Elza fut remise de sa pseudo-grippe assez vite et pût donc retourner sur le chemin de l'école, où elle eut la joie immense, que dis-je l'immense plaisir de revoir Harry James Potter.

Un sourire naquit sur ses lèvres et s'étala sur tout son visage quand elle songea à sa visite, son sourire se figea en se rappelant le sermon qu'elle avait ensuite reçu de la part de sa grand-mère. 'Pff, si on peut même plus s'amuser...'

Le plus drôle c'était de voir cet imbécile tomber amoureux d'elle. C'est pas bien compliqué de le voir, il suffit de voir qu'il a toujours les yeux fixés sur elle, à croire qu'il disposait d'une sonde pour la repérer, ou sinon, grand changement son regard était collé à ses lèvres quoi qu'elle fasse ou qu'elle dise. Elle était sûre que même si elle lui disait qu'elle le détestait, il fixerait ses lèvres d'un air niais.

Elza observait le paysage par la fenêtre de la voiture l'amenant à l'école, laissant ses pensées défiler sombrement, à ce moment-là, elle se prit presque à envier l'enfant qui trottinait gaiement sur le trottoir. « Il a l'air heureux.. » pensa-t-elle, « pourquoi est-ce que je n'arrive pas à être aussi heureuse? Je veux dire, j'ai tout de plus que lui, une grande maison, un chauffeur privé, une piscine... Je mérite moi aussi d'être heureuse à ce point! ». Elle fusilla le petit garçon sautillant des yeux, le maudissant pour sa bonne humeur.

Elza descendit de la voiture, d'une humeur exécrable elle passa le portail sans prononcer un seul mot, se contentant de regards glacials et d'insultes pour le premier qui oserait se poster en travers de son chemin. En entrant dans la classe elle bouscula deux, trois personnes pour la forme puis la jeune fille s'assit à son pupitre, scrutant les arrivant d'un œil mauvais.

Elle soupira en voyant son pot-de-colle attitré, j'ai nommé Dudley Dursley installer son gros postérieur sur la chaise à côté.
Génial.

Elle allait l'avoir sur le dos toute la journée, 'what a wonderfull day!' comme dirait la maîtresse pendant la leçon d'anglais.

Les journées des deux mois suivant se passèrent exactement sous le même schéma, comme si une divinité d'un temps oublié souhaitait les punir en leur faisant vivre la même journée à chaque fois. Les journées se passaient ainsi sauf bien sûr quelques exceptions, comme l'apparition de Potter sur le toit, Potter perché à un arbre.. On se serrait cru dans un de ces stupides livres pour enfants moldus 'martine va à la plage, martine fait du ski...'. Passionnant.

Tous ces jours de classe avec Dudley et Harry la regardant au lieu de se concentrer sur le cours, furent une véritable torture pour Elza, car :

-d'une elle ne pouvait pas travailler convenablement avec un idiot applaudissant à chaque fois qu'elle donnait une réponse juste et l'autre souriant comme un idiot, qu'il était puis grommelant qu'il s'en foutait.

-et deux, parce qu'avoir les deux collés aux basques à longueur de journée s'était fatiguant, mais très fatiguant.

Manquerai plus que Potter se transforme en un sosie de la grosse guimauve rose. Là, elle aurait vraiment touché le fond...

Malheureusement, la demeure des Way étant située avant la ridicule maison des Dursley Dudley et Harry la raccompagnaient le soir. Il faut dire qu'elle en était très heureuse, et vraiment très honorée. Non, pas parce qu'elle était en leur, si agréable compagnie, mais parce qu'ils n'arrêtaient pas de se chamailler et de vanter leur personne, leurs exploits. Tout ça pour attirer mon attention, et ça, elle trouvait cela divertissant. C'était son petit plaisir de la journée, journée souvent éprouvante.

_Oui, et comme je te disais Elza, un jour j'ai mis la tête de Potter dans les toilettes, il a faillit se noyer ! Tu l'aurais vu, gesticulant, essayant de respirer c'était tordant !
Dudley ria.

Elle se massa les tempes, son quota de ragots croustillants pour la journée étant atteint et largement! Elza commençait à s'agacer, quand Ô miracle, elle aperçu le portail de sa maison, ne prit même pas la peine de leur dire au revoir, rentra chez elle, snobant le domestique admirablement, elle ferma la porte à double tour, si l'idée de venir chez elle, leur aurait effleuré l'esprit.

Voilà à quoi se résumait la vie d'Elizabeth avant les grandes vacances.

Après les grandes vacances, comme vous vous en doutez, quelque chose changea.
Elle devint amie, même si le mot est fort avec Harry. Oui, vous avez bien entendu le mot amie et Harry dans la même phrase.
Ce n'est pas signe que vous devenez sénile.
C'est simplement qu'entre gens civilisés, il fait savoir sympathiser, je ne dirais pas avec l'ennemi mais avec des nains bigleux à lunette.

Évidement, cette 'amitié' ne se fit pas en un jour, mais en un nombre faramineux de jours. Ils sont venus à se trouver quelques points communs, quoique minimes. Harry pensait qu'elle l'aimait bien, et Elza pensait qu'il était très facile de gagner sa sympathie... Comme de la perdre. C'est vrai quoi! Il est imprévisible, totalement et complétement imprévisible!

