Auteur : lifelesslyndsey

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Humour/Hurt/Comfort

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à lifelesslyndsey. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 5: Pédopire-

-PoV Peter-

Comme prévu, Bella s'endormit, roulée en boule sur le fauteuil en cuir de son père. Elle avait l'air différente quand elle dormait, son extérieur dur, bâti par des couches de médicaments et de deuil, fondait pour révéler un épuisement profond. Malgré toutes les années qui pesaient sur ses épaules, elle avait l'air fichtrement jeune quand elle dormait. Je n'étais pas vraiment sûr de l'âge qu'elle avait, et même aussi asocial que j'étais, je savais que ce n'était pas quelque chose qui se demandait. Elle devait avoir dans les vingt-cinq ans, je pensais, mais ses yeux étaient bien plus âgés que ces quelques années.

Posant le reste de son pop corn sur la table, j'attrapai la couverture jaune jetée sur le canapé et couvris son corps étrangement tordu. Ça ne devait pas être confortable, de dormir dans un fauteuil, et j'envisageai, ne serait-ce que pendant un moment, de la porter jusque dans sa chambre. Puis je me rappelai que je n'était pas sensé savoir où se trouvait sa putain de chambre et oubliai complètement cette idée. Hésitant sur le pas de la porte, je ne savais pas quoi faire. Nous n'avions jamais parlé de demain, et je ne connaissais donc pas les intentions de Bella. Elle avait mentionné qu'elle voulait que nous devenions amis ou quelque chose de ce genre mais je redoutai que mes oreilles ne m'aient joué un tour. Et après qu'on ait échangé une partie de nos histoires aujourd'hui, il était clair que la dernière chose dont elle avait besoin dans sa vie c'était un autre putain de vampire. Je pourrais partir sans un mot, et ne jamais revenir, laissant Bella se perdre dans sa paix médicamenteuse. Ou je pourrais revenir, et profiter de cette camaraderie qui me faisait tourner la tête. J'avais découvert au bout d'un seul jour ce que j'avais perdu pendant cent ans.

La dernière fois où j'avais ressentis de la camaraderie s'était éteinte après le départ de mon frère, Jasper. Il ne m'avait pas donné de numéro de téléphone et je ne lui en avais pas donné un non plus, parce qu'on avait tous les deux décidé de laisser nos futurs au destin. Quelle putain d'erreur. Ce connard me manquait terriblement, et je lui souhaitai le meilleur chaque jour, où qu'il soit. Avec un gros soupir et en sachant que ça pourrait très mal se finir, je gribouillai mon numéro de téléphone sur le bloc note posé près de son téléphone. Je ne laisserais pas notre prochaine rencontre au destin. Je la laissais à Bella.

Ma maison était silencieuse, sombre, une crypte de banlieue appropriée pour un vampire branché. Des paires d'yeux verts brillants illuminaient les poiriers de mon jardin. Apparemment, si vous les nourrissez, les chats deviennent...fidèles. Aussi fidèle qu'un chat puisse l'être. Je versai de la nourriture et de l'eau dans plusieurs bols en plastique que je posais sous mon porche, avant de reculer lentement alors qu'ils se précipitaient tous vers la nourriture, alertés par les bruits des sachets de nourriture.

Le buzz collectif des appareils électriques semblait plus fort dans le silence, et le manque soudain de conversation me surprit. Un jour passé sous l'attention dingue de la femme la plus lunatique que j'avais jamais rencontré, et j'étais accro. J'allumai la lumière de mon bureau plus par habitude que par besoin, prêt à dessiner quelques idées pour une Mustang hybride que Ford m'avait commandé récemment. La lumière rouge clignotante de mon répondeur détourna rapidement mon attention, me faisant pensant à un minuteur de cuisine morbide, chaque clignotement me criant 'le dîner est prêt!'

Sophia.

