I'm an apprentice-butterfly (chapitre 2)
Pas facile ce matin.
Mon réveil a eu du retard. C'est souvent soi Nami ou Luffy, ça dépends des jours.
Mais ce matin, j'ai eu le droit à un double ration de cuistot.
Réveil façon Zoro en 3 étapes:
On s'assoit progressivement.
On se recouche.
On attends qu'un emmerdeur vienne nous sortir du lit de force.
Donc aujourd'hui, c'était lui qui s'y collait. Je suis à peine à la deuxième étapes que je le vois apparaître devant la porte, mode je-suis-vénère-donc-tu-vas-te-bouger-le-cul-tout-de-suite activé.
Je commence à bien cerner l'animal, donc je sais qu'il est pas vraiment de mauvaise humeur.
Je le vois à sa commissure de lèvres droite a demi-soulevée alors qu'il est en train de me baratiner comme quoi ma façon de vivre est très mauvaise par rapport au spécimen que je suis.
À défaut de pirate, j'aurai pu être psychologue. C'est pas si dur: une formation de hochement de tête et de regards compatissants, puis 72€ par client. En prime, son nom sur une joli plaque en or. La belle vie quoi.
Pour l'instant tachons de se bouger un peu. Sur mes pieds, je manque de m'écrouler. J'ai le dos en compote et la gueule de bois alors que j'ai rien bu.
Par contre, je me sens étonnamment léger par rapport à hier. Je rétablis mon equilibre et me rends dans la cuisine où je trouve Chopper et le capitaine en grande discussion.
Il semblerait qu'il essaye de lui expliquer de ne pas boire tout ce qu'il trouve dans l'infirmerie, mais en vain.
Pauvre Chopper, il ne connait toujours pas très bien cet imbécile de Luffy.
Je me sers le reste de café (froid, bien sur) et prends un croissant dans la panière.
Sur le pont, Franky et Brook essaye désespérément de composer une chanson, pour le plus grands malheurs de mes oreilles.
Pas loin, Ussop est en plein bavardage avec... Lui même. Les filles ne sont pas là, tant mieux.
Je m'assois à même le sol pour entamer mon déjeuner tardif. Le café est degeu, en plus, son marc est si épais qu 'une voyante aurait pu y voir l'avenir de tout l'équipage.
Pendant que je mordais dans ma viennoiserie, les deux femmes sortirent de leur cabine. La navigatrice nous rassembla pour faire une mise au point:
-Bon, si mes calcul sont exacts, le Log Pose metttra à peu près une semaine pour se recharger. Je veux que pendant ce laps de temps, tout le monde fassent les travaux que je lui aurai attribué.
Luffy, Chopper et Brook, vous vous occupez du nettoyage du bateau; cette fois, ne baclez pas le boulot, Robin, je te prierait de les surveiller.
-Ussop et Franky, vous prenez en charges toutes les réparations du bateau dû à la dernière bataille contre la Marine.
-Sanji, tu refais le stock de provision pur le prochain embarquement et Zoro, euh...
Yes, pas de boulot cette fois!
-Tu accompagnera Sanji, il va avoir besoin de quelqu'un pour porter les affaires.
Disparu, ma bonne humeur. Envolée en un instant.
Me voilà collé au basque du cuistot, des dizaines de poches et de paquets en tout genre sur les bras.
Il semblerait que hier, lors de ma balade dans la « petite » ville , j'ai juste fait le tour d'un seul quartier en boucle.
En faite, cette ville est beaucoup plus grande que je le pensais!
Donc nous voilà sur une énorme place en face de la mairie, emporté dans un flot de touriste. Je me débat tant bien que mal dans la foule alors que le blond avance aisément à travers.
D'un coup, je bascule vers l'arrière, personne ne fait attention à moi. Par chance, le cuistot se retourne et me rattrape avant que je m'écroule sur le sol, au milieu des gens. Un craquement retentit dans ma chemise.
Je m'apprête à l'engueuler et là il trace son chemin sans me prêter attention.
Vraiment incompréhensible ce gars. Même mon psy intérieur a abandonné.
Je soupire et m'aperçois que je l'ai perdu.
À croire que je le fait exprès. Je me met sur la pointe des pieds et cherche désespérément une tête blonde.
C'est bon, je le tiens! Il est assis à une table,en train de draguer deux filles.
Dans ces moments là, j'ai tout sauf envie de le rejoindre.
Tiens, si je me perdais malencontreusement dans tout ce monde? Ça va pas être trop difficile pour moi.
Je m'engage dans une ruelle et tout de suite, l'agitation de la place disparaît. Je me sens déjà mieux. Mes paquets me ne semblent peser plus rien, j'avance, complètement détendu. J'aurai pu m'endormir sur place, mais j'estime que j'ai fait assez de connerie ces derniers temps.
