'' An 9:22 du Dragon, Bravo, chevalier-capitaine depuis un an tout pile ! Et pendant cette longue année, aucune bavure, aucune révolte, rien à redire. Je pourrais presque vous pardonner les répression sur les miens, tant votre envie -pour ne pas dire votre zèle- de faire le bien est touchante. Pourtant, je vois depuis mon bureau que le moral n'est pas là.
… Peut-être voulez vous en parler ?''
''Peut-on faire le mal en pensant faire le bien ? Peut-on baser sa vie entière sur des affirmations bancales et faussées ? Je revois le visage de ma sœur, fatiguée de fuir. Et ma mère qui refuse de l'abandonner au cercle. Je revois les victimes de la magie du sang, Amelia la première. Hier, nous avons abattu une apostate qui avait utilisé la magie du sang... pour fuir les templiers. Par le Créateur, faisons-nous si peur ? Ce n'est pas nous qui détruisons des villages à nous seuls par simple colère, qui arrachons des vies par pur intérêt personnel ! Toutes ces victimes de la magie m'épuisent, je ne sais plus où donner de la tête. Lorsque nous vous laissons de la liberté, vous en abusez. Alors nous vous la retirons et là, vous vous révolter. Enfin, je marque vous mais je ne parle pas de.. vous en particulier. Je parle des mages en général. Si cela ne tenait qu'à moi j'aurais rasé ce qu'il reste de l'Empire.
Enfin bref, je n'ai pas le moral parce que nous avons du tuer une apostate qui aurait pu retourner sur le droit chemin et venir au cercle, et qu'en cette jeune fille je revoyais ma sœur cadette, tout autant terrifiée par les templiers et le cercle.
Ne sont-ce pas les mages qui ont créé le cercle ? C'était votre idée, pourquoi maintenant les mages ne veulent plus s'y rendre ? Vous le dites vous-même : 'les templiers sont un mal nécessaire aux mages.' Vous devriez être heureux qu'on vous donne un endroit où apprendre à utiliser vos pouvoirs, à vous en servir à bon escient. Que je sache, nous ne vous tuons ni ne vous apaisons à l'entrée du cercle !
Je me prend trop la tête, non ?''
''Chevalier-capitaine Meredith Stannard, vous êtes en train de vous faire bouillir le cerveau sur des réflexions inutiles. C'est vrai, c'est nous qui avons choisi le cercle, plutôt qu'allumeurs de bougies et bonniches des églises. Mais attention ! Nous n'avons pas voulu en faire une prison. Ensuite, cette jeune apostate a utilisé la magie du sang pour se protéger car vous y allez constamment comme des barbares ignorant la peur que vous leur provoquez, et sans diplomatie aucune. Apprenez la délicatesse. 'Une main de fer dans un gant de velours'.
Ne vous prenez pas la tête. Faites simplement votre travail. La Chantrie l'a dit : on attrape les apostats, on tue les maléficiens. Si cette fille a tourné sur la mauvaise pente, il n'y aurait rien que vous auriez pu faire, sinon suivre les ordres.
Je suis désolé pour vous, que cette journée qui aurait du vous rendre le sourire ai tourné aussi mal.''
''Dis donc vous avez le chic pour rendre le moral, vous ! Dommage que l'ironie se couche mal sur papier. Vous et votre malédiction portez la poisse à la Chantrie. Si ça ne tenait qu'à moi, vous seriez sous les verrous.''
''Un chance que ça ne tienne pas de vous alors ! J'aime mon petit bureau porte ouverte, hors de question qu'on me mette en cage. Vous vous ennuieriez sans moi. Reprenez le sourire, chevalier-capitaine. Demain est un autre jour. Si vous vous focalisez sur le passé, vous n'avez pas le temps de profiter du présent, et encore moins de regarder vers l'avenir. Peut-être un jour trouverons nous une entente, peut-être un jour nous débarrasserons nous des démons une fois pour toute. C'est utopiste, mais ce serait tellement bien...''
''Plus de démons ? Diantre, plus de travail !
Honnêtement, je suis d'accord sur vos idée, et encore plus sur le fait que ce soit utopiste. Revenez sur terre, Orsino, vous vous êtes perdu trop loin dans les nuages.
En fait... Il faudrait qu'il n'y ai plus de magie, cela réglerait-il le problème ?...''