J'avais eu raison de lui donner une semaine. Sa voix était timide mais sûre lorsqu'elle me donnait l'adresse de son appartement à l'ouest de la ville, son souffle s'échappant de sa poitrine en petite bouffées. Bien sûr, je savais déjà où elle habitait, ayant déjà été faire des repérages dans le coin. Attrapant mon imperméable, je trottai jusqu'à ma voiture en pensant à mon prochain repas. Si je devais tenir compagnie à des humains, il valait probablement mieux que je sois bien nourri.

La lumière de son porche était allumée lorsque je traversai son allée, ma camionnette abandonnée quatre rues plus loin. Je pouvais la voir à travers sa fenêtre, faisant les cent pas dans une robe de chambre bleue pâle et une paire de chaussons assortis. Une autre pensée morbide s'infiltra dans mon cerveau: elle s'était habillée confortablement. Elle m'attendait après tout. Habillée confortablement pour mourir, en voilà une bonne idée.

Sa demeure était modeste, bien décorée avec des meubles dépareillés qui n'avaient pu être rassemblés qu'au cours de toute une vie. Il y avait deux photos sur le manteau de la cheminée, une de ses parents, Bob et Mandy, et une de son frère, William, qui résidait actuellement à la Maison Correctionnelle de l'Etat de Washington, et qui y resterait longtemps. Je me glissai par la porte de derrière, apparaissant silencieusement dans la cuisine.

"Oh mon Dieu!" s'exclama-t-elle, sa tasse de thé s'écrasant au sol. "Pih...pih...Peter! Je...comment êtes-vous entré?"

Je lui fis un sourire calme et agrippai son coude pour l'entraîner dans le salon. "Ce n'est pas important, darlin'. Je suis venu comme tu me l'as demandé."

"Puis-je vous offrir quoi que ce soit?" m'offrit-elle et je déclinai silencieusement. Sophia déglutit difficilement. "Co...comment allez-vous faire? Que devrais-je faire?"

"Rassure-toi, mon sucre d'orge, ta partie est la plus facile." Je me tournai vers elle et souris gentiment. "Il vaut mieux que je ne te dise rien, mais je te l'assure, ce sera rapide et sans douleur. As-tu mis toutes tes affaires en ordres?"

"J'ai tout donné à des associations caritatives," me répondit-elle avec confiance, en agrippant les bords de son rocking-chair en bois. "Les profits qui découleront de la vente de ma maison, de ma voiture, de tout."

Quelque chose effleura ma jambe alors qu'elle parlait et je baissai les yeux pour trouver une petite chose nue et ridée paresseusement perché sur ma botte. Il me fallut une bonne minute au moins pour décider que ce devait être une sorte de chat. "Ton chat?" demandai-je, souhaitant obtenir une confirmation à cette conclusion absurde.

Elle soupira, "Il est jeune, il trouvera une nouvelle raison," me répondit-elle d'une voix faible, comprenant mal ma question. "Je...je ne veux plus attendre. Je suis fatiguée...C'est juste...Je veux me reposer."

Je hochai solennellement la tête et repoussai le chat de ma botte avant de laisser le vampire en moi remonter à la surface de ma peau. "Viens ici," ronronnai-je. "Viens ici, Sophia," répétai-je en tendant la main.

La réaction fut automatique, l'attirance, l'éblouissement, la fit se diriger lentement vers moi, traînant sa bouteille d'oxygène dans son sillage. Sa main tremblante se tendit pour rencontrer la mienne. Sa peau avait une consistance de vieux papier sec.

"Tu es en sécurité," lui rappelai-je en lui soulevant la tête pour exposer la peau sombre de son cou. Doucement, je retirai les tubes de son visage et les laissai tomber sur la moquette avec un thunk étouffé. Ses cheveux châtains clair étaient parsemés de gris, et ses yeux fatigués étaient couleur chocolat. La familiarité de ses yeux me surprit, et mon attitude froide fut momentanément brisée par ma propre brusque inspiration. Ce n'était pas Bella, bien sûr, mais c'était une humaine quand même, et ça fit renaître une culpabilité anciennement éteinte en moi. C'était ce que j'étais, me rappelai-je, et le mieux que je puisse faire, étant donné mes circonstances. C'était ce que Sophia voulait, elle m'avait appelé, elle avait accepté mon offre.

