Auteur : lifelesslyndsey
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Humour/Hurt/Comfort
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à lifelesslyndsey. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Okay, j'ai décidé de tenter le coup avec la page FaceBook! Vous m'y trouverez sous le nom Saw Trombone et il y a un lien direct vers la page sur mon profil! On va voir ce que ça va donner!
- Chapitre 3: Arbrepire -
-PoV Bella -
"Ça te dérange si on prend ma voiture? Je n'ai jamais aimé chevaucher les vampires. J'aime les trajets tranquilles."
L'expression qui apparut sur son visage lorsque ce petit joyau échappa à mon filtre verbal fut sans prix. Peter s'immobilisa brusquement et je lui fonçai dans le dos. Je le contournai et vis que son visage était figé par le choc. Génial, c'était un Edward. Je me demandai s'il était aussi constipé que le dernier vampire frustré que j'avais fréquenté. Putain, j'espérai que non.
"Seigneur, ce n'était pas ce que je voulais dire. Je voulais dire...être portée par un vampire qui court dans les bois. Ça me rend toujours malade."
"Pourquoi un vampire aurait-il besoin de te porter où que ce soit?" me demanda Peter en se tenant à côté de la portière passager de ma voiture avec hésitation.
"Je suis une humaine lente; ils en avaient marre d'attendre que j'avance à mon rythme lent. Peter, monte dans la putain de voiture," lui dis-je sèchement alors que sa main hésitait toujours à agripper la poignée, le dilemme qu'il traversait bien évident sur son visage. "Si t'as envie de me manger, j'roulerais avec les fenêtres ouvertes."
Il ouvrit sa portière, et j'avançais à vitesse humaine vers la mienne avant de monter dans la voiture sans aucune grâce. "Ce n'est pas ton odeur. J'ai juste...ben, normalement je parle pas aux humains, et je monte encore moins dans leurs voitures pour échanger nos histoires."
"On a pas vraiment échangé nos histoire, Peter. Si tu ne veux pas venir, d'accord. Mais je veux que tu saches que t'as pas besoin de te planquer dans les arbres, tu pourras toquer à ma porte à chaque fois que tu auras envie de me regarder manger mon petit-déjeuner ou vérifier mes mails."
"Tu me laisseras pas oublier, hein? Ecoute, j'en suis pas vraiment fier, mais en tant que vampire, je suis obligé de protéger le secret," souffla Peter, en se recoiffant nerveusement. "Bien sûr que je m'intéresserais à une humaine connaissant la vérité."
Je rigolai, "T'envisageais de me manger, hein? Avant que je te force à bouger ton cul scintillant?"
Il me lança un regard noir, "Oui," dit-il avec indignation. "Je n'avais pas encore pris ma décision."
"Et tu l'as prise maintenant?" lui demandai-je avec un large sourire. Il me regarda en fronçant les sourcils avant de répondre à mon sourire.
"Non, j'ai toujours pas pris ma décision." Il rigola, "Tu seras la première à le savoir."
"Merci pour l'avertissement," lui dis-je en lui lançant un sourire désabusé, auquel il répondit lentement. C'était vraiment un étrange Hommepire.
"Alors, parle-moi de toi," lui dis-je alors que je quittai mon allée et m'engageai sur la route privée menant à la banlieue de la ville.
Il soupira. "Que veux-tu savoir?"
Je réfléchis à la question. Je ne voulais rien savoir de trop précis. Je ne voulais pas vraiment savoir en fait. Contre toute attente, j'avais invité un vampire chez moi, dans ma voiture, et dans ma vie. Apparemment, je voulais voir un nouveau visage. Un mangeur d'homme en plus. Je me demandai brièvement si mon manque de jugeote était un effet secondaire de l'un de mes nombreux médicaments. Est-ce que ça me dérangerait si je ne prenais pas de médicaments? Ne mourrais-je pas de peur?
