Chapitre4
Le lendemain matin, Harry se leva après une nuit où il n'avait pas fait de mauvais rêves. Il regarda l'heure, dans la chambre. Il prit conscience que la journée était déjà bien avancée, alors il décida de se lever, se préparer et de descendre dire bonjour à la famille Weasley.
« Tu as bien dormi ? » lui demanda Molly en le voyant apparaitre dans la cuisine.
« Oui, depuis que Voldemort n'est plus, je ne fais plus de mauvais rêve et ma cicatrice a arrêté de me faire mal. » Avait tout simplement répondu Harry.
« C'est bien », lui dit Molly, souriante. « Assied-toi et prend ton petit déjeuner parce qu'il faudrait que tu manges un peu, tu es tout maigrichon », ajouta-t-elle.
« Oui, c'est vrai », affirma-t-il.
Il prit des croissants qui étaient posés sur la table et se versa du jus de citrouille puis commença à manger.
Molly rangeait la maison et Harry se dit qu'il devrait avoir une discussion, après avoir mangé, avec Ginny. Il n'avait pas apprécié son comportement, d'il y a deux jours, lorsqu'il avait reçu le parchemin de sa meilleure amie.
Il prit la Gazette des Sorciers qui était sur la chaise à côté de lui et regarda la UNE pour voir si l'on parlait d'Ombrage, puisque son procès allait bientôt avoir lieu. Le grand titre était écrit en gras : La sous première ministre, du Ministère, qui était partisane de Lord Voldemort, sera bientôt jugé. Elle est en attente de son procès à la prison d'Azkaban.
Harry sourit quand il eut fini de lire l'article. Il se disait être fier d'avoir arrêté cette guerre du mal sur le bien.
Quand son esprit se mit à vagabonder, il repensa à Hermione. Il se disait qu'il était content de pouvoir passer le restant de ses vacances chez elle. Il aurait la possibilité de se détendre un peu avant de pouvoir faire ses études d'auror.
Après son petit déjeuner, il demanda à Molly si elle avait besoin d'aide. Elle le remercia gentiment de son aide, mais le déclina en lui disant qu'il pouvait aller s'amuser un peu dehors. De plus, elle ajouta qu'il faisait si beau et que cet après-midi il partait pour voir Hermione. Donc, elle lui offrit d'aller avec les enfants, ils l'attendaient près du lac.
« Merci », répondit Harry, le sourire aux lèvres, en sortant de la maison.
Quand Harry arriva près du lac, il vit George et Ron qui se parlaient, alors il se racla la gorge pour les avertir de sa présence. Tout le monde se retourna pour le saluer et lui demander s'il avait bien dormi. L'intéressé leur répondit par l'affirmative avant de s'enquérir sur leur sujet de conversation avant son arrivée.
« Euh... du comportement de Ginny, lorsque tu as reçu la lettre d'Hermione », répondit Ron quelque peu mal à l'aise.
« Ah, OK. En parlant d'elle, vous savez où je pourrais la trouver ? » demanda Harry d'un ton attristé.
« Elle est derrière la maison », fini par dire Ron.
« OK, bien... je vais aller la rejoindre pour avoir une petite discussion avec elle », dit Harry en retournant sur ses pas et se dirigeant vers la maison.
Il là contourna et se rendit derrière le jardin. Lorsqu'il la vit, elle était adossée à un arbre, il prit une grande inspiration, pour se donner du courage, et l'interpela.
« Ginny, je pourrais te parler s'il te plait », demanda Harry en n'osant pas la regarder dans les yeux.
« Oui, Harry, de quoi veux-tu me parler ? » demanda-t-elle avec curiosité.
« De ton comportement d'il y a deux jours », osa-t-il mentionner à cette dernière.
« Qu'est-ce qu'il avait mon comportement ? » se braqua-t-elle.
« Et bien », commença Harry « je n'ai pas aimé ton comportement d'il y a deux jours », continua-t-il, lorsqu'il se fit couper la parole.
« Et alors ? Tu vas me faire une scène parce que j'étais jalouse que tu reçoives une lettre ? Mais c'est normal, je suis ta petite copine », siffla Ginny en croisant ses bras sur sa poitrine.
« Oui », lui dit l'intéressé, « mais il y a jalouse et jalouse », dit Harry. « Ce n'est que notre amie que l'on a en commun et toi, il fallait que tu te fâches. Je trouve ça un peu abusé d'être jalouse d'Hermione que je considère comme ma grande sœur. Tu sais Ginny, j'aimerais bien savoir pourquoi tu te comportes de cette manière. Tu sais bien que je t'aime », insista Harry.
« Oui, Harry, je vois bien que tu m'aimes, mais ce n'est plus comme avant. Depuis que tu as tué Voldemort, tu n'es plus le même et je me demande ce que tu as. » L'accusa-t-elle sans vergogne.
« Ginny, tu oses me demander ce que j'ai ? J'ai dû tuer une personne parce que cette même personne a tué mes parents quand j'avais moins d'un an. Puis à cause d'une prophétie, j'ai dû tuer cette sale face de rat. J'ai vu des personnes que j'aimais se faire tuer. Ton frère en est même mort ! Comment oses-tu me demander pourquoi je ne suis pas bien ? Pour le moment, je me sens coupable de tous ceux qui sont morts par ma faute. Tu peux comprendre ça Ginny ? Sinon à part ça tout baigne », lança Harry d'un ton sarcastique.