Que j'ai donné une option aussi familière à Bella ne m'échappa pas. Il y avait une ironie dans ce fait que je ne voulais pas analyser.

Je me jetai rapidement sur elle, mes dents transperçant la peau parcheminée de sa gorge, comme un couteau glissant dans du beurre. Le sang de Sophia était aigre, mais pas déplaisant, comme le vin dont je me souvenais l'avait été. Elle se fondit dans mes bras, ses genoux perdant la bataille de la garder debout. Elle était légère, le cancer ayant débarrassé son corps de toutes ses réserves. Alors que son sang coulait librement dans ma bouche, que sa vie s'échappait d'elle, je fus assaillis par la connaissance, les souvenirs et les moments fugaces de sa vie se déroulant comme un vieux film, effacé par le temps, faisant des bonds et des retour à travers les années, avec des détails perdus et des souvenirs manquants.

Ça m'arrivait à chacun d'entre eux. Ça m'était toujours arrivé, même avec Maria. Chaque parcelle de peau dans laquelle je mordais m'emplissait non seulement de sang mais aussi de vie. Les vies nourrissaient la mienne. Souvent, j'avais l'impression de ne pas me nourrir seulement de sang, mais aussi de souvenirs, de vrais souvenirs d'une vie que je n'avais jamais eu la chance d'avoir. Son coeur battait la fin de sa vie, son corps tomba dans mes bras, et je la portai facilement dans la cuisine pour l'allonger sur le carrelage froid. Sortant un petit pistolet au numéro de série effacé, je le pressai contre sa peau déjà déchirée et appuyai sur la gâchette sans hésitation. L'impact de la balle transforma les traces de dents claires en une blessure non identifiable, et le coup de feu alerterait les voisins. Je détestai l'idée de laisser n'importe laquelle de mes victimes pourrir. Personne ne méritait ça. Du sang rouge sombre traversait ses vêtements, gouttant au sol, se mélangeant avec son thé renversé. Les tourbillons de blanc et de marron se glissant dans les joints entre les carrés de carrelage, glissaient loin de son corps, s'étalant comme une toile d'araignée. Les médecins légistes s'interrogeraient sur le manque de sang, mais les enquêteurs verraient ça comme une tentative de nettoyage avorté.

Avec quelques minutes restantes, je me précipitai dans la salle de bain pour trouver rapidement ce que je cherchais. Des bouteilles emplissaient la pharmacie fixée au dessus de l'évier, comme pour chaque patient qui se respecte, chaque étagère était recouverte de réconfort chimique qui avait gardé Sophia en vie pendant si longtemps. J'attrapai quelques boîtes, en fis tomber quelques autres dans l'évier. Ce serait assez facile de croire qu'un junkie s'était introduit chez elle à la recherche de sa prochaine dose.

Alors que je me tenais dans le salon, étudiant les lieux à la recherche de la moindre chose qui pourrait m'incriminer, l'hideuse difformité qui était censé être un chat, fit sa seconde apparition, du sang coulant de sa moustache qui frémissait d'irritation. Dieu aimait faire des blagues. Ce chat était l'une d'entre elles. Sans hésitation ni pause, il se percha à nouveau sur mon pied, sa tête poussant ma jambe. Je ne pus pas m'empêcher de le fixer, tout comme il me fixa de ses grands yeux emplis d'accusation.

