Bella PDV
Mes doigts tremblent tellement que j'ai du mal à sélectionner le nom d'Eric dans mon annuaire.
Je le trouve pas, d'ailleurs.
Ah, oui, il est enregistré à « Yorkie »!
Je n'arrive pas à y croire. Il ne colle tellement pas à mon Roméo…
Je crois que je n'ai pas envie que ce soit lui. J'adore Yorkie, mais…Pas comme ça!
Il décroche à la 4° sonnerie:
« Bella? T'es malade? Je dormais moi! »
« Eric…Mon annonce n'est pas parue dans le journal! »
« Quoi? »
« Je te dis que mon annonce, celle que je t'ai donnée en main propre n'est pas parue dans le journal du Lycée! »
« Hein? Ah ben, désolé! Elle paraitra la semaine prochaine, promis juré, maintenant je voudrais dormir, OK? »
Ca ne peut pas être lui! Il ne réagirait pas comme ça!
« YORKIE! Mon annonce n'est pas parue mais quelqu'un y a répondu! Tu peux m'expliquer ça? »
« T'énerves pas Bell's! Je sais pas moi, je l'ai filée à Cullen pour qu'il l'insère dans les annonces du prochain numéro, j'en sais pas plus moi! Vois avec lui! »
Je bugge.
« Cullen, comme Edward Cullen? »
« Ben ouais, Alice ne travaille pas à la rédac avec moi malheureusement! »
« Ok…Désolée de t'avoir dérangé, bonne nuit! »
Je ne lui laisse pas le temps de répondre et je raccroche.
Edward.
Ce serait Edward?
Bizarrement, je suis plus encline à y croire qu'à Yorkie.
Je regarde mon téléphone et je compose le numéro d'Alice.
Elle répond aussitôt:
« Bella? Tu ne dors pas? »
« Non. Tu peux me passer ton frère? »
« Oh…Tu…Comment tu sais? »
« Alors c'est bien lui les lettres anonymes! »
« Oui »
« Tu étais au courant? Vous vous êtes bien foutus de ma gueule tous! Moi qui croyais que tu étais mon amie! »
« Mais Bella »
Je raccroche, furieuse et malheureuse et je retourne mon malheureux téléphone et en arrache la batterie, plus la carte SIM pour faire bonne mesure.
D'en bas, j'entends le brouhaha caractéristique d'un match de foot.
Mon père n'a pas bronché, il n'a donc rien entendu.
Je pleure, sans rien pouvoir contrôler.
Edward.
Amoureux de moi? Tu veux rire…J'y ai cru un instant. Pire : j'ai eu envie d'y croire…
Et Alice savait. Donc Jasper aussi, et sans doute Rose et Emmett.
Peut-être d'autres…
Pourquoi ont-ils fait ça? Ils ont passé l'âge des moqueries, non?
Mais si Edward était vraiment amoureux de moi, il n'aurait pas mit sa famille au courant?
Surtout Alice!
Je me recroqueville dans mon lit et laisse libre cours à mon chagrin.
J'y ai cru! Et je veux y croire encore, sauf que je ne sais pas si je peux…
Je pleure encore et encore, le cœur en miettes.
Hors de question d'aller au Lycée demain. Je veux voir comment Edward va se comporter s'il ne me voit pas demain. C'est à lui de faire le premier pas, non?
J'entends mon père monter et se coucher.
J'enfouis mon visage dans l'oreiller et je continue à pleurer, incapable de m'arrêter.
Je crois que c'est toute la tension nerveuse de ces derniers temps qui sort enfin.
Je m'endors en pleurant.
Je suis réveillée par des coups à ma fenêtre.
Je grogne et me retourne.
D'habitude la pluie ne fait pas ce genre de bruit…Il doit tomber des cordes…
Mais j'entends à nouveau le bruit, puis mon prénom.
Je sors le nez de ma couette et je regarde le réveil.
2h38.
Putain…
Je m'assois dans mon lit, attentive.
Ca recommence:
« Pssst! Bella! »
Je me lève et me dirige vers la fenêtre, dont je tire les rideaux vivement.
Je dois rêver encore, c'est pas possible.
Parce que devant moi, en équilibre plutôt instable sur la grosse branche du séquoia qui pousse devant ma fenêtre, il y a Edward.