Non. Non, parce que je n'avais pas peur de mourir. Ça faisait longtemps que je n'avais plus peur de mourir. J'aurais accueilli la mort à bras ouverts maintenant; je me serais envoyé en l'air avec un faucheur si j'en avais croisé un. Peter n'était pas différent d'une falaise, d'une lame de rasoir, ou d'une poignée de somnifères. Il n'était qu'une autre tentative lâche de suicide. Une partie malsaine de moi espérait qu'il me tuerait. Je ne le lui dis pas, cependant. Ce fut à ce moment que je réalisai que je voulais passer du temps avec lui. Je voulais qu'il ait la moindre putain de petite opportunité de me mordre. Je n'avais aucune intention de me trancher la carotide ni rien, non, je ne tentais plus de me suicider. Je ne voulais pas fournir un tel effort. Comme je le voyais, c'était bénéfique pour nous deux. Je mourrais, il mangeait, et je sauvais sa prochaine victime. C'était bon, ça marchait. Je veux dire, je n'étais pas sûre qu'il me mangerait, donc...vraiment, j'étais parfaitement innocente.
"N'importe quoi. Pourquoi tu t'es installé à Seattle? Pourquoi t'es seul?" lui demandai-je au hasard alors que je m'engageai sur l'autoroute. Ma maison n'était qu'à quinze minutes de la ville, le plus loin possible sans pour autant m'isoler. J'aimais avoir des voisins. Avoir des voisins signifiait qu'aucun vampire ou loup-garou n'entreraient chez moi par effraction pour me regarder dormir. Ma maison était complètement verrouillée.
Il se figea pendant un moment, d'une rigidité artificielle que je n'obtiendrais jamais. "J'avais un clan autrefois, mais ce n'était pas fait pour moi. Je suis partis et peu de temps après, mon frère m'a suivi. On est resté ensemble pendant un moment mais il avait besoin de plus. Il s'est trouvé une compagne, et elle l'a entraîné ailleurs. Je ne l'ai pas vu depuis le jour où il est partit, mais il me manque tous les jours. J'ai été seul depuis."
"Pas d'âme-soeur?" lui demandai-je doucement, et il haussa les épaules.
"Pas d'âme-soeur."
"Ben on dirait qu'on a quelque chose en commun. Moi aussi j'avais un clan autrefois, pas que je sois un vampire, mais je vivais pratiquement avec eux. C'était un clan inhabituellement grand, j'aurais été le huitième membre. Mais après un incident le soir de mon anniversaire, dû à une coupure, ils m'ont abandonné. Je n'en valais pas la peine. Donc, Peter, moi non plus, je n'ai ni clan, ni âme-soeur."
Je le surpris entrain de regarder l'intérieur de mon poignet avec curiosité. Il voulait savoir si c'était comme ça que j'avais eu cette cicatrice, mais il ne demanderait pas. Ou en tout cas, il n'était pas sûr de vouloir demander.
"T'es vraiment du genre indécis," remarquai-je en regardant son conflit interne se refléter sur son visage.
"Ça se voit tant que ça?" me demanda-t-il en poussant un soupir.
Je ris, "Je l'ai remarqué la première fois où je t'ai vu, entrain de marmonner en tenant deux boîtes de nourriture pour chat," lui dis-je avec un sourire. Il grimaça, me faisant éclater de rire. "Pourquoi t'achetais de la nourriture pour chat au fait?"
"L'ancienne propriétaire de ma maison les nourrissait, et ils ne veulent pas partir. Je ne voulais pas...Je ne pouvais pas les laisser mourir de faim...ils étaient là les premiers. Donc je les ai nourris. Et maintenant ils partiront plus jamais."
"T'aurais pu les manger," soulignai-je avec un sourire. Je ne pouvais pas imaginer les Cullen manger un chat. Enfin peut-être Emmett, ce garçon aurait mangé n'importe quoi.
"Je ne mange pas les animaux," me dit sérieusement Peter d'une voix basse et menaçante.
"J'en suis bien consciente. Hey...tu portais pas des lentilles de contact?"
