Auteur : lifelesslyndsey
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Humour/Hurt/Comfort
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à lifelesslyndsey. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre 6: Menteurpire-
-PoV Peter-
"Ce sera marrant," me dit Bella en me faisant des yeux de chiens battus. "Ça fait un bail que j'y ai pas été."
Un stand de tir. Un putain de stand de tir. Plein de gens se baladant avec des armes à feu chargées. Elle était complètement dingue. Enfin...ouais, elle était dingue, mais c'était au moins dix fois pire que d'habitude. Je savais qu'elle aimait avoir des poussées d'adrénaline, mais pourquoi amener un vampire à un festin-sanguin? Mes nerfs étaient tendus, et j'étais sûr que je bougeai beaucoup plus que n'importe quel vampire qui se respecte devrait le faire, mais j'étais Complètement. Entrain. De. Flipper.
"Es-tu bien sûre que c'est prudent?" lui demandai-je. "Tu emmènes un vampire quelque part où il y a plein de pistolets et de gens. Ça ne me semble pas prudent. Bella, est-ce prudent? Je ne pense pas que ce soit prudent. Les humains sont généralement stupides et ils font des choses stupides d'humains. Tu le sais, tu es humaine. Quelqu'un va se blesser et ensuite? Un saignement de nez ça passe, une blessure par ba-"
"Désolée, je peux pas t'entendre," me dit-elle joyeusement, en montrant les cache-oreilles industriels qui étaient fermement plaqué sur sa tête du doigt, avant d'enlever la sécurité de son pistolet avec un large sourire.
Ignorant ma putain de panique parfaitement rationnelle, je me concentrai sur Bella à la place. Elle avait remplacé son pantalon par un jean large, mais son t-shirt des Goonies lui collait toujours au corps. Les mots Bouffi-bouffon s'étiraient sur sa poitrine, craquelés par le temps et l'usure.
Elle s'était attaché les cheveux pour les éloigner de son visage et de ses stupides lunettes de sécurité. Ses pieds étaient bien plantés au sol, alignés avec ses épaules, les bras tendus et le corps légèrement penché en avant. Pour une humaine, elle visait parfaitement bien, et elle atteignit la cible placée à deux cent mètres presque à chaque fois. Elle absorbait le retour de feu sans jamais perdre l'équilibre. C'était impressionnant pour une si petite chose qui ne devait pas peser plus de cinquante kilos tout mouillé. Son pistolet était vieux, c'était une arme de flic avec un C. gravé sur la crosse. C'était le pistolet de son père, je le savais.
Plusieurs hommes, qui semblaient la connaître, à en juger par le surnom d'Hells Bells' dont ils l'avaient affublé, se rassemblèrent derrière elle, pour regarder ses fesses pendant qu'elle tirait. Elle les ignora facilement, et finit son tir. Je me retins de leur parler, bien que j'en entendis plus d'un se demander quel genre de mitraillette je cachai sous mon imper' digne de Columbine.
"Minute d'humanité," me murmura Bella en glissant son pistolet dans son holster. Je m'appuyai contre le mur et regardai les gens qui se baladait autour de moi avec des pistolets. Cet endroit me rendait nerveux, même malgré toutes les consignes de sécurité. J'aimais les consignes. Les consignes était bonnes. J'avais vécu toute ma vie en suivant des consignes et ça marchait pour moi. Au moins personne n'était ivre.
J'attendis, repoussant mon besoin surnaturel de fuite. Ça n'avait aucun putain de sens. Je n'aurais pas dû être aussi...pas exactement intimidé, mais nerveux en présence d'autant d'humains à la fois. Je n'avais certainement aucune raison d'avoir peur d'eux. Je l'avais déjà fait, je le faisais tout le temps. J'allais faire des courses, parfois; je faisais des apparitions publiques occasionnelles. Ça n'était pas différent.
Bien sûr que si ça l'était. J'étais là avec Bella. Je n'avais jamais vraiment été où que ce soit avec quelqu'un.
Les minutes s'écoulèrent, et ben...aussi tordu et obsédé que ce soit, je savais que Bella ne mettait pas autant de temps à pisser. J'écoutai à travers la foule pour retrouver sa voix de soprano rauque.
"Allez Bells..." J'entendis la voix bourrue juste au-dessus du bavardage incessant de la foule. Je me glissai à travers la foule sans soucis et cherchai l'odeur chimique de Bella.
