Chers lecteurs, lectrices, avec ce quatrième chapitre, nous arrivons quasiment à la fin de cette première fiction. Je vous souhaite une bonne lecture ! . Je sais, j'avais dit pas de nouveau chapitre sans review. Mais je suis gentille et j'aime écrire, cependant ça serait sympas de m'en laisser au moins une :)


Point de vue : Sakura

Je veux le voir. Cela doit bien faire plus d'une semaine que je ne l'ai pas croisé, qu'il n'a même pas pris la peine de me parler. J'ai l'impression qu'il m'évite. Pensive, je regarde le ciel, accoudée à ma fenêtre, repensant au baiser échangé il y a une semaine. Fermant les yeux, j'essaye de me remémorer l'instant et un sourire rêveur m'échappe. Balayant les alentours du regard, je n'aperçois rien d'autre que le village, paisiblement emporté dans ses occupations, les voix des badauds montant jusqu'à moi. Finalement, mon regard s'arrête sur le plus haut bâtiment du village. Imposant, il surplombe la quasi totalité de Suna. Sa façade sable arrondie ressemble à toutes les façades qui l'entourent. Cette architecture m'a toujours intriguée, cependant les raisons de la ressemblance de toutes ces maisons entre elle sont simple et unique : le sable. Il s'infiltre partout ou il lui est donné de s'infiltrer. Chaque porte, chaque fenêtre, chaque coup de vent est propice à l'envahisseur. Le regard toujours posé sur l'inscription trônant fièrement à l'avant du bâtiment, je laisse une nouvelle fois mes pensées voguer en sa direction, convaincue que si je me rendait là bas, je trouverais sans doute réponse à mes questions. Ce bâtiment est celui abritant le bureau du Kazekage, que je peux parfois apercevoir à sa fenêtre, regardant distraitement en ma direction. Mais depuis une semaine, plus rien. Pourquoi m'avoir embrassée si c'était pour m'ignorer durant toute une semaine ensuite ? Je ferme les yeux et un soupir m'échappe, tandis que je m'éloigne de la fenêtre pour la fermer et descendre au rez-de-chaussée, rejoindre Temari et son frère, Kankuro.

Je dois certainement arborer un visage pensif, puisqu'un simple regard vers la jolie blonde suffit à lui mettre la puce à l'oreille. Je ne sais si je peux lui parler réellement de ce qu'il s'est déroulé sur le toit cette nuit là. Je n'en ai oublié aucun détail malgré les trois jours que j'ai passé à dormir, suite à un trop plein d'émotions. Soudainement, le jeune shinobi marionnetiste se lève et s'approche de moi, puis pose doucement sa main sur mon épaule, sans un mot. Puis il disparaît dans l'escalier, en direction de sa chambre.

« Sakura, assieds-toi s'il te plait. » Me demande doucement Temari, en souriant. Je m'exécute alors, toujours aussi pensive. « Il est temps que l'on parle. » Elle a l'air sérieuse. Trop sérieuse. « Je ne vais pas te cacher plus longtemps que le but de ton séjours ici n'est pas de te donner quelques temps de vacances. » Je m'en doutait. « En réalité, c'était une idée de Gaara. » Je sens mes yeux s'agrandir de surprise.

« Son idée ? » Je la regarde sans pouvoir ajouter quoi que ce soit. Elle grimace, un peu gênée.

« Oui. Je ne t'en dirais pas plus car je ne connais pas les raisons de sa motivation, cependant je suis étonnée de voir qu'il t'évite depuis ... » Je ne lui laisse pas finir sa phrase.

« Il m'a embrassée. » Maintenant, c'est à elle de me regarder avec de grands yeux.

Le souvenir de nos lèvres se rencontrant pour la première et unique fois me fait frissonner et je ne me rend pas compte immédiatement que je suis en train de sourire un peu bêtement. Ce baiser était mon premier. Douloureusement désespéré, mais passionné, voire même doux.