Il baissa le pare-soleil et se regarda dans le miroir. "Merde. Elles se sont dissoutes." Il baissa les yeux sur ses genoux.
"Peter, je me moque de tes yeux."
Il me regarda et haussa un sourcil. "Tu devrais pas."
"T'as raison, je devrais pas. Mais c'est le cas. Peut-être que je suis folle. Peut-être que c'est mes médicaments. Ils me rendent...passive." Passive, mon cul, je pourrais regarder un chaton se faire écraser par un camion et tout ce que je ferais ce serait de me dire, 'c'est triste'. Sans parler de la gifle que ma libido avait pris, mais ce n'était pas important ça.
J'arrivai à la Pharmacie et m'engageai dans le drive-in. L'assistante me fis un sourire rose bonbon révélant des dents jaunes. Est-ce que je ressemblai à ça y'a six ans? Putain, j'espérai que non.
"Isabella M. Swan," dis-je avant qu'elle n'ait le temps de nous saluer ou de nous demander si on voulait prendre une carte de fidélité ou une autre connerie de ce genre.
"Isabella?" répéta Peter en haussant un sourcil parfait. Sérieusement, aucune cire, pince à épiler, crème dépilatoire ne pourraient offrir une telle perfection à un sourcil humain. J'étais jalouse de ses sourcils.
Je soupirai, comme à chaque fois que je devais donner mon nom complet, "Isabella Marie."
-PoV Peter-
Bien qu'il me soit étonnamment facile de lui parler, Bella était peut-être un peu trop directe. Elle m'accusait sans préambule, allant même jusqu'à mentionner ma nature indécise et mon incapacité à choisir de la putain de nourriture pour chat. Comme si je n'étais pas déjà assez humilié par ça. Je n'avais pas besoin qu'elle remarque ma singularité. C'était pas marrant d'être un vampire avec des TOCs.
Et mes yeux. Pour une fille qui avait servi de buffet à non pas un mais plusieurs vampires, putain elle avait des couilles. Elle était un peu trop sûre d'elle à mon goût, elle aurait dû avoir peur. J'avais mangé des personnes plus fortes qu'elle.
La fille au drive-in fit un demi-sourire à Bella qui ressemblait plus à une grimace qu'autre chose. Elle s'appellait Erica, elle avait un bronzage artificiel, des racines sombres, et une coupe de cheveux asymétrique. Et ce qui ressemblait fortement à de l'herpès autour de la bouche, dissimulé par une tonne de maquillage et de gloss rose bonbon. J'avais envie de me laver les mains rien qu'en la regardant. Sérieusement, si j'avais été humain, la simple idée que ce soit elle qui me tende mes médicaments m'empêcheraient de les prendre. Cette salope était dégoûtante.
"Isabella M. Swan," dit Bella avant même que la fausse-blonde puisse parler. Elle hocha la tête et alla chercher le traitement de Bella.
"Isabella?" lui demandai-je avec un sourire. La fille à côté de moi n'avait rien d'une Isabella. Vingt minutes avec elle me criait Bella.
Elle grogna, clairement irritée par son prénom, "Isabella Marie."
"Eh bien, Isabella Marie, je m'appelle Peter Micha," répondis-je en lui tendant une main qu'elle serra avec un sourire désabusé. J'avais réalisé que j'avais été complètement stupide plus tôt dans la journée, et si lui serrer la main me permettait de me faire pardonner et de me présenter complètement, je le ferais.
Ses mains étaient chaudes. Genre incroyablement chaudes. Je pouvais sentir son pouls sous mes doigts, et c'était agréable. Ça me semblait aussi être une invitation à dîner, mais je repoussai ces pensées. Je ne mangerais pas ma nouvelle amie. Ce serait plutôt malpoli.
Elle pencha la tête sur le côté alors qu'Erica vérifier les informations de sécurité sociale de Bella. "Micha... C'est un prénom d'Ange," dit-elle presque comme si elle n'était pas sûre d'elle-même. Je me raidis à côté d'elle, incapable de répondre. Est-ce que cette putain d'humaine remarquait tout, sérieusement?