"Jimmy, sérieusement, mon ami m'attend," grogna Bella, alors que son rythme cardiaque s'emballait. "Je t'ai dit non." Un grognement enfla dans ma propre gorge alors que je me concentrai sur son odeur: produit de ménage, peur, et pur dégoût.
"Tu ne m'as jamais laissé ma chance," insista ce Jimmy. "Allez, bébé, ne sois pas com...merde, merde, merde, je suis désolé. J'y vais, j'y vais. Non veut dire non, j'ai compris. Sérieusement ne me ta-"
"Y'a un problème, Bella?" demandai-je en arrivant. Un petit homme corpulent avec une barbe recouvrant son cou avait coincé Bella, mais ses mains étaient en l'air, comme un cambrioleur pris en flagrant délit. Le sourire de Bella était sauvage, ses mains serrées sur ce qui semblait être un taser...
Pressé droit contre son entre-jambe.
"Rien que je ne puisse pas régler," me dit Bella en repoussant Cou Barbu, et en glissant son taser dans son soutien-gorge. Ça ne me semblait guère prudent.
Cou Barbu gigota, mal à l'aise, et me regarda avec hésitation. Il se frotta la nuque avec méfiance et je lui souris un tout petit peu trop largement. Il grimaça et je souris encore plus.
"Je vois que tu as amené un ami," dit-il en s'étranglant sur ses mots alors que je m'approchai de lui en plissant les yeux avec une expression très tu-chasses-les-cerfs-je-te-chasse-toi sur le visage.
"C'est ce que je t'avais dit, connard," répliqua Bella. "Voici Peter. Il peut toucher la zone rouge de la cible arrière," dit-elle sans préambule. Cou Barbu renifla, oubliant apparemment sa peur. Il leva les yeux au ciel et fit claquer sa langue contre ses dents jaunes.
"Même moi je peux pas faire ça, ma fille. Personne n'a jamais réussis à toucher à une telle distance. Il doit y avoir au moins cinq cent mètres. C'est impossible sans un fusil d'assaut," dit Cou Barbu dans un grognement, avant de plisser les yeux pour me regarder de haut en bas. "Et certainement pas pour une lopette en cravate."
Les mots sortirent de ma bouche avant même que je réalise que j'étais entrain de parler, et je me rappelai qu'il y avait une bonne raison pour laquelle j'évitais les gens. Bella n'était pas exactement un modèle d'interaction sociale, et apparemment, elle déteignait sur moi. "Vaut mieux une cravate qu'un cou barbu, je pourrais atteindre cette cible avec les yeux fermés."
Bella renifla et murmura d'une voix si basse que j'étais sûr d'être le seul à avoir entendu, 'Un cou barbu! Bonne blague!'
Cou Barbu me lança un regard noir et claqua à nouveau la langue. "Hin-hin. Tu veux parier?"
Les yeux de Bella s'illuminèrent, et elle se glissa entre lui et moi, "Qu'est-ce que t'es prêt à parier, Jimmy?" demanda-t-elle avec excitation en sautillant sur place. Cette petite merde ressemblait à une gamine le jour de Noël.
Nous lançant un regard noir à Bella et moi, Cou Barbu se gratta les quelques poils parsemés sur son visage, "100$ s'il gagne. Il a trois chances. Si je gagne...tu sors un soir avec moi."
Le sourire de Bella devint diabolique et ses doigts fins serrèrent mon bras avec excitation, "300$, et si tu gagnes, je t'embrasserais devant ta môman."
Cou Barbu s'étrangla un moment avant de devenir complètement rouge. Il souleva sa vieille casquette couverte de tâches pour glisser sa main dans ses cheveux roux qui commençaient à se faire rare. Le visage de Bella était victorieux, et même moi je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu amusé.
"L'heure tourne, Jimbo, t'es d'accord ou non," renifla Bella en croisant ses bras sur sa poitrine.
Sortant de sa stupeur, Cou Barbu se redressa, "Un dîner chez ma mama, et tu te comporteras comme une dame," répéta-t-il rapidement en voyant le visage satisfait de Bella. "Il ne touchera rien. Ma mama va t'adorer, Bella."
"Le pari est lancé. Viens Peter, tu joues pour mon honneur," me dit Bella en me tendant le cache-oreille, et en me tapant sur les fesses. Je me raidis et lui lançai un regard noir à travers mes lentilles de contact, mais, avec elle, de tels gestes étaient toujours vains.
