Auteur : lifelesslyndsey
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Humour/Hurt/Comfort
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à lifelesslyndsey. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre 7: Maladepire -
-PoV PeterPire-
J'avais rapidement appris que Bella était toujours d'une humeur de merde lorsqu'elle rentrait de thérapie. Les mardis étaient devenus une sorte de rituel pour moi. Elle fulminait, et je la regardai lécher de la glace de ses doigts. J'aime à penser que ça nous convenait à tous les deux. Putain, ça me convenait à moi.
Ce serait le quatrième mardi. Un mois s'était écoulés en une suite sans fin de pop corn et de film d'horreur de série B, depuis que j'avais rencontré Bella. Pas un mois depuis que je l'avais vu à Wal-Mart pour la première fois, sifflotant des génériques télés et soutenant le regard d'un vampire. Pas un mois depuis que je l'avais suivi sur l'autoroute et que j'avais changé sa roue. Mais un mois s'était écoulé depuis que je m'étais assis dans son salon, sur son canapé qui puait le chien, échangeant des morceaux de nos vies et essayant de décider ce que je devrais faire. Elle avait arrêté de mentionner la semaine que j'avais passé à l'espionner, et je ne mentionnai pas le fait qu'elle s'était pissé dessus de rire sur le manège pour enfant à l'extérieur du magasin de nourriture bio. Putain, qui se pissait encore dessus à vingt-six ans? Bella, apparemment. Ça avait vraiment senti mauvais. Et on avait prit ma camionnette, bien sûr.
Nos journées n'étaient jamais ennuyeuses avec Bella. Entre pisser sur des manèges pour enfants, se foutre de la gueule des autochtones, et la petite débâcle avec du savon en bouteille et des caddies, elle nous gardait occupés. Elle aurait un coup de speed, une envie de faire quelque chose, et on irait le faire. Il semblait, que bien qu'apparemment on détestait sortir de chez nous par nous même, on agissait comme une sorte de bouclier contre le monde l'un pour l'autre. Elle avait décidé de prendre sur ses minuscules épaules la charge de me montrer le monde comme je ne l'avais jamais encore vu. Le monde comme elle le voyait. Et putain, Bella se moquait de tout. Personne n'était immunisé contre ses critiques vicieusement humoristiques. Pas les petits enfants, pas les personnes âgées, pas les animaux blessés. Elle leur taillait à tous des costard. La plupart du temps, j'étais juste dégoûté, parfois, je ne pouvais pas détourner le regard. Puis il y avait les moments où je paniquai. Ou les moments où je m'étranglai sur mon propre venin, parce que Bella désinfectait tout, et l'odeur de la javel me brûlait presque autant que du venin.
Notre quatrième mardi ensemble commença avec Bella se cognant la tête dans la porte, sa clé encore dans la serrure. Son sac avait été jeté sur le tapis dans l'entrée, révélant toute sorte de choses: d'un distributeur Pez à du savon en passant par du slime. Pourquoi avait-elle besoin d'avoir du slime dans son sac, je ne le saurais jamais. Putain, je ne voulais probablement même pas le savoir. On ne savait jamais quand ça concernait Bella.
"Stupide. Stupide. Stupide," marmonna-t-elle entre les bang, bang, bang.
Je glissai silencieusement jusqu'à elle, m'appuyant contre le mur en fausse brique de sa maison. Sa voisine, Gladice, nous lança un regard noir alors son roquet chiait quelque chose de plus gros que lui dans les rosiers séparant les pelouses. Terrifiant la vieille femme avec un large sourire révélant toutes mes dents, j'attrapai Bella par le col de sa chemise avant qu'elle ne puisse se cogner à nouveau la tête. Ses voisins étaient déjà tous convaincus qu'elle était folle vu les mesures de sécurité qu'elle prenait, et ça, ça n'aidait vraiment pas.
"Tu ne parles pas de moi, j'espère," la taquinai-je en posant ma main sur la marque rouge qui se développait sur son front.