"Euh, ouais. Ça l'était," fut ce que je dis sans réfléchir. Le remarquerait-elle? Elle secoua la tête, comme pour me dire qu'elle était d'accord avec moi alors que c'était sa propre remarque.
"Ma mère a eu une période religieuse. Elle adorait lire des histoires sur les Anges. Je ne me rappelle pas de la mission de Micha, mais je me rappelle que je trouvais ce nom joli." Elle rigola, "C'est plutôt stupide maintenant que j'y repense."
Elle trouve que mon nom est joli.
Joli?
J'étais un peu offensé. J'étais un putain d'Assassin de Vampires bordel. J'étais pas joli.
J'étais féroce et tout.
Salut, je suis un Vampire. Prend-moi au sérieux!
"Merci," dit Bella en parlant dans ce dégoûtant interphone en plastique. Je pouvais presque voir la salive des autres clients, des clients malades, recouvrant ce truc. Elle attrapa ses deux sacs en papier blanc et les laissa tomber sur mes jambes. "Savon?" m'offrit-elle en sortant une petite bouteille emplie d'un liquide transparent. L'odeur était chimique et me faisait penser à un patient atteint d'un cancer en phase terminale. Purement chimique.
"Non merci."
Elle grimaça, "Je suis désolée, j'imagine que l'odeur doit être horrible. J'ai des problèmes...avec les germes.
"C'est bon. Je préfère ne pas interférer avec ta vie. J'apprécie que tu ais pris le temps de me parler, bien que ça me fasse douter de ta santé mentale et de ton instinct de survie."
Bella eut un rire rauque que je n'aurais pas dû apprécier. C'était rare pour moi d'entendre des rires, que ce soit le mien ou celui des autres. C'était agréable, voir même apaisant. Elle ne devrait pas être entrain de rire, et pourtant elle l'était, et ses yeux chocolat brillaient.
"L'instinct de survie? A quoi ça sert? Ecoute, Peter, relax. T'es un putain de rigide, j'ai presque envie de te faire avaler un valium. Ou peut-être que je pourrais glisser un Percocet dans un cocktail d'O positif quand on retourneras chez moi. T'es un vampire. Relax."
"Je n'ai pas l'habitude de fréquenter des humains. Je fréquente à peine les Vampires. Je suis...un reclus." Je fronçai les sourcils. Putain, pourquoi je lui racontais ça?
Elle sourit. "J'avais cru comprendre. Comme tu l'as peut-être remarqué, j'aime pas beaucoup sortir de chez moi non plus."
Je ne pus pas m'empêcher de rire en entendant cela parce que c'était vrai. "T'as des rituels bien définis toi aussi, Bella. Tout ce que tu fais est minutieusement chronométré. Jusqu'au temps que tu passes aux toilettes."
"Putain, t'es sérieusement bizarre," grogna-t-elle. Elle m'avait grogné dessus. C'était mignon et humain et je me demandai si elle savait qu'elle avait fait ça. Ça me fit me demander combien de temps elle avait passé en compagnie de vampires pour prendre une telle habitude. "Et alors, je mène ma vie d'une main de fer. Ça m'empêche de m'ennuyer. L'ennui me fait faire des trucs dangereux. Je dois rester occupée."
"Tu laves tes sols chaque jour," remarquai-je en lui lançant un regard dubitatif.
Elle haussa les épaules, "Je lave mes comptoirs à la javel aussi. Je cire mes poignées de porte. Je shampouine ma moquette une fois par semaine. Parfois je le fais torse nu, tu devrais rester dans le coin. La deuxième fenêtre du rez-de-chaussée devrait te donner une bonne vue."
Je la regardai avec la bouche grande ouverte, "Bella, je n'ai jamais...je n'ai pas essayé de te voir...euh...sans vêtements," finis-je difficilement en jouant avec un bout de papier déchiré.