On me banda les yeux, ce qui m'amusa beaucoup, puisque je pouvais voir à travers le fin tissu noir aussi bien que sans et il ne faisait aucun doute que Bella le savait aussi. Mais par esprit sportif, je fermai les yeux et tendis le bras de mémoire.
La cible était à cent cinquante mètres environ, la moitié d'un terrain de sport, et faisait environ du deux mètres sur deux. Maintenant, j'étais sûr que certains humains pourraient probablement réussir ce tir avant les talents nécessaires, mais ça n'avait pas vraiment l'air facile. La Zone Rouge, comme l'avait appelé Bella, était de la taille d'un grain de raisin. Ce n'était rien de plus qu'un point dans la distance pour un humain, mais c'était clair comme du cristal pour moi. C'était très facile, et si le type n'avait pas été un pervers, je me serais sentis mal. Peut-être.
Bella n'était vraiment pas un modèle.
Il mangerait tout seul avec sa môman, ce soir.
Je tirai trois salves, et m'assurai que la troisième salve soit un peu trop à gauche. Ça le ferait pas si les trois balles touchaient le même putain de point. Bella chantonna derrière moi, "Gagné trois cent dollars, gagné trois cent dollars, gagné trois cent dollars!" et je n'avais même pas besoin de me retourner pour savoir qu'elle était entrain de danser comme une folle.
Lorsque je me tournai, après avoir posé le pistolet et le cache-oreille, je me retrouvai pressé contre la barre de sécurité, ses doigts agrippant mon imper', et sa bouche contre la mienne, chaude et sèche et oh putain de merde, Bella était entrain de m'embrasser.
Moi.
Ce fut fini avant même de commencer, et Bella recommença à bondir partout en se vantant. Lorsque j'enlevai mon bandeau, Cou Barbu était entrain de la payer en lui donnant des billets de vingt dollars, des billets de cinq dollars, et des billets de un dollars qui étaient clairement destinés à des strip-teaseuses. Je restai silencieux durant cet échange, et réfléchis à mon propre échange précédent.
Ma peau picotait et je repoussai cette putain d'envie de fillette de toucher ma bouche. Elle était toujours chaude et bizarre, et je déglutis sans trop savoir quoi en penser. J'étais un cérébral, pas un manuel. Pas que j'ai fais quoi que ce soit...vraiment. On m'avait fait ça, pas que je...pas que je...que je...je ne savais pas.
"Peter?" La voix de Bella s'infiltra dans le brouillard qui avait envahi mon cerveau, et je découvris qu'on était déjà dans la voiture, et sur le point de nous engager sur l'autoroute. "Je...je suis désolée de t'avoir embrassé."
"Vraiment?" lui demandai-je, sincèrement curieux. Je ne pouvais pas me sentir insulté, je n'avais pas encore décidé si j'étais bouleversé ou non. Je savais que je n'aurais pas dû être bouleversé, je veux dire, elle n'avait fait que m'embrasser. Je n'étais probablement pas bouleversé, ça me semblerait stupide de l'être, mais là encore...putain. Je ne savais pas ce que j'étais.
Elle se mordit les lèvres et battit des cils. "Si ça t'a bouleversé, oui. Je ne voulais pas...je veux dire, je n'ai pas réfléchis. Je ne pensais pas que...je sais pas. Je suis désolé si je t'ai mis mal à l'aise, je suppose."
Je regardai par la fenêtre, essayant de m'accrocher à n'importe quelle distraction. "Je ne suis pas mal à l'aise."
"Tu es très silencieux," me fit remarquer Bella. "Je ne sais pas ce que ça veut dire, donc je suppose que je t'ai mis mal à l'aise."
"Je ne le suis pas, enfin je ne pense pas. Ce serait vraiment stupide d'être mal à l'aise à cause de ça," grimaçai-je. "Les premiers baisers sont toujours bizarres, en tout cas, c'est ce que j'ai entendu dire."
Bella me lança un regard torve et écrasa le frein au feu rouge, frappant le volant avec un 'oomph' avant même que sa ceinture ne puisse la retenir. "Premier baiser?"