J'avais découvert que Bella était du genre Tactile, avec un 'T' majuscule. Elle était du genre à toucher aussi souvent qu'elle en avait envie, et elle adorait être touchée en retour, comme un chat abandonné en manque d'affection. Et ça ça me connaissait, n'est-ce pas? Les quelques premiers jours avaient été plutôt déconcertants, donc je la retrouvai souvent entrain d'envahir mon espace personnel. Mais elle avait fini par détruire cette putain de barrière en un clin d'oeil. Bientôt, je n'étais que plus qu'heureux d'en faire autant. C'était agréable de toucher quelqu'un que je n'allais pas tuer dans quelques minutes, je devais bien l'admettre. Elle sourit et se pressa contre ma main, et je me forçai à piétiner vicieusement le sentiment grognant de bonheur qui insistait pour brûler en moi. Ce n'était pas le bon moment. Ce n'était jamais le bon moment de brûler pour Bella. C'était un péché réservé seulement aux hommes mortels, et non pas aux hybrides vampiro-angélique qui avait des troubles de la personnalité et qui s'était retrouvé abandonné par Dieu suite à une série de circonstances malheureuses.
"J'attends que tu dises 'Le pouvoir du Christ t'oblige!" gloussa-t-elle en me regardant de dessous mon poignet.
"Quoi?" m'exclamai-je en enlevant brusquement ma main. "Quoi? Non. Euh...je t'ai ramené ta préférée." Et bien, n'était-ce pas subtil? Bien sûr qu'elle ne parlait pas littéralement, putain. Je devais me ressaisir.
Elle se redressa à ça. "Karmel Sutra?"
Je lui montrai la glace en grimaçant au nom. Les humains. Ils étaient tous obsédés. Je ne valais, à ce point, pas mieux qu'eux, bien sûr. Bella m'avait vraiment pervertis, et je n'arrivai pas à le regretter. Tant que je restai du bon côté du Légèrement Obsédé Sexuel, je pourrais vivre avec mes nouvelles pensées inappropriées. "Et les rondelles de cornichon que tu aimes, petit monstre."
"Dit le vampire à l'humaine," répondit-elle d'une voix chantonnante en tournant la clé et en ramassant son sac. "Les mardi craignent vraiment."
"Tu dis ça chaque mardi," lui rappelai-je en posant sa saloperie de nourriture sur le comptoir. La cuisine sentait la javel et le produit pour les vitres et le sang. "Est-ce que tu t'es coupée ou un truc de ce genre?"
Les épaules de Bella se tendirent, la seule indication qu'elle ne disait pas toute la vérité parfois. Je n'avais jamais eu l'impression qu'elle me mentait, mais plutôt qu'elle ne mentionnait pas certains détails. Mais je n'arrivais pas à me convaincre d'insister. Elle me dirait ce qu'elle voulait me dire de toute façon, et j'étais aussi satisfait de notre situation que possible, considérant que je passai la plupart de notre temps ensemble complètement confus. Et avec la trique.
"J'ai saigné du nez. L'air de la maison est trop sec." Elle sourit, "Le doc pense qu'il est temps que j'arrête de prendre certains de mes médicaments," ajouta-t-elle et je sus que c'était la vérité. C'était une très mauvaise menteuse, je me demandai si elle le savait. "Il dit que certains d'entre eux n'ont plus la même efficacité qu'avant."
"Et ça te pose problème? Je ne peux que supposer après t'avoir vu te fracasser la tête dans la porte," lui demandai-je, abasourdi, avant de lui tendre une cuillère lorsqu'elle plongea son petit doigt dans la glace. "J'aurais cru que ça te ferait plaisir."
Elle haussa les épaules et lécha du caramel sur ses doigts, des filaments de fils dorés se collant à ses lèvres. C'était obscène, son amour pour la glace, et pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de l'inciter à continuer. Après tout, je lui achetai cette merde.
"Je..." Elle s'interrompit et se lécha les lèvres, laissant sa langue glisser lentement sur sa bouche pour récupérer ce qui restait de caramel. Agrippant le comptoir, je dissimulai ma queue qui était entrain de se dresser rapidement dessous et l'incitait silencieusement à arrêter cette merde avant que je ne me vide dans sa cuisine. J'étais pratiquement certain que je pourrais faire un trou dans son plan de travail en granit avec l'érection vieille de quatre semaines que j'avais. "J'ai...j'ai peur que ce ne soit plus pareil, tu sais? Ça fait longtemps que je les prends. Et si...et si plus personne ne m'aime. Et si j'en ai vraiment besoin? J'ai...j'ai peur de ressentir quoi que ce soit, après tout ce temps. Et si ça fait mal?"
