Bien le bonjour,

Le chapitre II est en ligne. Cette fois, je me détache totalement de l'histoire de base. J'espère que ça vous plaira et que les personnalités des personnages ont été respectées. J'ai une peur carabinée de l'OOC, pour être honnête avec vous. Quoi qu'il en soit, cette scène prend place au beau milieu de l'épisode 30 de l'anime, juste après que Mello ai rendu visite à Near. Il y a un blanc à ce moment-là avant qu'on ne retrouve Near avec ses cartes de tarot. J'en ai profité :P.

Bonne lecture !


Chapitre II : Tout le monde veut régner sur le Monde

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Near ne dit pas grand-chose après le passage de Mello. Il était très tard, on alla se coucher. Near se rendit dans ses appartements à l'avant dernier étage de la tour du SPK. Ils étaient meublés avec goût, dans des couleurs chaudes, et excepté le lit, d'une blancheur éclatante, rien n'aurait pu réellement indiquer que Near en était bel et bien le propriétaire. Il prit place au milieu du salon, ramena un genoux contre son torse, puis jeta un coup d'œil au téléphone ornant la table basse en verre. On l'avait placé là au cas où il aurait un souci quelconque. La baie vitrée donnait sur Midtown.

Des règles fausses : lesquelles ? Mello lui avait bien évidemment laissé le soin d'y réfléchir par lui-même. Near commença à empiler les dés, entortillant une boucle blanche autour de son index. Si elles étaient fausses, alors par qui avaient-elles été écrites ? Le dieu de la mort propriétaire du cahier ? Cela semblait tiré par les cheveux. Quel intérêt pouvait bien avoir un dieu de la mort à écrire des règles erronées ? Qui plus est, Mello lui avait affirmé que le cahier avait appartenu à une personne qui n'était pas un dieu de la mort. Par conséquent, Near était persuadé à quatre-vingt dix neuf virgule neuf pour cent que les règles fausses étaient l'œuvre d'un homme. Kira, sans aucun doute possible, sûrement afin de prouver son innocence. Light Yagami avait été interné alors que L le soupçonnait d'être Kira, puis avait été relâché au bout de quelques jours, sous prétexte qu'un être humain ayant utilisé le cahier mourrait s'il n'écrivait aucun nom durant 13 jours. Voilà qui devait être la première des fausses règles.

On verra qui arrivera à atteindre Kira en premier

Ils devaient en être au même point. L'un comme l'autre savait que Light Yagami, sous ses airs de bon petit gars, était Kira. L aussi en avait été persuadé, et L avait un excellent flair. Le tout, maintenant, était de le forcer à se trahir.

Il ne se laissera pas faire comme ça : il a réussi à tuer L, tu dois faire attention

Il avait quelques plans en tête, dont l'un, comportant un espion, un faux cahier et une minuscule caméra, avait des chances d'aboutir équivalentes à cinquante-quatre pour cent. Il n'était cependant pas encore satisfait. Il lui fallait quelque chose de plus solide, de plus stable. Cinquante-quatre pour cent, avec Kira, n'était pas suffisant. Pour gagner, il lui fallait du cent pour cent, ou rien du tout.

Le téléphone le narguait.

Toi et ton complexe...

Mello avait rejoint Matt dans son petit appartement de Midtown. C'était une proposition faite par le geek lors de leurs retrouvailles, advenues quatre jours avant qu'il n'aille voir Near à son QG. L'immeuble en question, tranchant par sa simplicité et emboîté entre un gratte-ciel et un autre immeuble, était situé en face de la tour du SPK. Le logement, au troisième étage, comportait un salon, une salle de bain, une chambre et une cuisine. Certes, on était loin du luxe affiché par d'autres bâtiments résidentiels du quartier, mais c'était amplement suffisant pour que Mello puisse se renseigner sur Misa Amane, la copine-mannequin de Yagami, à partir d'un des nombreux ordinateurs de Matt. L l'avait soupçonné d'être la seconde Kira. C'était très hautement probable, bien que que le quotient intellectuel de la demoiselle eût un instant fait douter Mello.