Avant de laisser le temps à cette dernière de lui répondre, il lui tourna le dos et se dirigea vers l'avant de la maison en la laissant seule à elle-même.
Après cette petite dispute, avec sa petite amie, il espérait que ce mois loin d'elle leur permettrait de mieux se retrouver. Il souhaitait désespérément que Ginny ne lui en veuille pas trop de ne pas être resté auprès d'elle pendant tout le mois d'aout.
En entrant dans la maison, il s'excusa auprès de Molly d'avoir parlé à sa fille de cette façon. Il avait vu la fenêtre ouverte qui pointait sur la cour arrière. Molly lui dit de ne pas se tracasser, qu'elle comprenait tout à fait qu'il n'était pas bien pour le moment avec ce qu'il s'était passé. Elle lui dit de laisser le temps faire les choses et qu'il redeviendrait le Harry que sa Ginny connaissait.
Il monta dans sa chambre pour faire sa valise. Il s'assit sur son lit et prit sa tête entre ses mains. Des larmes commencèrent à couler toutes seules sur ses joues. Ces gouttelettes d'eau salées n'arrêtaient pas de jaillir de ses yeux. Au fond de lui, il se disait que c'était normal. Avec tout ce qu'il avait vécu comme émotions depuis quelque temps, c'était normal de vivre ce moment de tristesse.
Lorsqu'il essuya ses larmes, il se leva et alla à la salle de bain mettre un peu d'eau sur sa figure. Il prit le temps de se regarder dans la glace avant d'essuyer les gouttes d'eau qui ruisselaient sur son visage. Il remarqua qu'il avait les traits tirés avant de prendre le linge à main et de se le passer dans la figure.
Il remit le bout de tissus à sa place et retourna dans sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il y vit Ginny qui était assise sur son lit ! Il se reprit rapidement et se dirigea vers elle avant de la prendre dans ses bras.
« Excuse-moi pour tout à l'heure, mais je ne suis pas très bien pour le moment. » Se justifia, Harry. « Je... je t'assure qu'au moment où je reviendrai de chez Hermione tout se passera bien entre nous. Tu verras, tu retrouveras le Harry que tu as toujours connu. S'il te plait, ne m'en veut pas, je suis conscient que je fais du mal aux gens qui m'entoure en ce moment. » Ajouta-t-il d'un air hésitant et penaud.
« Viens », lui dit Ginny.
Elle lui prit la main et s'assit sur son lit. Harry alla se positionner dans les bras de sa belle et il y resta pendant une bonne heure. Personne ne parlait, mais ils n'avaient pas besoin de parole pour se comprendre.
Malgré leur amour et leur souffrance, le temps passait... Ginny dut laisser Harry faire sa valise. Elle descendit pendant ce temps pour aller auprès de sa maman afin de lui offrir son aide dans la préparation du diner. Elle ne voulait pas réfléchir au fait que son amoureux allait partir cet après-midi chez Hermione. Sa mère l'avertit que le repas était déjà prêt, mais qu'elle pouvait mettre la table si elle voulait toujours se rendre utile. Elle prit alors sa baguette et fit venir sur la table les plats et les boissons.
Molly appela ses enfants par la fenêtre, qui était ouverte, pour les avertir que le repas était prêt. Quant à Harry, il descendit pour manger, mais tous voyaient bien que son regard était triste. Le repas se déroula pour une des rares fois, dans la maison des Weasley, dans le calme et le silence.
Lorsque le diner fut terminé, tous les enfants Weasley ainsi qu'Harry sortirent et se dirigèrent vers le lac qui était situé à côté de la maison. La chaleur était suffocante en cet après-midi de juillet. Harry remarqua que George s'amusait bien avec Ron en s'éclaboussant l'un l'autre. C'était bien la première fois, depuis un mois, que son jumeau était mort et qu'il semblait retrouver une certaine joie de vivre. Cela mit du baume au cœur de Harry, lui, qui souhaitait tant que ce dernier puisse aller mieux, à la suite de cette perte.
Après quelques heures de plaisir avec ses frères et sa douce, Harry et les autres entrèrent tous dans la maison. Chacun alla se changer et tous se regroupèrent au salon pour dire au revoir à Harry.
Ce fut le cœur serré que Molly s'approcha de Harry afin de le prendre dans ses bras.
« Passe un bon mois d'aout chez Hermione et revient nous, en forme, pour réussir tes études d'auror », lui chuchota-t-elle à l'oreille.
« Merci, Molly, pour ce que vous faites pour moi », finit-il par lui dire.
« De rien mon chéri, tu sais bien que je te considère comme mon fils, alors tu fais partie de la famille et tu le seras toujours. Allez, maintenant va chez Hermione, elle doit surement t'attendre », ajouta-t-elle en le voyant hésitant à les quitter.
Il fit une accolade à ses frères, enlaça amoureusement Ginny avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres, puis sur son front, avant de prendre sa valise et de se préparer à transplanner.