J'eus soudainement la certitude dégoûtante que cette créature m'avait vu tuer sa maîtresse. Et maintenant il me regardait de ses yeux tristes, léchant le sang de ses babines et se demandant probablement pourquoi le corps de sa maîtresse gisait sans vie sur le sol de la cuisine. Et qu'était un chat sans son maître? Était-ce comme un Ange sans son Dieu? J'avais tué la Haute Autorité du chat, son Sergent Général. Je l'avais laissé seul. Et c'était un monstre, même parmi les siens, et j'avais tué sa propriétaire, quelqu'un qui ne l'avait probablement jamais jugé pour sa vaste différence. Je ne voulais pas me comparer à cette hideuse petite bête, mais je le faisais, et je lui en voulais pour ça, d'une sombre passion complètement gâchée sur un chat. Le stupide chat. Putain de stupide chat.

"Tu es jeune. Tu te trouveras une nouvelle maison," lui dis-je, diplomatiquement, et il me répondit par un clignement d'yeux et un léchage de museau. "Je ne suis pas de bonne compagnie. Je suis un tueur de masse, je tue des gens, régulièrement et avec très peu de remords. Tu ne veux pas venir avec moi."

"Miaou."

"Ça ne te plairait pas chez moi. Je vis dans le ghetto des Chats. C'est des vicieux. Ils te dévoreraient. Ne préférerais-tu pas vivre dans une villa de campagne ou une merde de ce genre? Peut-être chez quelqu'un qui a des enfants? Non, sérieusement. Non," dis-je plus sévèrement, en le poussant au bas de mon pied. Ses petites griffes se plantèrent dans le cuir italien de mes bottes, "J'ai dit non!"

"Miaou."

"Ne t'avises pas de chier dans ma camionnette," grognai-je en glissant cette pile de peau dans la poche de mon imper' avant de me glisser dehors par la porte de la cuisine.

"Miaou."

Comme par provocation, Chat chia dans ma camionnette avant même que je n'ai quitté le voisinage, me forçant à traverser toute la ville avec l'odeur dégoûtante des matières fécales d'un animal à côté de moi. J'imaginai qu'il vengeait le meurtre de sa maîtresse à sa façon, et je n'appréciai vraiment pas. "Ecoute, elle m'a demandé de le faire, okay? Ça allait arriver tôt ou tard. Je n'arrive pas à croire que t'ais chier sur un siège en cuir cousu main. Putain, t'as pas honte?"

Je parlai au chat.

J'avais complètement perdu mon putain d'esprit.


Bella me laissa un message absurde sur mon répondeur trois jours plus tard, m'ordonnant d'arrêter de faire les cent pas, et de ramener mes fesses scintillantes chez elle parce qu'elle se préparait à regarder l'intégrale de la saison trois de Buffy en DVD, et qu'elle voulait l'opinion pure et personnelle d'un vrai Vampire. Bella m'assura que j'étais le bienvenu chez elle à chaque fois que j'en avais envie. Elle finit ce message d'une voix faussement moqueuse m'indiquant que si jamais ma présence devait soudainement insulter sa sensibilité délicate, elle ne manquerait pas de m'en informer.

Je me trouvai donc sur le pas de sa porte à quatorze heures, n'ayant pas oublié son emploi du temps matinal rigide. Lorsqu'elle m'accueillit à la porte, elle portait un t-shirt des Goonies blanc et un pantalon en flanelle gris coupé au-dessus du genou. "Salut toi!" me dit-elle d'une voix aiguë, ses yeux chocolat vitreux sous l'effet des médicaments. Elle était complètement défoncée. Ses petits doigts graciles agrippèrent mon avant-bras pour m'attirer à l'intérieur. "Viens! Je suis à la moitié de la saison trois. Buffy vient juste de découvrir qu'Angel est revenu de l'Enfer."

Angel. Angel était un vampire apparemment. Je n'avais pas encore admis à Bella que je n'avais jamais regardé cette série, ni aucune autre série d'ailleurs. Elle trouvait déjà ma liste de bizarreries très drôle, et lui dire que je n'avais même pas de télé n'aurait fait qu'ajouter de l'huile sur le feu. Même si j'avais une grande collection de films, que je regardais sur mon ordinateur portable, la télévision n'avait jamais capturé ma large attention ancienne. Quand tu détiens les secrets illicites de l'univers, Beverly Hills n'a absolument aucun intérêt.