« J'ignore pourquoi il a fait ça, mais il s'est enfui immédiatement après, avec un regard encore plus triste que la pluie elle même. » J'ai l'impression de chavirer à chaque fois que je repense à ce fameux baiser.

« Je l'ignore aussi ... » Marmonne Temari, à son tour pensive. « Tu devrais vraiment aller le voir. Je sais qu'il t'évite mais si tu le force à s'expliquer, peut-être trouveras-tu les réponses aux questions que tu te pose depuis une bonne semaine. » Nouveau regard. « Tu parle dans ton sommeil Sakura. Tu hurles aussi. » Oups. « Au début, tu ne faisais que supplier Sasuke de rester. Et tu t'es finalement mise à appeler Gaara. »

Comment est-ce possible ? Je lui jette un regard interloqué, avant de regarder le plafond, mes pensées s'envolant rapidement vers le toit. J'ai envie de sourire. Je me sens heureuse, pour la première fois depuis longtemps, cependant je n'en montre rien. Parler dans mon sommeil est certainement ce qui m'a causé le plus de fatigue. Et encore plus maintenant que je commence à faire un nouveau cauchemar. Et des plus singuliers.

« Je dois lui parler. » Fit-je, déterminée. « Où est-il actuellement ? » Sourire.

« Sur le toit. Comme toujours. »

Je me lève alors comme un automate et retourne dans ma chambre. Je crois bien que j'aurais passé le plus clair de mon temps enfermée dans cette pièce, à ruminer le passer comme une pauvre gamine en faisant involontairement souffrir le Kazekage. Je ne suis pas débile non plus, j'ai très bien sentis ses sentiments lorsqu'il m'a embrassée. J'ai très bien lu la tristesse qui emplissait ses yeux à chaque fois qu'il me regardait. Et je pense avoir identifiée la présence que je sentais pendant mon sommeil. Arrivée à ma fenêtre, je l'ouvre, sans pour autant sortir. Inspirant une grande bouffée d'air, je lève simplement la tête.

« Gaara, si tu es là et que tu m'entend ... il faut qu'on parle. Maintenant. Descend s'il te plait. » J'entend un mouvement au dessus de moi, mais aucune réponse ne m'est offerte. « Gaara s'il ... » Je n'ai pas le temps de répondre qu'il se matérialise devant moi, en me fixant de ses beaux yeux émeraude cerclés de noir.

Mon cœur s'emballe et une légère rougeur me monte aux joues. J'ai toujours en tête les événements de la semaine passée, cependant la peur à été remplacée par autre chose. Je recule et lui laisse la fenêtre libre pour qu'il puisse entrer. J'en profite alors pour aller m'asseoir sur mon lit, sans cesser de l'observer en silence. Au dehors, la luminosité décroit doucement, indiquant à la population sunnienne de rentrer chez soir pour passer la nuit. Moi, j'ai plus l'impression que ma journée commence. Un froissement de tissus attire soudain mon attention et sans que je ne m'y soit - à nouveau - attendu, le beau rouquin se matérialise encore une fois devant moi, le visage fermé, un air sérieux accroché à ses trait. Quant à ses cheveux en pagaille ... j'avale ma salive, tendue et les joues à nouveau rosées. C'est indéniable, je ne peux refouler l'attirance qu'il exerce sur moi. J'en arrive même à oublier l'Uchiwa.

« Je t'écoute. » Dit-il en me fixant sans ciller, comme à son habitude. Je lui tourne alors le dos, perturbée.
« Ne me regarde pas comme ... » À nouveau, il se matérialise devant moi. Je sursaute. « ... ça. »
« Comme tu voudra. » Pas très causant, comme à son habitude.
« C'était ton idée, n'est-ce pas ? De m'envoyer ici, de m'éloigner de Konoha. » Accusatrice. Je veux savoir.
« Oui. » Il grimace.
« Pourquoi ? » Manque de tact bonjour, mais j'en ai assez de prendre des pincettes.
« ... » Un silence accueille ma question. L'aurai-je gêné ?

