussi, si elle poursuit ce chemin. Scorpius aime ça, veut le dire à Albus, mais ne sait pas comment. Scorpius aime regarder il ne maîtrise pas encore le reste.
— Arrête, dit Albus.
— D'accord.
Scorpius fixe les mains d'Albus à la place, observe comment ses poings se crispent, comment les veines ressortent et les articulations blanchissent. Il pense que tout le corps d'Albus doit être dur comme ça, lourd et sourd de tension. Il se demande comment on peut vivre avec tout ça à l'intérieur. Albus est un bouchon à faire sauter, un nœud à dénouer.
— Tu es sourd ? J'ai dit arrête !
Albus avance, les poings les premiers. Scorpius fixe. Le combat est terminé lorsque Scorpius atterrit sur le sol, du sang dégoulinant de sa lèvre fendue et de son nez cassé. Insoucieux de sa mortalité, il essuie le sang, le fixe, note à quel point il est rouge, et lève le visage vers Albus, avec de grands yeux qui ne cillent pas.
— Tu as fini ? demande Scorpius.
Albus a l'air d'avoir avalé un Bubobulbe. Il hésite, détourne le regard, et puis :
— Ouais.
Scorpius a à peine le temps de se relever avant qu'Albus le plaque contre le mur. Ses narines frémissent.
— Pourquoi tu me fixes tout le temps ?
— Je fixe tout le monde.
Mais ce n'est pas toute la vérité, alors il ajoute :
— Tu me plais.