Quelque chose se serra étrangement en moi, et je fronçai les sourcils. "Ce sera probablement le cas," admis-je. "Mais ne serait-ce pas mieux de ressentir quelque chose plutôt que rien du tout?"
Elle appuya sa tête sur ses mains, ses cheveux créant un rideau autour de son visage, des mèches folles trempant dans la flaque de glace fondue sur le comptoir. Les humains étaient si négligés. "Je ressens des choses, parfois. Genre...Je suis heureuse quand tu es là." Couinement excité de petite fille très peu viril. "Et si...et si quand j'arrête mon traitement...et si c'est plus la même chose?"
"Oh." Je m'interrompis. "Oh. Bella, tu ne peux pas...ne continue pas à les prendre à cause de moi. Je veux dire...si t'arrêtes de les prendre et que tu réalises que ce n'est pas vraiment dans ton meilleur intérêt d'être amie avec un vampire, je comprendrais." Putain, non, je comprendrais pas. Mais je n'allais pas lui dire ça. Je n'étais pas aussi égoïste.
Elle me regarda de ses yeux étrangement brillants, "Ce n'est pas..." Elle s'interrompit et mordit ses lèvres caramélisées. "J'aime t'aimer."
"Ben cool. J'aime que tu m'aimes." Je soupira en tambourinant des doigts sur le granit. "Bella, arrêtes de prendre tes médicaments. On verra en temps voulu. Le bon comme le mauvais et toute cette merde," lui assurai-je bien que je n'étais pas vraiment confiant sur le moment.
Elle me fit un sourire, un de ses larges sourire que je ne pensais vraiment pas mériter là. "Merci Peter."
Je quittai Bella tard ce soir-là, pour mon euh...rendez-vous mensuel. J'avais trouvé ce triste bâtard tanguant hors d'un bar du sud de la ville, puant le gin, la mort et le désespoir. Même ivre, il avait attrapé ma carte de ses gros doigts gluants avant même que je n'ai fini ma proposition mélodramatique.
Walter Freedmont avait quarante-six ans et il souffrait d'obésité morbide. Il mourrait d'une mort lente et douloureuse. Il demanda à être endormi lorsque j'arriverais. Ça me surprenait sans cesse de voir la lâcheté de la plupart des hommes face à la mort, même face à la magnifique perfection vampirique que j'incarnai. Tout comme me surprenait toujours le courage que les femmes montraient face au même destin.
Il vivait dans une maison merdique qui tombait en ruine, à une demi-heure de Seattle, entourée par la forêt et des carcasses de voitures. J'entrai sans un bruit, et sans rien d'autre que les ténèbres de la nuit pour me dissimuler, bien que l'endroit était désert. Sa maison puait tellement la pauvreté, la dépression et les excréments humains que je fus forcé de ravaler la nausée venimeuse qui me brûla la gorge. Il y avait aussi une myriade d'autres odeurs flottant dans la maison, nourriture avariée, personne obèse crasseuse, chair en putréfaction. L'odeur était pestilentielle. Si j'avais été cet homme, j'aurais moi-aussi eu hâte de mourir. Walter Freedmont avait perdu toute volonté de vivre.
Walter était endormi sur sa canapé, son estomac gélatineux et poilu pendant dans le vide, dépassant de sous son marcel jaune. Je grimaçai en voyant les plaies brunâtre qui entouraient ses lèvres, et disparaissaient sous la barbe qui semblait lui manger la moitié du visage. Son pied était posé sur l'appuie-bras du canapé, ses orteils pourrissant de gangrène. Il était une loque. Une loque malade. Une loque malade et à l'agonie. Ses cheveux gras étaient plaqués sur sa tête en touffe épaisses. Sa peau était dégoûtante, couverte d'une couche de graisse, de poussière et de saleté. A l'idée de mordre là-dedans, je gigotai sur place, et je souhaitai désespérément avoir une des bouteilles de savon de Bella, voir même sa Bouteille d'Antiseptique d'Urgence. Je préférerai boire une bouteille de savon plutôt que de mordre dans cet homme.