"Nue, Peter," dit-elle d'une voix morne, "Je pense que le mot que tu cherchais était nue. En tenue d'Eve. Dénudée. A poil."
"Oui, ça. Je ne t'ai jamais vu...nue." C'était la vérité.
"Oui, ben, comme je te l'ai dit avant, je préférerais que tu sois dans ma maison plutôt que tu m'espionnes. T'as gardé tes distances, et bien que j'admire ça, t'as passé les dernières semaines dans un arbre. Ça doit pas être très marrant."
"Pourquoi t'as un tel système de sécurité?" lui demandai-je en fronçant les sourcils. Elle ne semblait pas vraiment avoir besoin de ce genre de chose.
Elle rigola, "J'aime décourager les visites impromptues. Quand j'étais ado, des créatures mythiques aimaient entrer dans ma chambre pour me regarder dormir."
"Y'a vraiment des tordus," dis-je sans prendre la peine de dissimuler mon dégoût. "Je veux dire, je comprend que ce que j'ai fait était une violation de ton intimité, mais pour ma défense, c'est dangereux pour les vampires que tu connaisses notre existence. Cependant, je n'entrerais jamais chez toi sans une invitation. Putain, c'est ridicule."
Bella rigola à côté de moi, "C'est plutôt flippant. A l'époque, je trouvais ça, je sais pas, romantique."
"C'est pour ça la farine?" lui demandai-je. "Pour savoir si qui que ce soit à réussis à éviter tes caméras?"
"Ouaip. Personne n'entre chez moi sans mon accord."
"Pourquoi?" insistai-je. Après tout, si elle connaissait des Vampires et des Loups-Garous, et que ça ne la dérangeait pas de m'inviter chez elle, alors pourquoi utilisait-elle de telles mesures de sécurité?
"Pour le contrôle," répondit-elle d'une voix aussi dure que ses yeux. "Personne, humain ou surnaturel, ne devrait pouvoir s'incruster dans ma vie sans mon accord. C'est extrêmement difficile d'entre en contact avec moi. J'ai une assistante qui prend mes messages; elle m'appelle une fois par jour pour me les transmettre. A part ça, j'ai une adresse mail qu'une seule personne au monde connaît. Et tant qu'il sera le seul, aucun lutin curieux ne pourra la découvrir," finit-elle avec un sourire étonnamment sadique. Je n'avais aucune idée de qui elle parlait, mais elle me faisait légèrement flipper.
"Un lutin curieux?" lui demandai-je stupidement en lissant les plis de ma veste Ils me rendaient dingues. Je me demandai vaguement si Bella savait ou je pourrais trouver un teinturier décent dans le coin.
"Ouaip," acquiesça-t-elle, "Une petite Lutinpire, qui ne pouvait pas s'empêcher de fourrer son nez là où elle n'aurait pas dû," fulmina-t-elle alors que ses doigts fins se resserraient sur le volant au point d'en devenir blanc.
"L'une des vampires qui a essayé de te manger, je suppose?"
Elle rigola et son rictus menaçant se transforma en un large sourire, "Oh non, elle n'a jamais essayé de me manger. Elle peut voir le futur, ou les différents futurs possibles. D'après ce que j'ai compris, c'est fluctuent. Mais elle ne peut pas voir les loups-garous, donc Jacob est le seul à avoir mon adresse mail. Il reçoit tous mes mails professionnels et me les envoie ensuite, pour qu'il y ait pas moyen qu'elle les voit."
"C'est plutôt futé," remarquai-je en mourant d'envie d'enlever les cheveux qu'elle avait perdu sur son volant, "Si c'est pas trop personnel, pourrais-je te demander pourquoi tu la détestes autant?"
Le visage de Bella s'adoucit, "Je ne la déteste pas. Je veux juste pas qu'elle me trouve. Bien que je ne blâme pas le Clan, j'ai réalisé que bien qu'ils me mettaient en danger, je les mettais encore plus en danger moi-même."