- Elle est plutôt mignonne, lui fit remarquer Matt

- Elle le serait si elle pouvait utiliser ses neurones, répliqua Mello, et son meilleur ami lui répondit par un bref éclat de rire

Il avait déjà croisé des abysses de bêtise auparavant, la mafia en regorgeait, mais de savoir que cette fille, en complément de sa stupidité, avait eu en sa possession un cahier de la mort, lui donnait envie de hurler. Il exécrait la bêtise, en particulier lorsqu'elle était associée au meurtre.

- Alors, commença Matt de manière nonchalante, tu as rendu visite au Mont Blanc ? Comment c'était ?

- Froid.

- Évidemment.

- Je lui ai dis pour les fausses règles, lâcha d'un coup Mello

Matt, de surprise, abandonna l'écran de sa Gameboy. Il parut hésiter, puis lui demanda finalement d'un ton inquiet :

- T'as pris du haschich, c'est ça ?

Mello le fusilla du regard.

- Te fâche pas. C'est juste que j'ai du mal à t'imaginer partageant des infos avec Near. Ça ressemble à de la collaboration, et entre vous...

- J'ai l'ai fait, point barre. J'ai mes raisons.

Matt ne dit rien. L'heure n'était pas à la provocation. Mello s'était pointé en début de soirée, extrêmement irrité par sa rencontre avec Near, comme cela avait toujours été le cas auparavant. Il avait ordonné à Matt de ne pas prononcer un seul mot comportant la lettre "N". À présent que sa colère, absorbée par les recherches sur Amane, était quelque peu retombée, le geek n'avait pas spécialement envie de s'y frotter de nouveau. Il attendrait d'en savoir plus.

À ses yeux, la compétition entre Near et Mello était d'une profonde inutilité. Elle n'avait pas cessé depuis la Wammy's House. Mais alors qu'elle se limitait aux notes à l'orphelinat, la voilà qui avait pris en quatre ans des proportions ridicules. Ils auraient dû s'associer et coopérer, Kira aurait été arrêté plus vite, et tout ce foutu bordel occasionné par le tueur de masse qui se prétendait Dieu de la Justice aurait disparu. Matt aspirait à une petite vie tranquille derrière ses écrans. Il avait passé toute son enfance et adolescence à combattre des génies pour atteindre la première place d'un classement à deux balles, on ne pouvait pas lui reprocher son désir de paix. Tant que Mello continuerait de traquer Kira, il ne pourrait rien obtenir de tel. Le seul moyen qu'il avait à sa disposition, c'était de l'aider. Alors seulement, il gagnerait une armistice.

Intérieurement, Matt savait que succéder à L dans un combat pour la Justice n'avait aucun intérêt aux yeux de Mello. Son parcours dans la Mafia était une preuve indéniable de son but véritable : être reconnu comme le meilleur de tous, le premier. Obtenir la place de L était pour lui une façon d'avoir une couronne de roi sur la tête. Et encore, Matt n'était même pas certain que son meilleur ami ait envie d'être le nouveau L. Ce dont il avait réellement besoin, c'était d'annihiler ce complexe d'infériorité, à la fois source de sa force et de sa faiblesse. En fait, à force de côtoyer Mello, Matt en était venu à la conclusion que ce dernier désirait tout bêtement régner sur le monde, comme Kira, mais d'une autre façon, plus horrible peut-être encore. Mello avait une âme de chef de groupe, de meneur, de petite diva souhaitant avoir une foule d'admirateurs à ses pieds.

Near aussi, sauf qu'il le cache, comme il cache tout le reste

Near, quand on observait bien, et dieu savait combien Matt était observateur, avait en lui ce même désir de domination, bien que camouflé par son masque d'inexpression. Mais si Mello, par son impulsivité, était aussi prompt à la pitié et à la compassion, Near, en revanche, pouvait envoyer quelqu'un lui ayant désobéi, même sans le faire exprès, à l'échafaud sans jamais revenir sur sa décision. Les règles sont les règles, on s'y tient. En fin de compte, l'albinos, malgré son génie, fonctionnait de manière bien plus évidente que tout être humain normalement constitué. Il était comme un ordinateur dans lequel on entre des données, et qui s'y limite. Near était une machine. Peut-être était-ce la raison pour laquelle Matt s'était plutôt bien entendu avec lui à la Wammy's House. Il adorait l'électronique.

