Voilà un deuxième chapitre. J'avoue ne pas savoir si je vais finir cette fiction, car je suis plutôt démotivée, n'ayant que peu de visite (une soixantaine apparemment) et aucun commentaire. Je me demande si ma fiction plait honnêtement. Je me demande si je ne me suis pas trop éloignée du schéma standard sasu/saku, ou si tout simplement mon style et mon histoire ne sont pas bons.
Bref. Voilà un deuxième chapitre posté sans grand enthousiasme, mais bonne lecture tout de même.
Bande-son du chapitre:
My Morning Jacket - Wonderful (The Way I Feel)
M83 – We Own The Sky
Radiohead – Nude
Radiohead – Go Slowly
Chapitre deuxième
La bassine pesait contre sa hanche nue, mais Sakura se dit que ce n'était pas un lourd tribut à payé. Elle avaient décidé de ne pas utiliser les douches, trop peu économes en eau, et mettait les trois litres qui lui servaient à se laver dans une grande bassine où elle se tenait assise, les jambes repliées.
Sakura aimait se laver dans le poste de pilotage du vaisseau. La vue y était magnifique, avec cette immense baie vitrée de sept mètres sur deux de laquelle on pouvait admirer les étoiles.
C'était à la fois une chance et une malédiction que d'être ici.
La bassine avait laissé une légère marque rouge sur sa hanche. Le récipient n'était pas lourd en lui même, mais Sakura y avait mit à plat les deux bouteilles d'un litre cinq d'eau qui lui serviraient.
La jeune femme posa son fardeaux au sol, plia à coté de la bassine sa serviette et déposa dessus une des deux bouteille.
Elle s'était munie d'un petit rond jaune et mou qu'elle ne savait pas être une éponge naturelle, mais dont elle avait saisie l'utilité en la trouvant sur le bord d'une baignoire.
L'eau était d'une tiédeur appréciable contre sa peau.
Sakura n'était pas habituée aux vingt trois degrés celsius qui régnaient dans le vaisseau. Sur sa planète, les températures les plus chaudes étaient de l'ordre des vingt degrés, et la brise veillait toujours à rafraichir les habitants de Tecla 3. La chaleur n'était pas insupportable, mais pas des plus agréables non plus, et se débarbouiller le corps était un vrai plaisir.
Tandis que Sakura faisait courir l'éponge le long de ses bras blancs, debout devant l'univers, une question lui vint à l'esprit: pourquoi ce vaisseau, de toute évidence teclin, possédait-il tant d'objets étranges en son sein, et sans doute terriens en vue du niveau d'apesanteur et de la température régnant dans ses locaux ?
Car la jeune avait aussi remarqué qu'elle se sentait plus légère qu'avant, sur Teclin 3. Assez même pour faire des sauts d'une longueur de plus de trois mètres, quand avant elle n'en faisait que d'un maximum de deux mètres.
Sakura soupira de bien être et laissa filer les questions qui trottaient dans son esprit. Elle rouvrit la bouteille déjà entamée, et en versa un peu du contenue sur ses cheveux incarnadins. Le shampoing qu'elle avait prit était à la vanille, une plante exotique dont elle n'avait pas l'habitude, car terrienne.
Le produit créa une abondante mousse blanche à l'odeur douce et sucrée.
Sakura sourit.
C'était de petites choses comme ça qui l'aidaient à sortir de l'apathie dans laquelle elle refusait obstinément de tomber.
Se balader dénudée lui convenait très bien.
Les teclins n'étaient pas un peuple pudique, et la nudité n'y était pas vue de la même façons que sur Terre. Les habitants de Teclin 3 ne se promenaient pas non plus toujours sans habilles, loin de là, mais c'était simplement que le corps n'était pas quelque chose de perçu comme intime.
L'esprit, les sentiments étaient intimes. Le corps, lui, était quelque chose de beau, qu'il fallait savoir mettre en valeur sans honte.
Sakura n'éprouvait donc pas la moindre gêne à ne porter aucun vêtement. Après tout il faisait chaud, et puis elle était seule. Et même si cela n'avait pas été le cas, cela ne l'aurait pas plus dérangé.
C'est donc très naturellement que la jeune fille abandonna sa serviette après s'être lavée.
« Allo ? Est ce qu'il y a quelqu'un ? Je m'appelle Sakura Haruno, j'ai seize ans, je suis teclin. Le vaisseau dans lequel je suis actuellement dérive. Il n'y a plus personne. Aidez-moi s'il vous plais. »
Personne ne répondit.
Sakura soupira, dépitée, et secoua ses longs cheveux de gauche à droite, puis grimaça. La blessure qu'elle s'était faite en tombant du cocon d'hibernation n'était pas totalement refermée, et tiraillait au moindre mouvement. Il arrivait régulièrement que la plaie saigne un peu, et quand la jeune femme toucha la meurtrissure, elle en retira sa main tachée du sang blanc irisé spécifique à sa race.