Il a l'air plutôt frigorifié et surtout il affiche un air désespéré que je ne lui avais encore jamais vu.
Je reste plantée devant ma fenêtre, tellement étonnée (et endormie!) que je ne sais que faire.
Il tape encore à la vitre:
« Bella ouvre moi je t'en prie! »
Je soulève légèrement la fenêtre et me penche pour lui parler, il fait de même:
« Mais qu'est-ce que tu fais là? Tu sais quelle heure il est? »
« Tu réponds pas à ton téléphone et je devenais fou! Je veux juste te parler! Je t'en prie Bella! »
« Tu t'es pas assez moqué de moi? »
Mais le cœur n'y est pas.
Sa présence à ma fenêtre en pleine nuit alors qu'il pèle la mort, ça veut bien dire quelque chose, non?
Il gémit:
« Je ne me moque pas de toi ma puce! On peut parler? »
J'entends mon père se retourner dans son lit en grognant et je me fige:
« Edward on en parlera demain! On va réveiller mon père! »
« Mais »
J'entends mon père appeler:
« Bella? Tu parles à quelqu'un? »
Je me redresse d'un bond et ouvre la bouche pour dire à mon père de ne pas s'inquiéter, que c'est l'ordi ou un truc comme ça, mais du coup je lâche ma fenêtre.
Qui ne tient pas toute seule.
Elle retombe brusquement.
Sur les doigts d'Edward qui, forcément, ne s'y attendait pas du tout.
Il crie de douleur et bascule.
Et tombe.
De plus de 3m de hauteur!
Je crie et mon père ouvre la porte brusquement.
J'ouvre ma fenêtre et hurle:
« EDWARD! Ca va? »
Il me répond d'une voix étouffée :
« Je suis vivant… »
Mon père n'y comprend rien:
« Bella? Mais qu'Est-ce qui se passe? »
« Papa c'est Edward, il est tombé! Il a du se faire mal! »
« Tombé? Mais d'où? »
« De la branche là! »
Mon père change de visage:
« Il essayait de rentrer ou de sortir? »
« Il venait juste me parler! »
Edward gémit de douleur et je pousse mon père pour me précipiter en bas.
Charlie me suit de prés.
J'ouvre la porte d'entrée et cours vers Edward.
Il grimace, étendu au sol.
Mon père est furieux, évidement:
« Edward Cullen! Qu'est-ce que tu fais là? »
« PAPA! Il a mal! Il est blessé, le reste on verra après! »
Edward s'est à moitié assis mais son visage reflète la souffrance.
Je me laisse tomber à genoux à ses côtés:
« Ou as-tu mal? »
« Ma cheville… »
« Laquelle? »
« La gauche »
Mon père soulève son jean. La cheville est déjà enflée, pour ce qu'on peut en voir dans la pénombre.
Charlie entre dans la maison et revient avec une serviette éponge et un bloc de glace qu'il applique sur la cheville d'Edward, puis il retourne téléphoner et je regarde Edward.
Malgré sa douleur, je le trouve beau…
Ma gorge se serre.
Lui…
C'est vraiment lui?
« C'est vraiment toi alors? »
Il hoche la tête, les yeux fermés.
« Jusqu'à quel point tu as été honnête? »
Il ouvre les yeux, surpris:
« Que veux-tu dire? »
Je secoue la tête, agacée:
« Hé bien, ta sœur est au courant, Jasper aussi…Et ton attitude ne me donne pas à penser que je te plais beaucoup en réalité, donc je me demande jusqu'ou va le coup fourré! C'est une manière de se foutre de moi, c'est ça? »
J'ai parlé avec plus de colère et de véhémence que je ne l'aurais voulu.
Edward me regarde et la tristesse se lit dans ses yeux.
Je baisse le regard et me mord la lèvre, honteuse.
« C'est bien parce que je me moque de toi que je suis là en ce moment même Bella… »
« Désolée »
« Tu vois, je te l'avais bien dit »
« Quoi donc? »
« Que tu ne voudrais pas de moi »
Je voudrais bien lui répondre mais mon père arrive.
Il a les mâchoires serrées.
« Tes parents arrivent. Attends toi à avoir des gros, des très gros, d'énormes ennuis, jeune homme »
Il soupire.