"Pourrais-je te demander des explications complémentaire?" demandai-je en lissant désespérément le papier froissé contenant ses médicaments. Il y avait une trace rose dessus qui me fit grimacer. Tout ce qui avait approché la bouche d'Erica ne devait pas me toucher. Bien que je sois pratiquement sûr que les Vampires ne pouvaient pas développer d'herpes, je ne pouvais pas prendre le risque d'attraper une telle maladie. Cette simple pensée me dégoûtait.
Elle hocha sèchement la tête. "Le trajet de retour dure quinze minutes. Tu peux me demander tout ce que tu veux au cours de ces quinze minutes, mais après ça, tu ne pourras plus jamais me poser la moindre question sur mes précédentes relations avec des vampires. Es-tu...d'accord?" me demanda-t-elle sans quitter la route des yeux.
Je lui jetai un coup d'oeil nerveux, "Si tu préfères que je ne te poses pas de questions..."
Haussant les épaules d'une manière qui dissipa toute la tension ambiante, elle répondit, "Non. Si nous voulons que cette association...amitié...quoi que ce soit qui se développera entre nous continue, on se posera des questions. Donc, quinze minutes. Demande tout ce que tu veux."
"Pourquoi sont-ils partis?" lui demandai-je, la prenant par surprise alors qu'une partie de mon cerveau vampirique se demandait pourquoi elle était prête à développer une amitié ou une association avec moi alors que ça ne faisait qu'une demi-heure qu'on se connaissait. C'était du même niveau que 'pourquoi donc suis-je monté dans cette voiture?'
"Y'a eu un incident. Un membre du Clan, l'âme-soeur du Lutinpire, n'avait pas autant de contrôle que les autres. Je me suis entaillé le doigt sur du papier d'emballage et il a essayé de me manger. Une réaction parfaitement normale, vraiment. Je ne lui en veux pas. Mon petit-ami m'a dit qu'il partait parce qu'il ne s'intéressait plus à moi. Parce que j'étais un fardeau. Il m'a fallut quelques années, mais je pense qu'il est partit parce qu'il avait peur. Peur du fait que ça aurait pu être lui qui voulait me mordre. J'étais sa Chanteuse, après tout."
Je haletai bruyamment, à ma plus grande honte. "Et tu as survécu pour en parler."
Elle me fit un sourire serein. "J'ai survécu pour parler de beaucoup de choses, Peter. Edward, c'était son nom, m'a abandonné dans les bois. Je suis tombée et je ne me suis pas relevée. C'est un loup-garou qui m'a ramené chez moi. Edward...était tordu. Je le sais maintenant. Une créature égoïste incapable de sacrifier quoi que ce soit pour ce qu'il estimait être son tout. J'aurais renoncé à la vie pour lui, à mon existence. Mais il s'est accroché à une humanité qu'il ne possédait pas. Il a préféré passer l'éternité, seul avec une bonne conscience plutôt que passer l'éternité avec moi et notre amour."
"Parle-moi des loups," lui demandai-je d'une voix légère en sentant la tension qui était réapparue dans l'air. "Tu as découvert leur existence grâce aux vampires?"
"Jacob Black m'a aidé à traverser ma dépression post-vampirique. Il voulait une relation que je ne pouvais pas lui donner, mais il était mon ami. Il s'est transformé. Quand il a commencé à m'ignorer, à mettre de la distance entre nous, je suis devenue...mentalement instable."
Bien que son ton était léger, ses mots m'incitèrent à demander. "C'est à dire?"
"J'ai sauté du haut d'une falaise au beau milieu d'un orage," dit-elle d'une voix neutre en enclenchant son clignotant.
Je déglutis. Le suicide était une tragédie. "Est-ce que tu voulais mourir?"
"Oui," répondit-elle sans hésitation. "Mais un putain de chien géant m'a sorti de l'eau. J'étais...incohérente. Un instant, y'avait un chien qui me léchait le visage, l'instant d'après, c'était devenu un immense Indien. J'ai pardonné à Jacob, et il m'a pardonné et tout est rentré dans l'ordre. Un an plus tard, il s'est impregné."