Cela faisait près d'une semaine qu'elle s'était réveillée, et dès le premier jour elle avait essayé d'envoyer un message de détresse. Hélas, personne ne répondait, et elle commençait à perdre confiance face aux grésillements continus qu'émettait la radio.
« S'il vous plais », supplia la jeune teclin, sentant les yeux commencer à lui piquer.
Il n'y eu qu'un nouveau concert de grésillement de l'autre coté de la ligne.
Sakura, déçue, retourna se coucher.
« Vaisseau H-R 746 Vp à Isotope TC 45, vous me recevez ? Est-ce qu'il y à quelqu'un ? »
La jeune femme, mutée en salle de commandement depuis peu, fronça les sourcils sous la concentration, essayant en vain de capter un son à consonance humaine. Ou du moins émit par un être vivant.
Rien ne lui répondit.
« Je répète, est ce qu'il y a quelqu'un ? »
De nouveau, elle fut seule en ligne.
Triste car connaissant les implications de ce silence, la grande brune se retourna vers son capitaine. Celui-ci lui rendit un regard pour une fois calme et impénétrable. Cela la perturba encore plus: cette attitude n'était pas du tout dans ces habitudes, et elle eu peur que ce silence ne signifia la perte de tout espoir.
Confuse, elle jeta un coup d'œil au vice-capitaine, debout derrière le siège de son supérieur, les bras croisés, semblant lui aussi analyser le comportement du capitaine de l'H-R 746 Vp.
« Merci Tenten. »
Tenten fronça de nouveau légèrement les sourcils, ne sachant comment réagir face à ce nouvel aspect de la personnalité de son capitaine. Ne voulant pas paraître hésitante, elle se retourna finalement vers son écran.
« Naruto ? »
« Hum ? »
Sasuke fixa son ami et chef, soucieux pour lui malgré ses dehors imperturbables.
« Que faisons-nous ? » demanda le vice capitaine, d'une voix indifférente au premier abord.
Naruto, chef de L'H-R 746 Vp, vingt deux ans, sourit de toutes ses dents à Sasuke Uchiwa.
« Quelle question ! On vas voir ce que cette épave nous cache comme trésors ! » rit-il.
Sasuke ne fit pas remarquer au blond qu'il savait reconnaître ses vrais de ses faux sourires.
Sakura était patiente, mais cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait rien à faire. Elle avait tout d'abord testé l'effort physique, avait fait un peu de gym, évaluant sa souplesse. Puis elle avait tenté de lire un livre, mais tout était en Terrien, et elle n'avait que des notions de bases d'anglais, c'est à dire ''hello'' et ''goodbye''.
L'ennui était là. Il s'insinuait lentement dans son cerveau, agaçait ses nerfs, érodait lentement mais sûrement sa patience. Sakura se sentait impuissante, inutile, et horriblement agacée.
Fouiller le contenu de l'ordinateur personnel du capitaine lui parue quelque chose d'amusant, ou du moins quelque chose qui pourrait occuper son esprit.
De la musique. Voilà ce qu'elle y trouva. Elle n'hésita pas vraiment et se dit qu'entendre une autre voix que la sienne lui ferait du bien.
Le hasard choisit la chanson.
Musique terrienne. Cela ne l'étonna même pas.
Elle se mit à pleurer.
Elle se sentait si seule, tellement seule. Complètement délaissé, abandonnée. Et ce n'était pas cette musique inconnue, dont elle ne comprenait pas un traître mot, qu'elle voulait écouter, mais une musique de chez elle. Elle voulait entendre une de ces musiques horriblement niaises qu'adorait sa meilleure amie, ou un de ces vieux chanteur dépassé de sa mère.
Des souvenirs revenaient. C'était horrible. Elle se revoyait sur la plateforme transparente suspendue au dessus de la ville, celle qui avait été installée pour le grand festival de mi-saison.
C'était avant l'épidémie. Tout le monde était heureux, tout le monde dansait. Le liens lui envoyait encore les ressentis primaires de ses congénères, comme la joie, le plaisir. Ino était là, avec sa petite sœur Ami. Elles étaient belles toutes les deux, rayonnantes avec leur cheveux teints en blond, comme le voulais la coutume de leur famille. Le temps était magnifique, le ciel d'un vert clair éblouissant qui faisait ressortir le gris anthracite de deux lunes.
Tout autour de Sakura, des centaines de chevelures allant du rose le plus blanc au rouge le plus foncé bougeaient dans le vents, tandis que leur propriétaire chantaient en cœur, comme en transe.
Elle pouvait presque sentir la chaleur du soleil sur sa peau et la main fraîche de Léhau dans la sienne. Ils se serrait sûrement mit en couple, si il n'y avait pas eu la catastrophe.
Toute seule dans le vaisseau, dérivant dans l'espace infini et noir, Sakura senti le vide à l'intérieure d'elle grandir un peu plus si cela était possible, grignotant son cœur et son esprit.
