Bonsoir tout le monde,
Voilà le cinquième chapitre. Encore eu du mal à l'écrire, celui-là. C'est terrible : à chaque fois que j'ai une idée de baiser entre Near et Mello, je finis par me dire que ça ne vas pas. Peut-être parce que ce sont des personnages qui ont du mal avec tout ce qui est intime. En tout cas, on trouve de sympathiques dessins sur internet, en particulier sur Youtube. Il y a un en particulier qui m'a séduite et dont je me suis largement inspirée pour ce chapitre. Si vous souhaitez y jeter un coup d'oeil, rendez-vous sur Youtube. Tapez « Mello and Near wanna get it up ». Le dessin est à 1:36. Je n'ai pas réussi à trouver l'auteur, mais si je pouvais, je lui enverrai des fleurs.
Bonne lecture !
Chapitre V : La rivalité comme pilier du monde
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Après trois jours de réflexion, Near décida de contacter Light Yagami, autrement dit l'actuel "L". Il comptait obtenir ainsi confirmation au sujet de la règle des treize jours du Death Note, ce qui se révela bien plus aisé que prévu. Non seulement il y parvint, contournant ainsi les manoeuvres assez subtiles de Yagami servant à détourner l'attention et à l'envoyer droit dans le mur, mais ce dernier lui offrit, tout à fait involontairement, la preuve de l'existence des shinigamis en questionnant l'un d'eux directement. Le prétendu shinigami se trouvait, semble t-il, à côté de lui lorsqu'avait eu lieu la conversation.
Noël avant l'heure, ce type se surestime grandement
Mello lui avait dit que les Dieux de la mort existaient. Il lui avait aussi dit que certaines règles étaient fausses. Et s'il n'avait pas menti pour les shinigamis, alors il n'y avait aucune raison pour qu'il ait menti au sujet des règles. Par ailleurs, s'il avait voulu tromper Near, ce dernier l'aurait remarqué sans difficulté. L'albinos connaissait le visage de son rival par coeur et celui-ci ne dissimulait que trop peu ses émotions : le mensonge était dés lors facile à dénicher.
Ça se voit dans ses yeux quand il ment, moi je peux le voir mais les autres ne peuvent pas, parce que les autres ne le connaissent pas et ne le connaîtront jamais
Light Yagami était lentement mais sûrement en train de s'embourber. La règle des treize jours éliminée, il revenait au point de départ. Plus rien ne pouvait désormais garantir son innocence, pas même la reprise des meurtres durant sa détention, puisqu'il avait été question à cette époque d'un troisième Kira et non de l'original. Il prenait la direction que Near avait prévue pour lui. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne se dévoile au grand jour. Near lui ferait payer la mort de L. Il lui ferait payer tout ce sang sur sa chemise. Il le rendrait fou.
L'albinos, afin de s'assurer l'illégitimité de la règle des treize jours, avait proposé à "L" de la tester en écrivant le nom de Mello dans le cahier, tentative clairement refusée par les membres de la police japonaise. D'après eux, la morale exigeait que le cahier ne soit pas utilisé. Near avait failli leur rire au nez. La morale ne tenait plus lorsque ses exécutants étaient dirigés par un meurtrier idéaliste. La morale n'avait plus aucun sens dans l'affaire Kira. Plaider pour elle, c'était plaider indirectement pour le meurtrier, caché sous un masque de justicier. Oh non, la morale, comme disait Mello, ils pouvaient bien se la foutre au cul. Tout ce qui importait dans cette enquête, c'était la vérité. Rien d'autre.
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- Mogi ?
Quelques minutes à peine après l'appel de Near, Mello entra à son tour en contact avec les agents de la cellule d'enquête japonaise. Il ordonna à Mogi de se rendre à New-York, sous prétexte de le "rencontrer". La conversation ayant été écoutée par Light Yagami, celui-ci envoya deux autres agents veiller sur le premier, et éventuellement ramener des informations au sujet de Mello, au cas où ils le verraient en chair et en os. Sauf que Mello n'était pas stupide à ce point-là.
Depuis la fenêtre de l'appartement qu'il partageait avec Matt, le mafieux vit trés nettement Mogi apparaître au niveau de la station de métro de Nick Street. Il appela Lidner.
- Hal ? C'est moi. Je dois parler à Near.
Il sentit le souffle de Near contre le combiné quand Lidner le lui tendit. Une chic nana, décidément. Un genre de maman faisant l'intermédiaire entre ses deux fils, chose que n'avait jamais pu accomplir L(la fibre maternelle, ce n'était pas trop le truc des génies de la Wammy's). Un genre de téléphone rouge.
