Chapitre 5

Roy était tellement dévasté, réellement dévasté par cet acte qui venait de se produire dans les douches. Comment avait-il pu se laisser aller à ses instincts primaires et faire l'amour avec Jean. Ce même Jean qui l'avait laissé tomber comme une chaussette quand Roy fut en charge du petit Edward, ce Jean qui trouvait que plus la distance était grande et mieux c'était donc une mission en Irak qui dura pas mal d'année et pourtant il s'était laissé aller comme une poupée de chiffon dans les bras forts et musclés de son militaire aux cheveux blond.

Malade de cœur vis-à-vis de son geste, il commanda à une de ses assistante de donner les laboratoires de l'après midi. Après tout, il pouvait se le permettre et préférait passer le temps dans son bureau afin de trouver une solution face à son cruel dilemme. Il avait aimé faire l'amour avec son ancien fiancé et pire même, il recommencerait si Jean lui proposait à nouveau d'unir leurs deux corps. Alors il prit une feuille pour essayer de faire le point sur les sentiments qui l'unissait avec Havoc et avec le jeune Elric.

Comme un éclair qui lui traversa l'esprit, il repensa aux dernières paroles du militaire. Jean n'avait pas hésité à comparer Edward à une des midinettes qui tournaient autour du professeur en gloussant comme une poule et cela avait mis le professeur Mustang en colère. Edward était un jeune savant, brillant et très intelligent qui avait offert son amour sans aucun tabou ni réserve. Le jeune homme était aussi celui qui avait réconforté son tuteur pendant toutes les années où Roy s'était vraiment senti seul.

Prenant la décision de mettre les points sur les I avec son ancien fiancé, le professeur de chimie enfila son imperméable noir, le favori d'Edward, et se rendit dans la maison qu'il habitait avant avec Jean. Cette maison, il l'habitait avec le militaire avant de devoir prendre sa mission de tuteur et d'envahir la maisonnée de Trisha. Jean en partant avait payé la seconde moitié de la bâtisse afin de devenir le seul propriétaire et l'avait mise en location pendant la durée de sa mission en Irak. Au moins pas besoin de devoir chercher des heures pour rien, Mustang savait où trouver son ancien amant.

Au volant de son Audi noire décapotable, le professeur s'enfila les quelques kilomètres avant de se garer et de reprendre sa contenance. Il ne pouvait pas flancher, impossible pour lui car il avait trompé son époux et tout devait rentrer dans l'ordre. Il ne pouvait pas échouer, pas maintenant alors qu'Edward était justement dans sa période de crise et c'était lui qui maintenant avait besoin d'aide. Hors, ils se l'étaient promis : fidélité et assistance pour l'éternité.

OoOoO

Ed lui avait passé l'après midi à jouer au billard avec Winry et Russel. En effet, ils n'avaient qu'un seul cours d'étude des matériaux et le jeune homme plus âgé leur proposa ses notes de cours. En effet, Russel Tringham était aussi un véritable génie dans son domaine. Chaque année il était major de sa promo et recevait les félicitations du jury. Alors aucun souci à se faire pour un cours de raté et de toute façon le jeune Elric était bien incapable de suivre quoi que ce soit. Alors Winry l'avait emmené de force, aidée par le jeune Russ pour qu'Edward décompresse un maximum.

Au début les deux voisins parlaient un peu en langage codé puis voyant qu'il n'y avait aucune menace vis-à-vis du plus âgé, Ed raconta la vérité sur sa vie. Chose plutôt rare mais au combien apaisante. Russ apprit donc les liens qui unissaient le jeune blond et son parrain ainsi que celui qui le reliait aux deux frères Hohenheim.

« Quand je pense qu'il a osé me menacer parce que je désirais remettre Alphonse sur la bonne voie. Cet imbécile de palmier était déjà-là l'année passée et Roy n'a pas jugé bon de me le dire. Nous aurions déjà pu tenter quelque chose bien plus tôt pour retirer Al de l'influence néfaste de sa famille.
« Tu t'es vu en classe ce matin » rétorqua Winry. « J'ai bel et bien cru que tu allais nous faire une crise de nerf pendant le cours. Roy n'est pas un idiot, loin de là. Il te protège depuis que Trisha t'a confié à lui comme parrain puis comme tuteur et je sais que de tout là-haut, elle est heureuse de savoir que désormais vous êtes liés par bien plus que cela. Et puis n'oublies pas que malgré qu'il soit ton mari, il reste celui qui veille sur toi. Il a des responsabilités vis-à-vis de toi, Ed. »

Russ visait une des boules sur le tapis mais rata le coche surpris par un cri qu'avait poussé Edward. En effet Maes Hughes adorait faire enrager celui qu'il considérait comme son neveu.