Le portable de Mello vibra dans sa poche de pantalon. Le blond laissa tomber Amane, qui décidément ne valait pas une cacahuète quand elle ne posait pas devant les photographes, et décrocha.

- Ouais ?

- Bonsoir, Mello.

Near. Manquait plus que ça. Le froid était supposé anesthésier, avait-il lu quelque part. Tu parles ! Le simple fait d'entendre la voix glacée de Near à l'autre bout du fil le transformait en brasier de rage.

- Qu'est-ce que tu veux ? S'enquit froidement Mello

- J'espère que je ne te déranges pas, fit le chef du SPK, le ton plein d'une politesse distante et écœurante. Je voulais savoir si tu avais trouvé un endroit où t'installer.

- Pour répondre à ta première question, oui, tu me déranges, boule de neige. Ensuite, en quoi ça t'intéresse de savoir si je me suis trouvé un home sweet home décent ?

- Je n'aime pas me battre avec un adversaire qui n'a pas les moyens de continuer, répondit Near

La mâchoire de Mello se crispa dangereusement. Matt sentit pointer la très grosse attaque et jugea bon de battre en retraite vers la cuisine.

- Dis donc, Near, sans tes agents, tu ferais quoi ? Hein ? Siffla Mello. J'aimerais bien ta tête si je leur explosais tous malencontreusement la cervelle. Qui irait sur le terrain pour toi, Blanche-Neige ? Qui récolterait les infos ? Tu peux réfléchir autant que tu veux, Near, tant que tu n'as pas personne pour faire le boulot à ta place, ton QI ne sert à que dalle. T'es presque aussi indépendant qu'un gosse de trois mois. Alors ferme-la et utilise ta tête pour trouver Kira au lieu de m'appeler à minuit pour m'emmerder, compris ?

- Tu n'as pas répondu à ma question, Mello, répliqua alors doucement l'albinos

Mello crut, pendant une nano-seconde, qu'il allait tirer sur le téléphone, avec l'espoir insensé que la balle aille se loger dans la petite tête bouclée de Near.

- Je t'emmerde, Near, cracha t-il

- Je sais. Réponds.

- Non.

Ça pouvait durer des heures. Matt n'avait que trop peu envie de se coltiner un mal de crâne, aussi lança t-il depuis la cuisine :

- Réponds-lui, blondie ! Sinon, tu vas perdre du temps sur l'enquête. Rappelle-toi que lui a déjà une bonne longueur d'avance sur toi, c'est pas le moment de jouer !

- Tu vis chez Matt ? Demanda tout à coup Near

- Oui, répondis séchement Mello. La voilà, ta réponse. Maintenant, au revoir.

- Mello.

Et le ton de la voix de Near avait changé. Ce n'était pas une supplique, ni un ordre, ni un avertissement. C'était quelque chose que Mello, s'il avait été profondément stupide et s'il n'avait pas connu Near, aurait confondu avec du désespoir.

- Quoi encore ?

- Viens.

- Quoi ?

- Viens, répéta Near. Viens au SPK, je dois te montrer quelque chose.

Mello sentit les aiguilles de la curiosité le piquer.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Quelque chose d'important. Viens.

- T'es pas clair, N. À quoi ça te sert d'avoir un QI de trois milliards si tu n'arrive pas à expliquer correctement les choses ?

Near ne répondis pas.

- J'arrive, décréta alors Mello après avoir attendu en vain que l'albinos reprenne la parole.


Le titre du chapitre est issu d'une chanson du groupe Tears For Fears, Everybody Wants To Rule The World. Je trouve qu'elle colle merveilleusement bien avec l'histoire en général : les personnages ont tous une sorte de désir de domination plus ou moins contrôlé. C'est, à mon sens, chez Mello qu'il apparaît le plus distinctement.

Negen