Chapitre 2
Le courrier arriva quelques jours plus tard. John était malheureusement absent et ne put pas profiter de la tête plus qu'étonnée que Sherlock.
Ce dernier lu les documents avec attention, assit dans son fauteuil. Il les posa ensuite sur ses genoux, et croisa les doigts, en appuyant son menton dessus. De toute évidence, John avait fait le coup. Sherlock aurait du se sentir fâché, mais curieusement, il était assez satisfait. C'était un jeu. Après les heures sombres et les cauchemars, quand il était revenu, c'était un changement agréable. Si John pensait qu'il allait se fâcher tout rouge, il se trompait lourdement. Il allait y aller, et lui montrer qu'il n'avait rien à apprendre de personne. Il avait bien vu la petite case cochée « professionnel ». Et bien oui, en réalité ! Et puis, l'English national Opera... Combien de fois avait-il assisté à un concert là-bas en grinçant des dents à chaque fausse note ? Ça allait les changer d'entendre un « vrai » musicien !
Si bien que quand John rentra, aucun indice n'aurait pu lui apprendre que Sherlock avait reçu les papiers et qu'il était entré dans son jeu.
Pourtant, s'il avait été un mélomane plus averti, il se serait douté de quelque chose. Les mélodies travaillées par son ami étaient inédites, il travaillait à la composition d'un morceau intéressant. Avec succès d'ailleurs.
John mourrait de curiosité. Il aurait voulu savoir si Sherlock avait bien reçu sa convocation, mais ne pouvait pas le lui demander, sous peine d'être découvert. Il était pris à son propre jeu. Mais prendre les gens à leur propre jeu, n'était-ce pas la spécialité du détective consultant ?
Si bien que John en était réduit à ronger son frein et à subir le violon languissant de son ami. Il se jura que c'était la dernière fois qu'il faisait quelque chose d'aussi stupide.
Pourquoi Sherlock n'aurait-il pas reçu ladite convocation ? La poste anglaise avait la réputation de fonctionner très bien et on n'était plus qu'à une semaine du concours. Et les longues heures de musique que lui infligeait son ami disaient tout. Il s'entraînait. Beaucoup trop selon l'avis du médecin.
Le jour J, Watson se leva tôt, et s'installa dans le salon commun, histoire de ne rien rater des préparations de son ami. Il fut déçu. Un calme plat régnait, à se demander si Sherlock s'était levé. A midi, alors que John préparait des œufs, le détective bondit dans le salon, habillé d'un costume gris clair, très élégant. Stupéfait, John le regardait bouche bée.
Et avec un grand sourire, Sherlock lui demanda :
« Et bien, vous devriez pourtant être au courant ! Dans deux heures aura lieu le concours, vous voulez en être ou non ?
John n'eût que le temps d'éteindre la plaque de cuisson, d'attraper sa veste et il courut dans les escaliers pour s'engouffrer dans un taxi aux côtés de son ami.
Un sourire béat s'étalait sur les lèvres de Holmes. A tel point que John le lui fit remarquer :
- C'est bon, tu m'as eu, tu peux arrêter de sourire !
L'intéressé ne put refréner un petit rire.
- Vous avez voulu jouer au plus malin. Mais j'ai inventé ce jeu !
John soupira et marmonna :
- Tu peux le dire...
Il se tourna vers lui, et dans une excitation mal contenue, lui demanda :
- Comment comptes tu t'y prendre ? Que vas-tu jouer ?
-Et bien, comme il est obligatoire de composer sa propre musique, je doute que le titre que je lui ai donné te parle beaucoup. Et quand même tu aurais été cultivé en ce qui concerne la musique, que je te dise que l'air qui m'a inspiré est « Le vol du bourdon » de Nikolaï Rimski-Korsakov ne te servirait à rien. »
Il songea tout à coup que sa façon de le dire n'avait pas été très délicate, et il atténua cela en affichant un sourire encore plus grand, qui fit soupirer John.
Quelques trente minutes plus tard, le taxi les déposait devant le parvis de l'English National Opera, et les deux hommes traversèrent la grande place d'un pas pressé.
Sherlock présenta sa convocation à l'accueil, et ils furent introduit dans les coulisses où une trentaine de candidats étaient déjà présents.
Il y avait cinq ou six violonistes, deux guitaristes, une harpiste, un trompettiste (qui ennuyait tout le monde à vouloir répéter à tout prix dans la salle commune alors qu'il aurait pu s'isoler dans une loge), et plusieurs flûtistes.
« Pardon ! »
Une voie haute et claire leur demandait de se pousser. Sherlock et John s'écartèrent pour laisser place à une jeune femme qui portait un étui de violoncelle. L'instrument paraissait complètement disproportionné, comparé à la silhouette menue. Cela fit sourire les deux hommes en même temps.
Finalement, une ouvreuse vint chercher Sherlock et l'installa à sa place. Elle lui laissa un papier où figurait l'ordre de passage et son numéro. Il ne prêta attention ni à l'un ni à l'autre, John finit par s'en emparer et il lu le texte à voix haute :
« Votre numéro sera appelé. Vous pouvez passer dans un ordre différent de l'ordre chronologique. Vous devez aller sur scène Les instruments les plus lourds (piano, harpe...) y seront déjà. Vous aurez une minute pour accorder votre instrument en cas de besoin. Puis, vous jouerez votre composition. Le jury se trouvera à un balcon, et ne pourra que vous entendre sans vous voir (ceci afin d'éviter des votes en faveur de musiciens reconnaissables qui pourraient se présenter). Seule votre musique sera jugée (composition, technique et interprétation).
En aucun cas vous ne devez laisser filtrer un quelconque indice pouvant dévoiler votre identité sous peine de disqualification. Si vous avez des questions, vous pouvez les poser aux ouvreurs. »
Pas de commentaires pour le chapitre 1 alors que j'ai eu plus de 40 lectures ? C'est si mauvais que ça ?
Soyez sympas, rattrappez-vous !