"Âme-soeur," dis-je sans m'en rendre compte, mon esprit venait de s'emplir d'informations qui n'étaient pas là avant. Ce n'était pas surprenant et je les étudiai rapidement, apprenant tout ce qu'il y avait à savoir sur le sujet, "Quand un loup trouve son âme-soeur."
"Oui. C'est une adorable jeune fille. Elle m'a conseillé un excellent thérapeute," remarqua Bella, d'une voix absente.
"Est-ce que tu voulais être transformée?" lui demandai-je en sentant que la conversation sur les loups était close. "Est-ce que tu voulais devenir un vampire?"
Elle sourit légèrement comme si elle se rappelait de quelque chose. "Oui. Le Lutinpire a dit que je deviendrais un vampire, mais j'ai appris à ne pas trop me fier à ses visions qui ne concernaient pas la météo."
J'étais abasourdi. "Je n'ai jamais rencontré personne qui voulait devenir un vampire. Te damner aussi complètement."
"Tu n'as jamais été amoureux."
Je ris en entendant ça, d'un rire sombre et citai, "L'amour est un oiseau, un coeur avec des ailes. Une chanson au petit matin, l'oiseau chante. L'amour est une épreuve, que l'on subit. L'amour est une guerre qui n'est jamais juste." C'était quelque chose que Dieu m'avait dit une fois, quand je Lui avais demandé ce qu'était l'amour. L'amour, m'avait-Il dit, n'était pas une de ses créations, mais une culmination du Libre Arbitre.
"J'ai l'impression que ces jolis mots servent à dissimuler quelque chose de triste," remarqua Bella. "Qu'est-ce que ça veut dire?"
Je haussai les épaules, "Qu'est-ce que ça veut dire pour toi?" Je ne savais pas ce qu'ils signifiaient pour moi, et je n'avais aucune envie d'essayer de le découvrir.
Elle rigola, "T'es un petit vicieux, hein? Un jour, tu répondras à mes questions, Peter, et tu le feras de bon coeur."
"Peut-être," admis-je. Je n'avais absolument aucune intention de lui dire quoi que ce soit. Elle savait déjà beaucoup trop.
Elle resta silencieuse pendant de nombreuses minutes, et j'aurais aimé avoir d'autres questions à lui poser. Mais sur le coup, j'en avais plus. Le passé n'était que ça, le passé. Si c'était là qu'elle voulait arrêter, alors ce n'était pas à moi de me plaindre.
"Pour moi," commença-t-elle, rompant ainsi le silence, "Ça veut dire que l'amour est inconsistant. Que l'amour est souvent douloureux. Que l'amour est souvent une erreur. Et qu'il n'y a aucune justice, personne à blâmer, parce que nous choisissons nous même qui nous aimons."
Garant la voiture, elle attrapa le sachet de la pharmacie. "Je suis une petite chose aigrie, n'est-ce pas? J'ai probablement un goût de merde."
Je hochai la tête sans m'en rendre compte. "Tu sens...les produits ménagers... Une odeur fleurie mais chimique. Ça doit être ton traitement alors?"
"Ouais. Tu pourrais probablement te défoncer en me suçant le sang. Tu viens? Je dois laver mes sols et parler à mon agent."
"Je..." ne sais pas si je devrais. J'avais ma réponse, et il aurait mieux valu que je m'en aille. Je n'étais pas sûr de ce qui me retenait là.
"N'y pense pas. Tu es seul. Viens," me dit-elle fermement en ne me laissant même pas l'opportunité de répondre. Je la suivis en me demandant ce qui m'attendait.
J'pars en vacance le 30 juillet! Trois semaines en Italie... Plage, restau, boîte de nuit :D Et pas de connexion internet! Je serais de retour le 21 août!
Prochain chapitre : Prudepire
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