Je sens un nouveau mouvement se faire à mes côtés. Bon dieu il est vachement rapide ! Je tourne la tête vers lui et lui offre un petit sourire.

« Gaara s'il te plais ... » Je suis à la limite de le supplier. Je veux savoir, je veux comprendre.

« Je voudrais simplement que tu ... » Il semble chercher ses mots. « Je veux que tu oublie Sasuke. » La sentence tombe comme une douche froide. « Je ... Je ne supporte plus de te voir pleurer pour un Renégat qui ne reviendra jamais. »

Je ne peux m'empêcher de le regarder en souriant. Alors telles étaient ses motivations ? J'aurais du comprendre plus tôt. J'aurai du réfléchir. Je ferme les yeux un instant et quand je les rouvre ... le visage de Gaara est tout près du mien, un peu plus détendu que précédemment. Je sursaute un peu, surprise. Mais je ne recule pas. Mon esprit autrefois embrumé par mes souvenirs de Sasuke, mes sentiments à son égard semble soudainement se libérer d'un poids et je ne peux empêcher ma main droite de se poser sur sa joue, tandis que mes yeux se plongent dans l'émeraude abyssal de son regard. Et finalement, je ne sais plus quoi faire.

Point de vue : Gaara.

Une semaine que je l'ai ignorée, que j'ai éviter tout contact avec elle, que ce soit physique ou visuel. Je veux la voir. C'est ce qui ne cesse de trotter dans mon esprit, tandis que j'esquive son regard une nouvelle fois et que je disparaît sans qu'elle ne m'aie vu. Je ne suis pas un lâche, mais je ne veux pas qu'elle profite de ces instants pour penser à Sasuke, pour se complaire dans un monde imaginaire. Je ne veux pas de ça pour Sakura. J'ai pourtant bien entendu crier mon nom dans son sommeil. Je l'ai entendu m'appeler. En même temps, qui ne l'avait pas entendue dans la maison ? Un soupir m'échappe, tandis que sa voix m'interpelle et qu'elle me demande de a rejoindre pour parler. Quelle superbe discussion nous venons d'avoir, ma chère Sakura. Je réprime un nouveau soupir et profite qu'elle aie les yeux fermés pour me rapprocher d'elle. La surprise l'étreint lorsqu'elle les rouvre, mais contrairement à mes attentes, elle ne se défile pas : bien au contraire. Doucement, sa main est venue se poser sur ma joue et je sens que ce contact m'apaise. Mais aucun de nous deux ne sait comment il devrait réagir. Je baisse les yeux et écarte sa main de mon visage avec douceur.

« Gaara je ... » Elle semble hésiter. « Aide moi à l'oublier, je t'en prie ... » Sa voix se fait suppliante, comme si elle recommençait à souffrir.

Je relève alors les yeux vers son visage, juste à temps pour voir ses larmes recommencer à couler. À nouveau je garde le silence, ne sachant trop que répondre.

« S'il te plais ... aide moi à avancer ... » Plus qu'une supplication, un appel à l'aide.

« Comment ? Je ne sais même pas comment aimer ... » Ce n'est pas un refus, juste la peur de l'ignorance.

Alors, comme dans un élan de désespoir, la jolie fleur passe ses mains derrière ma nuque et m'attire à elle, tandis que nos lèvres s'entrechoquent pour la seconde fois. Ce baiser me fend le cœur, car je peux y ressentir toute sa douleur. Comment l'aider ?

« Sakura je ... » Mais je ne peux finir.

Quelque chose de nouveau naît en moi, naît en elle et je sens ses mains, son corps, se faire de plus en plus pressants contre le mien.


C'est maintenant la fin de ce quatrième chapitre ! Je tient cependant à préciser que le cinquième chapitre sera (peut-être) un lemon, donc âmes sensibles ... :)