« Je m'en fiche »
Mon père est désarçonné:
« Pardon? »
« Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, foutez moi en taule même. Je m'en moque »
Les larmes me brulent les yeux.
Mon père me regarde, puis regarde Edward.
Il ne dit plus rien.
Je vais dans le salon et ramène la couverture qui se trouve sur le canapé pour en recouvrir Edward qui tremble de froid.
Nous attendons tous les trois en silence un moment. Je ne sais plus quoi penser.
Je ne sais pas ce que je veux. Je suis sous le charme de Roméo, c'est évident. Je dois encore faire le lien Roméo = Edward dans ma tête.
Je repense à l'attitude d'Edward, la façon dont il se comportait.
C'est vrai que le fait qu'il tente de résister à l'attirance est assez cohérent.
Nous sommes brusquement vivement éclairés par des phares de voiture.
Laquelle se gare juste à coté de nous.
En jaillissent les parents d'Edward.
Son père le regarde puis se concentre sur sa cheville.
Sa mère se penche sur lui:
« Edward, ça va? »
« Oui m'man »
Elle lui colle alors une claque, qui résonne sèchement.
Edward baisse la tête et moi aussi, mais j'ai le temps de voir l'air assez satisfait de mon père. Il devait avoir une sacré envie de gifler Edward lui-même…
Le docteur Cullen manipule la cheville de son fis, qui ne peut s'empêcher de gémir.
Il se relève, les sourcils froncés:
« Tu dois passer des radios, mais à mon avis c'est une entorse! »
Edward ne répond pas.
Mon père et le sien le soulèvent chacun d'un coté et l'installent à l'arrière de la voiture.
Je regarde Edward, sans parvenir à accrocher son regard.
Ils partent et je regarde la voiture s'éloigner. Mon cœur se brise et je fonds en larmes.
Mon père me prend par les épaules et me pousse dans la maison :
« ISABELLA MARIE SWAN! J'exige des explications! »
Alors je déballe tout.
Depuis le début.
Les lettres, l'amour de « Roméo », l'attitude d'Edward, nos discussions sur MSN, mes sentiments grandissants et ma découverte de ce soir.
Mon père bougonne de plus en plus.
Je finis mon récit en sanglots.
Mon père me tapote la tête et dépose devant moi un verre de lait et deux cookies.
Je bois avidement et le regarde droit dans les yeux:
« Je vais voir Edward. Maintenant »
« Pas dans cette tenue! »
Je m'aperçois alors que je suis revêtue de mon pyjama, qui consiste en une culotte de coton grise et un fin débardeur noir.
Je rougis comme une tomate.
« Je vais m'habiller »
« Bella, je t'accompagne, je dois parler à Edward de toutes façons »
J'enfile en toute hâte un jean, mes converses et un pull et me rue en bas.
Mon père a mit son uniforme…
Pauvre Edward.
Je trépigne dans la voiture.
Que vais-je dire à Edward?
Il n'y a personne dans le hall de l'hôpital, et on voit tout de suite Mme Cullen assise dans la salle d'attente.
Je baisse le regard mais elle est très gentille et se lève pour m'embrasser.
Mon père entre en vieil habitué dans la salle d'examen.
Mme Cullen me propose à boire:
« Tu veux un thé Bella, ou un soda? »
« Non merci »
Elle me prend par l'épaule:
« Tu n'es pas responsable de l'attitude d'Edward. Alice nous a expliqué, pour ce soir. »
Je ne dis rien.
J'ai encore envie de pleurer.
La porte s'ouvre presque immédiatement sur le docteur Cullen:
« Bella? Esmée? Vous pouvez entrer si vous voulez! »
Mme Cullen se précipite et je la suis de prés.
Edward est assis sur un brancard, son jean roulé au genou, et il a une attelle flambant neuve.
Il me regarde d'un air ravi et incrédule.
Je lui souris.
Mais ni lui ni moi n'osons parler.
Mon père fulmine visiblement mais se contient.
C'est Esmée qui lance l'attaque :
« Edward…Si je résume correctement, tu avais tellement envie de parler à Bella que tu as prit ta voiture au milieu de la nuit pour aller chez elle, grimper sur un arbre pour forcer la fenêtre et bien entendu en tomber et te blesser ? Tout cela à notre insu et malgré les supplications d'Alice qui t'avait prévenu que ça allait mal tourner ? »
« Euh, ben oui »
Dit Edward, sans me quitter du regard.