Alors tout d'un coup, ses poings se mirent à taper dans tout ce qui était à porté de main, et sa voix lacéra le silence de cris.
Comment ça ils n'étaient plus là ? Comment ça elle était seule ? Mais pourquoi ?! Pourquoi !? C'était injuste ! Totalement injuste !
« Ce n'est pas juste ! » hurla-elle de toute ses forces, presque à s'en briser la voix. Elle recommença de nouveau, puis encore, et encore, comme une litanie, comme pour provoquer ces dieux en qui elle ne croyait pas.
Quand la chanson suivante débuta, Sakura s'était calmée, éreintée.
Les sons électroniques l'apaisèrent étrangement, la laissant abasourdit après cet excès de rage. Les voix grave, comme fantomatiques, l'emportèrent pour la faire danser. Son corps bougeait tout seul, sans vraiment de grâce, sans vraiment suivre le rythme. Ses hanches se balançaient en mouvements saccadés, ses pieds frappaient le sol, et elle tournait, elle tournait à s'en faire vomir.
Il fallait danser pour ne pas penser, danser jusqu'à l'épuisement. Elle voulais juste oublier, que tout reste loin, très loin d'elle pour ne plus y penser.
Ce n'était pas grave, tout allait bien se passer.
« Oui, tout vas bien se passer», se dit-elle en s'accroupissant, épuisée et en nage.
Elle avait l'impression de se faire avaler toute entière par la folie.
Sakura regardait l'univers, le visage inexpressif. Elle était épuisée, lasse.
Le moindre mouvement lui coutait ''aujourd'hui''. Si la faim n'avait pas été si forte, la jeune fille ne se serait sans doute même pas levée. Pour quoi faire de toute façons ?
Elle ne voulais plus se balader dans le vaisseau, les couloirs déserts lui faisaient peur. Mais le pire était sans doute les portes, derrière lesquelles elle ne savait jamais que trouver. Les ouvrir était devenue une vraie épreuve, et Sakura s'était dépêchée de réunir tout ce dont elle avait besoin dans la salle des commandes, pour ne plus en sortir. La musique s'y jouant la rassurait un peu.
Elle était donc là, refusant de sortir de la grande pièce blanche, coincée par ses propres peur.
Bien sûr, les ombres qu'elle croyait voir du coin de l'œil étaient irréelles, bien sûr, sa panique était totalement irraisonnée. Mais même en sachant tout cela, sortir dans ce dédale de couloirs vide l'effrayait. Ils avaient beaux êtres le fruit de son esprit, les bruits qu'elle croyait entendre n'en étaient pas moins terrifiants, tout comme les courants d'air glacés qu'elle savait impossible.
Et puis, ses taches s'étaient éteintes.
Elle ne l'avait pas tout de suite remarqué, et quand elle s'étaient demandée depuis quand, la réponse lui avait sauté aux yeux: depuis le début.
Quand elle venait d'être expulsée du cocon d'hibernation, qu'elle paniquait, il faisait totalement noir.
Pas même une lueur ne venait troubler l'obscurité de la pièce.
Sakura n'avait jamais vu personne dont la lumière de ses taches dorsales s'était arrêtée de briller, mais elle se doutait que cela était mauvais signe. Très mauvais signe.
Les Teclins possédaient en effet le long du dos de multiple ''taches'', plus ou moins rondes, plus ou moins grosses, de couleurs pastelles allant du parme aux bleu céleste, en passant par le rose thé. Ces ''taches'' étaient le résultat d'une bioluminescence à but social: leurs couleurs indiquaient subtilement l'état d'esprit, tout aussi bien que l'état physique d'un individu.
Et le dos de Sakura était indubitablement blanc.
Je vais mourir ici.
« Naruto, tu sais qu'il n'y a aucun espoir, » dit Sasuke, et c'était définitivement une affirmation, se dit Naruto qui se contenta de sourire.
« C'est la seconde fois que tu me dis ça depuis qu'on est en route, est-ce que par hasard tu t'inquiéterais pour moi ? » répondit le capitaine d'un ton taquin, levant un regard de renard vers son second. Celui ne se départit pas de son air neutre.
« Ou peut être que tu es devenu bavards tout à coup ? continua le blond.
-Je veut juste m'assurer que tu ne te fasses pas trop de faux espoirs, où tu déprimeras en réalisant qu'il n'y avait personne sur ce vaisseau et je devrais encore rattraper tes conneries. »
Naruto eu une moue boudeuse devant l'air supérieur que prit Sasuke.
« Commence pas à faire ton connard puant ou je fait chavirer le vaisseau, » grogna le capitaine.
Sasuke se contenta d'un léger sourire railleur pour toute réponse.
Cependant, il savait qu'au fond de lui, son ami ne pouvait s'empêcher d'espérer.
Naruto restait Naruto après tout.