Je soupirai, et continuai à regarder par la fenêtre. Bordel, pourquoi lui avais-je dit ça? Je n'avais jamais autant voulu être un menteur que dans ces quelques instants, "Je te l'ai déjà dit avant, il y de nombreuses situations dans lesquelles je ne suis pas...compétent. Je suis un génie, mon Q.I ne peut pas être calculé. Je connais pratiquement tous les secrets de l'Univers, je veux dire, j'ai la connaissance théorique. Mais je n'ai que la théorie, pas l'expérience. Je ne fais pas les choses. Je les pense. Donc...il y a quelques expériences que je ne peux pas comprendre à cause de ma nature de vampire, et de ma nature d'avant. C'est une de ces expériences. Désolé."
"Désolé?" Bella coupa le moteur dans l'allée de son garage. "Désolé? Bordel, pourquoi t'es désolé? J'ai...j'ai endommagé ta vertu! J'ai violé ta bouche! Je l'ai ruiné!" cria-t-elle presque en levant les mains au ciel et en grimaçant lorsqu'elles cognèrent et contre le volant et contre le toit du véhicule.
"Tu n'as pas violé ma bouche," rigolai-je. Que faire d'autre? Ma vertu, en effet, si seulement elle savait. "Vraiment Bella, que ma vertu soit endommagée, comme tu le dis, ce n'est pas si terrible. C'est juste que c'est embarrassant que ce soit mon premier baiser. Je suis un humain de vingt-huit ans, un vampire de cent cinquante ans et un-" Oh merde.
"Un quoi?" me demanda-t-elle en marmonnant dans sa barbe.
Un Ange âgé de plus de mille ans, allez Peter, tu peux le dire. Si elle peut. "Un millionnaire," mentis-je.
Oh putain de merde, j'ai menti. J'ai menti, je suis un menteur, un menteur qui ment. Enfin, techniquement, ce n'était pas un mensonge, j'étais un millionnaire...
Bella grogna, "J'ai ruiné ton premier baiser."
"Ça ne compte pas," répliquai-je, et je compris mon erreur avant même que Bella ne me hurle sa réponse accusatrice en agitant le doigt sous mon nez.
"Alors tu admets que je l'ai ruiné!"
Je soupirai et fis le tour de sa voiture avant même qu'elle puisse n'ouvrir la portière. Ce n'était pas la chose la plus sage à faire en plein jour, même si le temps était couvert, mais je n'avais sentis aucun humain dans le coin.
Attrapant son coude pour l'aider à sortir de la voiture, je l'entraînai ensuite vers l'allée menant à sa porte d'entrée. C'était l'heure de son déjeuner, et je savais qu'elle avait faim. "Oublie ça, okay? Je ne suis pas bouleversé, mais plutôt surpris. Je suis content que ce soit fait, et que ce ne soit plus une chose de plus flottant au-dessus de moi pour me murmurer à l'oreille, 'tu es une anomalie parmi les anomalies."
Elle me lança un regard emplis de reproches avant de se diriger vers la cuisine, "Tu n'es pas une anomalie, Peter."
Je ne répondis pas verbalement mais haussai un sourcil à la place. Bella leva les yeux au ciel. "Très bien, tu n'es pas une plus grosse anomalie que n'importe lequel d'entre nous."
"Pour ce que t'en sais," répliquai-je en m'appuyant contre son plan de travail alors qu'elle éminçait une laitue dans un saladier, "Mais pour le moment, je suis un vampire asocial, obsédé et vierge qui a plein de chats et pas d'amis. Si j'étais humain, je suis prêt à parier que je vivrais dans la cave de mes parents."
Bella sourit et tendit la main par-dessus le comptoir en granit noir pour me serrer la main. Ses caresses étaient nonchalantes, mais elles me rendaient nerveux. Je n'avais jamais vraiment été touché. "Je suis ton amie," me rappela-t-elle doucement, "et je suis une écrivain de Romances Vampiriques pour Ados qui est sur-médicalisée, occasionnellement suicidaire et asociale aussi. Et tous mes amis sont des créatures mythiques. Donc...voilà."
Plus tard ce soir-là, on s'assit sous son porche pour regarder les étoiles combattre les lumières de la ville. Bella s'alluma une autre cigarette et posa ses pieds sur la rampe.
"Si tu pouvais remonter dans le temps et empêcher ta transformation en vampire, qu'est-ce que tu aurais fait de ta vie?" demanda-t-elle en faisant des cercles avec sa fumée. Ils flottèrent dans l'air et se dispersèrent, un, deux, trois, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien.