Cependant, je m'étais toujours forcé à être impartial dans mes choix. Cet homme avait besoin du soulagement que seule la mort pouvait lui apporter, et il en avait terriblement besoin. Il n'était pas le meilleur des hommes, il avait transgressé plusieurs des sept péchés capitaux. La gourmandise, clairement, et la paresse sans aucun doute. Mais je n'étais pas venu là pour le juger, et Walter n'était pas le pire des hommes non plus. Il était juste un homme, un homme à l'agonie. Walter Freedmont souffrait de tout un tas de choses: d'un Lupus. Du diabète. D'une insuffisance Cardiaque. C'était la combinaison de ces maladies qui avaient raccourci sa vie.
Les personnes souffrant d'un Lupus au stade terminal étaient rares, et généralement misérables. Ce n'était pas la maladie qui les tuait mais les symptômes innarrêtables: lésions de la peau, pertes de mémoire, photo sensibilité, fièvres, troubles respiratoires, perte de cheveux, immuno-déficience, infections, problèmes de reins, anémie, caillots sanguins. L'incapacité à combattre une infection rénale pouvait devenir mortelle, on ne savait jamais avec un putain de Lupus. Si on y ajouter du Diabète et une Insuffisance Cardiaque, c'était une surprise qu'il ait atteint les quarante-six ans. Quelle maladie terrible.
Fouillant dans les poches de mon imper', j'y trouvai une des lingettes individuelles que Bella avait prit l'habitude de laisser dans mes poches au cas où elle se retrouverait en rade en ma compagnie.
J'attrapai son poignet du bout des doigts et nettoyai sa peau dégoûtante. Je jetai ensuite la lingette au sol avant de planter mes dents dans sa chair épaisse et grasse avec hésitation. Son sang était lourd, glissant dans ma gorge avec une consistance gluante. Extrêmement sucré par un excès de glucose, je m'étranglai en buvant gorgée après gorgée et soudainement le monde commença à tourner. Je tanguai en arrière, sentant mes bras pendre lourdement à mes côtés. Je tombai à genoux, submergé par des vagues de nausée...de nausée qui s'écrasait sur moi. La pièce tourna dans un mélange de couleur, et je sentis la moquette dégoûtante contre ma joue lorsque je tombai face contre terre, les bras trop faibles pour me retenir. Putain, qu'est-ce qui m'arrivait?
Alors que j'étais allongé là, dans la saleté, je sentis le sang se répandre douloureusement dans mes veines et je luttai pour retrouver un semblant de lucidité. Mes doigts se convulsèrent à mes côtés alors que je me concentrai pour les relever jusqu'à mes poches, fouillant faiblement dedans jusqu'à ce que je trouve le poids familier de mon téléphone portable. Raccourci et haut-parleur furent trouvé après quatre tristes tentatives et je n'avais jamais entendu un plus beau son que sa voix au réveil.
"Peter?" La voix de Bella était lourde de sommeil, et résonna dans le haut-parleur alors que je galérai à approcher le téléphone de ma bouche. "Peter, il est trois heures du mat'..."
"Bella..." grognai-je, trop faible pour même rouler sur le dos, et à peine capable de garder ma tête soulevée pour lui parler, "Putain...Bella...quelque chose ne va pas...je...je peux pas..." Mes mots furent interrompus par une soudaine remontée de sang noir mêlé à du venin que je crachai sur la moquette.
"Oh Seigneur. Où es-tu?" haleta-t-elle entre deux mouvements, et je lui soufflai l'adresse.
"Dans le district voisin, 5676 Southport, deux kilomètres après la station de train..."
"Juste...J'arrive." Et le téléphone se coupa, me laissant seule avec la tonalité d'attente alors que ma vision était envahie par du rouge et du noir et que je luttai pour rester...réveillé? En vie? Ces mots n'avaient aucun sens pour un vampire...
Le bruit vague de bois claquant contre du bois me réveilla de...la semi-inconscience dans laquelle je flottais. Les Converses floues de Bella furent tout ce que je vis, et je tendis faiblement la main, en vain, parce que ma main remonta alors que je prononçai difficilement les mots, "Mmm, Bellaa."