« Et alors mon petit Ed, déjà entrain de découvrir les joies de l'université par les cafés, le billard, les filles » se mit à rire l'homme aux lunettes triangulaire. Bien sûr il savait pour Edward et Roy mais il mettait un point d'honneur à se taire sur ce sujet par respect pour ses amis.

« MAES HUGHES » combien de fois faudra-t-il que je te dise de ne pas me faire des frayeurs pareille en arrivant dans mon dos sans prévenir pour me faire pousser des cris »

« Des centaines de fois mon petit Ed mais tes gloussements sont si amusant que je ne pense pas arrêter un jour, tu vois. » Se mit à rire Maes.

« Je ne suis pas une fille ! » grogna le blond, ce qui le fit repenser à la brune qui lui avait parlé au cours de chimie et surtout qui avait découvert le secret de son mariage. « Au fait, je ne vous ai pas dit mais quand je me suis rendu au bureau de Mustang cet après-midi, j'ai été pris à part par cette fille, Av. Une véritable observatrice cette fille, elle a vu non seulement l'alliance que Roy portait mais aussi la mienne sur les quelques secondes que mon collier était sorti de ma chemise. Pourtant, j'avais refermé rapidement les boutons mais c'était déjà beaucoup trop tard. Bref, elle m'a prit à part dans une classe et désire me connaitre afin de devenir mon amie. Pour elle, c'est important de connaitre la personne qui est l'âme sœur sur le professeur dont elle fantasme. »

« Y a pas à dire, Mustang a de la classe et pas mal de femmes et d'étudiantes en feraient bien leur casse-croûte » Se mit à rire Russ.

« En parlant d'âme sœur de Mustang, Edward je préfère que tu l'apprennes par moi, Jean est revenu en ville il y a deux jours. » reprit Maes.

Le plus âgé des étudiants ne put s'empêcher de rire. Il se trouvait ridicule vis-à-vis du temps de midi où il parlait de rumeurs directement aux personnes concernées. Mais il trouvait que le flegme d'Edward était particulièrement étonnant. Il présenta ses excuses aux deux jeunes et Ed sourit en coin se disant que d'un point de vue discrétion, il n'était pas si mauvais que cela.

« Tu lui as parlé à Jean ? Il sait pour Roy et moi ? » Demanda le jeune blond à celui qu'il considérait comme son oncle.

« Non et de toute façon, ce ne sont pas mes affaires directes. Je ne me permettrais pas de prendre ce genre de décision. C'est votre vie privée à toi et Roy et c'est à vous de décider à qui vous en parlez et comment vous en parlez. Pour moi, quelque soit votre décision, je vous soutiendrai toujours car vous comptez pour moi »

Maes prit une queue de billard pour se joindre au groupe et ils commencèrent une nouvelle partie en changeant de sujet ce qui amena le cas Elysia sur le tapis. Maes était fou de sa fille et il pouvait en parler des heures sans que cela ne lui pose aucun problème. Il sortit quelques photos et discutait joyeusement avec les trois étudiants.

« Ne te fais pas de soucis, Edward, tout va finir par s'arranger. Rien ne peut résister à votre amour et Alphonse reviendra sur le droit chemin, suivra de grandes études et sera un homme de bien » lui dit Maes le cœur un peu gros. A lui aussi on lui avait volé une personne pour l'embrigader dans les pires ennuis du monde. Pourquoi un groupe de pros nazis, pourquoi cette séparation de deux frères qui s'aimaient plus que tout et que malheureusement l'un d'entre eux ne se souvient même pas de ces belles jeunes années auprès de sa mère et de son frère.

OoOoO
Roy, arrivé devant la porte de la maison ressassait les souvenirs qui se trouvaient dans la bâtisse. Il aurait dû choisir un terrain neutre mais pour se permettre de trouver rapidement Jean, il n'avait pas le choix.
Quand il sonna à la porte, le militaire lui ouvrit, les yeux remplis d'étoiles.
« Roy, quel bon vent t'amène chez nous ? » et Havoc entraina le professeur à l'intérieur de la maison puis verrouilla la lourde porte en chêne et tira Mustang à lui.
Roy se retira de cette étreinte assez violemment et fixa, Jean avec un regard lourd et pesant
« Nous devons parler, tout de suite. »
Et ils prirent place dans le sofa, le militaire s'attendant à des remontrances mais il s'en fichait car pour lui, reconquérir, Roy était son seul but.

TBC
Ariane et merci à sabine pour les corrections

Merci pour les reviews