"Je serais rentré chez moi," répondis-je honnêtement, enfin aussi honnêtement que je le pouvais. "Je n'aurais pas eu le choix."
"Tu n'aurais pas voulu?" me demanda-t-elle en se tordant le cou pour me regarder. J'étais perché sur la rampe parallèle derrière elle.
Je levai les yeux au ciel parce que je ne voulais pas croiser son regard. "Histoire de famille, tu sais? J'ai toujours été destiné à marcher dans les traces de mon père. Enfin, autant que mes frères et moi le pouvions."
"Pas de soeur?" me demanda Bella, bien consciente que le sujet me mettait mal à l'aise et essayant d'en changer. Elle tapa sa cendre par-dessus la rampe avant de se renfoncer dans sa chaise.
Je souris. Il n'y avait pas de femme au Paradis. Techniquement, il n'y avait pas d'hommes non plus, mais tous les Anges étaient créés à l'image d'un homme. "Pas de soeurs."
"Grande famille?" insista-t-elle avant d'inhaler lentement sa fumée. Elle dansa sur ses lèvres, presque solide, presque corporelle, avant de descendre dans sa gorge, dans son corps. Putain, elle rendait tout sexuel.
Je me secouai, forçant mes yeux à se lever à nouveau au ciel. Mes lèvres picotaient, encore, et c'était juste stupide d'être obsédé par ça, mais c'était ce que je faisais. Je m'obsédai, et j'étais obsédé, comme une putain de lopette, par ce demi baiser. "Immense famille. Je doute même qu'ils se soient aperçus de mon absence quand j'ai été transformé."
Son regard se reposa sur moi et un demi-sourire apparut sur la bouche qui m'avait donné un demi-baiser, "J'en doute."
Je haussai les épaules, mal à l'aise sous son regard brûlant, "Peut-être."
Elle se détourna et aspira une autre bouffée de sa cigarette. La cendre brûlante s'enflamma et tomba sur son haut. Elle la repoussa avec facilité, balayant la cendre froide d'un geste de la main. Ses doigts agrippèrent un fil qui dépassait de son t-shirt et elle se mordilla pensivement les lèvres.
"Je suis contente de t'avoir rencontré," me dit-elle après un long silence gêné. "Je n'avais pas réalisé à quel point les conversations vides de sens me manquait."
"Et dire que je pensais que nos conversations étaient toujours si profondes," la taquinai-je en marchant sur la rampe avant de m'asseoir à côté de ses pieds. "Ça fait du bien de parler. Parfois, je ne sais pas quoi dire, cependant."
Elle me mit un petit coup de pied, enfonçant ses orteils dans ma cuisse jusqu'à ce que je gigote comme un gamin. "C'est dans ces moments-là qu'on ne dit rien du tout.
"On est souvent silencieux," notai-je, en succombant à l'étrange désire de pincer son petit orteil. Elle couina et glissa ses orteils sous ma cuisse.
"Parfois le silence dit beaucoup", dit-elle au ciel, "même plus que les mots."
"Parfois il ne dit rien du tout," répondis-je tout aussi facilement, et comme pour prouver notre propos, aucun de nous n'ajouta quoi que ce soit pour ce qui sembla être une très courte éternité.
Elle fixait le ciel, de la fumée s'échappant de sa bouche en tourbillons opaques. Elle se lécha les lèvres et je détournai les yeux. Je me sentais...bizarre. Désir. C'était ce que je ressentais. Je voulais. Il y avait très peu de choses que j'avais jamais voulu, à part rentrer à la maison. Mais je voulais sa bouche de la pire des façons, et je me sentais coupable de ça. Ingrat, peut-être. Elle m'avait embrassé parce qu'elle le voulait, et ce n'était pas assez. En vouloir plus voulait dire que ça avait été vide de sens, même si ça l'était. Ça ne voulait rien dire, mais je voulais que ça veuille dire quelque chose. Je voulais, Seigneur, c'était mal, mais je voulais.
C'était mal.
Mes yeux parcoururent la longueur de ses jambes, en partant de son pied qui était glissé sous moi, couvert par des chaussettes montantes multicolores. Elle avait rapidement abandonné son jean en faveur d'un short qui dévoilait ses genoux. Elle était si pâle, presque éthérée, mais purement humaine. Une large cicatrice barrait son genou gauche, et était entourée de plusieurs autres petites cicatrices, résultat de points de suture ou d'agrafes.