"Sainte merde," marmonna-t-elle. "Peter, est-ce que tu peux m'entendre?" roucoula-t-elle en se laissant tomber à genoux dans la saleté et le sang.
"Mmmm," grognai-je en soulevant la tête juste avant que la pièce ne change violemment d'axe.
"Ne bouge pas, chut. Je suis là. Peter...tu n'as pas senti la fuite de gaz?" me demanda-t-elle en grognant alors qu'elle me faisait rouler sur le dos. "Oh, merde."
Une fuite de gaz? Avais-je senti du gaz? Ça se pouvait, mêlé à la myriade d'autres odeurs dégoûtantes qui empestaient la maison. J'avais eu hâte de me nourrir et de repartir, trop préoccupé par ce que j'avais à faire pour me concentrer sur quoi que ce soit d'autre.
"Seigneur, t'es lourd," grommela-t-elle en glissant ses bras fins sous les miens. Ma tête tomba, mon menton s'écrasant contre mon torse, et je ne m'étais jamais sentis plus inutile de toute ma vie qu'à ce moment-là, traîné hors de la maison par une fille qui pesait quarante-cinq kilos.
Elle trébucha lorsqu'on atteignit sa voiture et je sifflai, lutant pour reprendre mes esprits en grognant. "Bella...je...je dois le tuer...il va se transformer...si on le laisse comme ça."
M'adossant contre la barrière, elle s'accroupit entre mes jambes. Son visage pâle et flou flotta devant mes yeux, et elle avait plus l'air d'un ange que je ne l'avais jamais été, "Peter," murmura-t-elle en repoussant mes cheveux de mon front avec une tendresse à laquelle je n'étais vraiment pas habitué, "avec une telle fuite de gaz...Il était déjà mort quand tu es arrivé."
Elle travailla lentement, me poussant et me tirant sur le siège arrière de sa voiture avant de m'allonger comme un ivrogne. Mon estomac se retourna, mais j'étais sûr qu'il ne me restait plus rien à vomir à part l'étrange montée de venin que j'étais trop faible pour ravaler, et qui me brûlait en coulant du coin de ma bouche. Je me sentais...malade de chaleur, ma propre peau était bien trop chaude au touché pour que ce ne soit pas inquiétant. J'avais peur...j'avais l'impression de mourir.
Le monde ne fut plus qu'un mélange de couleurs à partir de là, ça et les occasionnels murmures rassurants de Bella. Elle garda le bras tendu derrière elle pour me tenir la main, son pouce dessinant de petits cercles. Ce fut tout ce qui me garda centré, alors que je luttai contre les ténèbres qui avaient envahi mon champ de vision. Je me sentis être touché et bougé, mais mon état de semi-inconscience m'avait reprit, et lentement les couleurs et les bruits disparurent, laissant les ombres ténébreuses libres de me dévorer.
Je flottai entre la conscience et l'inconscience pendant une durée de temps que je ne pus pas mesurer. Ce n'était pas du sommeil, c'était le purgatoire. Un processus de purification ou une punition temporaire. C'était un petit peu des deux, pensai-je. Bella était là, son odeur chimique envahissant mes sens, propre et sèche.
"C'est ça," chuchota-t-elle, en posant sa main sur mâchoire pour la desserrer délicatement. J'étais trop faible pour protester et trop confiant pour hésiter. Un liquide chaud et amer emplit ma bouche, et je m'étranglai, toussant et crachotant alors qu'elle caressait ma gorge comme un chat qu'on forçait à avaler une pilule. "Allez Peter...tu dois boire ça. Fais juste...fais-le pour moi, s'il te plaît," me supplia-t-elle, d'une voix brisée par la peur ou la panique, je n'étais pas sûr, mais je fis ce qu'elle me demandait, laissai le liquide au goût de terre glisser dans ma gorge, faisant disparaître le goût de ce putain de Walter Freedmont.
Lorsque je...me réveillai, à défaut d'un meilleur mot, je fus immédiatement conscient du corps chaud pressé contre le mien, des cheveux éparpillés sur mon torse, et d'un souffle chaud continu effleurant ma peau.
"Bella?" soufflai-je d'une voix rauque, grognant lorsqu'un éclat de lumière se réfléchit sur la peau ruinée et couverte de cicatrice de mon épaule. Mon épaule nue. Pourquoi mon épaule était-elle nue? "Bella!"