Bon, je vous avoue qu'elle n'avait jamais vu une personne aussi niaise. Un monstre de niaiserie ! Toujours à penser que la vie est belle, que les oiseaux chantent, que le soleil éclairera toujours son chemin, il n'y a rien de pire qu'un optimiste chanceux.

C'est pour cela qu'ils étaient tous deux installés dans le jardin, Harry aurait plutôt qualifié ça de parc, vu la superficie de son « jardin ».
Le « jardin » de la « maison » d'Elza était un de leurs lieux de rencontre.

La bibliothèque municipale, le parc, un banc à côté de la mairie, ce genre d'endroits précis faisaient partie de leurs « lieux de rencontre ».
Jamais, Ô Grand jamais, ils ne se serraient à nouveau risqués d'aller chez l'Oncle et la Tante d'Harry. Avoir Dudley dans les pattes, c'est déjà saoulant, mais si en plus vous rajoutez, une Pétunia, surexcitée à l'idée d'accueillir une fille de bonne famille et un Vernon, pensant à son entreprise et surtout à l'argent dormant dans le coffre des Way. L'addition était mauvaise, collante, insupportable, et à vous donner une migraine monstre...

Dans leur lieux de rencontre, ils partageaient leur temps libre, que ce soit à discuter de tout et de rien, à jouer, à lire, à se disputer, à s'insulter, à critiquer Little W. (une de leur activité préférée!) Enfin, vous l'aurez compris un semblant d'amitié naissait entre eux.

Du moment qu'ils n'avaient pas une conversation très sérieuse, le genre de conversation qui vous demande d'user de votre cervelle, ce qu'Harry a un peu, il faut l'avouer, de mal à faire.
Et Elizabeth, se faisait un plaisir de le contredire.

Un été passa, lentement, s'étirant inexorablement vers la rentrée.

La rentrée approchait à grand pas, Elizabeth irait dans un collège pour jeune filles, « le pensionnaire Sainte Ursule, un paradis pour vos jeunes demoiselles, un endroit rêvé pour qu'elles s'épanouissent telles les fleurs qu'elle sont... » Elle avait arrêté sa lecture là et relisait sceptiquement le texte. Comment un paradis peut-il avoir des grilles, des barreaux au fenêtres, des portes cadenassées et des pensionnaires débauchées? Réponse simple : ce n'est pas un paradis, et elle s'était juré de ne jamais mettre ne serait-ce un orteil dans cet endroit malsain. La jeune fille indignée qu'on ne prenne pas son avis en compte menaça longuement ses grand-parents, ces derniers ne changeant pas de position, elle dû se résigner à l'idée de vivre dans un bagne tout le long de son adolescence.

Harry, lui devait aller à Saint-Brutus, un collège assez... Particulier, qui comme son nom l'indique abrite des brutes épaisses.

Or Harry disparu. Du jour au lendemain, il n'était plus là. Les Dursley aussi, d'ailleurs, chose qui étonna plus la jeune aristocrate. Encore, le fait qu'Harry ai disparu n'était pas étonnant, ils auraient pu le vendre à un bon prix, ou bien qu'il s'était enfui. Mais que les Dursley se soient envolés de leur nid rendu douillet par de longues années de travail acharné, ça c'était étrange!

Serait-ce l'armée de hiboux présent depuis plusieurs jours à leur porte, apportant sembla-t-il à Madame Full des lettres ! Quelle méthode moyenâgeuse !

« Je le savais! Robert! » Cria t-elle à son mari.
« Que savais-tu, mon amour ? » répondit le dit Robert d'un ton laissant deviner clairement que ces commérages l'empêchait de suivre son émission.
« Que les Dursley étaient bizarres ! Déjà rien qu'en regardant le gamin qu'ils ont recueillit ! Toujours a errer ! »
« Tu oublies qu'il erre avec une bonne personne. »
« Oh oui ! La petite Way ! Quelle talentueuse personne ! Et si gentille ! Ah, il ne devrait pas traîner avec elle, il n'a pas le rang social pour ! » assura-t-elle d'un air pincé.
« Qui devrait traîner avec, dans ce cas ? Ne me dis pas que tu penses à toi ? » Se moqua t-il, levant quelques secondes les yeux du téléviseur pour la détailler de la tête aux pieds

Madame Full se décolla de la fenêtre, regarda son mari, traversa la pièce dignement (aussi dignement que peut le faire une personne ayant des bigoudis dans les cheveux et une robes beaucoup trop longue, où elle s'emmêla les pieds, plus d'une fois), monta les marches et claqua la porte de la chambre à coucher, toujours aussi dignement que la reine d'Angleterre, ou que Lady Diana l'aurait fait.

M. Full leva ses yeux sur le plafond, puis les reposa sur l'écran.

A quelque pâtés de maison de là, Elizabeth, dans sa chambre rose, allongée sur son lit, seule,fixait le plafond en se demandant où pouvait bien être parti Potter, ce n'était pas encore la rentrée pourtant...

Elle n'eut une réponse qu'un mois plus tard, quand une chouette blanche cogna à sa fenêtre, une lettre dans le bec. Une lettre d'un endroit nommé Poudlard. Et signé du nom de Potter,

« Harry Potter est à Poudlard... » murmura-t-elle avec un petit sourire ravi puis s'empressa de prendre un bout de parchemin, de l'encre et une plume pour lui répondre.