Angel était bel et bien un vampire cependant, j'avais rapidement discerné ses difformités faciales et ses crocs jaunes sur la jaquette de la boîte que Bella tenait. Cette simple idée me fit éclater de rire alors que je suivais Bella dans le salon. Elle avait abandonné son fauteuil au profit d'une pile de couvertures empilées sur le sol du salon, sur lesquelles elle s'allongea sur le ventre pour regarder la télé comme une enfant le ferait, avec un saladier de pop corn coincé entre ses bras.

"Tombe l'imper', et viens ici," exigea-t-elle en tapotant la place à côté d'elle, et ces mots, innocents dans sa bouche, créèrent toute sorte de connotations dans mon esprit. Quand étais-je devenu si désespérément dépravé? Oh, oui, il y a trois jours. J'accrochai mon imper au porte-manteau cloué à la porte avant de m'asseoir au sol à côté d'elle.

"Angel est mon préféré," m'informa-t-elle à voix basse après avoir mâchouillé son pop corn, au bout d'une heure dans notre marathon impromptu. Ses mains étaient plongées dans son saladier, et elle en sortait inconsciemment les grains les plus beurrés. Je ne pouvais m'empêcher d'être plus divertit par elle que par la série. La voir se nourrir était une nouveauté.

"Et pourquoi ça?" demandai-je, sur le même ton. La situation me semblait irréelle, assis là, dans un nid de couvertures dans l'appartement d'une humaine que j'avais rencontré officiellement la veille, et à faire semblant de regarder une série sur une tueuse de vampires, sérieusement. C'était le plus grand divertissement que j'ai connu depuis de nombreuses années.

Elle haussa ses épaules fines, sans jamais détourner les yeux de son écran plasma 32'', et me dit, "C'est un gentil mauvais garçon. Tu sais, c'est un vampire et tout, mais il a un grand coeur. Mes vampires étaient comme ça. C'était des gens bien. Enfin, c'était," finit-elle en insistant lourdement sur la conjugaison passé. Je ne lui posai aucune question, tenant la promesse que je lui avais fait de ne pas insister sur son passé, mais déçu d'en savoir aussi peu sur elle.

"On est tous mauvais, Bella," répondis-je doucement, la réalité de ces mots se noyant en moi comme un cadavre dans la Hudson River. Bien sûr ça remonterait à la surface pour me surprendre plus tard, mais pour le moment ça coulait et coulait, et coulait, m'entraînant dans son sillage.

Elle se tordit le cou pour me regarder, les mèches pendantes de ses cheveux tombant dans son saladier, capturant des pop corn comme les tentacules d'une pieuvre. "Tu n'es pas quelqu'un de mauvais, Peter."

"Tu ne me connais pas," lui rappelai-je gentiment, en me demandant quelle était cette chose dans ses yeux qui me donnait envie de gigoter. Je ne gigotais pas, je ne gigoterais pas, mais ce désir humain de le faire se réveilla brusquement en moi, au plus profond de mes tripes, me suppliant de me soulager.

Bella me fit un sourire condescendant, "Je sais ce que je vois, et je ne vois pas quelqu'un de mauvais."

Incapable de supporter son regard, je tournai les yeux vers la télé. "Parce que je suis beau? Parce que je ne suis pas horriblement défiguré, que je n'ai pas d'ailes ni de crocs?"

"Angel n'a pas d'ailes, Peter," renifla Bella. Ignorant complètement ma question, Bella reporta toute son attention sur son pop corn et en porta un grain à ses lèvres avant de reprendre la parole, "Étais-tu beau avant ta transformation?" me demanda-t-elle en regardant Buffy plonger un pieu en bois dans le coeur du Vampire Numéro Trois.