"Je me suis broyé le genou quand j'étais en sixième," dit Bella, rompant ainsi le silence. Mes yeux se relevèrent immédiatement vers les siens pour voir qu'elle me regardait, "C'est ce que tu regardais, non? La cicatrice?"
"Tu en as beaucoup," répondis-je en me disputant mentalement d'avoir été surpris en flagrant délit. Observer quelqu'un était une chose si humaine, comme d'être surpris en flagrant délit. Je n'avais pas besoin d'observer quoi que ce soit, un coup d'oeil et je mémorisai tout, chaque cicatrice, chaque grain de beauté, chaque défaut et chaque imperfection. Je réalisai soudainement que j'aimais tout simplement la regarder. J'étais une vraie lopette.
Elle me fit un large sourire. "Plus que je ne peux compter. Je n'ai jamais été très gracieuse. J'ai toujours pensé que c'était quelque chose qui disparaîtrait en grandissant, mais ça n'a pas été le cas. Je suis si maladroite que ça en devient presque un handicap." Elle souleva son t-shirt et se tournant, me révélant son flanc et son dos, et je remarquai que ses côtes étaient bien visibles sous sa peau parce qu'elle était beaucoup trop maigre. Une fine cicatrice rose partait de son omoplates pour venir disparaître sous son sein.
"Pêche sur glace avec mon père y'a quelques années. Juste avant qu'il tombe malade. J'ai trébuché en sortant de la cabane et je me suis coupée sur un morceau de métal rouillé. Vingt-trois points de suture et une piqûre anti-tétanique," m'expliqua-t-elle en levant la main droite pour caresser sa cicatrice. Ce mouvement souleva son t-shirt, révélant un soutien-gorge rose layette, qui ne ressemblait tellement pas à Bella que j'en éclatais presque de rire. Elle gratta sa cicatrice brièvement avant de rabaisser son t-shirt et de repousser ses cheveux de son front pour exposer encore une autre cicatrice.
"Celle-là, je me la suis faite en apprenant à faire de la moto avec Jacob. Ça a pissé le sang, en plus. Il ne voulait plus me laisser faire de la moto après ça," ajouta-t-elle, en bougonnant.
"C'était plutôt irresponsable de mettre une maladroite suicidaire derrière le guidon d'une moto à la base," répondis-je avec un sourire en coin.
Elle haussa les épaules, et jeta sa troisième cigarette si mes comptes étaient bons, "Eh, il avait seize ans et il croyait qu'il était amoureux de moi. Soit ça, soit il était juste stupide."
Bella, toujours aussi chevaleresque, m'accompagna jusqu'à ma voiture, ignorant mes nombreuses protestations, "Je suis sûr que j'arriverais à la retrouver tout seul, Bella."
"La ferme," grommela-t-elle en me poussant vers la porte. Elle était déjà prête à aller au lit et elle avait déjà pris ses médicaments, "Laisse-moi le faire."
Je soupirai, une étrange habitude humaine que j'avais pris au cours des derniers jours et que je faisais bien trop souvent. C'était seulement la deuxième journée que je passais avec Bella, après tout. "Si ça a quoi que ce soit à voir avec toi, moi et une relation de bouche à bouche, je ne veux rien entendre."
Elle se força à garder un visage sérieux et ravala son éclat de rire, "Ça a tout à voir avec une relation de bouche à bouche. La notre. J'ai ruiné quelque chose qui aurait dût être spécial. J'ai l'impression de...t'avoir volé quelque chose. Je ne sais pas. Je me sens mal. Et il en faut beaucoup pour que je me sentes mal vu que je prends des médicaments pour éviter ça. Donc...ça va me rendre dingue jusqu'à ce que je fixe ça."
"Il n'y a rien à fixer, Bella. Je ne suis pas bouleversé, ni rien. Ça va. J'étais juste...surpris. Je te l'ai dit. Tu m'as pris par surprise.
"Tu n'en as même pas profité!" souffla-t-elle avec exaspération. "Tu aurais au moins dû en profiter."
"Ce n'était pas horrible," lui assurai-je rapidement. Ça n'avait pas été génial non plus, ça avait été ni l'un ni l'autre. Mais là encore, ça aurait pu être complètement nul et je n'en aurais rien su.