- Near, tu devrais bientôt reçevoir la visite d'un type appelé Mogi. Il appartient au QG de la police japonaise, mesure environ un mètre quatre-vingt dix et est plutôt bien bâti. À mon tour de d'utiliser.
Near avait joué avec sa vie un peu plus tôt. Il n'y avait pas de raison pour que Mello ne puisse pas s'amuser également. De toutes façons, l'un et l'autre ne mettaient leurs propres existences en jeu qu'après s'être assurés que celle de l'autre était également en péril.
- Laisse-le entrer et demande-lui tout ce que tu veux savoir. Ne raccroche pas et fais-moi écouter votre conversation. Si le second L est Kira, fais-en sorte que je comprenne tout ce qu'il dise. T'es plutôt doué à ce genre de choses. Si tu peux faire ça, je capturerais Kira pour toi.
Il y eut, dans les profondeurs du ventre de Near, une tendre contraction, un frémissement qui remonta le long de sa colonne vertébrale, et il éprouva une subite et déraisonnable envie d'écarter les cuisses.
Je capturerais Kira pour toi
C'était la fameuse coopération qu'il avait espéré depuis des années. Mello lui proposant littéralement de devenir son exécutant, sa force, son revolver. Il y eu de nouveau cette sensation grisante au centre de ses jambes, ce pincement délicieux, cette impatience de voir Mello agir pour lui. Il sentait le pouvoir qu'il avait sur lui, bien plus étourdissant encore que celui que Mello pouvait détenir sur Near. Il sentait l'air de Mello partout autour de lui, avec ses parfums de cuir et de cigarette, ces effluves d'émotions brûlantes commes des noyaux en fusion, comme si le mafieux avait été dans son dos. Et il savait que Mello, dans son appartement de Midtown, avait la même impression.
Les caméras de surveillance affichèrent le visage d'un homme inconnu. Celui dont avait parlé Mello, bien entendu. Il avait l'air désorienté. Sûrement pas L et donc pas Kira, à moins de savoir jouer la comédie à la perfection. De plus, il était peu probable que Kira vienne en personne au SPK, seul. Non. Kira devait diriger les opérations, pas être relégué au rôle de simple agent. La première erreur du meurtrier de masse reposait sur son égo. Aurait-il été moins narcissique, son identité se serait sans doute révélée moins aisée à découvrir.
- Qu'est-ce qu'il y a, Near ?
- Rien, j'ai fait une fausse manipulation.
C'était un mensonge grossier, primaire, qui ne tenait absolument pas la route étant donné le QI de Near, mais qui lui permit de vérifier que l'homme qui s'apprêtait à le rencontrer n'était pas Light Yagami. Aussi, quand le dénommé Mogi entra, Near ne prit pas son temps et lui demanda derechef s'il voulait coopérer avec lui et Mello pour la capture de Kira. Mais l'homme resta muet comme une tombe.
- Mello, Kira a du probablement dire à cet agent de ne pas parler, déclara Near
Craquement. Barre de chocolat démembrée par Mello qui réfléchissait.
Tu penses à ce que je pense ? Oui, j'y pense, si toi, tu penses bien à ce que je suis en train de penser
Near se mordit la langue pour contenir un rire, le rire d'un enfant qui s'apprête à faire une bonne blague à ses parents avec son meilleur ami.
- Je suis d'accord avec toi, Near, roucoula Mello d'une voix doucereuse. S'il ne dit rien, c'est que Kira doit faire partie des membres de la police japonaise. Il n'y aucune raison qu'ils ne coopèrent pas avec nous pour attraper Kira. Si ce n'est pas à cause du cahier, il est clair qu'il a été influencé par Kira lui-même. Par ailleurs, j'ai déjà fait utiliser le cahier par mes hommes, et celui qui a écrit des noms n'est pas mort au bout de treize jours.
Le génie, ton génie et le mien, la symbiose parfaite, tu le sens ? Le pouvoir, tu sens le pouvoir, Mihael ?
Malgré les questions de Near, Mogi se refusait à dire quoi que ce soit. C'était agaçant. Mello aurait sûrement déjà envoyé le type contre un mur, mais Near était patient. Il savait que, d'une manière ou d'une autre, le mutisme prendrait fin. Mais ce serait Kira qui parlerait.
Il lui fallut attendre deux jours, pas davantage. Hitoshi Demegawa, le directeur de Sakura TV, chaîne japonaise à la botte de Kira, provoqua, depuis un hélicoptère, une émeute à New-York dirigée contre les bureaux du SPK. Compte tenu des circonstances, il ne pouvait s'agir là que d'une réaction directe de Kira en réponse aux accusations portées par Near. Dés lors, il fut en mesure de confirmer au reste de ses agents que le meurtrier faisait bien partie de la cellule d'enquête japonaise, et que sans aucun doute il se cachait derrière le nom de L. Le concerné le prit fort mal. Toutefois, le soulèvement atteignit une telle ampleur que bientôt, Near et les autres membres du SPK durent évacuer le bâtiment, sous peine d'être mis en charpie par les hystériques composant les fidèles du meurtrier. Near les observa quelques instants par le biais des caméras de surveillance,puis glissa quelques mots à Rester.
