Les heures, les jours, les semaines, les mois semblaient passer à une vitesse ahurissante. Avec tous les jours la même rengaine. On aurait pu qualifier la vie de Harry Potter à cette instant par l'expression « Métro, Boulot, Dodo », sauf qu'entre-temps il y avait Dudley et sa bande qui le prenait plus que jamais pour un Punching-ball et le regard d'Elza le suivant partout.

Telle était la vie de Harry Potter alias l'élu.

Et là vous vous dites sûrement que vous avez autre chose à faire, un gâteau à enfourner, autre chose à faire en attendant que cela bouge mais je vous rassure tout de suite cela va finir par.. bouger.

Puisque par un jour normal et enneigé, Harry commençait à sérieusement s'enrhumer.
Et pour cause son cousin et sa bande avaient décidés de le transformer en bonhomme de neige, hormis le fait que le-dit bonhomme de neige était vivant, c'était sinon, vraiment très ressemblant.

Il y avait de l'idée se disait Harry avec un peu de chance ça évoluerai en quelque chose... Quelque chose d'original, plus original que le coup du punching-ball.

C'est pas qu'il avait froid et que la neige coulait la long de son cou, jusque sur son torse (très sex', n'est-ce pas?), mais presque. De même qu'il avait sûrement l'air idiot planté au milieu de la cour, avec Dudley et ses abrutits de copains qui courraient tout autour de lui, des boules de neiges à la main.
Harry déglutit et se dit que définitivement il devait être maudit, maudit par une méchante sorcière s'étant penchée sur son berceau.

Et les boules de neiges citées un peu plus haut atterrirent évidemment sur Harry, comme quoi, looseur un jour, looseur toujours.

Il vit qu'il n'avait que deux choix étant pour le premier, de ne pas bouger ,ce qui revenait à rester sous la neige pendant encore –il jeta un coup d'œil à l'horloge murale et ouvrit grand les yeux- un bon quart d'heure !

C'est sûr, soit cette fameuse sorcière visait mal, soit elle était méchante!

Nous avons aussi le second choix, se débarasser de Dudley en lui envoyant un coup de point dans sa tronche de fils pourris gâté, puis, enchaîner en lui balançant des boules de neiges pour le transformer en bonhomme de neige à son tour. Et peut-être que là Harry ferait la-figure-de-la-mort-qui-tue... Il n'aurait aucune chance de survivre à ça..
Seul problème, tout petit problème, son cousin faisant le double, que dis-je le triple, le quadruple, le quintuple de sa taille, aussi bien en largeur qu'en longueur, la-figure-de-la-mort-qui-tue, eh bah, ça tuerai pas, quoi..

Il conclut avec philosophie qu'il ne pourrait rien faire jusqu'à la fin de la pause de midi, c'est aussi ce que se disait Elizabeth Way.

Car, eh oui, elle était là depuis le début, statique, assise sur un banc, un bonnet de laine verte enfoncé sur sa jolie petite tête de fille de bonne famille, elle regardait la scène.
Cela faisait un peu plus de trois mois qu'elle était à Little Whinging, et elle détestait déjà cet endroit. Et pas seulement cet endroit, les habitants, une bande de vieux devenus maîtres dans l'art qu'est l'espionnage... Elle aurait parié que les services secrets engageaient leurs recrues ici, avec leurs regards en coin, cherchant une faille, voulant savoir par tous les moyens comment, mais comment un homme ayant une femme, trois gosses, un revenu limité, comment avait-il fait pour acheter une voiture neuve? Toutes les hypothèses y étaient passées lors de la réunion du quartier, réunion traitant des cas les plus louches aux plus banals.

En cet instant, elle regardait Potter qui ressemblait comme deux gouttes d'eau -pardon comme deux boules de neige- à un bonhomme de neige. Elle devait avouer qu'il était assez comique avec ses lunettes de travers, son nez rouge et son air désespéré. Enfin, se dit elle, il était peut-être temps d'aller jouer les preux chevaliers, en cape et épée (juste pour la rime.) et d'aller sauver la demoiselle, qui en l'occurrence se trouve être un damoiseau en danger, menacé par un Dragon croisé avec un sanglier, comme vous l'aurez deviné Dudley. Cette horrible chose toute rose et dodue ressemblant plus à un cochon avec une peau de banane sur la tête qu'à autre chose.

Et dire qu'il avait un faible pour elle... Pathétique, on atteignait la frontière du n'importe quoi! Il la méritai sa baffe, et il faut dire que ça la démangeait depuis la première fois qu'elle avait senti son regard porcin sur elle, Brrr elle en avait encore des frissons de dégoût.

Elle jeta un coup d'œil à la dite demoiselle/damoiseau en détresse, leva les yeux au ciel, remit son bonnet en place, se leva, enleva la neige de sa jupe et marcha d'un pas assuré vers le bonhomme de neige vivant.

Elle attira facilement l'attention du gros dragon, à vrai dire il l'aimait donc il ne voyait qu'elle (haan, c'est guimauve à souhait *auteuz partie vomir dans un coin*).
Elle avait été stupéfaite du fait qu'il ne la déteste pas, généralement quand on met une baffe à quelqu'un il n'est pas censé l'apprécier... Il doit aimer souffrir alors.
Mais revenons-en à la libération de notre Harry-mister-demoiseau-en-détresse-bonhomme-de-neige-de-l-année-Potter :

_ « Dudley.. Ta mère ne t'as jamais appris à ne pas t'en prendre à plus faible que toi ?
_Euh... C'est-à-dire que... » Commença à s'expliquer Dudley avant d'être interrompu par Elza.
_ « Ne dis pas un mot de plus, Tu as tord. Ce que tu fais est absolument puéril. T'attaquer à un pauvre gamin maigrelet sans défense, tu n'as pas honte ? Pff, tu me dégoûte ! Je ne veux plus que tu m'adresse la parole. Est-ce clair ? »
_Hochement de tête « Oui, très »
_«Bien.»

Elle demanda au dragon-sanglier-cochon-avec-une-peau-de-banane-sur-la-tête et à ses acolytes de relâcher le damoiseau de sa prison de flocons. Il fut débarrassé de la neige, Elza demanda à Dudley de ne plus embêter son cousin... Du moins pas devant elle.

C'est ce moment là que choisit la cloche pour sonner la fin de la pause, elle tourna donc les talons et entra en classe, ce qui provoqua un tourbillon de chevelure et d'habits, faisant fondre les garçons, et bouillir de jalousie les filles.

Elza soupira fortement en sortant de l'école, cet abrutit de Potter croyait-il avoir le droit de la reluquer pendant toute l'après-midi? Avant c'était le gros lard et maintenant cela allait être le maigrelet à lunette, elle commençait sérieusement à saturer. Alors le voir s'arrêter devant elle, le regard brillant d'espoir, c'était trop.

_ « Qu'est ce que tu me veux Potter ?
_Hum... Je voulais simplement te remercier... Pour tout à l'heure, tu sais, c'était... gentil de ta part. »

Elle haussa un sourcil et se rapprocha de lui.

_ « Saches que si j'ai fait cela c'est simplement que je déteste voir quelqu'un martyrisé sans raison. Alors, ne viens pas me donner une raison valable de te martyriser moi-même. »

Et elle partit, sans un regard pour lui, le laissant perdu dans ses pensées.

'Pourquoi avait-il fallu que ce soit un tel idiot?'