Étais-je beau avant? Je n'en étais pas sûr. Les visages des Anges étaient taillés à l'image de Dieu, comme ceux des hommes, mais nous étions incapable de provoquer le même désir qu'eux, que ce soit chez d'autres Anges, ou chez les humains. "J'en suis pas sûr. J'étais pas aussi pâle, et j'avais les yeux bleus. Je pense pas que mon visage était aussi défini."

"Fort. Tu as une mâchoire forte. Elle est virile. Tu me fais penser à un bûcheron gay," intervint Bella, le visage complètement sérieux. "Ou à un pédophile."

"Un pédophile!" m'étranglai-je en lui lançant un regard indigné. "Pourquoi un bûcheron gay?"

"Parce que tes cheveux sont toujours incroyablement immaculé," me dit-elle en s'asseyant. "Sérieusement, j'ai juste envie de..." Sa main se tendit lentement, approchant de ma tête, et je me raidis lorsque ses doigts se glissèrent dans mes cheveux et que ses ongles me griffèrent le cuir chevelu. Cette sensation n'était comparable à rien d'autre au monde. Je m'étais refusé même les plus simples des plaisirs, et c'était si formidable que c'en devenait dégoûtait, et que ma queue tendait mon jean. Dépravé. Putain. Lunatique.

"Tu ronronnes," gloussa-t-elle en continuant ses attentions dans mes cheveux. Elle en agrippa une poignée et tira dessus avec force, et je ne pus pas m'empêcher de l'imaginer en faire autant dans des circonstances différentes et nues. Qu'est-ce qui m'arrivait bordel? J'avais la trique, et je ronronnai aux mains d'une humaine shootée. "Là," dit-elle en m'ébouriffant joyeusement les cheveux, "C'est mieux."

"Moins gay?" lui demandai-je en résistant à l'envie d'aplatir mes cheveux. Je pouvais sentir chacun de mes putains de cheveux se dresser à l'attention comme de braves petits soldats, partant dans tous les sens. Cependant, je n'avais absolument pas envie de ressembler à la version métro-sexuelle d'un bûcheron. Et je ne voulais vraiment ressemblait à un violeur d'enfant, non plus.

"Moins gay," confirma-t-elle en se rallongeant sur le ventre. "N'y touche pas," ajouta-t-elle en voyant ma main se lever lentement. "Sérieusement, n'y touche pas. Tu ne peux pas avoir cette coupe de cheveux et ton imper'. Je m'attendais presque à ce que tu m'offres des bonbons pour essayer de me convaincre de monter dans ta voiture. Et j'aime ton imper', c'est plutôt sexy, donc ta coupe de cheveux doit changer."

Je grommelai, "Je ne suis pas un pédophile." Putain, ça faisait cinquante ans que j'avais la même coupe de cheveux. Avais-je vraiment ressemblé à un obsédé sexuel pendant tout ce foutu temps. Au moins elle trouvait mon imper' sexy. "Bordel." Ma main aplatit furieusement mes cheveux, et Bella se leva et fut à mes côtés en un instant pour repousser ma main.

"J'ai dit n'y touche pas!" hurla-t-elle en plongeant ses dix doigts dans mes cheveux, et oh Seigneur, c'était agréable. Ses seins ronds étaient pressés contre mon épaule et son souffle brûlant était dans mon cou. Elle serra les poings dans mes cheveux et les tira dans toutes les directions. Un petit hmph satisfait lui échappa lorsqu'elle décida qu'elle avait fini, et elle se laissa ensuite retomber sur le ventre sur son nid de couvertures.

Un sourire satisfait étira ses lèvres alors qu'elle mâchouillait son pop corn en attendant que mes mains ne se portent à nouveau dans mes cheveux. Je résistai, essayant à contre-coeur de me plonger dans l'horreur ridicule qu'était Buffy, et ce fut suffisant pour calmer ma queue résistante. Je ne pensais pas que je pourrais supporter qu'elle me touche encore sans finir par m'humilier complètement.