Son sourire était plus petit lorsqu'elle releva la tête vers moi, plus personnel; un sourire privé qui me fit frissonner intérieurement, "Je veux la jouer Monopoly sur ce coup-là," me dit-elle, parfaitement sérieuse. "Je veux rejouer."
"Tu quoi?" Je savais ce qu'était le Monopoly. Bien sûr que je le savais. Cependant, je n'y avais jamais joué, ce n'était pas exactement un passe-temps des Anges, ou des vampires-guerriers. Et il fallait être plus d'un pour jouer.
"Rejouer," répéta-t-elle en sortant de notre zone de confort et en envahissant mon espace personnel, "relancer les dés."
"Quels dés?" lui demandai-je, toujours aussi confus, et gêné, et vraiment, vraiment excité parce qu'en dessous de son odeur chimique, Bella sentait vraiment, vraiment bon. Et elle était presque pressée contre moi, presque entrain de me toucher, presque sur moi, et Seigneur, qu'est-ce qu'elle faisait?
"Je veux t'embrasser encore une fois," me dit-elle clairement, ses mains glissant le long de mon imper' pour venir s'enrouler autour de mon cou.
"Tu ne devrais pas vouloir ça," marmonnai-je en levant la tête pour éviter de la regarder, "tu ne me connais pas."
"Reviendras-tu?" me demanda-t-elle en glissant ses doigts dans mes cheveux. Je ravalai un ronronnement parce que ce n'était certainement pas approprié.
"Si tu veux que je revienne, alors oui," répondis-je finalement. "Ça va rendre les choses bizarres."
Elle se balança des talons à la pointe des pieds, réussissant à se rendre étonnamment plus grande. "Ça n'a pas à l'être. Je fixe juste ce que j'ai ruiné. C'est tout."
"Tu n'as pas à faire ça."
"Si."
Ce n'était pas approprié, rien de tout ça n'était approprié. Je l'avais rencontré au supermarché, j'avais changé son pneu, je l'avais espionné. On avait regardé Buffy, et tiré sur des trucs. J'étais un vampire. Elle était une humaine. On était au deuxième jour de cette relation humano-vampirique, comme elle l'appelait. Oh Seigneur, ce n'était pas appropr...mphm.
Sa bouche était à nouveau posée sur la mienne, et ses mains étaient dans mes cheveux, ses ongles griffant légèrement mon crâne et je ne pus pas m'empêcher de ronronner contre sa bouche. Ce baiser était aussi chaud et sec que le précédent, et j'en étais reconnaissant, parce que s'il était quoi que ce soit de plus, et je pensai que je mourrais pour une quatre mille soixante quatorzième fois.
Mes mains, qui ne savaient pas quoi faire, se posèrent sur ses hanches, trop effrayées pour serrer, et ne souhaitant pas la repousser. Elle pressa sa bouche contre la mienne plus fort, et malgré chaque alarme criant dans mon corps que c'était mal, je répondis à son baiser, toujours aussi incertain, mais étrangement avide. Ses mains se serrèrent et sa bouche s'ouvrit pour attraper ma lèvre. Déposant un dernier baiser sur ma bouche, Bella recula, mais garda ses mains sur mes épaules; elle semblait légèrement abasourdie.
"C'est ça, euh...j'espère que c'était euh...meilleur," dit-elle à mon imper avant de relever la tête. "Meilleur?"
Je m'éclaircis la gorge, gêné, "Meilleur."
Son sourire était éblouissant, comme toujours, même si sa canine gauche était un peu trop avancée par rapport à ses autres dents, et qu'elle avait un plombage dans la prémolaire droite. "Appelle-moi demain, okay. Ne laisse pas ce baiser rendre les choses bizarres. C'est un ordre."
Chat m'attendait sur le pas de la porte avec une expression impatiente. "Hey, je t'avais bien dit que je serais un propriétaire merdique, à quoi tu t'attendais?"
"Miaou."
"Bon, tant que tu comprends," marmonnai-je en traversant le couloir. Il me suivit joyeusement et bondit sur mes genoux dès que je m'assis à mon bureau. "J'ai du travail à faire."
"Miaou."
"Va-t'en."
"Miaou."
"Bon sang, Chat," grommelai-je en attrapant une poignée de la peau qu'il avait en trop pour le poser sur mon bureau. "Reste là, et ne chie pas sur mes affaires."