Une pluie de billets de banque s'abattit sur la foule en délire. On se précipita pour les ramasser et bientôt tout ne fut plus que mêlée d'où s'échappaient des vapeurs d'incompréhension, de surprise, de joie et d'espoir.
- Mello, nous allons nous échapper d'ici. Je coupe le portable de Mogi.
Et Mello qui observait la scène de loin se demanda combien de bombes seraient nécessaires pour que la foule hurlante et déchaînée se disperse. Finalement, à défaut de bombes, on envoya la police, qui, tenons-le pour dit, était loin d'être aussi efficace qu'une bonne petite FAB-500 soviétique, par exemple. Quand à Near, il avait probablement dû se déguiser pour passer inaperçu. À dix-neuf heures, après une répression sanglante ayant fait, d'après les médias, une centaine de blessés et une vingtaine de morts, les rues se vidèrent progressivement. Le vent de révolte ayant soufflé sur New-York était passé comme une simple brise de printemps à la vitesse d'une sirène d'ambulance. Et à vingt-trois heures, Near rappella Mello.
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- Il ne dira rien si tu ne le brusque pas un peu, affirma Mello
- Ce sont tes méthodes, répliqua Near . Et qui plus est, j'ai obtenu ce dont j'avais besoin, à savoir la preuve concrète de la double identité de Light Yagami. Actuellement, Mogi n'est qu'un élément de pression sur les autres membres de la cellule japonaise, voilà tout.
La victoire, cette fois-ci, était allée à Mello. Near avait joué de manière distraite, pour ne pas dire absente. Mello le lui avait fait remarqué.
- On ne peut rien te cacher, avait avoué Near
- On ne peut pas cacher beaucoup de choses à un génie, avait répondu le mafieux
À cette heure, quelques agents du SPK travaillaient encore, et quand Mello avait pénétré dans le hall du bâtiment, il avait croisé Lidner, les bras chargés de multiples dossiers, qu'elle avait manqué de laisser tomber en le voyant. Elle l'avait interrogé. Le tailleur lui allait bien. C'était une belle femme, avec de beaux cheveux et un corps musclé qui trahissait ses activités professionnelles, qui savait se mettre en valeur sans pour autant s'exhiber de manière ostentatoire. Mello avait toujours eu un faible prononcé pour les femmes d'actions, et Hal Lidner, au delà de son rôle de figure maternelle, aurait constitué une partenaire de choix si coucher avec elle n'avait pas représenté tant de risques pour sa carrière.
Car Near détestait perdre. Ce ne serait sûrement pas la compassion qui l'habiterait lors de renvoi du Lidner si jamais celle-ci devait se montrer un peu trop entreprenante avec Mello. Ou l'inverse, le but des avances d'un côté ou de l'autre se révélant être le même dans les deux cas. Lidner n'était pas stupide. Elle avait bien compris le message le jour où l'albinos les avait averti de la venue de Mello, perçevant, sous son analyse glacée, comme une constatation amère, une menace, un avertissement.
Contente-toi de faire ton boulot, ne t'embarques pas dans quelque chose où tu n'auras jamais le contrôle, parce qu'il n'y a que moi qui puisse contrôler Mello, et si tu me désobéis je t'écorcherais vive
- Blanche-Neige veut me voir, lui indiqua Mello. Il doit coincer sur un détail de l'affaire.
L'immeuble était truffé de caméras de surveillance. Near devait avoir tout vu et allait sûrement lui intimer de ne pas utiliser ce surnom ridicule devant un agent une fois Mello parvenu jusque dans ses appartements. Et pourquoi pas menacer de le tuer s'il se permettait une fois encore de remettre en doute ses capacités intellectuelles.