Dans ma tête une vieille chanson résonne:
I'm lonely, should go
Je suis seul, je devrais y aller
I'm lonely, should go
Je suis seul, je devrais y aller
Darling
Chérie
I'm lonely, should go
Je suis seul, je devrais y aller
I'm lonely, should go
Je suis seul, je devrais y aller
Goodbye baby
Au revoir chérie
Yes I'm going
Oui je pars
Goodbye baby
Au revoirchérie
Yes I'm going
Oui je pars
Goodbye baby
Au revoir chérie
Yes I'm going
Oui je pars
Goodbye baby
Au revoir chérie
Yes I'm going
Oui je pars
Les paroles me tournent dans la tête. Je ne peux pas me rappeler qui chantais ça. Une femme surement.
À force je me mets à chantonner. Au fur et à mesure de ma marche, je chante de plus en plus fort. Au final, je suis à la limite de hurler dans la rue.
Une poche glissant de mes doigts me ramène sur terre. (même pas une façon de parler!) Je me baisse pour la ramasser et là, je tombes violemment sur le sol.
Sonné, je reprends mes esprits et me relève mais ma cheville me fait souffrir. Je n'ai absolument pas compris ce qu'il vient de m'arriver. Je passe ma main sur mon articulation et frisonne de douleur.
Derrière moi, des talonnettes retentissent sur les dalles. Je l'entends m'appeler. C'est la première fois que je suis heureux et soulagé de le voir.
Il me tend une main secourable que je ne refuse pas.
-Eh ben, qu'est ce qui t'es arrivé?
-Je faisais pas attention et je suis tombé .
Je vais tout de même pas lui dire que je rêvais éveillé! En plus, c'était le même rêve que hier soir.
Déboussolé, je reste planter au milieu du chemin, les bras banlant, les dernières paroles collées à ma bouche:
Goodbye baby
Au revoir chérie
Yes I'm going
Oui je pars
Goodbye baby
Au revoir chérie
Yes I'm going...
Oui je pars...
Je suis vraiment louche en ce moment, même le cuistot me regarde bizarre. Vivement que l'on rentre au bateau et que Chopper m'examine.
Pour l'instant, Sanji ne semble pas en avoir fini avec moi. Nous entrons dans une poissonnerie et les effluves de la mer me prennent à la gorge. Je suffoque et tousse. Il a dû voir que quelque chose clochait, vu qu'il m'a renvoyé au bateau en m'expliquant le chemin.
À peine sorti, je me sens mieux, et en même temps léger comme une plume. Le trajet du retour me semblent et est plus court que l'allée. Soit mes jambes ont pris vingt centimètres d'un coup, soit la longueur du chemin a vraiment raccourci. Impossible. Peu importe. Je suis juste en train de devenir fou.
Me voilà sur le pont, face à trois idiots jouant à se battre avec leurs balai, couverts de mousse. Des fois, ils m'exaspèrent.
-Aie!
-Si tu te laisse pas faire, je pourrais pas te donner de traitement!
-Ouais, mais tu fais mal!
Finalement, Chopper m'a donner une pommade à base de je ne sais quelles plantes, mais ça soulage tout de suite.
-Zoro, il me semble que je t'avais demandé de mettre les achats au frais?
Oups, oubli total. Je vais me prendre une engueulade magistrale. Le blond s'éloigne, indifférent à ma bêtise.
Bizarre, (je me demande combien de fois j'ai utilisé ce mot depuis le début!) mais bonifiant pour moi.
Peu à peu je retrouve ma bonne humeur de la matinée.
Jusqu'à que l'autre revienne à la charge:
~ - Zoro, aurais tu l'amabilité de retourner aller acheter les fruits que tu as misérablement laisser pourrir dans le chaud? ~
Là, j'peux pas dire non. Mais c'est pas ça qui va me gâcher le reste de la journée. Pas ça du tout.
Alors, il me fait un plan pour retourner chez le maraicher que je ne retrouverai pas, bien sur.
Par chance, il ne fait pas tout à fait nuit lorsque je pars.
Les yeux vissés sur le plan, essayant de déchiffrer les inscriptions, je me cogne contre une murette en béton. Je ressens un tiraillement dans ma cheville. C'est vraiment pas possible, voilà que le pieds recommence à faire des siennes. Et en plus, j'ai pas pris la pommade.
J'sais pas pourquoi, mais ça m'étonne pas plus que ça.
Ce traiteur, je le trouve pas, pourquoi il m'envoie à un endroit précis, perdu dans les combles de la ville?!
Il peut être aussi diabolique que Nami, quand il s'y met.
J'ai de plus en plus mal et devant moi, un mur me tends les bras. Je ne peut résister à la tentation de m'appuyer dessus. Quelques minutes de repos ne me feront pas de mal.
Je ne m'appuie pas, je m'écroule dessus. Ma cheville me fait souffrir et j'ai beau me masser, la douleur ne s'atténue pas. Instinctivement, mes yeux se ferment et je me laisse aller.
Rapidement, je retrouve la sensation de la nuit dernière. C'est toujours aussi agréable. J'ai l'impression de décoller du sol. Cette impression est si nette qu'elle me fait ouvrir les yeux.
Mais, je vole!
Pour ce qui n'aurai pas reconnu la chanson, c'est: C2C Down the road.