Mon esprit était ailleurs alors que je dessinai les prototypes pour Ford. Chat se roula en boule et me regarda en léchant sa peau sans poils. Bella, bien sûr que je pensais à Bella. Le premier baiser m'avait surpris, m'avait rendu confus, m'avait perturbé. Mais le second baiser...j'étais toujours aussi excité.
Elle avait été prudente, elle avait empêché son corps de se presser contre le mien. Pas que ça me dérangeait, je serais mort une fois de plus si elle avait découvert que j'étais dur comme la pierre. Mais ses mains, elle m'avait tenu si fort que ça avait presque fait mal. Presque comme si elle en voulait plus...mais ce n'était pas le cas. Elle voulait juste fixer ce qu'elle considérait comme une erreur. Ce n'était pas...ce n'était pas quelque chose qui devait m'obséder.
Mais je ne serais pas moi si ça ne m'obsédait pas.
"Ça ne voulait rien dire," m'exclamai-je à voix haute, en posant un second dessin sur la pile, "elle n'a fait ça qu'à cause de ses médicaments.
"Miaou."
"Mais...ça n'explique pas le premier baiser," marmonnai-je en me reculant sur ma chaise. "Elle était juste...elle était juste excitée. Heureuse. Ça ne voulait rien dire."
"Miaou."
"Elle pensait qu'elle avait...endommagé ma vertu. Seigneur, je suis un idiot, non? J'étais un Ange, pas un putain de moine. Je n'avais pas le choix!"
"Miaou."
Je haussai les épaules, comme si Chat m'avait vraiment posé une question. Parfois, je me demandais si c'était pas le cas, s'il ne me parlait pas, à sa façon. "Je ne sais pas si j'aurais fait quoi que ce soit différemment si j'avais eu le choix. J'ai clairement le choix maintenant, et je n'ai rien fait de différent.
"Miaou."
"Les pensées ne comptent pas. Je peux penser à ce que je veux. Je n'agis pas. Et en plus, je n'avais pas ce genre de pensées avant de la rencontrer."
"Miaaaaoooou."
"Elle m'a embrassé, de toutes façons. Je ne l'aurais pas embrassé. Donc est-ce que ça compte? Est-ce que je fais les choses différemment? Est-ce que je devrais? Je ne sais pas. Ça ne compte pas. Ça ne voulait rien dire."
"Miaou."
"Très bien! Pour elle. Ça ne voulait rien dire pour elle." Je posai ma tête sur le bureau, juste à côté de Chat. "Et même si ça aurait pu signifier quelque chose pour moi, je ne sais pas ce que ça aurait pu vouloir dire. Ça ne voulait rien dire."
Chat siffla, "Fffih."
Je lançai un regard noir à Chat, qui s'était roulé en une pile indistincte à côté de moi, et qui me regardait de ses grands yeux verts. "Bien sûr que ça ne voulait rien dire, Chat, on ne se connaît pas."
"Miaou."
Je lui grattai la tête, sentant son ronronnement vibrer dans ma main, et je me demandai, avec gêne, si c'était la même chose pour Bella quand elle me faisait ronronner. J'espérai que non. Je détesterais être entrain de donner l'équivalent d'une érection à mon chat.
"Rrrrrrrron."
"J'aimerais apprendre à la connaître. Elle...elle est quelque chose d'autre. Quelque chose que je n'ai jamais vu auparavant, et ça ça veut dire quelque chose parce que j'ai tout vu. Elle semble aussi perdue que moi parfois," grimaçai-je alors que Chat me léchait la main, du papier de verre frottant contre ma peau. "Elle me fait ressentir des choses. Des choses bizarres. Je n'ai jamais rien voulu après ma transformation. Mais je veux apprendre à la connaître, je veux...plus. C'est jamais bon de vouloir plus. Je suis dans le coin depuis assez longtemps pour savoir que désirer quelque chose mène souvent à la déception. Les humains se condamnent toujours à la déception."
"Rrrrrrrron," me répondit Chat alors que je le caressai sous le menton. Si seulement les gens pouvaient être satisfaits aussi facilement qu'un chat.
"Je l'aime bien," admis-je doucement, "Je n'ai jamais rien aimé avant."
Nouvelles histoires postées:
-Besoin = Eric/Sookie
-Blessés = Sam/Bella
-Couvre-moi de sucre = Eric/Sookie
-Tourne le dos à la forêt = Quil/Bella
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