Soudainement, Bella s'étrangla et recracha un grain de pop corn partiellement mâché sur le parquet. "Han, dégoûtant," siffla-t-elle alors que l'odeur rouge me frappait comme un coup de poing, et je me rendis compte que Bella et moi étions tous les deux entrain de regarder son saladier, où son pop corn était désormais éclaboussé de rouge.

"Putain, pas encore," marmonna-t-elle. "Sors d'ici, Peter," siffla-t-elle, une main recouvrant son nez. Son sang sentait délicieusement bon, mais bizarre, comme de la nourriture périmée. "Sérieusement, vas-y."

"Ça va," lui dis-je. "Je me suis nourris la nuit derrière. Est-ce que tu vas bien? Laisse-moi aller te chercher une serviette," offris-je en me précipitant dans la cuisine. Trempant le coin d'un torchon dans l'eau, je retournai rapidement à ses côtés pour lui la tendre. Même si ma gorge me brûlait, exigeant que je la vide de son sang, ce besoin fut relativement facile à ignorer. J'étais plus inquiet qu'autre chose.

Elle était assise par terre lorsque je revins, ses petites mains recouvrant son visage, alors que son sang coulait sur son poignet et gouttai de son coude avec un plic plic plic étonnamment fort, avant d'être ensuite absorbé par le tissu de son pantalon. Elle attrapa le torchon et le pressa légèrement sur son nez en se servant de l'autre bout pour essuyer le sang qui recouvrait sa peau.

"Ne devrais-tu pas pencher la tête en arrière?" lui demandai-je en m'agenouillant devant elle. Ses épaules étaient tendues, les bras serrés près du corps, et l'odeur de sa peur saignait dans l'air. Elle avait peur de moi.

"Je risque de vomir," m'expliqua-t-elle. "Ça te coule dans la gorge, et pour un humain, c'est plutôt dégeulasse," me taquina-t-elle bien que sa gorge faisait des heures supp' pour ravaler son anxiété.

Je soupirai, "Je ne te ferais absolument aucun mal. Tu vois mes yeux?" lui demandai-je en supposant qu'elle connaissait les habitudes alimentaires des vampires. "Toujours aussi rouge, n'est-ce pas?"

"Oui," répondit-elle doucement. "Tu t'es nourri depuis la dernière fois où on s'est vu?"

Je hochai calmement la tête, tout en jaugeant sa réaction. Ce serait une sorte de test, songeai-je. "Après que je sois partit de chez toi. Je ne me nourris pas souvent. Une fois par mois peut-être. Jamais plus de deux fois."

Ses doigts jouèrent avec la couture de la couverture sur laquelle elle était assise alors que le torchon gorgé de sang étouffai sa voix, "Comment...comment tu les choisis?"

Je soupirai et m'appuyai contre le canapé. C'était l'instant de vérité, songeai-je, bien que je mentais rarement. "Je t'ai dit que j'avais...une connaissance du futur comme j'aime à dire. Je choisis mes victimes en me basant sur le temps qu'il leur reste à vivre. Ce sont principalement des malades du cancer. Lorsque ma tête m'indique que l'heure est venue pour eux, je les approche, et leur propose de mettre fin à leurs souffrances. La plupart d'entre eux acceptent, mais certains ont refusé. Je n'aime pas tuer, et bien que ça ne justifie rien, j'éprouve une certaine paix morbide à agir comme ça."

Elle hocha la tête et éloigna le torchon de son visage. Ses lèvres et son menton étaient couverts de sang à moitié séché, "Tu leur offre un choix," me dit-elle avec sensibilité, "Le choix de mourir avec dignité. Enfin peut-être pas avec dignité mais de leur propre décision et non pas parce qu'une maladie l'a décidé."

"Je n'avais jamais vu ça comme ça, mais oui, je suppose que c'est ce que je fais," acquiesçai-je. "Ils ont tous un goût de merde, mais je pense que c'est un petit prix à payer pour prendre leur vie."

Elle rigola et se leva. Glissant sa main dans mes cheveux une fois de plus, elle se contenta de me sourire. "Je vais aller me nettoyer. Reste là, d'accord?"