"Quoi...Quoi?" Elle se réveilla instantanément, faisant trembler le lit que nous partagions, "Peter! Oh, merci mon Dieu!"
J'étais pratiquement convaincu que ce bâtard n'avait rien à voir avec ça.
Couvrant mes yeux d'un bras, je grognai, "Qu'est-ce qui ahh-" Ma question fut interrompue lorsque mon bras fut enlevé et que de chauds baisers humides furent déposer sur mon visage jusqu'à ce qu'elle m'embrasse finalement sur la bouche avec une force surprenante. Je ravalai ma conviction, peut-être que Dieu me donnait effectivement une récompense. Parce qu'être embrassé par Bella ne pouvait qu'être un cadeau divin.
"Tu vas bien, tu vas vraiment bien," souffla-t-elle en embrassant ma bouche après chaque mot, et je n'avais aucune putain d'idée de ce qui se passait donc j'attrapai doucement son visage pour l'arrêter, nos visage séparés à peine par quelques millimètres, et je réalisai qu'elle semblait vraiment horrible. Du sang recouvrait sa mâchoire, et ses cheveux étaient complètement emmêlés. Des cernes noires soulignaient ses yeux inquiets alors qu'elle me regardait.
"Que s'est-il passé?" lui demandai-je, et elle sourit et pressa son front contre le mien.
"Tu as bu le sang d'un homme mort," me dit-elle en se collant autant à moi que possible, et bien que ce contact était étranger, il était délicieux, et même si je ne comprenais pas pourquoi, je n'allais pas le mentionner, "Et...je ne sais pas...ça t'a rendu vraiment malade."
"Ouais, je me rappelle de ça," murmurai-je. "Qu'est-ce que tu m'as fait boire?"
Elle grimaça, "Du sang de lapin."
"Du sang de lapin?" répétai-je en criant avant de m'asseoir brusquement, la redressant avec moi. Je l'attrapai rapidement par la taille et elle tomba contre moi, atterrissant sur mes genoux. Meilleur siège de la maison, j'dirais. "C'est...et si ça me rendait encore plus malade! Tu peux...pourquoi t'as fait ça? Tu peux pas faire ça!"
Elle me regarda avec une petite ride entre les sourcils, "Pourquoi ça te rendrait malade?"
Je reniflai, "Parce que...parce que les vampires ne peuvent pas faire ça. Ils ne font pas ça."
Clignant des yeux, elle s'installa sur mes jambes, les siennes me chevauchant soudainement, et je réalisai soudainement à quel point la situation était gênante pour moi, parce que ce qui ne pouvait être qualifié que d'érection matinale avait décidé de se faire connaître. "Bien sûr que si. Mon ancien...clan...ils buvaient tous du sang animal."
Ma bouche s'ouvrit et se referma; j'étais incapable de parler alors que j'analysai cette nouvelle information, "Ils...buvaient... Ils pouvaient... Ils survivaient grâce à du sang animal?"
Ses bras s'enroulèrent autour de mon cou et elle enfouit son visage dans le creux de mon épaule. "Oui, bien sûr. C'était plus dur, je suppose, mais ils le faisaient. Je suis si heureuse que tu ailles bien, j'étais tellement inquiète..."
Je la serrai contre moi, "Merci," murmurai-je dans ses cheveux, parce que j'avais peur de faire quoi que ce soit de plus, "D'avoir...pris soin de moi."
Lorsqu'elle m'embrasse cette fois-ci, ce fut différent des baisers frénétiques qu'elle avait déposé sur mon visage, ce fut différent du baiser qu'on avait échangé dans son allée il y a un mois. Elle m'embrassa comme si elle le voulait vraiment, avec de la passion et de la furie, et ses mains se glissèrent dans mes cheveux. Je sentis ses larmes sur mon visage alors qu'elle m'embrassait plus fort, ses jambes s'enroulant autour de ma taille. Je n'avais jamais fait ça auparavant, pourquoi n'avais-je jamais fait ça auparavant? Mais je savais que si ça avait été qui que ce soit autre que Bella, ça n'aurait pas été pareil.