Pour la partie de dames, ils avaient investi cette fois la chambre de Near. Le lit un peu plus tard. C'était un lit de style japonais, fait à la perfection, à tel point que n'importe qui l'aurait cru inutilisé, et doté de couvertures et d'oreilles d'un blanc discret. Near, qui n'avait pas accordé la moindre attention à l'ameublement du reste de ses appartements, avait néanmoins tenu à choisir le lit : il estimait fournir de meilleures performances logistiques lorsqu'il était au plus près du sol. Par ailleurs, Mello, en entrant dans la pièce, trouva qu'elle seule reflétait à quelques détails près l'âme de Near. La chambre n'était pas exceptionnellement grande, mais il régnait une telle distance entre le peu de meubles qui la composait qu'une impression de vide extrême s'en dégageait. Allégorie originale de l'indifférence qu'éprouvait Near face à tout ce qui l'entourait. De larges fenêtres s'ouvraient sur les gratte-ciels lumineux de Manhattan, bien que coupés en deux par des stores de tissus blancs. Seule fantaisie : le grand tapis devant le lit sur lequel ils avaient joué. Confortable. Mello n'y avait pas résisté et s'était étendu pour fumer une cigarette. Les yeux de Near ne l'avaient pas quitté. Il s'était presque senti mal à l'aise.
Puis Near s'était adossé au bas du lit, la tête et une partie du dos de Mello appuyée contre son torse. Il avait passé ses bras autour des épaules de son rival. Il était serein. Mello, le visage levé vers lui, réalisa soudainement que son rival avait changé. Physiquement. Le visage de Near s'était considérablement affiné, avait perdu les rondeurs caractérisant l'enfance, mais ce genre de détail n'était visible que lorsqu'on était à une distance proche de lui. Ses cheveux, aussi, avaient poussés. Cette légère transformation sonnait comme une hérésie.
- Il y a des caméras dans ta chambre ? Demanda Mello
- Non, répondit Near. Il n'y en a pas dans l'appartement. J'y passe trop peu de temps et de toute façon, tu sais que nos visages doivent rester inconnus du public. Placer des caméras ici représenterait un trop grand risque.
- Bien sûr.
Near déplaça soigneusement les cheveux tombant sur les yeux de Mello. Le visage de son rival lui apparut dans toute sa netteté, beau et féroce à la fois. C'était un combat entre la partie intacte et la partie brûlée, la partie qui symbolisait sa haine pour Near rattaché à son passé à Wammy's et celle qui, avec la douleur et sans doute l'humiliation, avait vu naître une maigre entente entre eux. Mello était un paradoxe à lui tout seul. Un maelström de contradictions internes, contradictions qui auraient sans doute rendu Near complétement fou, tant il était étranger aux émotions, tant il était néant.
- Mello, chuchota t-il contre les cheveux de son rival. Est-ce que tu l'as senti ? Quand Mogi est venu...tu as senti ce qui s'est passé ?
- Oui, affirma Mello
Le coeur de Near battait contre son crâne. Mello posa sa main sur l'une des siennes qui jouait avec les perles de son rosaire.
Tous les deux recouverts de sang dans un hall d'or, toi sur un trône et moi à tes pieds, prêt à accomplir tes volontés, et le monde incliné devant nous
Le pouvoir, Mello, c'est nous deux, rien que nous, et tous les autres sont juste des particules dans l'univers
- On peut faire des choses grandioses, murmura Near, resserrant son étreinte autour des épaules de Mello
- Combien de fois il va falloir que je te le dise, N ? Actuellement, je collabore avec toi, mais ce sera terminé dés qu'on aura eu Kira. Je tiens à mon indépendance, et ce n'est pas parce qu'on se voit comme ça que la compétition prend fin. Elle sera toujours là. Les hommes ont construit ont bâti leur monde sur des piliers, et l'un d'eux, c'est la concurrence.
- Tu es borné, Mello, soupira Near
- Réaliste, répliqua le mafieux
Ils se quittèrent à une heure du matin. Quand Mello l'embrassa, il lui donna l'impression d'être triste et en colère. Mello, Melancholia. Les mains de son rival glissèrent sous sa chemise, et Near sentit le cuir de ses gants contre sa peau froide. Il enroula des mèches blondes autour de ses longs doigts. Le désir s'était logé dans ses reins, infectait ses hanches. Il y eut un autre baiser, Near entendit sa propre respiration devenir plus lourde. Les lèvres de Mello lui semblaient terriblement loin.
- Mihael...
- Qu'est-ce qu'il y a, Nate ?
Leurs souffles étaient heurtés.
Appelle-moi encore comme ça, dis-moi que j'existe encore, dis-moi que je ne suis pas que L, dis-moi que tu m'aimes
Mello ne croyait pas aux chimères. Eh bien, Near non plus. Leurs fronts se touchaient, doucement, d'une manière plus intime que jamais auparavant. Mello pouvait sentir chaque tension du corps de l'albinos.
- Si Kira déclenche une autre émeute, tu sais où me trouver, lui glissa t-il. Une petite bombe, ça n'a jamais fait de mal à personne.
Near rit.
Terminé ! La fin de cette fanfiction ne devrait pas tarder. Quoi qu'il en soit, cette fois, le titre ne s'inspire de rien. C'est simple, ça se voit : il n'est pas terrible :P.
Negen