Bella se glissa dans le couloir et entra dans ce que je supposai être sa salle de bain. La sonnerie stridente de son téléphone portable rompit le silence, et l'eau qui coulait étouffa la conversation que je n'essayai pas vraiment d'entendre.

"Ouais, j'ai vérifié ça ce matin...Non. C'est presque fini. Je peux l'avoir sur ton bureau pour lundi. Kelly..." Bella soupira, "Ouais, j'ai pris rendez-vous. Tu es mon éditrice, pas ma putain de baby-sitter. Euh...j'en ai eu une autre aujourd'hui. Ce n'était pas aussi horrible, arrête d'être aussi dramatique. Tu es dramatique. C'est aussi irritant que quand j'ai eu mon amende. Oui, Kelly, je prends ça beaucoup plus au sérieux que mon permis...mercredi. Pourquoi tu demandes? C'est toujours le mercredi. Est-ce que je t'ai déjà laissé venir avant? Putain!" grogna Bella. "Est-ce que tu la fermeras si j'appelle Jacob? Très bien, je l'appellerais. Seigneur, femme, je vais bien. Non...je vais bien, vraiment. Attends je suis allée acheter des provisions. Et j'ai été chez Walgreen. Est-ce que ça compte? Alors non, j'ai été nulle part et je n'ai rien fait. Lundi, Kelly. Promis. Enfin, on est vendredi aujourd'hui, c'est Elaina qui l'a. Parce que c'est ma correctrice, Kelly, pour quelle autre putain de raisons pourrait-elle bien l'avoir? Ecoute, j'ai un invité, faut que j'y aille. Non, je ne mens pas! Il faut que j'y aille! Je te parlerais demain. Ouais, je te le promets. Non, je t'appellerais. Kelly, je t'en prie, je m'en occupe. Okay. Okay. Oui. Demain. Ouais, j'ai vraiment de la visite. Un homme. Non, il est plutôt canon. Je pourrais pas te dire, je l'ai pas encore vu. Qu'est-ce que tu veux que je fasses, femme? Je vais pas sortir une putain de règle pour mesurer sa queue. Peter, es-tu entrain d'écouter ma conversation?"

Ma tête se releva brusquement et je sentis la culpabilité apparaître sur mon visage. Bella se tenait devant moi, avec un sourire amusé le visage et son téléphone absent. Je n'avais absolument aucun moyen de savoir quand cette conversation avec cette Kelly avait touché à sa fin et quand elle avait commencé à se foutre de moi.

"Pas intentionnellement, non," répondis-je prudemment. "C'était dur de ne rien entendre, cependant. Si ça peut aider, je n'ai pas pu entendre l'autre côté de la conversation."

Bella me fit un large sourire, "Kelly est mon éditrice. Une dame très curieuse que j'aime à mort. Je viens juste de finir Lune de Sang. Elle m'appelle chaque jour pour que je lui fasse part de mes progrès et elle me harcèle pour des conneries."

"Je ne voulais vraiment pas écouter," répétai-je. "Cependant, je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre que tu allais appeler le loup-garou."

Elle secoua la tête avant de se laisser tomber sur le canapé. "Nan. J'vais pas vraiment le faire. Il n'y a aucun intérêt à faire venir Jacob ici juste parce que j'ai un rendez-vous chez le docteur. J'en ai un chaque semaine."

"Une thérapie?" lui demandai-je d'une voix douce. "Tu n'as pas à répondre si tu ne veux pas."

Elle haussa les épaules, "Tu sais déjà que je suis complètement dingue, pas besoin de te le cacher. Je vais en thérapie une fois par semaine, ouais."

Sa réponse me semblait évasive, mais je ne voulais pas me montrer indiscret. "Alors. On a regardé Buffy tuer des vampires, qu'est-ce qu'on fait maintenant?"

Ses yeux pétillèrent et un large sourire étira ses lèvres. "Tu vises bien?"


Prochain chapitre : Menteurpire

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