"Ne me fais plus jamais peur comme ça," souffla-t-elle, et je séchai ses larmes du bout des doigts.
"Pourquoi tu pleures?" lui demandai-je, parce que je ne savais vraiment pas, et que ça me faisait peur, et ça aussi ça me faisait peur, l'avoir dans mes bras, et être dans son lit, et l'odeur du sang et de la mort et de ce putain de Walter Freedmont flottant toujours dans l'air. Elle me serra plus fort.
"Je pleure?" demanda-t-elle en touchant son visage, et un petit sourire étira ses lèvres. "Ça...ça faisait des années que je n'avais pas pleuré."
"Pourquoi maintenant?" chuchotai-je, parce qu'elle avait chuchoté, même si la maison était vide, comme si parler à voix haute ruinerait cette étrange transe dans laquelle nous nous trouvions.
"Je...je ne peux pas te perdre aussi," murmura-t-elle. "Tu es censé être invincible, tu n'es pas censé me quitter. Ne me quitte pas."
"Je ne te quitterai pas," promis-je en posant mon menton sur son crâne, "Tout ça..." commençai-je à dire, mais je ne savais pas quoi dire ensuite, donc je m'interrompis, mais j'avais déjà parlé, déjà rompu le lien qui nous avait uni dans cet instant.
"Oh." Elle rougit, et essaya de reculer et de descendre de mes genoux, mais je la retins, et je continuerais à la retenir jusqu'à ce que je ne le puisse plus. "Euh...je suis désolée...je sais...que ça te met mal à l'aise."
"Je ne suis pas mal à l'aise," lui assurai-je, "Mais confus...je ne...qu'est-ce que ça veut dire? Pour nous...c'est...très amical," finis-je stupidement, mais elle sembla me comprendre. "C'est-"
"Je t'aime beaucoup," m'interrompit-elle en me regardant droit dans les yeux. "Et ça fait longtemps que je n'avais rien aimé. Je n'ai pas été...capable d'aimer. Ou de détester. Ou de ressentir quoi que ce soit. Mais je ressens des choses pour toi, même malgré tous les médicaments et les...murs...que j'ai bâti et la nuit dernière m'a fait bien trop flipper pour que je puisse continuer à prétendre que ce que je ressens pour toi n'est que purement...amical. C'est pour ça que j'avais peur d'arrêter mes médicaments...si je tiens à toi maintenant...mais je suis mortelle, je n'ai pas l'éternité, et je ne voulais plus me mentir, et je suis désolée...je sais que tu ne-"
"Je t'aime bien aussi." Et ne l'avais-je pas dit à Chat un mois plus tôt? "Je n'ai jamais rien aimé. Rien du tout. Et tu me rends confus, et t'es vulgaire, et bruyante, et bordélique, et t'as de sérieux TOC, et je t'aime beaucoup, et tu me manques plus que tu ne le devrais quand je rentre chez moi...et..." Je m'interrompis, soudainement gêné par mon admission.
Elle sourit largement contre mes lèvres avant de parler, "On s'aime bien."
"Apparemment," murmurai-je, en permettant à mon sentiment de bonheur de brûler autant qu'il le voulait en moi, n'éprouvant aucun besoin de le piétiner. "Un vampire en pleine crise d'identité, et une humaine sous traitement, chacun ayant toute une liste de manies bizarres."
"On fait bien la paire," sourit-elle.
Je m'appuyai contre la tête de lit et l'attirai contre moi avant de gigoter, "Je vais devoir bientôt y aller. Je dois m'occuper du cadavre..."
Elle fronça les sourcils et remua le nez, "Je m'en suis chargée."
"Quoi?" demandai-je, abasourdi. "Comment?"
Elle haussa les épaules et pressa ses orteils contre mes reins. "J'ai fait exploser la maison. Tout ce qu'il m'a fallut, c'est une cigarette, et à ce moment-là, j'en avais vraiment besoin. Je veux dire...ils découvriront la fuite de gaz et supposeront..."
"Merci," grommelai-je, "J'aurais vraiment aimé que tu n'ais pas à faire ça...Je...me sens coupable. Me diras-tu ce qui s'est passé après que tu m'ais ramené ici? Je veux dire, est-ce qu'il s'est passé quoi que ce soit?"