« Tu ne pouvais pas simplement lui téléphoner ? »
Demande le Docteur Cullen, agacé.
Je prends la parole :
« J'avais éteint mon portable… »
« Et ça ne pouvait pas attendre demain matin que tu la vois au Lycée ? »
Demande Esmée, furieuse.
« Non »
Répond Edward avec calme.
Mon père intervient,n'y tenant visiblement plus :
« Edward, tu sais ce que ça peut te couter d'envoyer des lettres anonymes ? Ca confine au harcèlement ! »
« Quoi ? Quelles lettres anonymes ? »
Demandent en chœur Esmée et Carlisle.
Je n'écoute pas les réponses de mon père. Visiblement, Edward non plus.
Je me suis doucement approchée jusqu'à lui et j'ai posé ma main sur le brancard, prés de sa jambe.
Il approche doucement sa main de la mienne et son petit doigt effleure le mien. Ses doigts sont enflés et rouges. Je me mords la lèvre. Je le sais bien pourtant, que cette fenêtre est cassée…
Je ne bouge pas, nous restons ainsi un moment, nos doigts l'un contre l'autre, la tête baissée, les explications des parents nous parviennent en simple bruit de fond.
Puis je m'enhardis et passe mon doigt sur le sien.
Il bouge doucement sa main et la retourne, paume en l'air. Le message est clair et je mets la mienne dessus.
Nos mains se nouent. La sienne est grande, chaude, rassurante.
Je ferme les yeux, l'émotion me tord le ventre. Tout à côté de moi, la respiration d'Edward est haletante. La mienne ne doit pas être meilleure…
Nous sursautons ensemble quand Carlisle invective son fils
« Ohé Edward ! Tu réponds s'il te plait ? »
Nos doigts se serrent plus fortement. Nos mains sont entrelacées et ça n'échappe pas à mon père qui gémit.
Esmée ricane.
Edward me regarde enfin dans les yeux tout en s'adressant à son père :
« Quoi donc ? »
« Je te demandais ce que tu allais faire si Bella porte plainte contre toi ? »
Je réponds sans même l'avoir décidé :
« Mais je ne vais pas porter plainte ! »
Les trois adultes se taisent. Même sans les regarder, je sais qu'ils fixent nos mains. Ca ne me dérange pas. Plus rien ne me dérange !
Mon père sort, après m'avoir dit :
« Bon, Bella, je t'attends dans le hall ! »
Explications en perspective…Mais ça ne m'atteint pas.
Esmée dit à Edward :
« Ne te crois pas sorti d'affaire si facilement jeune homme ! »
Mais elle s'approche pour embrasser Edward et je vois ses yeux briller de larmes. Elle me passe la main sur la joue et s'adresse à son mari :
« Je vais avancer la voiture »
Il hoche la tête et nous dit :
« Je vais finir les formalités de sortie… »
Ils sortent ensemble.
Nous voilà seuls, Edward et moi.
Je me sens un peu gênée, tout à coup, mais Edward prend les choses en main.
Sans lâcher ma main droite, il m'attire vers lui de l'autre main et bientôt nos corps se pressent l'un contre l'autre.
Je déglutis en sentant son souffle chaud contre ma mâchoire.
Je ferme les yeux comme si ma vie en dépendait mais quand je sens sa bouche contre ma joue je tourne légèrement la tête et nos lèvres se rencontrent.
Mon cœur bat si fort dans ma poitrine que je suis persuadée qu'il va en sortir…
Mais non. Il y a simplement nos bouches qui s'effleurent, se caressent.
Il accentue un peu la pression de ses lèvres sur les miennes et nos bouches s'entrouvrent instinctivement, nos langues se caressent doucement.
C'est presque irréel tant c'est bon…
Mais il cesse le baiser.
Je le regarde droit dans les yeux.
Ses yeux si verts, si purs…
J'en frissonne.
Mon Roméo...Non, mon Edward...
Il prend une grande inspiration :
« Bella…Je t'ai menti à propos de quelque chose »
Ndla :
Aie, aie, aie ! Arrêtez de taper ! ^^