Elle s'allongea contre mon torse, le visage enfoui dans mon cou pour que je puisse sentir son souffle à chaque mot qu'elle prononçait. "Ben, tu n'arrêtais pas de vomir ce truc noir qui ressemblait à du sirop. Au bout d'un moment...je sais pas...t'étais vide. Ensuite t'as juste continué...à cracher du venin. Je pense que c'est peut-être ton corps qui essayait de se nettoyer ou quelque chose comme ça... Tu étais vraiment chaud, comme si tu avais de la fièvre..." Elle souffla, "Je...n'étais pas vraiment sûre de ce que je devais faire. J'ai pensé que le sang mort était peut-être mauvais pour toi. Il y a un livre parlant de vampires qui dit que boire le sang des morts peut te tuer. Je veux dire...je sais pas, tu peux pas croire à toutes ces conneries, mais ça me semblait probable. C'est soit ça soit le gaz qui t'a empoisonné. Peut-être parce qu'il n'était pas oxygéné, j'en sais rien, je ne peux que supposer. Je savais que je devais te faire boire quelque chose...vers six heures ce matin, j'ai trouvé une animalerie...et tu sais. Je t'ai fait boire du sang de lapin. Ta fièvre a baissé et tu as arrêté de cracher du venin...et ensuite, tu t'es réveillé."
"Pourquoi je suis nu?" lui demandai-je en sentant la chaleur de son rougissement sur ma peau.
"Euh...tes vêtements étaient dégoûtants. Ils sont dans le sèche-linge, si tu veux. Je t'ai un peu nettoyé, t'étais dans un sale état. Sa maison était juste...ugh. Dégoûtante."
"Tu m'as sauvé," rigolai-je. "Tu as sauvé le grand méchant vampire."
Bella renifla contre ma peau. "Ben je suis pas complètement inutile."
"Non, tu ne l'es pas." Je m'interrompis, "Je sais...je sais que je ne suis pas sensé poser de questions à Leur sujet...mais me parleras-tu...de leur mode de chasse...je..."
Elle se recula, "Tu ne veux pas chasser les humains?"
"Non. Pas si je peux l'éviter." Je fermai les yeux. "J'ai été...j'ai été crée dans une époque de destruction...de carnages et de guerre, et tellement de morts. Je ne veux pas...Je veux être bon."
Elle hocha solennellement la tête, ses doigts traçant les cicatrices sur ma peau. "Tu étais...tu étais dans les Guerres Vampiriques...du Sud...n'est-ce pas? C'est là que tu as reçu toutes ces cicatrices?"
"Bella..."
"Je ne parlerais pas de ça," murmura-t-elle. "Mais j'ai entendu parlé de Maria...de son plan et de son...armée de nouveaux-nés. Et j'ai déjà vu des cicatrices comme celles-là."
Je respirai profondément, inutile mais relaxant. "Très peu s'en sont échappé."
"Très peu l'ont voulu, je pense," remarqua-t-elle. "D'après ce qu'on m'a dit...si tu obéissais aux ordres, tu étais bien nourris et souvent. Si tu ne savais pas qu'une autre vie était possible...alors tu ne partais pas."
"Oui," admis-je. "Mais avec mon don...je le savais, et je n'ai pas pu le faire." Je la serrai contre moi, respirant le parfum de ses cheveux, shampoing bon marché, et Bella. "De découvrir qu'il existe un autre moyen..."
"Je t'aiderais. De toutes les manières possibles. C'est difficile, je suppose. Contrôler ton...désir...est plus dur parce que tu le refuses. Tu devras chasser plus souvent, mais...je ne sais pas. Edward disait qu'en se refusant le sang humains, ils étaient capable de regagner une partie de leur humanité. Mais tu me sembles...très humain. Tes yeux vont devenir dorés, cependant, donc tu n'auras plus besoin de porter des lentilles de contacts."
"Je veux essayer," dis-je finalement. "Un jour, Bella, je te raconterais mon passé."
Elle sourit et se pencha pour m'embrasser une fois de plus. "Ça me ferait plaisir. Mais pour le moment, qu'est-ce que tu fais demain? Je pense qu'il est temps qu'on fasse une virée à Forks."
Prochain chapitre : Gigotepire
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